Pour Alain Badiou (le monde, 8 mai 2010) les trois grands créateurs de systèmes de pensée du 19ème siècle sont Darwin, Marx et Freud. Dans tous les pays soumis sous le nom de « démocratie » (les guillemets sont d’Alain Badiou), au « capitalo-parlementarisme », les conservatismes se sont « acharnés » contre les dispositifs qu’ils ont créés. Aux États-Unis, le créationnisme est enseignement obligatoire pour contrer le darwinisme. L’anticommunisme et l’antimarxisme dominent. Le positivisme psychiatrique dénonce la psychanalyse comme une imposture. Dans tous les pays « capitalo-parlementaristes » fleurissent les « livres noirs » du communisme, de la psychanalyse et de l’évolutionnisme. Ces mouvements sont nommés par Alain Badiou « l’obscurantisme contemporain ».
Dans les pays où le capitalo-parlementarisme a été aboli, où l’on ne vote pas, où ne règne pas la démocratie, l’évolutionnisme de Darwin est devenu une sinistre plaisanterie biologique avec le lyssenkisme, dogme obligatoire du stalinisme agricole. Dans ces pays, la classe ouvrière avant-garde révolutionnaire s’est retrouvée dans des prisons ou dans des camps. Dans ces pays la psychanalyse était considérée comme pratique « bourgeoise », dénoncée, vilipendée, interdite, emprisonnée. Ces pays portaient un nom : la Chine de Mao, l’Union soviétique de Staline. Les lieux, les pays, où les théories de Darwin, de Marx, de Freud, ont le plus fertilisé la pensée, provoqué des débats, modifié les pratiques, sont les pays « capitalo-parlementaristes ».
J’appelle « amnésie contemporaine » toutes les formes de négation et d’éradication des lieux, des temps et des systèmes, où la pensée de Darwin, de Marx et de Freud, a été le plus mise à mal.
après avoir donné de mauvais exemples, voici venir l'âge des bons conseils.
samedi 8 mai 2010
vendredi 7 mai 2010
je pourrais dire
Je pourrais dire, à peine né, la guerre a éclaté et ma famille s’est dispersée. Ensuite, j’ai milité au Parti communiste et voyez ce qu’il en reste. J’ai participé à des journaux qui sombraient dès que nom apparaissait dans l’ours. Hebdomadaires, mensuels, revues trimestrielles, si la liste vous intéresse, je vous la donne : France nouvelle, Nouvelle Critique, Politique aujourd’hui, Rencontres communistes . Les groupes auxquels j’ai accordé du temps sont en perdition, partis politiques, famille, groupes de recherche. Je me suis réfugié dans un corps qui peine à se déplacer. Dans une tête qui peine à tisser des idées entre elles. Quand je prends la parole en public, je provoque colères, sifflets, insultes. Ma vie sexuelle s’estompe, ma vie affective se réduit, j’enterre mes amis les uns après les autres. Voici ce que je pourrais dire.
Je pourrais dire aussi que j’ai participé aux premières loges à toutes les passions, à tous les tumultes, à toutes les aventures du vingtième siècle, que j’ai écrit et que mes articles et mes livres ont été publiés et discutés, que j’ai toujours trouvé des groupes, des associations, des partis, qui m’ont permis d’exercer des talents de chercheur en politique. J’ai tissé avec mes enfants, avec mes amis, avec les familles rencontrées, des liens qui sont d’excellents substituts à toutes les drogues licites ou illicites, naturelles ou synthétiques. Que les années ne m’ont pas jusqu’ici empêché de me déplacer où je le souhaitais, par les moyens que je souhaitais, et que grâce à tout ce travail ininterrompu, je jouis d’une retraite qui ferait baver d’envie 99% de l’humanité. Que je continue d’écrire et de trouver des lieux de publication. Que ma vie sexuelle se maintient malgré les statistiques, que ma vie affective est jalousée, que les amis qui meurent me témoignent de leur amitié en me demandant de parler à leur enterrement, que je suis entouré de créatures de rêves.
