Les idées des partis identitaires en Europe, (sil n'y avait que le Front national…) s'appuient partout sur des inquiétudes, des incertitudes, des craintes qui sont une réalité politique. Ces inquiétudes, ces craintes, peuvent rester politiquement inertes ou devenir des questions politiques si elles sont mobilisées par des responsables. Responsables politiques: les différents partis de droite nationaliste en Suisse, Hollande, Hongrie, etc. Ces craintes peuvent aussi être légitimées par des institutions, des intellectuels, des théoriciens, des églises. C'est ainsi qu'on comprend pas la durée et l'intensité de l'antisémitisme en Europe si l'on ne prend pas en compte le fait que l'église catholique l'a légitimé dans ses sermons répétés pendant des siècles.
Pierre Menent fait partie de ceux qui estiment que ces craintes sont justifiées. Il les théorise, il les légitime. Que l'Europe est politiquement inexistante devant le danger d'une vraie menace contre sa civilisation, contre ses valeurs. L'immigration, l'adhésion de la Turquie, la délégation de son pouvoir militaire aux États-Unis font partie de cette démission. Si rien ne se passe, les pays européens auront des réactions de survie, fondée sur les "vieilles nations" et "la vieille religion" au singulier, singulier qui exclut peut-être le protestantisme, et certainement la religion juive.
Je fais partie de ceux qui pensent que ces craintes ne doivent pas être légitimées, mais combattues. Pas seulement leur utilisation politique, mais aussi leur contenu. Combattues par l'histoire, par le raisonnement, par l'expérience. Nous avons devant sous les yeux un exemple de ce combat nécessaire. Les révolutions dans les pays arabes. Les journalistes et les observateurs les plus sérieux (voir le dernier exemple Gilles Kepel, dans un entretien au monde daté 5 avril) disent que les peuples de ces régions ont fait avec l'Iran l'expérience des révolutions islamisées et qu'ils n'en veulent plus. Ç a ne veut pas dire que selon les pays, la situation peut évoluer vers le pire. Ça veut dire qu'il faut prendre au sérieux et encourager les aspirations démocratiques et laïques qui s'expriment pour le moment. Ne pas reprendre les musiques qui se jouent bien au delà de la droite traditionnelle selon lesquelles il y a incompatibilité entre démocratie à l'européenne et l'islam, et les Arabes, et les Africains.
Les premières nations au sens moderne sont effectivement les nations protestantes de l'Europe du nord. Comme toutes les nations, elles se construisent autant sur les valeurs communes que sur la dénonciation hystérique d'un adversaire réel ou supposé. L'adversaire de ces nations protestantes étaient l'église catholique. Mot pour mot, pendant des siècles, les nations protestantes ont dénoncé les "papistes" dont la religion ne pouvait pas s'intégrer, par essence, dans la démocratie, dans l'économie d'entreprise, dans la modernité. On retrouve cette même dénonciation, aux États-Unis à l'égard des immigrés irlandais dont le danger principal était qu'ils étaient catholiques, la religion de la soumission, de l'ignorance, de la régression, incapable de comprendre ni même de lire la déclaration des droits de l'homme. Il faut lire ou relire les pamphlets de l'époque et les juxtaposer avec les thèses de Pierre Menent. Juste pour réfléchir.
Parmi ceux qui ne pouvaient pas s'intégrer et qui représentaient un danger mortel, il y eut les Juifs en Europe. Les Noirs aux États-Unis (comment pouvait-on leur accorder le droit de vote sans porter un coup mortel à la démocratie américaine?), les Noirs en Afrique du Sud…
Voilà. Ce qui me m'inquiète, ce ne sont pas les adversaires ou les dangers désignés par Pierre Menent, mais le fait que ses inquiétudes soient si largement prises au sérieux.
après avoir donné de mauvais exemples, voici venir l'âge des bons conseils.
jeudi 7 avril 2011
primaires
Un responsable de l'UMP dit que les primaires du PS ce n'est pas bien. parce qu'elle sont à un euro pour y participer. à l'UMP, pour participer aux primaires, le minimum , c'est cent mille euros.
