La photo est belle. Besancenot qui parle, Arlette Laguiller, Mgr Gaillot, Nicolas Hulot, Pierre Laurent et Benoît Hamon, porte-parole du PS, le visage fermé, résolu, engagé, ferme. Il ne manque que Mélenchon. Besancenot et douze employés de la poste sont jugés pour séquestration. Ils n'ont pas retenu les cadres, "ils ont juste surveillé les escaliers pour éviter que le patron de la poste des Hauts-de-Seine ne se sauve". Ce n'est pas vraiment une séquestration, c'est juste qu'ils ont retenu quelqu'un. La plainte vient de treize employés de la Poste qui affirment qu'ils ont été "traumatisés" par les événements.
Des partis politiques et des militants estiment que le système est ingouvernable et irréformable et recherchent en permanence les conflits et les tensions pour hâter le moment où le peuple et la classe ouvrière le renverseront. D'autres pensent qu'il faut mener des luttes respectant les lois et les règles démocratiques et présenter des programmes politiques soumis à élection pour gouverner dans le sens d'une plus grande justice sociale sans renverser le système.
Et Benoît Hamon, porte-parole du PS? Benoit Hamon a le visage fermé et douloureux de celui qui est soumis au supplice du grand écart.
après avoir donné de mauvais exemples, voici venir l'âge des bons conseils.
mardi 21 juin 2011
lundi 20 juin 2011
stratégie électoral et explosifs
Stratégie électorale et explosifs
En Espagne, les élections régionales et municipales ont puni Zapatero en portant au pouvoir le Parti populaire et les partis nationalistes. À Saint-Sebastien, Bildu, une coalition dont Batasuna était l’âme, a conquis la municipalité. Les nouveaux maîtres de la ville ont pris une première mesure symbolique. Le nom d’une rue pour les victimes de l’ETA ? La demande solennelle de dissolution du groupe terroriste ? Vous n’y êtes pas du tout. Ils ont demandé par mesure d’économie la réduction du budget de protection des élus menacés. Les escortes n’ont plus lieu d’être, disent-ils, puisque disent-ils, l’ETA a déclaré le cessez-le-feu. Manque de chance, le même jour ou presque, un membre de l’ETA est arrêté en France avec dans son coffre tout le matériel électronique nécessaire pour faire sauter des bombes. Il n’avait pas lu le communiqué de l’ETA. Le même jour ou presque une réunion de soutien à Aurore Martin a lieu à la Halle d’Iraty. Aurore Martin est poursuivie en Espagne pour participation aux activités d’un parti interdit (Batasuna). , alors que ce parti n’est pas interdit en France. Aurore Martin n’est pas une terroriste, juste une responsable politique qui dit que c’est bien de lancer des bombes dans des lieux publics. En Espagne, c’est un délit, pas en France. Les juridictions espagnoles demandent son extradition alors que des militants en France demandent qu’elle ne soit pas extradée pour délit d’opinion. Autour d’Aurore Martin, les responsables de Batasuna, du NPA, la ligue des droits de l’homme… Et bizarrement, tout à fait curieusement, le maire de Biarritz, Didier Borotra et son adjoint, Michel Veunac. Aucun conseiller menacé par l’ETA de l’autre côté de la Bidassoa n’a jamais eu cet honneur pendant les années de terreur. Aucun universitaire menacé n’a jamais été invité par la ville. Et Didier Borotra, qu’on n’a jamais vu dans un meeting de solidarité à l’égard des victimes de l’ETA, ou de protestation contre les attentats de l’ETA, est là, avec Michel Veunac, à la Halle d’Iraty. Ils sont partis avant les discours des alliés politiques d’Aurore Martin, mais leur siège n’a pas eu le temps de refroidir tout le temps des autres interventions. Ils étaient là et ils n’ont rien dit. Ils auraient pu dire : nous réclamons pour Aurore Martin les garanties que l’ETA a refusé à ses victimes, mais ils ne l’ont pas dit. C’était pourtant une bonne occasion.