C’est selon les jours. Je pourrais dire ceci et je pourrais dire cela et tout est vrai.
Je pourrais dire aussi que j’ai participé aux premières loges à toutes les passions, à tous les tumultes, à toutes les aventures du vingtième siècle, que j’ai écrit et que mes articles et mes livres ont été publiés et discutés, que j’ai toujours trouvé des groupes, des associations, des partis, qui m’ont permis d’exercer des talents de chercheur en politique. J’ai tissé avec mes enfants, avec mes amis, avec les familles rencontrées, des liens qui sont d’excellents substituts à toutes les drogues licites ou illicites, naturelles ou synthétiques. Que les années ne m’ont pas jusqu’ici empêché de me déplacer où je le souhaitais, par les moyens que je souhaitais, et que grâce à tout ce travail ininterrompu, je jouis d’une retraite qui ferait baver d’envie 99% de l’humanité. Que je continue d’écrire et de trouver des lieux de publication. Que ma vie sexuelle se maintient malgré les statistiques, que ma vie affective est jalousée, que les amis qui meurent me témoignent de leur amitié en me demandant de parler à leur enterrement, que je suis entouré de créatures de rêves.
C’est selon les jours. Je pourrais dire ceci et je pourrais dire cela et tout est vrai.
Je rêve
Je rêve. Je suis nommé comme enseignant, ce n’est pas tout à fait clair, mais comme quoi d’autre puis-je être nommé dans un établissement aux murailles grises, pas comme plombier polonais, je ne suis ni l’un ni l’autre. On me montre mes quartiers, mon logement, il s’agit d’une pièce moyenne où quatre ou cinq collègues occupent des matelas posés à même le sol. Ils sont tous plus jeunes que moi, mais d’âge mur. Des hommes, figures d’intellectuels qui montrent intelligence, détachement des choses matérielles, sans étonnement d’être ainsi relégués dans une chambre où traînent des matelas et des draps douteux. Ils m’accueillent poliment, sans chaleur excessive. Je cherche un matelas pour m’y allonger, l’un d’eux, une barbichette de scientifique et une voix grave, me conseille de ne pas m’inquiéter. Les matelas sur le sol cachent d’autres matelas et il suffira le soir venu de glisser un matelas de dessous un autre matelas pour que je puisse m’y allonger. Je ne vois aucune salle d’eau, aucune toilette, aucune armoire de rangement. Les valises traînent dans les couloirs marqués par les matelas sur le sol et vomissent des chemises froissées et des slips de modèles et de tailles diverses. Je tire un matelas et je m’y allonge. Tout habillé. Une porte s’ouvre et révèle une autre chambre, avec d’autres matelas rangés parallèlement, alors que dans ma chambre à moi assignée, les matelas sont rangés n’importe comment. Dans cette chambre voisine, des jeunes collègues, masculins et féminins, sont couchés à trois ou quatre par lit, ils se touchent d’une façon ludique, rien n’indique la partouze, mais quand même je suis jaloux. Les corps sont délimités par des dentelles et des chemises vibrantes, et je ne vois pas pourquoi. Les jeunes collègues me regardent et leur regard me réveille.