mercredi 6 avril 2011
suite de la déclaration de paix
Je reçois par dizaines des messages d'encouragement. des anciens élèves et des anciens étudiants qui se rappellent à mon souvenir. et puis par unité, des messages de haine, on me trait de collabo... Là-haut, on joue avec le feu.
gagner les élections
La situation du pays, la dérive de la droite au pouvoir, nous imposent de gagner les élections présidentielles. Si nous ne les gagnons pas, nous sommes hors-jeu, nous le courant socialiste réformiste, pendant des générations. Nous laisserons le champ libre à une alternance entre centre droit et centre gauche. Entre droite dure et droite modérée. Nous compterons les coups et nous manifesterons avec le Front de gauche et le NPA contre les mesures autoritaires à l'égard des sans-papiers. Rien qu'à l'idée, j'en pleurerais de joie.
Pour gagner les élections, il faut vouloir gouverner. Une des manières de refuser le pouvoir est de mener la campagne des primaires d'une façon à refuser les responsabilités. Laissons à Mélanchon-Besancenot l'ivresse des colères renonciatrices. Que les candidats mènent campagne avec un seul but: gagner. Gagner, même si c'est aux dépens de leur propre avenir. Je dis cela avec facilité puisqu'il s'agit de leur avenir et non du mien. Au jour d'aujourd'hui, je précède les primaires en disant parce que je le pense que le candidat qui incarne le mieux la victoire possible est DSK. Si c'est lui, qu'il soit désigné. Si l'objectif unique est de gagner.
Gagner aujourd'hui, c'est rassembler autour des propositions d'un programme de gouvernement une partie de la droite centriste. Cela suppose une grande clarté dans les propositions et dans les actions. Toutes les actions. Rassembler la gauche? Oui. Celle qui veut gouverner, prendre des responsabilités. Le NPA et LO se situent en dehors. Le Front de gauche et le PC hésitent. S'il y a des actions en commun, qu'elles se mènent sur la base de notre politique et de nos perspectives d'avenir. Voici par exemple, localement, un comité magma contre la répression qui édite un tract sur le thème: y en a marre, y en marre des contrôles au faciès, de la répression. Le 5 avril, quand j'ai lu à la mosquée de la rue Polonceau une "déclaration de paix aux musulmans qui vivent en France", deux inspecteurs de police sont venus me demander le texte de cette déclaration et me présenter les excuses du commissaire Clouseau qui aurait aimé être présent. Les deux militantes du NPA qui étaient présentes en bafouillaient de confusion idéologique. Ça ne collait pas avec la liste des "y en a marre". Quand Espoir Goutte d'Or négocie avec la police, en permanence, la place des véhicules pour pouvoir mieux faire son travail de prévention, ça ne colle pas non plus. Alors, la présence d'élus dans ce regroupement introduit une confusion regrettable. Une culture de gouvernement, ce n'est pas demain, c'est tous les jours. A ces deux militantes du NPA un peu désorientées, j'ai demandé: les patrouilles de police peuvent marcher tranquillement dans le quartier sans recevoir de parpaing sur la tête, c'est bien ou c'est pas bien? Elles ont du mal à dire que c'était bien. Elles ne l'ont même pas dit. Leur silence les exclut d'un rassemblement de la gauche qui vise à gouverner. Qui veut développer la police de proximité.
Autre exemple de cette culture de rassemblement et de gouvernement. Les militants socialistes sont actifs dans la défense des sans-papiers. C'est bien. Mais la plus grande partie des issus de l'immigration qui vivent et travaillent dans le quartier disposent de papiers, d'un métier, sont des commerçants légaux, ont des enfants qui vont dans les écoles. Qu'est-ce qu'on leur dit à eux? On leur dit, euh…dommage que vous ne soyiez pas des sans-papiers, sinon, on vous aiderait.
Pour gagner les élections, il faut vouloir gouverner. Une des manières de refuser le pouvoir est de mener la campagne des primaires d'une façon à refuser les responsabilités. Laissons à Mélanchon-Besancenot l'ivresse des colères renonciatrices. Que les candidats mènent campagne avec un seul but: gagner. Gagner, même si c'est aux dépens de leur propre avenir. Je dis cela avec facilité puisqu'il s'agit de leur avenir et non du mien. Au jour d'aujourd'hui, je précède les primaires en disant parce que je le pense que le candidat qui incarne le mieux la victoire possible est DSK. Si c'est lui, qu'il soit désigné. Si l'objectif unique est de gagner.