Maurice Goldring
En Espagne, les élections régionales et municipales ont puni Zapatero en portant au pouvoir le Parti populaire et les partis nationalistes. À Saint-Sebastien, Bildu, une coalition dont Batasuna était l’âme, a conquis la municipalité. Les nouveaux maîtres de la ville ont pris une première mesure symbolique. Le nom d’une rue pour les victimes de l’ETA ? La demande solennelle de dissolution du groupe terroriste ? Vous n’y êtes pas du tout. Ils ont demandé par mesure d’économie la réduction du budget de protection des élus menacés. Les escortes n’ont plus lieu d’être, disent-ils, puisque disent-ils, l’ETA a déclaré le cessez-le-feu. Manque de chance, le même jour ou presque, un membre de l’ETA est arrêté en France avec dans son coffre tout le matériel électronique nécessaire pour faire sauter des bombes. Il n’avait pas lu le communiqué de l’ETA. Le même jour ou presque une réunion de soutien à Aurore Martin a lieu à la Halle d’Iraty. Aurore Martin est poursuivie en Espagne pour participation aux activités d’un parti interdit (Batasuna). , alors que ce parti n’est pas interdit en France. Aurore Martin n’est pas une terroriste, juste une responsable politique qui dit que c’est bien de lancer des bombes dans des lieux publics. En Espagne, c’est un délit, pas en France. Les juridictions espagnoles demandent son extradition alors que des militants en France demandent qu’elle ne soit pas extradée pour délit d’opinion. Autour d’Aurore Martin, les responsables de Batasuna, du NPA, la ligue des droits de l’homme… Et bizarrement, tout à fait curieusement, le maire de Biarritz, Didier Borotra et son adjoint, Michel Veunac. Aucun conseiller menacé par l’ETA de l’autre côté de la Bidassoa n’a jamais eu cet honneur pendant les années de terreur. Aucun universitaire menacé n’a jamais été invité par la ville. Et Didier Borotra, qu’on n’a jamais vu dans un meeting de solidarité à l’égard des victimes de l’ETA, ou de protestation contre les attentats de l’ETA, est là, avec Michel Veunac, à la Halle d’Iraty. Ils sont partis avant les discours des alliés politiques d’Aurore Martin, mais leur siège n’a pas eu le temps de refroidir tout le temps des autres interventions. Ils étaient là et ils n’ont rien dit. Ils auraient pu dire : nous réclamons pour Aurore Martin les garanties que l’ETA a refusé à ses victimes, mais ils ne l’ont pas dit. C’était pourtant une bonne occasion.
Maurice Goldring
jeudi 2 juin 2011
syndromes
Le syndrome Gilles de la Tourette vous oblige à dire compulsivement cul bite couille chatte et autres joyeusetés. Le syndrome Pic de la Mirandole vous oblige à dire compulsivement gnoséologie, métaphysique, palindrome et épicène. Il existe des cas (très rares) où le malade est frappé de ces ceux syndromes. Selon les lieux, les cas, les situations, il sera accueilli avec satisfaction, amusement et murmures flatteurs, d’autres cas où il provoquera railleries, insultes et cris de réprobation. Faut-il préciser que Gilles de la Tourette et Pic de la Mirandole ne se sont jamais rencontrés ?
jeudi 26 mai 2011
révolutions
Révolutions
Les soulèvements populaires dans les pays arabes visent à obtenir un régime similaire au nôtre: démocratie parlementaire, libéralisme économique, libre circulation des hommes et des capitaux. En Europe se dessinent des mouvements comparables dont le contenu est radicalement contraire: remise en cause du système parlementaire, du libéralisme économique, de la libre circulation des hommes et des capitaux.
Les "indignés" s'inspirent du libelle de Stéphane Hessel, Indignez vous. La masse des acheteurs de ce pamphlet constitue un rassemblement hétéroclite et équivoque. Beaucoup de ceux qui ont voté non au projet de constitution européenne voient dans le succès de librairie l'écho de leur campagne de 2005 alors que l'auteur appelait à voter oui et a soutenu les efforts du FMI et de DSK pour régulariser les marchés. Et voici qu'à Madrid et d'autres villes espagnoles des manifestations d'Indignados se réunissent et parlent. Ils disent que les élections ne les concernent pas, que les élus ne les représentent pas, que les jeunes diplômés ne trouvent pas de travail. Mouvement joyeux, sans violence, qui provoque un enthousiasme consensuel. En politique, quand tout le monde est d'accord, méfions-nous, il y a pibale sous caillou.
