jeudi 29 septembre 2011

festival latino

    Leonardo Padura, (L’homme qui aimait les chiens) rencontres littéraires festival latino Biarritz septembre 2011. Le marché comme liberté de l’écrivain. Quand il déposait un manuscrit à Cuba, il était lu par un fonctionnaire qui cherchait dans son texte ce qui était favorable ou  dangereux pour la carrière du fonctionnaire. Quand il envoyait son manuscrit à un éditeur espagnol, un lecteur cherchait dans son texte des qualités d’écriture et les ventes possibles. Bien entendu, le marché, c’est aussi des livres qui pourrissent dans les invendus, ou les manuscrits non publiés. Mais tout compte fait…En tout cas, Padura préfère le marché.

    Un docu-fiction sur les mères de la place de Mai en Argentine. Je regarde et je pleure. Je pleure de quoi ? Je pleure aussi parce que les mères de la place de Mai en Argentine ont pu mener campagne et obtenir des résultats, pendant la dictature des généraux. Les épouses de juifs emprisonnés, sous le régime nazi, ont pu manifester et obtenir la libération de leur époux. Il y a un endroit où de telles manifestations étaient impensables, impossibles : à Moscou, sous Staline. 

dimanche 25 septembre 2011

CAR

Le groupe CAR (du communisme au réformisme) comprend une dizaine d’anciens membres ou sympathisants du PCF qui se sont éloignés ou en ont été exclus et se sont rapprochés des courants réformistes de la société française. Il avait été formé en toute fin du XXème siècle  pour peser sur les orientations du parti socialiste et mettre en garde inlassablement contre les discours et les postures post-révolutionnaires au sein de ce parti. Dans ce but, il avait été reçu par le premier secrétaire de l’époque, François Hollande, qui nous avait vivement encouragés. Le CAR a été intégré dans la Fondation Jaurès grâce à Pierre Mauroy qui croyait que le groupe allait peser à gauche et représenter la classe ouvrière au sein de la Fondation. Malgré sa déception, il a permis que le CAR tienne des réunions régulières à la Cité Malesherbes. Les textes de nos interventions peuvent encore se visiter en ligne sur le site de la Fondation Jaurès. Certaines ont donné lieu à des tribunes dans les journaux.

            Aujourd’hui, la mission a été accomplie avec succès. Les courants de rupture se sont détachés du PS et cherchent à recomposer une nouvelle famille de preux chevaliers  avec ce qu’il reste de communistes. Front de gauche à la poursuite du Graal, Don Quichotte inventeurs de moulins à vent. Mais pour l’essentiel, à l’intérieur du PS, le Congrès de Tours est désormais achevé.

            Dans ces conditions, l’intervention du CAR ne correspond plus à des nécessités politiques et ses membres ont décidé de mettre en harmonie l’organisation et la pratique, donc de dissoudre l’organisation. Le CAR n’existe plus. Il reste un groupe d’amis qui ont en commun une  histoire, une expérience et se rencontrent chez les uns et chez les autres pour affuter leurs arguments lorsque les petits-enfants leur demandent de les accompagner à le fête de l’Humanité

vendredi 23 septembre 2011

scandales

méfions-nous des grandes manoeuvres et ne nous fixons pas sur les scandales. si la droite est de plus en plus certaine que Sarkozy sera battu en 2012, elle est tout à fait capable de choisir un autre homme, honnête, neuf, etc...pas mêlé aux scandales. et donc de faire couler le président actuel.