Gagner aujourd'hui, c'est rassembler autour des propositions d'un programme de gouvernement une partie de la droite centriste. Cela suppose une grande clarté dans les propositions et dans les actions. Toutes les actions. Rassembler la gauche? Oui. Celle qui veut gouverner, prendre des responsabilités. Le NPA et LO se situent en dehors. Le Front de gauche et le PC hésitent. S'il y a des actions en commun, qu'elles se mènent sur la base de notre politique et de nos perspectives d'avenir. Voici par exemple, localement, un comité magma contre la répression qui édite un tract sur le thème: y en a marre, y en marre des contrôles au faciès, de la répression. Le 5 avril, quand j'ai lu à la mosquée de la rue Polonceau une "déclaration de paix aux musulmans qui vivent en France", deux inspecteurs de police sont venus me demander le texte de cette déclaration et me présenter les excuses du commissaire Clouseau qui aurait aimé être présent. Les deux militantes du NPA qui étaient présentes en bafouillaient de confusion idéologique. Ça ne collait pas avec la liste des "y en a marre". Quand Espoir Goutte d'Or négocie avec la police, en permanence, la place des véhicules pour pouvoir mieux faire son travail de prévention, ça ne colle pas non plus. Alors, la présence d'élus dans ce regroupement introduit une confusion regrettable. Une culture de gouvernement, ce n'est pas demain, c'est tous les jours. A ces deux militantes du NPA un peu désorientées, j'ai demandé: les patrouilles de police peuvent marcher tranquillement dans le quartier sans recevoir de parpaing sur la tête, c'est bien ou c'est pas bien? Elles ont du mal à dire que c'était bien. Elles ne l'ont même pas dit. Leur silence les exclut d'un rassemblement de la gauche qui vise à gouverner. Qui veut développer la police de proximité.
Autre exemple de cette culture de rassemblement et de gouvernement. Les militants socialistes sont actifs dans la défense des sans-papiers. C'est bien. Mais la plus grande partie des issus de l'immigration qui vivent et travaillent dans le quartier disposent de papiers, d'un métier, sont des commerçants légaux, ont des enfants qui vont dans les écoles. Qu'est-ce qu'on leur dit à eux? On leur dit, euh…dommage que vous ne soyiez pas des sans-papiers, sinon, on vous aiderait.
gagner les élections
La situation du pays, la dérive de la droite au pouvoir, nous imposent de gagner les élections présidentielles. Si nous ne les gagnons pas, nous sommes hors-jeu, nous le courant socialiste réformiste, pendant des générations. Nous laisserons le champ libre à une alternance entre centre droit et centre gauche. Entre droite dure et droite modérée. Nous compterons les coups et nous manifesterons avec le Front de gauche et le NPA contre les mesures autoritaires à l'égard des sans-papiers. Rien qu'à l'idée, j'en pleurerais de joie.
Pour gagner les élections, il faut vouloir gouverner. Une des manières de refuser le pouvoir est de mener la campagne des primaires d'une façon à refuser les responsabilités. Laissons à Mélanchon-Besancenot l'ivresse des colères renonciatrices. Que les candidats mènent campagne avec un seul but: gagner. Gagner, même si c'est aux dépens de leur propre avenir. Je dis cela avec facilité puisqu'il s'agit de leur avenir et non du mien. Au jour d'aujourd'hui, je précède les primaires en disant parce que je le pense que le candidat qui incarne le mieux la victoire possible est DSK. Si c'est lui, qu'il soit désigné. Si l'objectif unique est de gagner.
