vendredi 13 mai 2011

manif 22 mai

Une manifestation nationale contrer le racisme est prévue le dimanche 29 mai Parmi les organisations signataires figurent le NPA, le PCF, le Parti communiste ouvrier de France, l’union des révolutionnaires communistes, SUD étudiant, MRAP, solidarité Palestine. Ne figurent parmi les signataires le Parti socialiste, aucune confédération syndicale nationale, aucune ville tenue par la gauche.
Pour préparer cette manifestation nationale, une manifestation est prévue dans la Goutte d'Or dimanche 22 mai prochain. À la date où j’écris, aucun élu du 18ème, aucune association du 18ème ne s’associe à cette manifestation. À juste titre.
Pourquoi une manifestation antiraciste à la Goutte d'Or ? J’aurais compris à Neuilly sur Seine, où ils refusent les immigrés ailleurs que dans les cuisines et derrière les camions-poubelles. Ou devant les fenêtres du Ministère de l’intérieur. Mais pourquoi la Goutte d'Or ?
J’aurais compris une manifestation pour saluer les efforts des élus, de la municipalité, des associations pour lutter efficacement contre le racisme et l’exclusion. Pour souhaiter la victoire de la gauche en 2012 qui permettrait de porter au pouvoir ceux qui luttent contre le racisme partout où ils sont élus dans les régions et les villes.
Sinon, la manifestation du 22 mai n’est que le miroir du fameux apéro saucisson pinard, elle vise à stigmatiser un quartier où tous les efforts sont tendus quotidiennement pour mieux vivre ensemble.

fausses solutions

Fausses solutions

Certaines personnes inconséquentes pensent augmenter la surface de rangement en éloignant l’armoire de la paroi et laisser un espace où peuvent se glisser escabeau, chaises pliantes, lit de bébé qui a grandi, tableaux de maître, rallonges de table. C’est une erreur grave. En effet, il existe entre armoires et murs, ou cloisons, ou parois, une forte complicité. L’une s’appuie sur l’autre et trouve ainsi une stabilité apaisante tandis que le mur souvent critiqué pour sa nudité trouve derrière l’armoire une cache pudique qui lui évite l’irritation de chercher en permanence à se couvrir derrière des miroirs, des affiches punaisées, des patères ou autres dérisoires revêtements.

Au cas où malgré les mises en garde, ces personnes inconséquentes persistent à éloigner l’armoire de la paroi, elles courent le risque de créer ce qui est connu dans les manuels de pathologie mentale comme l’angoisse du vide derrière l’armoire. Cette angoisse est particulièrement forte quand l’armoire fait face au lit et que le malheureux dormeur s’aperçoit avec terreur qu’un vide inexploré rend l’armoire instable et le mur craintif.

30 ans

Dans les commémorations du trentième anniversaire de la victoire de la gauche le 10 mai 1981 manque un petit rien, le rôle des communistes unitaires qui avaient refusé la rupture de 1977 et continuaient à se battre pour l’unité de la gauche, pour le ralliement du PCF à une politique réformiste. Ils se battaient à l’intérieur du PCF contre le sectarisme de la direction et de l’appareil, contre le vote dit « révolutionnaire » qui consistait à voter Giscard pour tenter de barrer la route à Mitterrand. Ils ont contribué à la chute d’un PCF réticent à l’union et aux responsabilités gouvernementales et donc permis de donner une plus grande crédibilité à la stratégie mitterrandienne. Un grand nombre de ces communistes unitaires ont voté pour François Mitterrand dès le premier tour et ainsi allégé le lest communiste. Ils ont été exclus, insultés, oubliés.
Il reviendra aux historiens de mesurer leur influence. En attendant, quelques uns d’entre eux demandent qu’on leur réserve une petite place dans la mémoire commémorative. Pour qu’on reconnaisse leur rôle, certes. Mais surtout pour rappeler que la fascination pour la phrase révolutionnaire n’a pas disparu avec le PCF.