Me voici donc revenu au point de départ. Enfant, j’enviais les parents des autres qui me paraissaient tous plus intelligents et plus attentionnés avec leurs enfants mes camarades de jeux. Étudiant communiste, j’enviais la facilité d’élocution de mes camarades de combat et l’intelligence de leur analyse de la situation mondiale. Marié, j’ai envié les femmes des autres que je trouvais toutes plus jolies et plus intelligentes. Journaliste, j’ai envié les écrivains. Écrivain, j’ai envié les autres maisons d’édition. Grimpant la hiérarchie universitaire grâce à un travail régulier et reconnu par mes pairs, j’enviais ceux qui travaillaient plus, qui étaient plus reconnus. C’est sans fin. On peut se satisfaire de ce qu’on a ou envier ce qu’on n’a pas. Si on se satisfait de ce qu’on a, évidemment, on n’a plus de motivation pour continuer à travailler, c'est à dire à étonner le monde. Si l’on ne se satisfait pas de ce que l’on a, on conserve de puissantes motivations de travailler c'est à dire d’étonner le monde et l’environnement humain. Mais voilà que je me retrouve dans une chambre avec des collègues qui dorment sur un matelas jeté sur le sol, sans sommier. Et moi, je dis non, je refuse de travailler dans ces conditions. Prof de fac, je dois être reçu dans de meilleures conditions. Je range ma valise et je m’en vais. Quand je me réveille. Dans mon rêve, je reste, j’accepte les matelas jetés à terre, la grisaille, l’inconfort. Une fois réveillé, c’est trop tard. Je me trouve dans une chambre confortable, un matelas solide, un sommier de bonne tenue, un corps qui me tient chaud, une salle de bains voisine, le tout digne d’un prof de fac retraité, mais malgré tout. Il n’y a plus rien à envier, plus rien à regretter. C’est tout de suite, dans mon rêve, parmi les matelas honteux, indignes, que j’aurais du rebrousser chemin et dire à qui de droit que dans ces conditions. Je ne l’ai pas fait. Qui est le vrai moi, celui qui ne proteste pas contre d’infâmes conditions de travail, contre d’indignes conditions de logement, ou celui qui proteste une fois réveillé contre le confort et des conditions de vie et de travail qui ne méritent pas de protestation ?
Me voici donc revenu au point de départ. Enfant, j’enviais les parents des autres qui me paraissaient tous plus intelligents et plus attentionnés avec leurs enfants mes camarades de jeux. Étudiant communiste, j’enviais la facilité d’élocution de mes camarades de combat et l’intelligence de leur analyse de la situation mondiale. Marié, j’ai envié les femmes des autres que je trouvais toutes plus jolies et plus intelligentes. Journaliste, j’ai envié les écrivains. Écrivain, j’ai envié les autres maisons d’édition. Grimpant la hiérarchie universitaire grâce à un travail régulier et reconnu par mes pairs, j’enviais ceux qui travaillaient plus, qui étaient plus reconnus. C’est sans fin. On peut se satisfaire de ce qu’on a ou envier ce qu’on n’a pas. Si on se satisfait de ce qu’on a, évidemment, on n’a plus de motivation pour continuer à travailler, c'est à dire à étonner le monde. Si l’on ne se satisfait pas de ce que l’on a, on conserve de puissantes motivations de travailler c'est à dire d’étonner le monde et l’environnement humain. Mais voilà que je me retrouve dans une chambre avec des collègues qui dorment sur un matelas jeté sur le sol, sans sommier. Et moi, je dis non, je refuse de travailler dans ces conditions. Prof de fac, je dois être reçu dans de meilleures conditions. Je range ma valise et je m’en vais. Quand je me réveille. Dans mon rêve, je reste, j’accepte les matelas jetés à terre, la grisaille, l’inconfort. Une fois réveillé, c’est trop tard. Je me trouve dans une chambre confortable, un matelas solide, un sommier de bonne tenue, un corps qui me tient chaud, une salle de bains voisine, le tout digne d’un prof de fac retraité, mais malgré tout. Il n’y a plus rien à envier, plus rien à regretter. C’est tout de suite, dans mon rêve, parmi les matelas honteux, indignes, que j’aurais du rebrousser chemin et dire à qui de droit que dans ces conditions. Je ne l’ai pas fait. Qui est le vrai moi, celui qui ne proteste pas contre d’infâmes conditions de travail, contre d’indignes conditions de logement, ou celui qui proteste une fois réveillé contre le confort et des conditions de vie et de travail qui ne méritent pas de protestation ?
mercredi 5 mai 2010
pays basque
Le 30 mars 2010, une trentaine de personnalités dont quatre prix Nobel de la paix ont publié une déclaration en faveur de la paix au Pays basque. Cette déclaration prend en compte la demande de trêve adressée à l’ETA par la gauche abertzale et demande au gouvernement espagnol de réagir à cette trêve par des mesures politiques.