Au 19ème et 20ème siècles, la supériorité économique et militaire des puissances occidentales a été un facteur important de leur succès économiques. L'Inde, la Chine, l'Afrique, l'Amérique latine, étaient des terrains de pillage de métaux précieux, de matières premières et d'esclaves, des marchés captifs pour l'écoulement de la production des industries nord-américaines, anglaises, françaises. Ils ont aussi fourni une main-d'œuvre soumise et mal payée. Aujourd'hui, ces pays se sont émancipés et deviennent de redoutables concurrents.. Leurs industries disposent d'un marché intérieur dont la demande semble inépuisable et qui leur permet d'exporter des marchandises dont le coût en recherche et développement est largement amorti avant d'arriver dans les conteneurs. La réponse à ce défi ne peut être qu'une Europe qui fusionnera ses habitants en un marché unique, une Europe de salariés inventifs et exigeants. Les politiques d'austérité affaiblissent ce marché potentiel. Elles limitent la demande et affaiblissent ce qui fait la force de ce continent: la santé de ses habitants, la formation et l'éducation de ses jeunes, l'imagination de ses créateurs, l'inventivité de ses chercheurs. Et surtout, au lieu de s'unir contre une concurrence externe robuste, les pays européens pratiquent entre eux un repli économique qui les affaiblit. La crise provoque partout des mouvements recroquevillées: partis identitaires en Autriche, Pays-Bas, Suisse, France, Italie, en Irlande, au Pays basque. Encouragés par la couardise des dirigeants qui attribuent à Bruxelles et à la mondialisation leurs échecs et leurs erreurs, les mouvements populaires attribuent volontiers leur difficultés à trop d'Europe alors qu'elles sont en partie dues à une insuffisance d'Europe.
Devant ces mouvements considérés comme irrationnels, la gauche européenne oscille entre fascination ou suivisme. Des campements s'installent sur les grandes places de nos villes et nous nous taisons. La gauche n'est pas inerte. Elle est parcellisée. Elle n'a pas de discours simple et entraînant comme une marche guerrière. C'est à la fois sa faiblesse et son honneur. Ses militants sont engagés dans de multiples actions de solidarité. Ils sont élus et font leur travail d'élus, ils sont militants associatifs, soutiennent les sans papiers, les jeunes en difficulté. Organisent des votations citoyennes pour le droit de vote des étrangers. Activités formidables, prenantes, immenses mais que ne globalisent aucun projet cohérent d'ensemble. Quelques groupes se réunissent sur une place, entraînent des milliers d'autres jeunes, montent des tentes, disent "y en a marre" et tous les acquis obtenus par les générations passées sont oubliées. On ne vote pas parce que tous pourris, on n'est pas représentés…Le vieux rêve anarchosyndicaliste resurgit: on arrête tout jusqu'à ce que le système s'écroule et on en reconstruit un autre. C'est croire qu'on va planter des tomates dans les décombres de Tchernobyl. Dans les ruines ne poussent que des mauvaises herbes.
Les soulèvements populaires dans les pays arabes visent à obtenir un régime similaire au nôtre: démocratie parlementaire, libéralisme économique, libre circulation des hommes et des capitaux. En Europe se dessinent des mouvements comparables dont le contenu est radicalement contraire: remise en cause du système parlementaire, du libéralisme économique, de la libre circulation des hommes et des capitaux.