Gagner aujourd'hui, c'est rassembler autour des propositions d'un programme de gouvernement une partie de la droite centriste. Cela suppose une grande clarté dans les propositions et dans les actions. Toutes les actions. Rassembler la gauche? Oui. Celle qui veut gouverner, prendre des responsabilités. Le NPA et LO se situent en dehors. Le Front de gauche et le PC hésitent. S'il y a des actions en commun, qu'elles se mènent sur la base de notre politique et de nos perspectives d'avenir. Voici par exemple, localement, un comité magma contre la répression qui édite un tract sur le thème: y en a marre, y en marre des contrôles au faciès, de la répression. Le 5 avril, quand j'ai lu à la mosquée de la rue Polonceau une "déclaration de paix aux musulmans qui vivent en France", deux inspecteurs de police sont venus me demander le texte de cette déclaration et me présenter les excuses du commissaire Clouseau qui aurait aimé être présent. Les deux militantes du NPA qui étaient présentes en bafouillaient de confusion idéologique. Ça ne collait pas avec la liste des "y en a marre". Quand Espoir Goutte d'Or négocie avec la police, en permanence, la place des véhicules pour pouvoir mieux faire son travail de prévention, ça ne colle pas non plus. Alors, la présence d'élus dans ce regroupement introduit une confusion regrettable. Une culture de gouvernement, ce n'est pas demain, c'est tous les jours. A ces deux militantes du NPA un peu désorientées, j'ai demandé: les patrouilles de police peuvent marcher tranquillement dans le quartier sans recevoir de parpaing sur la tête, c'est bien ou c'est pas bien? Elles ont du mal à dire que c'était bien. Elles ne l'ont même pas dit. Leur silence les exclut d'un rassemblement de la gauche qui vise à gouverner. Qui veut développer la police de proximité.
Autre exemple de cette culture de rassemblement et de gouvernement. Les militants socialistes sont actifs dans la défense des sans-papiers. C'est bien. Mais la plus grande partie des issus de l'immigration qui vivent et travaillent dans le quartier disposent de papiers, d'un métier, sont des commerçants légaux, ont des enfants qui vont dans les écoles. Qu'est-ce qu'on leur dit à eux? On leur dit, euh…dommage que vous ne soyiez pas des sans-papiers, sinon, on vous aiderait.
Pour gagner les élections, il faut vouloir gouverner. Une des manières de refuser le pouvoir est de mener la campagne des primaires d'une façon à refuser les responsabilités. Laissons à Mélanchon-Besancenot l'ivresse des colères renonciatrices. Que les candidats mènent campagne avec un seul but: gagner. Gagner, même si c'est aux dépens de leur propre avenir. Je dis cela avec facilité puisqu'il s'agit de leur avenir et non du mien. Au jour d'aujourd'hui, je précède les primaires en disant parce que je le pense que le candidat qui incarne le mieux la victoire possible est DSK. Si c'est lui, qu'il soit désigné. Si l'objectif unique est de gagner.
Gagner aujourd'hui, c'est rassembler autour des propositions d'un programme de gouvernement une partie de la droite centriste. Cela suppose une grande clarté dans les propositions et dans les actions. Toutes les actions. Rassembler la gauche? Oui. Celle qui veut gouverner, prendre des responsabilités. Le NPA et LO se situent en dehors. Le Front de gauche et le PC hésitent. S'il y a des actions en commun, qu'elles se mènent sur la base de notre politique et de nos perspectives d'avenir. Voici par exemple, localement, un comité magma contre la répression qui édite un tract sur le thème: y en a marre, y en marre des contrôles au faciès, de la répression. Le 5 avril, quand j'ai lu à la mosquée de la rue Polonceau une "déclaration de paix aux musulmans qui vivent en France", deux inspecteurs de police sont venus me demander le texte de cette déclaration et me présenter les excuses du commissaire Clouseau qui aurait aimé être présent. Les deux militantes du NPA qui étaient présentes en bafouillaient de confusion idéologique. Ça ne collait pas avec la liste des "y en a marre". Quand Espoir Goutte d'Or négocie avec la police, en permanence, la place des véhicules pour pouvoir mieux faire son travail de prévention, ça ne colle pas non plus. Alors, la présence d'élus dans ce regroupement introduit une confusion regrettable. Une culture de gouvernement, ce n'est pas demain, c'est tous les jours. A ces deux militantes du NPA un peu désorientées, j'ai demandé: les patrouilles de police peuvent marcher tranquillement dans le quartier sans recevoir de parpaing sur la tête, c'est bien ou c'est pas bien? Elles ont du mal à dire que c'était bien. Elles ne l'ont même pas dit. Leur silence les exclut d'un rassemblement de la gauche qui vise à gouverner. Qui veut développer la police de proximité.