Réagissant à cette déclaration, le porte-parole de Batasuna, Xabi Larralde, dans une entretien avec La semaine du Pays basque (30 avril 2010) montre combien il est difficile de sortir des vieilles ornières.
Pour Xabi Larralde, la déclaration de Bruxelles soutient la demande de trêve adressée à l’ETA par Batasuna. Sur le modèle irlandais, répète-t-il. Or le « modèle irlandais » ne fut pas une « trêve » de l’IRA. Une trêve est la suspension de la lutte armée, pendant que s’ouvrent des négociations. Si les négociations aboutissent à des résultats qui ne conviennent pas aux porteurs d’armes, ils reprennent la lutte armée. L’élément nouveau à Belfast fut une déclaration de cessez-le-feu unilatérale et définitive, avec l’acceptation d’une commission de vérification internationale de la réalité de ce cessez-le-feu par la destruction des armes. Par cette déclaration, l’IRA affirmait qu’elle renonçait à la lutte armée et acceptait les règles fondamentales du système démocratique. C’est cette déclaration, et pas une nième trêve qui a permis des négociations aboutissant à la paix en Irlande du Nord. La déclaration de Bruxelles demande un cessez-le-feu « vérifiable » selon les principes de la commission Mitchell. Pas une trêve. Cette phrase semble avoir échappé à Xabi Larralde.
Pourtant, Batasuna semble accepter les règles de la démocratie. C’est la majorité qui décide. « S’il y a 60% en faveur de l’autonomie, mettons en place un statut d’autonomie. S’il y a 60% pour le statu quo, ce sera le statu quo ». Mais la majorité a déjà décidé ! Elle décide à chaque élection, municipale, cantonale, régionale et législative. Elle accorde une majorité qui oscille entre 90 et 95% des voix à des représentants qui ne veulent pas d’une autonomie du Pays basque, qui ne veulent pas être réunifiés à un Pays basque imaginaire. Qu’importe ces résultats pour Batasuna. Comme ils ne lui plaisent pas, Batasune invente un « peuple » qui demande le droit de décider. Mais pour Batasuna, le peuple n’a qu’un seul droit : celui de décider d’être d’accord avec Batasuna. Ainsi, Batasuna « ne peut pas accepter que la Navarre soit séparée du reste du Pays basque ». Batasuna n’accepte pas la volonté majoritaire des Navarrais parce que la Navarre c’est la « mère-patrie » comme le Kosovo était le territoire sacré des nationalistes serbes. Les nationalistes serbes ne pouvaient pas accepter la volonté majoritaire des Kosovars et Xabi Larralde ne peut pas accepter pas la volonté majoritaire des Navarrais ou des Basques français. Tant que ces citoyens seront en désaccord avec Batasuna, il y aura un conflit avec des « expressions violentes » et une « souffrance humaine ».
Tous les Basques seront heureux et émus de savoir que Xabi Larralde, porte-parole de Batasuna, affirme dans son entretien qu’il n’est pas du tout « insensible » à ces souffrances.
Maurice Goldring
Réagissant à cette déclaration, le porte-parole de Batasuna, Xabi Larralde, dans une entretien avec La semaine du Pays basque (30 avril 2010) montre combien il est difficile de sortir des vieilles ornières.