jeudi 22 septembre 2011

primaires socialistes

Primaires 22 septembre 2011

       Six candidats. Ils ont tous signé le projet socialiste et expriment des orientations différentes. Premier résultat des primaires: le retour des discussions politiques. Sauf surprise, le second tour, s'il y a second tour, mettra face à face François Hollande et Martine Aubry. Souhaitons que le choix se fasse sur leurs orientations politiques.
La crise et l'arrogance de la droite au pouvoir créent un terrain favorable aux discours de la radicalité. Sortir de l'euro, démondialiser. Fascination pour Chavez, pour le mouvement des indignés, les révoltes…Le PS n'échappe pas à la tentation de l'outrance, aux discours apocalyptiques qui décrivent des situations de galère réelle, douloureuse et insupportables et les présentent comme l'état de la société toute entière. En ne pointant que les situations extrêmes, le PS risque de rejeter en dehors de son influence la majorité du peuple qui ne partage pas les galères les plus sévères.
Ces discours sont possibles d'abord parce que les millions de personnes qui vivent chez dans des situations d'une extrême sévérité ne sont jamais présentes dans nos réunions, car elles ne s'intéressent pas à la politique, elles sont tout simplement dans la survie: un travail, un logement, des soins accessibles… Le personnel du PS, nous le savons, est composé de la fraction de la population relativement privilégiée: élus ou aspirants. Une partie de ces militants compense un sentiment diffus de culpabilité par la compassion ou le soutien des révoltes sans avenir. C'est plus facile qu'un effort pour intégrer dans les rangs du PS les catégories qui en sont actuellement exclues. Bien entendu, un parti de gauche n'est plus de gauche s'il ne considère pas les urgences comme des problèmes politiques pour toute la société. Mais cela passe , non par la compassion et la fascination pour les colères sans lendemain. Cela passe par un travail d'intégration dans le PS de ceux qui en sont actuellement exclus. Cela passe par une attention et un respect soutenu pour tous les personnels qui sont à l'interface entre la galère et le corps social: les éducateurs, les personnels de santé, les militants associatifs, les syndicalistes, etc. Tous ces gens qui ne vont pas "visiter" les pauvres, mais œuvrent à les tirer vers le haut.
       Cette fascination conduit à un été de sidération devant les surenchères de la gauche radicale. La gauche extrême n'est pas critiquable parce qu'elle demande l'impossible, mais parce qu'elle déprécie et méprise le possible. Un migrant qui obtient des papiers ne l'intéresse pas. Une famille modeste qui obtient un logement social est moins intéressante que les SDF parce qu'elle échappe aux discours d'apocalypse. Elle aime les révoltes et se méfie des succès électoraux. L'alliance de toute la gauche doit se réaliser sur un projet qui ne fera pas fuir un électorat dont nous avons besoin pour faire une majorité. Ce qui suppose un dialogue sans concession avec la gauche extrême. Or que voyons-nous? Un Front de gauche et le NPA qui passe leur temps à taper sur la gauche réformiste, à les accuser d'être des affameurs du peuple, des criminels, des suppôts du capitalisme et la "réponse" d'une partie des responsables socialistes est d'aller faire la bise à Jean-Luc Mélenchon qui se rengorge et se félicite que "certains" socialistes rejoignent ses positions. C'est ça un dialogue sans concession? Benoit Hamon, responsable de la campagne de Martine Aubry, ne répugne jamais à se trouver sur les mêmes tribunes que Mélenchon et Besancenot, pas pour défendre le programme du PS, mais pour crier ensemble contre Sarkozy. Et je n'arrive pas, malgré tous mes efforts, à oublier que Laurent Fabius a mené campagne pour le non au traité européen contre l'avis majoritaire de son parti. La tradition de ce dialogue sans concession, condition de la victoire, passe dans le PS par François Mitterrand, par Lionel Jospin et aujourd'hui par François Hollande. 

mardi 20 septembre 2011

salut au drapeau

Bonne idée que ce salut au drapeau. Je propose que tous les propriétaires de capitaux qui fuient l'impôt national soient contraints de saluer le drapeau en jurant de payer leurs impôts à la nation.