Les "indignés" s'inspirent du libelle de Stéphane Hessel, Indignez vous. La masse des acheteurs de ce pamphlet constitue un rassemblement hétéroclite et équivoque. Beaucoup de ceux qui ont voté non au projet de constitution européenne voient dans le succès de librairie l'écho de leur campagne de 2005 alors que l'auteur appelait à voter oui et a soutenu les efforts du FMI et de DSK pour régulariser les marchés. Et voici qu'à Madrid et d'autres villes espagnoles des manifestations d'Indignados se réunissent et parlent. Ils disent que les élections ne les concernent pas, que les élus ne les représentent pas, que les jeunes diplômés ne trouvent pas de travail. Mouvement joyeux, sans violence, qui provoque un enthousiasme consensuel. En politique, quand tout le monde est d'accord, méfions-nous, il y a pibale sous caillou.
Au 19ème et 20ème siècles, la supériorité économique et militaire des puissances occidentales a été un facteur important de leur succès économiques. L'Inde, la Chine, l'Afrique, l'Amérique latine, étaient des terrains de pillage de métaux précieux, de matières premières et d'esclaves, des marchés captifs pour l'écoulement de la production des industries nord-américaines, anglaises, françaises. Ils ont aussi fourni une main-d'œuvre soumise et mal payée. Aujourd'hui, ces pays se sont émancipés et deviennent de redoutables concurrents.. Leurs industries disposent d'un marché intérieur dont la demande semble inépuisable et qui leur permet d'exporter des marchandises dont le coût en recherche et développement est largement amorti avant d'arriver dans les conteneurs. La réponse à ce défi ne peut être qu'une Europe qui fusionnera ses habitants en un marché unique, une Europe de salariés inventifs et exigeants. Les politiques d'austérité affaiblissent ce marché potentiel. Elles limitent la demande et affaiblissent ce qui fait la force de ce continent: la santé de ses habitants, la formation et l'éducation de ses jeunes, l'imagination de ses créateurs, l'inventivité de ses chercheurs. Et surtout, au lieu de s'unir contre une concurrence externe robuste, les pays européens pratiquent entre eux un repli économique qui les affaiblit. La crise provoque partout des mouvements recroquevillées: partis identitaires en Autriche, Pays-Bas, Suisse, France, Italie, en Irlande, au Pays basque. Encouragés par la couardise des dirigeants qui attribuent à Bruxelles et à la mondialisation leurs échecs et leurs erreurs, les mouvements populaires attribuent volontiers leur difficultés à trop d'Europe alors qu'elles sont en partie dues à une insuffisance d'Europe.
Devant ces mouvements considérés comme irrationnels, la gauche européenne oscille entre fascination ou suivisme. Des campements s'installent sur les grandes places de nos villes et nous nous taisons. La gauche n'est pas inerte. Elle est parcellisée. Elle n'a pas de discours simple et entraînant comme une marche guerrière. C'est à la fois sa faiblesse et son honneur. Ses militants sont engagés dans de multiples actions de solidarité. Ils sont élus et font leur travail d'élus, ils sont militants associatifs, soutiennent les sans papiers, les jeunes en difficulté. Organisent des votations citoyennes pour le droit de vote des étrangers. Activités formidables, prenantes, immenses mais que ne globalisent aucun projet cohérent d'ensemble. Quelques groupes se réunissent sur une place, entraînent des milliers d'autres jeunes, montent des tentes, disent "y en a marre" et tous les acquis obtenus par les générations passées sont oubliées. On ne vote pas parce que tous pourris, on n'est pas représentés…Le vieux rêve anarchosyndicaliste resurgit: on arrête tout jusqu'à ce que le système s'écroule et on en reconstruit un autre. C'est croire qu'on va planter des tomates dans les décombres de Tchernobyl. Dans les ruines ne poussent que des mauvaises herbes.
mardi 24 mai 2011
cher vieux combat
Cher vieux combat
J'ai regretté l'unanimité sur le projet socialiste car elle frustrait les militants d'un débat sur le fond de notre politique. Le PS n'est pas unanime, il ne l'a jamais été et la question qui le divise est aussi ancienne que le mouvement ouvrier. Le parti socialiste s'est toujours partagé entre les militants révolutionnaires qui avaient honte de gouverner et les militants réformistes qui gouvernaient sans faire la révolution. Même les métaphores témoignent de la recherche éperdue d'un appui populaire. Gouverner c'était et c'est toujours "mettre les mains dans le cambouis" alors qu'il y a belle lurette que l'huile lourde n'est plus la caractéristique principale du travail salarié.