Pour Xabi Larralde, la déclaration de Bruxelles soutient la demande de trêve adressée à l’ETA par Batasuna. Sur le modèle irlandais, répète-t-il. Or le « modèle irlandais » ne fut pas une « trêve » de l’IRA. Une trêve est la suspension de la lutte armée, pendant que s’ouvrent des négociations. Si les négociations aboutissent à des résultats qui ne conviennent pas aux porteurs d’armes, ils reprennent la lutte armée. L’élément nouveau à Belfast fut une déclaration de cessez-le-feu unilatérale et définitive, avec l’acceptation d’une commission de vérification internationale de la réalité de ce cessez-le-feu par la destruction des armes. Par cette déclaration, l’IRA affirmait qu’elle renonçait à la lutte armée et acceptait les règles fondamentales du système démocratique. C’est cette déclaration, et pas une nième trêve qui a permis des négociations aboutissant à la paix en Irlande du Nord. La déclaration de Bruxelles demande un cessez-le-feu « vérifiable » selon les principes de la commission Mitchell. Pas une trêve. Cette phrase semble avoir échappé à Xabi Larralde.
Pourtant, Batasuna semble accepter les règles de la démocratie. C’est la majorité qui décide. « S’il y a 60% en faveur de l’autonomie, mettons en place un statut d’autonomie. S’il y a 60% pour le statu quo, ce sera le statu quo ». Mais la majorité a déjà décidé ! Elle décide à chaque élection, municipale, cantonale, régionale et législative. Elle accorde une majorité qui oscille entre 90 et 95% des voix à des représentants qui ne veulent pas d’une autonomie du Pays basque, qui ne veulent pas être réunifiés à un Pays basque imaginaire. Qu’importe ces résultats pour Batasuna. Comme ils ne lui plaisent pas, Batasune invente un « peuple » qui demande le droit de décider. Mais pour Batasuna, le peuple n’a qu’un seul droit : celui de décider d’être d’accord avec Batasuna. Ainsi, Batasuna « ne peut pas accepter que la Navarre soit séparée du reste du Pays basque ». Batasuna n’accepte pas la volonté majoritaire des Navarrais parce que la Navarre c’est la « mère-patrie » comme le Kosovo était le territoire sacré des nationalistes serbes. Les nationalistes serbes ne pouvaient pas accepter la volonté majoritaire des Kosovars et Xabi Larralde ne peut pas accepter pas la volonté majoritaire des Navarrais ou des Basques français. Tant que ces citoyens seront en désaccord avec Batasuna, il y aura un conflit avec des « expressions violentes » et une « souffrance humaine ».
Tous les Basques seront heureux et émus de savoir que Xabi Larralde, porte-parole de Batasuna, affirme dans son entretien qu’il n’est pas du tout « insensible » à ces souffrances.
Maurice Goldring
benoît Hamon
Le PS: si l'on veut brouiller les cartes, il faut des textes,des décisions et un porte-parole qui fait et dit l'inverse. Manifester avec Attac et tous les extrêmes, contre les décisions européennes et du FMI, alors que les députés socialistes votent en faveur du prêt accordé à la Grèce (les députés communistes ont voté contre), comment voulez-vous que les militants s'y retrouvent? Il m'apparaît urgent de changer de porte-parole. Maurice Goldring
vendredi 9 avril 2010
pourcentage
Mon correspondant me dit qu'on ne peu nier la réalité, que la majorité des prisonniers en France sont musulmans. Je lui réponds que ces affirmations ne sont ni vraies ni fausses, elles n'ont un sens qu'avec la suite, elles ne peuvent pas être indépendantes des conclusions. Si je dis que la majeure partie de la population concentrationnaire sous le nazisme était juive, ça ne dit rien sur les juifs, mais ça dit beaucoup de choses sur le nazisme et la manière dont il envisageait de traiter la question juive. si je dis que la majorité des prisonniers en France sont musulmans, ça ne dit rien sur les musulmans, mais ça dit beaucoup de choses sur la manière dont les musulmans sont traités par la société française. Est-ce que c'est plus clair comme ça?
mercredi 7 avril 2010
zemmour, suite.