30 ans

Dans les commémorations du trentième anniversaire de la victoire de la gauche le 10 mai 1981 manque un petit rien, le rôle des communistes unitaires qui avaient refusé la rupture de 1977 et continuaient à se battre pour l’unité de la gauche, pour le ralliement du PCF à une politique réformiste. Ils se battaient à l’intérieur du PCF contre le sectarisme de la direction et de l’appareil, contre le vote dit « révolutionnaire » qui consistait à voter Giscard pour tenter de barrer la route à Mitterrand. Ils ont contribué à la chute d’un PCF réticent à l’union et aux responsabilités gouvernementales et donc permis de donner une plus grande crédibilité à la stratégie mitterrandienne. Un grand nombre de ces communistes unitaires ont voté pour François Mitterrand dès le premier tour et ainsi allégé le lest communiste. Ils ont été exclus, insultés, oubliés.
Il reviendra aux historiens de mesurer leur influence. En attendant, quelques uns d’entre eux demandent qu’on leur réserve une petite place dans la mémoire commémorative. Pour qu’on reconnaisse leur rôle, certes. Mais surtout pour rappeler que la fascination pour la phrase révolutionnaire n’a pas disparu avec le PCF.

lundi 9 mai 2011

silence

on est maître de ce qu'on a tu, on est esclave de ce qu'on a dit. Je parle trop.

vendredi 6 mai 2011

l'impossible expression

L’impossible expression

Je ne me plains pas. Si vous utilisez cette expression, c’est que vous avez mal et vous voulez signifier à votre interlocuteur que vous ne vous plaignez pas, bien que la douleur soit forte. Or le simple fait de dire « je ne me plains pas » signifie que vous vous plaignez, puisque vous révélez par ces mots une douleur que vous proclamez muette mais qui devient prolixe par les mots utilisés. La seule manière de ne pas se plaindre est de rester totalement silencieux car le silence que disent les mots devient du bruit.

jeudi 5 mai 2011

peur de l'absence d'étrangers

En France, Entre 1920 et 1931, trois millions d’immigrés. À Marseille, en 1936, 72% des ouvriers étaient étrangers. Dans le bassin de Longwy, la moitié de la population était étrangère. Aujourd’hui, dans les grandes villes, les emplois visibles dans la rue, les éboueurs, beaucoup d’étrangers, le bâtiment, pareil, les accompagnateurs de vie, majorité noire, la prostitution, majorité étrangère, la police et les transports, majorité blanche. Si on renvoie tous les étrangers chez eux, la ville serait sale, les chantiers abandonnés, les vieux assignés à domicile et les célibataires hommes hurleraient à la lune. Et les hôpitaux…et les équipes de foot ? La police, désœuvrée puisque la délinquance est surtout étrangère, assurerait la protection des chauffeurs d’autobus vides. La peur qui m’étreint, la peur qui me hante, c’est de vivre dans une société qui n’attire plus les étrangers. La peur me ferait voter pour un Front transnational dont le programme serait d’ouvrir les frontières et d’assurer la préférence transnationale pour les attirer.

eta

La condition pour qu’un parti politique puisse se présenter aux élections au Pays basque est qu’il condamne expressément les actions de l’ETA et renonce à tout lien avec l’organisation terroriste. L’ETA est une formation qui jusqu’en 2002 déclarait comme cibles légitimes tous les élus des partis non nationalistes, jusqu’en 2009 désignait comme cibles prioritaires les ministres du gouvernement de Patxi Lopez, qui a assassiné des dizaines de conseillers municipaux. L’ETA a renoncé à la lutte armée. Ce n’est pas la première fois. Pour prouver sa bonne foi, l’ETA tient ses conférences de presse sans mitraillette sur la table, mais a malgré tout conservé la cagoule. Après avoir tenté de contourner la loi espagnole en changeant de nom, Batasuna, l’aile politique de l’ETA, s’est allié avec d’autres partis de gauche du Pays basque dans une coalition qui sous le nom de Bildu renonce explicitement à la lutte armée. Le tribunal constitutionnel doit se prononcer le 5 mai 2011. La décision ne sera pas facile. Faut-il prendre au sérieux les promesses de renonciation à la lutte armée ? Une période de probation pourrait être nécessaire pour confirmer que cet abandon est vraiment déterminé. La discussion fait rage en Espagne.