samedi 17 septembre 2011

en rues libres

            Pendant vingt ans, des critiques venant de la droite, de l'extrême-droite et de l'extrême radicalité laïque ont stigmatisé les musulmans qui priaient dans la rue. Pendant vingt ans, la gauche socialiste, les progressistes, les antiracistes naïfs ou généreux, réclamaient un lieu de culte comme solution aux prières dans la rue. Daniel Vaillant a suggéré des casernes désaffectées. Claude Guéant, le ministre des rues envahies, s'est frappé le front, mais c'est bien sûr, comment n'y ai-je pas pensé plus tôt? Les musulmans de la Goutte d'Or ont quitté les rues Polonceau et Myrha, les photographes et les cameramen du sensationnel sont au chômage technique. L'habitant de la Goutte d'Or qui remonte chez lui avec son caddy à l'heure de la prière du vendredi ne peut plus s'énerver que contre les vendeurs à la sauvette, chrétiens, bouddhistes, musulmans et athées, des marchands de maïs chaud, des évangélistes et des marabouts et des stands de téléphones qui permettent de dire "je suis dans le métro" à un oncle de Bamako. Si on trouvait un lieu, une caserne désaffectée peut-être, un supermarché de la contrefaçon, un dépôt vente de cigarettes de contrebande ou un comptoir de drogues, une galerie marchande des religions, l'habitant de la Goutte d'Or pourrait rentrer chez lui tranquillement, sans pester contre les obstacles. Pas impossible qu'il soit un peu frustré, car on s'habitue à râler.

            Cet incident comporte une leçon politique. Si pendant vingt ans, on a montré du doigt des fidèles en prière dans la rue en dénonçant les atteintes à la République et à la laïcité, sans leur trouver un lieu de prière, l'important n'était pas la solution, mais la dénonciation. La stigmatisation. Si on ne construit pas de logements en nombre suffisants, il y aura des personnes qui dormiront dans la rue et dormir dans la rue est une atteinte sans doute plus grave à la République que de prier sur le pavé. Si on ne distribue pas des seringues propres, les usagers de drogue s'injecteront les hépatites en même temps que leur produit. S'il n'y a pas de lieux pour consommer proprement, les usagers consommeront sur les trottoirs.

            J'entends les objections. Comment peut-on comparer la religion à une drogue? Comment assimiler la consommation de drogues à des rites religieux? Il faudrait trouver un lieu où pourraient se débattre de telles questions.   

fête de l'huma

            Année après année, les dirigeants communistes dénoncent les trahisons des socialistes français, leur renoncement devant le grand capital. Les résultats de ces campagnes permanentes ont des effets: dans les débats à la fête de l'Humanité, Besancenot est applaudi chaleureusement par les participants, pas pour les résultats qu'il a obtenus, parce que l'unité de mesure de son bilan est le nanomètre, mais pour ses dénonciations de la social-démocratie qui a trahi et ne veut pas faire la révolution, et il somme la gauche de faire la révolution et de renverser le capitalisme. Sinon tout de suite, au moins la semaine prochaine. Et François Hollande se fait huer et chahuter parce qu'il ne promet pas de faire la révolution dès la semaine prochaine.

            Cette année, c'est Mélenchon qui va remplacer Besancenot dans le rôle de procureur de la social-démocratie, qui va dénoncer le rôle des socialistes au FMI, ces massacreurs des peuples, ces affameurs, ces criminels. Il sera vivement applaudi par les révolutionnaires de la fête de l'Huma, et il s'arrêtera dans les stands de la cité internationale pour serrer les mains des représentants de Cuba. Martine Aubry sera chahutée comme François Hollande les années précédentes.

            Je me réjouis que François Hollande n'ait pas été chercher un brevet de gauche à la fête de l'Huma.

vendredi 16 septembre 2011

débat primaires

Vendredi 18 septembre 2011. Après le débat des primaires socialistes.

            Le débat devant écran ordinateur, quatre hommes deux femmes sur l'écran, dans la salle quatre hommes deux femmes. Une femme dit que l'un des hommes sur l'écran s'est teint les cheveux, exclamations des hommes on n'aurait jamais du leur donner le droit de vote, voyez ce qui les intéresse, la couleur des cheveux, s'il est mignon ou pas…Un homme qui dirait, comme souvent, que l'un des candidates a un joli minois, on ne dirait pas "on n'aurait jamais du leur donner le droit de vote". Une majorité d'hommes devant le débat. Les compagnes ne sont pas venues. Fuite devant des réflexions sexistes? Mêmes dites sur le ton de la plaisanterie, pas à prendre au premier degré, on s'aime bien, on se respecte tu le sais bien. N'empêche, les poids les plus légers, les plus aimables, contribuent à faire pencher la balance.