à la suite de la réaction à mon dernier blog, certaines réactions me permettent de m'expliquer davantage.Le racisme stigmatise une ethnie, une couleur, une origine, un trait communautaire et assigne à ses cibles un ensemble de défauts ou de faiblesses. Il trouve souvent des "phénomènes" objectifs pour le justifier. Il ne manquait pas de banquiers juifs pour "justifier" l'accusation d'avidité des Juifs. Les Irlandais des quartiers qu'on appelait "little Ireland" vivaient dans la saleté, la promiscuité. il suffisait de les décrire tels qu'ils étaient pour "montrer" qu'ils n'étaient pas vraiment des êtres humains.
80% des soldats américains au Vietnam étaient devenus des usagers de drogue. Quand ils ont été rapatriés, une minorité est restée accroc. Des chercheurs ont montré que cette minorité vivait dans les quartiers pauvres, dans des logements insalubres, sans perspectives professionnelle ou personnelle. La majorité de ces accrocs était noire. Les Noirs qui vivaient une vie de famille, qui avaient repris leurs études ou une activité professionnelle, qui vivaient dans des quartiers résidentiels, etc. avaient pratiquement tous abandonné l'héroïne. Dans ces conditions dire que les "Noirs sont drogués" n'a aucun sens. Dire que la majorité des emprisonnés est musulmane n'a pas plus de sens. C'est un avis qui révèle les phantasmes de Zemmour et n'a rien à voir avec la réalité sociale.
En Afrique du Sud, du temps de l'apartheid, des chiens étaient dressés pour attaquer et mordre les Noirs qui pénétraient dans les propriétés des Blancs.Nous sommes des hommes et non des chiens.
80% des soldats américains au Vietnam étaient devenus des usagers de drogue. Quand ils ont été rapatriés, une minorité est restée accroc. Des chercheurs ont montré que cette minorité vivait dans les quartiers pauvres, dans des logements insalubres, sans perspectives professionnelle ou personnelle. La majorité de ces accrocs était noire. Les Noirs qui vivaient une vie de famille, qui avaient repris leurs études ou une activité professionnelle, qui vivaient dans des quartiers résidentiels, etc. avaient pratiquement tous abandonné l'héroïne. Dans ces conditions dire que les "Noirs sont drogués" n'a aucun sens. Dire que la majorité des emprisonnés est musulmane n'a pas plus de sens. C'est un avis qui révèle les phantasmes de Zemmour et n'a rien à voir avec la réalité sociale.
En Afrique du Sud, du temps de l'apartheid, des chiens étaient dressés pour attaquer et mordre les Noirs qui pénétraient dans les propriétés des Blancs.Nous sommes des hommes et non des chiens.
mardi 30 mars 2010
le bons sens
Pour Eric Zemmour : la majorité des dealers sont africains ou maghrébins. Alan Finkelkraut prend sa défense : si on nie la réalité, on fait un cadeau au front national et le FN sera au deuxième tour en 2012.
La majorité des dealers sont africains ou maghrébins. C’est le bon sens. C’est la vérité ? Que peut-on faire contre la vérité ?
On peut combattre ce bon sens là par d’autres vérités :
La majorité des traders sont blancs et chrétiens.
Alain Finkelkraut, qui enseigne à Polytechnique, n’a jamais remarqué que la majorité des élèves de l’X n’étaient ni africains, ni maghrébins.
Dans l’Angleterre du 19ème siècle, la majorité des prisonniers étaient catholiques et irlandais.
En Espagne, on dit que la majorité des délits est commis par des Andalous.
En Italie, la majorité des délinquants vient de Naples.
En Russie, les délinquants sont Tchetchènes ou caucasiens.
En Israël, les délinquants sont surtout des sépharades. Ou des Russes.
Aux États-Unis, la majorité des citoyens américains qui refusent que les pauvres soient bien soignés sont blancs et chrétiens.
On peut continuer ainsi. Ou on peut réfléchir, chercher, essayer de comprendre. Je croyais que c’était le travail des philosophes : ne pas accepter le bon sens, mais essayer de comprendre. Je me trompais rudement.
La majorité des dealers sont africains ou maghrébins. C’est le bon sens. C’est la vérité ? Que peut-on faire contre la vérité ?