Jules Guesde contre Jean Jaurès, Léon Blum contre Marcel Cachin au congrès de Tours, Laurent Fabius contre le traité européen et aujourd'hui Arnaud Montebourg contre Hollande-Aubry. Pour Arnaud Montebourg, il n'y a pas de différence entre le socialisme d'accompagnement et la droite. "Socialisme d'accompagnement", signifie "de gouvernement" puisque Montebourg place pêle-mêle Zapatero, Christine Lagarde, DSK, François Hollande et Martine Aubry parmi les "gestionnaires" qui ont "théorisé leur propre impuissance" et sont "solubles dans la mondialisation". Contre l'impuissance et la passivité gestionnaire, Montebourg représente un président créatif, innovant, qui rendra la politique plus forte que la mondialisation. Ce qu'il nomme "démondialisation", par la mise sous tutelle du système capitaliste et bancaire et son remplacement par un capitalisme coopératif. Tout seul pour une tâche aussi immense? Bien sûr que non: il aura à ses côtés Jean-Luc Mélanchon, Nicolas Hulot, Christiane Taubira et Jean-Pierre Chevènement.
Avec un tel programme, on aurait supposé un refus du projet socialiste, ou une abstention, une absence, un vote blanc,, une hésitation. Non. Comme tout le monde, il a voté pour. Adopté à l'unanimité.
J'ai regretté l'unanimité sur le projet socialiste car elle frustrait les militants d'un débat sur le fond de notre politique. Le PS n'est pas unanime, il ne l'a jamais été et la question qui le divise est aussi ancienne que le mouvement ouvrier. Le parti socialiste s'est toujours partagé entre les militants révolutionnaires qui avaient honte de gouverner et les militants réformistes qui gouvernaient sans faire la révolution. Même les métaphores témoignent de la recherche éperdue d'un appui populaire. Gouverner c'était et c'est toujours "mettre les mains dans le cambouis" alors qu'il y a belle lurette que l'huile lourde n'est plus la caractéristique principale du travail salarié.
Jules Guesde contre Jean Jaurès, Léon Blum contre Marcel Cachin au congrès de Tours, Laurent Fabius contre le traité européen et aujourd'hui Arnaud Montebourg contre Hollande-Aubry. Pour Arnaud Montebourg, il n'y a pas de différence entre le socialisme d'accompagnement et la droite. "Socialisme d'accompagnement", signifie "de gouvernement" puisque Montebourg place pêle-mêle Zapatero, Christine Lagarde, DSK, François Hollande et Martine Aubry parmi les "gestionnaires" qui ont "théorisé leur propre impuissance" et sont "solubles dans la mondialisation". Contre l'impuissance et la passivité gestionnaire, Montebourg représente un président créatif, innovant, qui rendra la politique plus forte que la mondialisation. Ce qu'il nomme "démondialisation", par la mise sous tutelle du système capitaliste et bancaire et son remplacement par un capitalisme coopératif. Tout seul pour une tâche aussi immense? Bien sûr que non: il aura à ses côtés Jean-Luc Mélanchon, Nicolas Hulot, Christiane Taubira et Jean-Pierre Chevènement.
Avec un tel programme, on aurait supposé un refus du projet socialiste, ou une abstention, une absence, un vote blanc,, une hésitation. Non. Comme tout le monde, il a voté pour. Adopté à l'unanimité.
oreille distraite
J'écoute les infos. On a retrouvé la boîte noire du crash de l'avion de la compagnie DSK à l'hôtel Sofitel. Va-t-elle parler?
vendredi 20 mai 2011
année électorale et réduction des risques
Séminaire EGO mai 11
Le monde de la drogue change, nouveaux produits, nouveaux modes de consommation, nouveaux comportements des usagers, nouvelles migrations de nos population. Mais aussi nouvelles découvertes, nouveaux traitements. La rapidité de réaction, l'invention de nouveaux modes d'intervention, de prévention, de soins est cruciale. On n'y échappera pas. On peut subir ces changements, on peut les accompagner, on peut les précéder. Le moins plaisant, c'est de les subir. Le plus confortable, c'est de les accompagner. Le plus difficile c'est de les précéder. EGO a tendance, collectivement, à choisir le plus difficile.