Michel Veunac, qui ne s’est guère fait entendre jusqu’ici pour condamner les assassinats par l’ETA de conseillers municipaux élus à vingt ou trente kilomètre de Biarritz, ne participe pas à cette discussion. Il prend position contre l’interdiction. Fermement. Il ne dit pas qu’il ira manifester contre cette interdiction devant le consulat espagnol de Bayonne, avec Batasuna. Mais que son opinion soit entendue.

C’est une bonne nouvelle. Enfin, ce qui se passe de l’autre côté des Pyrénées intéresse un élu du Pays basque français. Pendant toutes années que tombaient les huit cents victimes de l’ETA, ils avaient tendance à garder les yeux fixés vers le nord.

mercredi 4 mai 2011

lettre

ma lettre à la directrice de la rue d'ULm est parue dans le monde daté 5 mai.

mardi 3 mai 2011

syndicat basque

La fête du quartier Bibi, un quartier de Biarritz, un vieux quartier. Des chanteurs basques, des musiciens basques, des chants basques repris en chœur sous la tente où l’on mange de la viande de moutons élevés au Pays basque. Les participants à la fête sont majoritairement étrangers au Pays basque, ils ne parlent pas la langue, sont nés ailleurs, ou ici, mais n’ont aucune sympathie pour les revendications nationalistes. Ils apprécient pourtant l’ambiance folklorique qui imprègne les musiques et la cuisine.

Puis, d’un seul coup, insidieusement, par ruse, sans y prendre garde, un mot, une expression que personne n’a remarquée gâche l’ambiance. Le marché de produits et légumes frais est organisé par la Chambre d’agriculture basque (EHLG), qui regroupe les paysans basques parce qu’ils ne sentent pas représentés par la chambre d’agriculture du département des Pyrénées atlantiques où les paysans béarnais sont majoritaires. EHLG est financé partiellement par le Pays basque sud et font partie du Pays basque nord. L’utilisation de ces termes est clairement nationaliste. Les non nationalistes disent « Pays basque français » et « Pays basque espagnol ». EHLG est considéré comme illégal par la préfecture puisqu’il existe une chambre d’agriculture pour le département. Mais la ville de Biarritz finance un marché de paysans « basques » organisé par un syndicat de paysanss « basques », (ELB) comme il y a un syndicat ouvrier basque (LAB). Il n’y a pas de syndicats ouvriers alsaciens ou bretons ou picards, mais au Pays basque nord, les paysans et les ouvriers ont des revendications spécifiques qui les poussent à organiser des sociétés financées par le Pays basque sud. Et lorsqu’EHLG se glisse dans une fête, le journal nationaliste du Pays basque financé par le Pays basque sud, Le Journal, consacre plusieurs colonnes à la reconnaissance par la fête de Bibi d’un syndicat nationaliste basque. Un syndicat nationaliste n’est pas caractérisé principalement par des revendications spécifiques, mais par le fait qu’il demande la réunification du Pays basque nord et du Pays basque sud. Il se caractérise aussi par le silence total sur les violences et les assassinats de l’ETA, par le refus de condamner le racket des entreprises du Pays basque sud. Pourtant, voilà bien une revendication spécifique au Pays basque, la lutte contre le racket.

Ce n’est pas grave, ce n’est rien, à quoi bon s’énerver pour un marché de légumes et de fruits frais du Pays basque ? Pas à pas, silencieusement, se mettent en place les éléments d’une société où le gouvernement aura l’adjectif « basque ». Où les non-basques seront des étrangers. Je suis parano ? Les nationalistes basques ont lancé une carte d’identité basque, qui n’a guère eu de succès, mais une carte d’identité basque, c’est le partage entre « vrais basques » et les étrangers. Quand je me mêle de ces questions, d’ailleurs, les militants nationalistes me répondent que je n’y comprends rien parce que je suis un étranger. Que je n’ai pas à me mêler des questions qui ne me regardent pas.

Pas du tout me répondent les nationalistes basques nord, nous avons les idées larges. Tout le monde est le bienvenu au Pays basque nord. Si tout le monde est bienvenu, j’envoie immédiatement une lettre aux organisateurs demandant une place au marché de la fête de Bibi, comme paysan français de France, pour y vendre mes pommes. Je vous ferai connaître leur réponse.