On peut combattre ce bon sens là par d’autres vérités :
La majorité des traders sont blancs et chrétiens.
Alain Finkelkraut, qui enseigne à Polytechnique, n’a jamais remarqué que la majorité des élèves de l’X n’étaient ni africains, ni maghrébins.
Dans l’Angleterre du 19ème siècle, la majorité des prisonniers étaient catholiques et irlandais.
En Espagne, on dit que la majorité des délits est commis par des Andalous.
En Italie, la majorité des délinquants vient de Naples.
En Russie, les délinquants sont Tchetchènes ou caucasiens.
En Israël, les délinquants sont surtout des sépharades. Ou des Russes.
Aux États-Unis, la majorité des citoyens américains qui refusent que les pauvres soient bien soignés sont blancs et chrétiens.
On peut continuer ainsi. Ou on peut réfléchir, chercher, essayer de comprendre. Je croyais que c’était le travail des philosophes : ne pas accepter le bon sens, mais essayer de comprendre. Je me trompais rudement.
dimanche 14 mars 2010
jour de vote
jour de vote
J'aime les jours de vote. Comme assesseur. On ne fait rien de la journée et tout le monde vous regarde avec respect comme si on travaillait beaucoup au service de la société. Ensuite, je perçois la société, le quartier où je vis d'une manière plus précise. Défilent notamment les immigrés ou issus de l'émigration dont on ne parle jamais. Ils se sont bien habillés pour aller voter, ils disent bonjour, ils posent des questions sur l'ampleur de l'abstention, ils expliquent à leurs enfants ce qu'est une élection, ils donnent le bulletin à leur petit dernier pour qu'il ou elle l'introduise dans l'urne. une Franco-africaine garde ses enfants auprès d'elle dans l'isoloir et leur montre son choix. Ils ont un logement, une adresse, un travail et ils votent. Ils n'entrent pas dans le moule de ce que doit être un immigré ou issu de l'émigration et la sanction est l'invisibilité.
Quand le préau est vide, la pensée peut vagabonder. Réfléchir sur les signes distinctifs. Une veste de cuir noir est un signe distinctif qui peut perturber l'ordre public, car seuls les mafieux d'Europe de l'Est portent ce genre de vêtement. Un jean serré est un signe distinctif, surtout quand la personne qui le porte est une maghrébine libérée, ce n'est pas si facile. Elle parle fort et beaucoup comme toutes les maghrébines libérées parce que l'homme est parti, quelle libération, quel soulagement! La parole libre coule, abondante, forte, sonore. Les femmes voilées parlent bcp moins fort. C'est un avantage. Dans un train en partance, si vous avez le choix entree un wagon de maghrébines libérées et un wagon de femmes voilées, celui-ci sera plus silencieux, plus discret, celui-là plus intéressant, mais pendant le voyage, vous préférez généralement le silence et la discrétion. Pour le silence et la discrétion, cherchez la cravate rayée du cadre en première classe ou le voile.
Libellés : jour de vote
orlando zapata
J'aime les jours de vote. Comme assesseur. On ne fait rien de la journée et tout le monde vous regarde avec respect comme si on travaillait beaucoup au service de la société. Ensuite, je perçois la société, le quartier où je vis d'une manière plus précise. Défilent notamment les immigrés ou issus de l'émigration dont on ne parle jamais. Ils se sont bien habillés pour aller voter, ils disent bonjour, ils posent des questions sur l'ampleur de l'abstention, ils expliquent à leurs enfants ce qu'est une élection, ils donnent le bulletin à leur petit dernier pour qu'il ou elle l'introduise dans l'urne. une Franco-africaine garde ses enfants auprès d'elle dans l'isoloir et leur montre son choix. Ils ont un logement, une adresse, un travail et ils votent. Ils n'entrent pas dans le moule de ce que doit être un immigré ou issu de l'émigration et la sanction est l'invisibilité.