Cette année sera une année d'élections politiques majeures et dans les années d'élections, on cultive plus les peurs que le cannabis. On montrera du doigt les politique de réduction des risques comme des incitations à la consommation. Les panneaux radars et le retrait de points qui permettent de réduire le nombre de tués sont déjà dénoncés par la majorité comme des atteintes aux libertés. Donnons-nous rendez-vous dans vingt ans. Le cannabis aura été légalisé et les députés du lobby des producteurs de chanvre dénonceront les cannabistests comme le lobby viticole dénonce les alcootests.
Le conflit est permanent: entre ceux qui demandent une politique sociale et ceux qui veulent l'interdire au nom des libertés de l'individu. Si les usagers se détruisent c'est leur responsabilité, si les automobilistes se détruisent, c'est leur responsabilité, l'état, la société n'a pas à intervenir. En clair: dans l'année qui vient: l'activité d'EGO ne sera pas très à la mode, tandis que les urgences de notre travail ne seront pas moindres.
Il faut se méfier des discours qui sont portés par les craintes, les inquiétudes, les conforts. Ils ne se traduisent pas toujours et pas tout de suite par des politiques différentes. On peut très bien dénoncer la réduction des risques et en même temps lui donner les moyens de se développer parce que même les plus incompétents des plus réactionnaires connaissent le prix que ça coûte de se passer de notre travail et s'ils n'ont pas appris à penser, ils ont appris à compter.
Le monde de la drogue change, nouveaux produits, nouveaux modes de consommation, nouveaux comportements des usagers, nouvelles migrations de nos population. Mais aussi nouvelles découvertes, nouveaux traitements. La rapidité de réaction, l'invention de nouveaux modes d'intervention, de prévention, de soins est cruciale. On n'y échappera pas. On peut subir ces changements, on peut les accompagner, on peut les précéder. Le moins plaisant, c'est de les subir. Le plus confortable, c'est de les accompagner. Le plus difficile c'est de les précéder. EGO a tendance, collectivement, à choisir le plus difficile.
Cette année sera une année d'élections politiques majeures et dans les années d'élections, on cultive plus les peurs que le cannabis. On montrera du doigt les politique de réduction des risques comme des incitations à la consommation. Les panneaux radars et le retrait de points qui permettent de réduire le nombre de tués sont déjà dénoncés par la majorité comme des atteintes aux libertés. Donnons-nous rendez-vous dans vingt ans. Le cannabis aura été légalisé et les députés du lobby des producteurs de chanvre dénonceront les cannabistests comme le lobby viticole dénonce les alcootests.
Le conflit est permanent: entre ceux qui demandent une politique sociale et ceux qui veulent l'interdire au nom des libertés de l'individu. Si les usagers se détruisent c'est leur responsabilité, si les automobilistes se détruisent, c'est leur responsabilité, l'état, la société n'a pas à intervenir. En clair: dans l'année qui vient: l'activité d'EGO ne sera pas très à la mode, tandis que les urgences de notre travail ne seront pas moindres.
Il faut se méfier des discours qui sont portés par les craintes, les inquiétudes, les conforts. Ils ne se traduisent pas toujours et pas tout de suite par des politiques différentes. On peut très bien dénoncer la réduction des risques et en même temps lui donner les moyens de se développer parce que même les plus incompétents des plus réactionnaires connaissent le prix que ça coûte de se passer de notre travail et s'ils n'ont pas appris à penser, ils ont appris à compter.
année électorale et réduction des risques
Séminaire EGO mai 11
Le monde de la drogue change, nouveaux produits, nouveaux modes de consommation, nouveaux comportements des usagers, nouvelles migrations de nos population. Mais aussi nouvelles découvertes, nouveaux traitements. La rapidité de réaction, l'invention de nouveaux modes d'intervention, de prévention, de soins est cruciale. On n'y échappera pas. On peut subir ces changements, on peut les accompagner, on peut les précéder. Le moins plaisant, c'est de les subir. Le plus confortable, c'est de les accompagner. Le plus difficile c'est de les précéder. EGO a tendance, collectivement, à choisir le plus difficile.