Autre exemple de cette culture de rassemblement et de gouvernement. Les militants socialistes sont actifs dans la défense des sans-papiers. C'est bien. Mais la plus grande partie des issus de l'immigration qui vivent et travaillent dans le quartier disposent de papiers, d'un métier, sont des commerçants légaux, ont des enfants qui vont dans les écoles. Qu'est-ce qu'on leur dit à eux? On leur dit, euh…dommage que vous ne soyiez pas des sans-papiers, sinon, on vous aiderait.
mardi 5 avril 2011
film sur le communisme
Le film de Marcel Trillat et de Maurice Failevic (Atlandide) sur l'effondrement du communisme, diffusé sur France 2 est une imposture. Juste une remarque préliminaire pour expliquer ce mot: tous les interviewés sauf deux ont été membres du PCF et ont été exclus ou l'ont quitté. Le film ne dit jamais qu'ils ne sont plus membres du PCF.
On peut passer sur les distorsions familières. Le pacte germano-soviétique est survolé légèrement, la livraison par Staline à Hitler d'antifascistes allemands n'est pas évoqué, la résistance d'avant 1941 est attribuée au parti communiste alors que Jacques Duclos demandait la permission de faire reparaître l'Humanité, etc.
Les relations avec l'Union soviétique: Léo Figuères était à Moscou pendant les procès et les purges. Dans une école d'un an. Il constate qu'à mesure que l'année s'écoule, certains de ses profs disparaissent. Il se demande pourquoi. "nous n'étions pas très à l'aise". En 1965, Kanapa, journaliste à Moscou, envoie une lettre à Waldeck Rochet sur l'état de l'URSS, les arrestations, etc. et WR le croit. C'est incroyable. Il le croit. D'un seul coup, en 1965, on découvre le goulag, et on le croit.
La chute du mur: depuis que l'URSS est tombé, les syndicats, les mouvements populaires, les revendications sont affaiblis. Parce que les pays capitalistes dans la concurrence avec un autre régime, avaient tendance à accepter les réformes pour que leurs peuples ne virent pas vers le communisme. Il fallait que vingt millions de personnes meurent de faim de fatigue et de froid pour obtenir une cinquième semaine de congés payés. Maintenant que ces peuples sont libres, c'est plus difficile. Le rapport Kroutchev a fait beaucoup souffrir les communistes, disent les entretiens. Il a surtout signalé que beaucoup de soviétiques ont beaucoup souffert sous Staline.
Le meilleur, c'est Henri Malberg, qui fait la liste des crimes du capitalisme "dont on ne parle plus": les massacres des peuples dans les conquêtes coloniales, la guerre du Vietnam, etc. Il oublie un détail. Contre la guerre en Algérie, j'ai manifesté, contre la guerre au Vietnam, j'ai manifesté. Contre le goulag, contre les procès, contre les atteintes aux libertés dans les pays soviétiques, je n'ai pas manifesté. La différence, mon cher Henri, est que le goulag et les arrestations d'opposants, d'intellectuels, d'ouvriers, de juifs et d'ukrainiens, tous ça se faisait en ton nom et au mien, au nom de mes principes, et ton parti trouvait le bien globalement positif. En ton nom, et plus au mien, à l'époque, j'étais déjà loin. Et aujourd'hui, tu continues à faire semblant de ne pas savoir que tu étais complice de Pol Pot. Tu connais Pol Pot? Et la Révolution culturelle, tu as oublié? Au nom des principes communistes. Les communistes français étaient un peu contre la révolution culturelle chinoise parce que les soviétiques étaient contre les dirigeants chinois. Mais si les soviétiques avaient été pour, les communistes français et Henri Malberg auraient accepté ou ignoré les millions de morts de la révolution culturelle chinoise et Henri Malberg les aurait oublié. Pourtant, à la différence des massacres qu'il a énumérés, ces massacres se sont accomplis en son nom et au mien.