Quand le préau est vide, la pensée peut vagabonder. Réfléchir sur les signes distinctifs. Une veste de cuir noir est un signe distinctif qui peut perturber l'ordre public, car seuls les mafieux d'Europe de l'Est portent ce genre de vêtement. Un jean serré est un signe distinctif, surtout quand la personne qui le porte est une maghrébine libérée, ce n'est pas si facile. Elle parle fort et beaucoup comme toutes les maghrébines libérées parce que l'homme est parti, quelle libération, quel soulagement! La parole libre coule, abondante, forte, sonore. Les femmes voilées parlent bcp moins fort. C'est un avantage. Dans un train en partance, si vous avez le choix entree un wagon de maghrébines libérées et un wagon de femmes voilées, celui-ci sera plus silencieux, plus discret, celui-là plus intéressant, mais pendant le voyage, vous préférez généralement le silence et la discrétion. Pour le silence et la discrétion, cherchez la cravate rayée du cadre en première classe ou le voile.
Libellés : jour de vote
orlando zapata
jour de vote
J'aime les jours de vote. Comme assesseur. On ne fait rien de la journée et tout le monde vous regarde avec respect comme si on travaillait beaucoup au service de la société. Ensuite, je perçois la société, le quartier où je vis d'une manière plus précise. Défilent notamment les immigrés ou issus de l'émigration dont on ne parle jamais. Ils se sont bien habillés pour aller voter, ils disent bonjour, ils posent des questions sur l'ampleur de l'abstention, ils expliquent à leurs enfants ce qu'est une élection, ils donnent le bulletin à leur petit dernier pour qu'il ou elle l'introduise dans l'urne. une Franco-africaine garde ses enfants auprès d'elle dans l'isoloir et leur montre son choix. Ils ont un logement, une adresse, un travail et ils votent. Ils n'entrent pas dans le moule de ce que doit être un immigré ou issu de l'émigration et la sanction est l'invisibilité.
Quand le préau est vide, la pensée peut vagabonder. Réfléchir sur les signes distinctifs. Une veste de cuir noir est un signe distinctif qui peut perturber l'ordre public, car seuls les mafieux d'Europe de l'Est portent ce genre de vêtement. Un jean serré est un signe distinctif, surtout quand la personne qui le porte est une maghrébine libérée, ce n'est pas si facile. Elle parle fort et beaucoup comme toutes les maghrébines libérées parce que l'homme est parti, quelle libération, quel soulagement! La parole libre coule, abondante, forte, sonore. Les femmes voilées parlent bcp moins fort. C'est un avantage. Dans un train en partance, si vous avez le choix entree un wagon de maghrébines libérées et un wagon de femmes voilées, celui-ci sera plus silencieux, plus discret, celui-là plus intéressant, mais pendant le voyage, vous préférez généralement le silence et la discrétion. Pour le silence et la discrétion, cherchez la cravate rayée du cadre en première classe ou le voile.
Quand le préau est vide, la pensée peut vagabonder. Réfléchir sur les signes distinctifs. Une veste de cuir noir est un signe distinctif qui peut perturber l'ordre public, car seuls les mafieux d'Europe de l'Est portent ce genre de vêtement. Un jean serré est un signe distinctif, surtout quand la personne qui le porte est une maghrébine libérée, ce n'est pas si facile. Elle parle fort et beaucoup comme toutes les maghrébines libérées parce que l'homme est parti, quelle libération, quel soulagement! La parole libre coule, abondante, forte, sonore. Les femmes voilées parlent bcp moins fort. C'est un avantage. Dans un train en partance, si vous avez le choix entree un wagon de maghrébines libérées et un wagon de femmes voilées, celui-ci sera plus silencieux, plus discret, celui-là plus intéressant, mais pendant le voyage, vous préférez généralement le silence et la discrétion. Pour le silence et la discrétion, cherchez la cravate rayée du cadre en première classe ou le voile.
Inscription à :
Articles (Atom)