Cette année sera une année d'élections politiques majeures et dans les années d'élections, on cultive plus les peurs que le cannabis. On montrera du doigt les politique de réduction des risques comme des incitations à la consommation. Les panneaux radars et le retrait de points qui permettent de réduire le nombre de tués sont déjà dénoncés par la majorité comme des atteintes aux libertés. Donnons-nous rendez-vous dans vingt ans. Le cannabis aura été légalisé et les députés du lobby des producteurs de chanvre dénonceront les cannabistests comme le lobby viticole dénonce les alcootests.
Le conflit est permanent: entre ceux qui demandent une politique sociale et ceux qui veulent l'interdire au nom des libertés de l'individu. Si les usagers se détruisent c'est leur responsabilité, si les automobilistes se détruisent, c'est leur responsabilité, l'état, la société n'a pas à intervenir. En clair: dans l'année qui vient: l'activité d'EGO ne sera pas très à la mode, tandis que les urgences de notre travail ne seront pas moindres.
Il faut se méfier des discours qui sont portés par les craintes, les inquiétudes, les conforts. Ils ne se traduisent pas toujours et pas tout de suite par des politiques différentes. On peut très bien dénoncer la réduction des risques et en même temps lui donner les moyens de se développer parce que même les plus incompétents des plus réactionnaires connaissent le prix que ça coûte de se passer de notre travail et s'ils n'ont pas appris à penser, ils ont appris à compter.
Le monde de la drogue change, nouveaux produits, nouveaux modes de consommation, nouveaux comportements des usagers, nouvelles migrations de nos population. Mais aussi nouvelles découvertes, nouveaux traitements. La rapidité de réaction, l'invention de nouveaux modes d'intervention, de prévention, de soins est cruciale. On n'y échappera pas. On peut subir ces changements, on peut les accompagner, on peut les précéder. Le moins plaisant, c'est de les subir. Le plus confortable, c'est de les accompagner. Le plus difficile c'est de les précéder. EGO a tendance, collectivement, à choisir le plus difficile.
Cette année sera une année d'élections politiques majeures et dans les années d'élections, on cultive plus les peurs que le cannabis. On montrera du doigt les politique de réduction des risques comme des incitations à la consommation. Les panneaux radars et le retrait de points qui permettent de réduire le nombre de tués sont déjà dénoncés par la majorité comme des atteintes aux libertés. Donnons-nous rendez-vous dans vingt ans. Le cannabis aura été légalisé et les députés du lobby des producteurs de chanvre dénonceront les cannabistests comme le lobby viticole dénonce les alcootests.
Le conflit est permanent: entre ceux qui demandent une politique sociale et ceux qui veulent l'interdire au nom des libertés de l'individu. Si les usagers se détruisent c'est leur responsabilité, si les automobilistes se détruisent, c'est leur responsabilité, l'état, la société n'a pas à intervenir. En clair: dans l'année qui vient: l'activité d'EGO ne sera pas très à la mode, tandis que les urgences de notre travail ne seront pas moindres.
Il faut se méfier des discours qui sont portés par les craintes, les inquiétudes, les conforts. Ils ne se traduisent pas toujours et pas tout de suite par des politiques différentes. On peut très bien dénoncer la réduction des risques et en même temps lui donner les moyens de se développer parce que même les plus incompétents des plus réactionnaires connaissent le prix que ça coûte de se passer de notre travail et s'ils n'ont pas appris à penser, ils ont appris à compter.
pourquoi?