Sinon, dans l'ensemble, on célèbre les engagements, la solidarité, la camaraderie…C'est magnifique, la camaraderie. Souvenir de camaraderie. Mais dangereux la camaraderie. La camaraderie est présente dans tous les système totalitaires. Quand on fait la guerre, quand les luttes sont des luttes à mort. La camaraderie rassemble des militants engagés totalement. S'ils posent une question, s'ils expriment une différence d'opinion, la camaraderie cesse immédiatement et on ne serre plus la main de celui qui n'est plus d'accord. Vous avez oublié?
On peut passer sur les distorsions familières. Le pacte germano-soviétique est survolé légèrement, la livraison par Staline à Hitler d'antifascistes allemands n'est pas évoqué, la résistance d'avant 1941 est attribuée au parti communiste alors que Jacques Duclos demandait la permission de faire reparaître l'Humanité, etc.
Les relations avec l'Union soviétique: Léo Figuères était à Moscou pendant les procès et les purges. Dans une école d'un an. Il constate qu'à mesure que l'année s'écoule, certains de ses profs disparaissent. Il se demande pourquoi. "nous n'étions pas très à l'aise". En 1965, Kanapa, journaliste à Moscou, envoie une lettre à Waldeck Rochet sur l'état de l'URSS, les arrestations, etc. et WR le croit. C'est incroyable. Il le croit. D'un seul coup, en 1965, on découvre le goulag, et on le croit.
La chute du mur: depuis que l'URSS est tombé, les syndicats, les mouvements populaires, les revendications sont affaiblis. Parce que les pays capitalistes dans la concurrence avec un autre régime, avaient tendance à accepter les réformes pour que leurs peuples ne virent pas vers le communisme. Il fallait que vingt millions de personnes meurent de faim de fatigue et de froid pour obtenir une cinquième semaine de congés payés. Maintenant que ces peuples sont libres, c'est plus difficile. Le rapport Kroutchev a fait beaucoup souffrir les communistes, disent les entretiens. Il a surtout signalé que beaucoup de soviétiques ont beaucoup souffert sous Staline.
Le meilleur, c'est Henri Malberg, qui fait la liste des crimes du capitalisme "dont on ne parle plus": les massacres des peuples dans les conquêtes coloniales, la guerre du Vietnam, etc. Il oublie un détail. Contre la guerre en Algérie, j'ai manifesté, contre la guerre au Vietnam, j'ai manifesté. Contre le goulag, contre les procès, contre les atteintes aux libertés dans les pays soviétiques, je n'ai pas manifesté. La différence, mon cher Henri, est que le goulag et les arrestations d'opposants, d'intellectuels, d'ouvriers, de juifs et d'ukrainiens, tous ça se faisait en ton nom et au mien, au nom de mes principes, et ton parti trouvait le bien globalement positif. En ton nom, et plus au mien, à l'époque, j'étais déjà loin. Et aujourd'hui, tu continues à faire semblant de ne pas savoir que tu étais complice de Pol Pot. Tu connais Pol Pot? Et la Révolution culturelle, tu as oublié? Au nom des principes communistes. Les communistes français étaient un peu contre la révolution culturelle chinoise parce que les soviétiques étaient contre les dirigeants chinois. Mais si les soviétiques avaient été pour, les communistes français et Henri Malberg auraient accepté ou ignoré les millions de morts de la révolution culturelle chinoise et Henri Malberg les aurait oublié. Pourtant, à la différence des massacres qu'il a énumérés, ces massacres se sont accomplis en son nom et au mien.
Sinon, dans l'ensemble, on célèbre les engagements, la solidarité, la camaraderie…C'est magnifique, la camaraderie. Souvenir de camaraderie. Mais dangereux la camaraderie. La camaraderie est présente dans tous les système totalitaires. Quand on fait la guerre, quand les luttes sont des luttes à mort. La camaraderie rassemble des militants engagés totalement. S'ils posent une question, s'ils expriment une différence d'opinion, la camaraderie cesse immédiatement et on ne serre plus la main de celui qui n'est plus d'accord. Vous avez oublié?
vendredi 1 avril 2011
ancien élève
Bonjour cher Claude, c'est toujours émouvant d'avoir un message d'un ancien élève. Après le lycée de Beauvais, j'ai enseigné quelques années au Lycée Saint-Louis, puis à l'université de Vincennes (aujourd'hui Saint-Denis). Ma spécialité: l'Irlande. Je suis resté adhérent du PC jusqu'en 1981. J'ai été exclu avec Henri Fiszbin pour activités fractionnelles. J'ai adhéré au PS après la défaite de Jospin en 2002, et je suis sur une ligne sociale-réformiste (j'hésite entre DSK et François Hollande. Je suis retraité depuis quinze ans et je continue à travailler, à écrire et à militer. Je ^partage ma vie entre Paris et Biarritz où mon amie à une maison. Vous pouvez suivre mes idées et mes activités sur mon blog (blog politique de Maurice Goldring). Il me reste quelques certitudes: Une haine rationnelle et renouvelée de la phrase révolutionnaire qui sabote le présent dans l'opposition et tue les peuples quand elle arrive au pouvoir. Deuxièmement: quand on a une famille, des petits-enfants, quelques amis, et un peu d'argent, le grand âge est un délice car on savoure plus intensément chaque instant. Voilà, vous savez tout. Amitiés.
jeudi 31 mars 2011
ps 29 mars 2011
Après la réunion de la section chapelle Goutte d'Or,
Après les cantonales, nous dissertons gravement sur l'abstention. Nous sommes une trentaine sur quatre cents membres de la section. Le vote sur les différentes étapes du projet socialiste a attiré à peine plus d'un adhérent sur dix. Une abstention de plus de 80%. Mais nous discutons de l'abstention aux cantonales. Gravement. Pourquoi cette abstention massive? Parce que les adhérents savent que ce n'est pas là et que ce n'est pas eux qui décident. Que leur vote ne sert à rien. Ils se déplaceront en masse pour le choix d'un ou d'une candidate aux présidentielles parce qu'ils savent qu'en choisissant le candidat, ils choisiront aussi une orientation. Y-a-t-il là une leçon pour comprendre les abstentions aux élections cantonales?
Choisir une orientation. Nous ne sommes pas au clair. Nous trichons sur notre ancrage social-démocrate. Nous voulons règlementer le capital financier, défendre les services publics, la justice fiscale, répartir les richesses nationales d'une manière plus juste pour les plus démunis. Applaudissements. Le tout dans dans le cadre d'une économie de marché, d'une libre circulation des capitaux et des hommes. Une partie de la gauche (et de la droite extrême) réclament le protectionnisme, la sortie de l'euro, l'étatisation de l'économie. IL doit être bien clair que nous sommes totalement opposés à cette orientation. Applaudissements clairsemés. Le choix de l'orientation se fera en choisissant un candidat. En attendant, la politique se fera loin de nous.
Mais les discours pèsent. Toutes les enquêtes, les opinions, les débats, convergent pour indiquer une société française dépressive, inquiète, manquant d'espoir pour l'avenir et pleine de désespoir pour le présent. Ce pessimisme ambiant est partagé par des gens qui ont un travail régulier, une retraite honorable, qui partent en vacances deux ou trois par an. Nous participons de cette ambiance délétère par une description de la crise et de ses effets qui ne distingue guère des discours extrémistes. La dénonciation est toujours plus applaudie que la dénonciation. Or ce discours est une insulte aux résultats obtenus par les luttes populaires, les syndicats, les associations…Est-ce que oui ou non la société française, son administration, ont été façonnées par un combat incessant pour une meilleure protection sociale, pour une meilleure égalité dans la santé, l'éducation, les loisirs… La droite n'a pas tout détruit. Et même avec la droite au pouvoir, il est possible d'obtenir des résultats. Est-ce que je rêve ou est-ce que je vois une médiathèque, un centre de musique, des logements sociaux se construire dans le quartier? Si nous ne valorisons pas nos succès, nous renforçons le catastrophisme à l'égard de l'action politique en général et le scepticisme à l'égard des perspectives toutes proches.