Excusez-moi, je sais, ça n'a rien à voir. Quand j'ai vu les photos de DSK mal rasé, épuisé, hagard, j'ai pensé à ces centaines, à ces milliers, à ces millions de visages hagards dans les pays communistes, d'hommes et de femmes qui étaient arrêtés sans savoir pourquoi, sans avocat, dans d'horribles prisons, enfermés, torturés, exilés. Oui, bien sûr, il y a de ces visages hagards dans bien d'autres régions du monde, de gens qui sont enfermés, mais généralement, ils savent pourquoi, parce qu'ils se révoltent, parce ce qu'ils ont écrit des mots de travers, parce qu'ils étaient Juifs ou Tsiganes. Mais dans les prisons du communisme, ils ne savaient pas pourquoi, Peut-être DSK savait-il pourquoi. Excusez-moi, j'ai pensé aux prisons du communisme. Là où les prisonniers étaient arrêtés sans savoir pourquoi.
mardi 17 mai 2011
dsk
DSK Le candidat qu'hier encore je soutenais pour les élections présidentielles est en prison accusé d'avoir agressé sexuellement une femme de chambre. Faut-il en parler maintenant qu'il est à terre après l'avoir encensé quand il était tout en haut? S'il s'avère que toute l'affaire se réduit à un piège, mes paroles me reviendront en boomerang. Mais indépendamment de l'affaire, il y a ce que je savais et dont je me contentais de parler entre amis comme s'il s'agissait uniquement d'une question privée et non pas politique. Il avait une attitude agressive et méprisante à l'égard des femmes qu'il croisait. Surtout des jeunes femmes, journalistes, secrétaires… Son comportement à l'égard des femmes de pouvoir changeait totalement. On n'a jamais entendu parler d'agression à l'égard de Margaret Thatcher, d'Angela Merkel ou de Martine Aubry. Pulsion dites-vous? Si c'était une pulsion incontrôlable, il aurait pu se jeter sur Christine Lagarde. Mais non. Ce furent toujours des femmes en situation d'infériorité par rapport à lui.
Si une personne insulte ou maltraite ou agresse une autre personne pour son appartenance religieuse, pour la couleur de sa peau, pour son origine ethnique, elle est passible de condamnation. C'est juste. Mais on peut insulter, agresser ou maltraiter une autre personne pour son appartenance sexuelle à à des risques minorés. Si Roman Polanski avait été poursuivi pour avoir insulté un noir ou un juif ou un arabe, les soutiens d'amitié et de sympathie eussent été moindre. Un ministre peut raconter son tourisme sexuel et rester ministre. Il n'aurait pas pu raconter sa participation à des pogroms racistes.
Oui, la mise en examen, l'emprisonnement de DSK est un tremblement de terre. Un coup de tonnerre. Mais sur quel point? Sur le choix du personnel politique. Sur la manière dont nous vivons en France dans un système où l'appartenance à l'élite politique vous fait rentrer dans une aristocratie privilégiée et intouchable. Le droit de cuissage n'a pas disparu. Depuis Saint-Just et Robespierre, on craint la vertu en politique. Pourtant, le mouvement féministe, lorsqu'il clame que le privé est politique, ne restreint pas le champ des libertés. Il a revendique l'autonomie et la citoyenneté pour une moitié de l'humanité.
Si une personne insulte ou maltraite ou agresse une autre personne pour son appartenance religieuse, pour la couleur de sa peau, pour son origine ethnique, elle est passible de condamnation. C'est juste. Mais on peut insulter, agresser ou maltraiter une autre personne pour son appartenance sexuelle à à des risques minorés. Si Roman Polanski avait été poursuivi pour avoir insulté un noir ou un juif ou un arabe, les soutiens d'amitié et de sympathie eussent été moindre. Un ministre peut raconter son tourisme sexuel et rester ministre. Il n'aurait pas pu raconter sa participation à des pogroms racistes.
Oui, la mise en examen, l'emprisonnement de DSK est un tremblement de terre. Un coup de tonnerre. Mais sur quel point? Sur le choix du personnel politique. Sur la manière dont nous vivons en France dans un système où l'appartenance à l'élite politique vous fait rentrer dans une aristocratie privilégiée et intouchable. Le droit de cuissage n'a pas disparu. Depuis Saint-Just et Robespierre, on craint la vertu en politique. Pourtant, le mouvement féministe, lorsqu'il clame que le privé est politique, ne restreint pas le champ des libertés. Il a revendique l'autonomie et la citoyenneté pour une moitié de l'humanité.
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