Après les cantonales, nous dissertons gravement sur l'abstention. Nous sommes une trentaine sur quatre cents membres de la section. Le vote sur les différentes étapes du projet socialiste a attiré à peine plus d'un adhérent sur dix. Une abstention de plus de 80%. Mais nous discutons de l'abstention aux cantonales. Gravement. Pourquoi cette abstention massive? Parce que les adhérents savent que ce n'est pas là et que ce n'est pas eux qui décident. Que leur vote ne sert à rien. Ils se déplaceront en masse pour le choix d'un ou d'une candidate aux présidentielles parce qu'ils savent qu'en choisissant le candidat, ils choisiront aussi une orientation. Y-a-t-il là une leçon pour comprendre les abstentions aux élections cantonales?
Choisir une orientation. Nous ne sommes pas au clair. Nous trichons sur notre ancrage social-démocrate. Nous voulons règlementer le capital financier, défendre les services publics, la justice fiscale, répartir les richesses nationales d'une manière plus juste pour les plus démunis. Applaudissements. Le tout dans dans le cadre d'une économie de marché, d'une libre circulation des capitaux et des hommes. Une partie de la gauche (et de la droite extrême) réclament le protectionnisme, la sortie de l'euro, l'étatisation de l'économie. IL doit être bien clair que nous sommes totalement opposés à cette orientation. Applaudissements clairsemés. Le choix de l'orientation se fera en choisissant un candidat. En attendant, la politique se fera loin de nous.
Mais les discours pèsent. Toutes les enquêtes, les opinions, les débats, convergent pour indiquer une société française dépressive, inquiète, manquant d'espoir pour l'avenir et pleine de désespoir pour le présent. Ce pessimisme ambiant est partagé par des gens qui ont un travail régulier, une retraite honorable, qui partent en vacances deux ou trois par an. Nous participons de cette ambiance délétère par une description de la crise et de ses effets qui ne distingue guère des discours extrémistes. La dénonciation est toujours plus applaudie que la dénonciation. Or ce discours est une insulte aux résultats obtenus par les luttes populaires, les syndicats, les associations…Est-ce que oui ou non la société française, son administration, ont été façonnées par un combat incessant pour une meilleure protection sociale, pour une meilleure égalité dans la santé, l'éducation, les loisirs… La droite n'a pas tout détruit. Et même avec la droite au pouvoir, il est possible d'obtenir des résultats. Est-ce que je rêve ou est-ce que je vois une médiathèque, un centre de musique, des logements sociaux se construire dans le quartier? Si nous ne valorisons pas nos succès, nous renforçons le catastrophisme à l'égard de l'action politique en général et le scepticisme à l'égard des perspectives toutes proches.
5 avril
Si j'avais mis une croix gammée sur la mosquée, les caméras et les micros se seraient déplacés. Des drones programmés pour filmer l'insoutenable, le scandaleux. Plus besoin de journalistes, les appareils font ça très bien tout seul. Si j'avais organisé dans ma rue occupée par des musulmans en prière le vendredi une manifestation d'habitants en colère contre les prières dans l'espace public, les enregistreurs d'images et de bruits auraient survolé la scène, sans journalistes, ils n'en ont plus besoin. Ils savent ce qu'il faut filmer. Si j'avais sué la haine, craché la peur, transpiré les préjugés…Faut-il poursuivre? Un petit groupe d'habitants de la rue Polonceau va lire le 5 avril, à la mosquée de la rue qu'ils habitent, une déclaration de paix aux musulmans qui vivent et travaillent en France. C'est un événement? Non, la programmation des appareils estime que ce n'est pas un événement. Qu'on ne se déplace pas pour ça.
Comme habitant du quartier, j'ai envie de rendre spectaculaire une voiture qui ne brûle pas, un consommateur de drogue qui s'est engagé dans un parcours de soins, un encapuchonné qui court après une dame pour lui rendre le sac qu'elle a oublié sur son banc, un musulman qui prie dans la rue, devant ma porte, pour que la France reste un pays laïque.
Comme habitant du quartier, j'ai envie de rendre spectaculaire une voiture qui ne brûle pas, un consommateur de drogue qui s'est engagé dans un parcours de soins, un encapuchonné qui court après une dame pour lui rendre le sac qu'elle a oublié sur son banc, un musulman qui prie dans la rue, devant ma porte, pour que la France reste un pays laïque.
mercredi 30 mars 2011
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