            Début de débat sur légalisation/dépénalisation des drogues. Ceux qui sont pour sont les plus éloignés de la victoire. C'est même le signe qu'ils ne se battent plus pour gagner. Il y a des sujets comme ça, la peine de mort, l'avortement, le divorce, qui ne sont jamais tranchés d'un seul coup par le vote, référendum ou élections générales, car les candidats sont peu portés à prendre parti sur des sujets qui vont leur éclater à la figure. Donc ce qu'on appelle les "sujets de société" avancent par à coups, par crise, comme l'euthanasie. Quand la société est mûre, une loi, un référendum entérinera les évolutions. 

mercredi 7 septembre 2011

les vérités du matin

            Francette Lazard et René Piquet, Les vérités du matin


Je n'attendais rien et je n'ai pas été déçu.

            Francette Lazard et René Piquet ont exercé des responsabilités nationales au PCF pendant les années 1960-1970. Ils sont toujours communistes. Ils sont tout heureux de s'être ainsi engagés. Ils ont tout accompagné. Ils ont accepté les mises au pas, les bilans globalement positifs. Ils se sont réjouis des ouvertures et mis les journalistes de l'Huma et de France nouvelle au pas, ils ont déploré les replis sectaires et exclu Henri Fiszbin et les dirigeants de la fédération de Paris. Puis ils se sont retirés sur la pointe des pieds, sans dire un mot et ils continuent à se taire, à bavarder sur le marxisme et sur la vitalité du concept de communisme.

            Ils racontent leurs doutes, leur rébellion. La scène de la fête de l'Huma de l'automne 1968 où René Piquet, chargé du discours de rentrée, négocie avec les membres du BP présents le choix entre "condamnation" ou "réprobation" de l'invasion soviétique à Prague est désopilante. S'il avait su, Dubcek aurait sangloté sur les souffrances du jeune Piquet et savouré la chance qu'il avait d'être communiste tchèque. En 1978, après la défaite de la gauche, Francette Lazard est consternée par le discours ouvriériste et sectaire de George Marchais. Elle s'approche de Henri Fiszbin et lui demande de réagir: Toi, tu es un ouvrier, ils t'écouteront. Chère Francette, je t'assure qu'on t'aurait écoutée. J'en suis certain. Je mettrais ma main à couper. Et même aujourd'hui, on t'écouterait si tu te mettais à parler.

            Ils ne sont responsables de rien. Dommage. Sans regard critique sur le passé, le présent se brouille. Leurs mensonges d'hier résumés en "engagement" chaleureux et porteur d'espoir les enferment dans des choix sectaires ou dans les silences. Le bilan du gouvernement Jospin? : les privatisations et la mise en cause des grands acquis progressistes. Et aujourd'hui? L'alliance du PCF et de Mélenchon qui se proclame le nouveau Georges Marchais, dont le modèle est Die Linke dont le groupe refuse au parlement européen de condamner les crimes staliniens. Qui prend Hugo Chavez comme modèle. Qui dit et répète que le modèle social-démocrate est épuisé du haut de leur deux pour cent.

            Maxim Leo visite la France avec son grand-père Gerhard, ancien résistant et personnalité de la RDA. Ils sont invités par Gilles Perrault qui a une maison près d'Avignon avec piscine. Nous sommes en 1987. Régis Debray est là. Tout le monde trouve que la RDA est fantastique. Gilles Perrault dit que Maxim devrait être fier de vivre dans un pays révolutionnaire. Maxim n'ose pas le contredire. Mais comment peut-on habiter dans une villa pareille et chanter les louanges de la RDA? Les hommes rient, ils trinquent et Maxim se dit qu'il est bien agréable d'être révolutionnaire dans le sud de la France.

            En un tout petit paragraphe, Maxim Leo (Histoire d'un Allemand de l'Est) en dit infiniment plus sur le communisme français que Francette Lazard et René Piquet dans Les vérités du matin

square léon

Le square Léon est un concentré de la Goutte d'Or. Selon les heures, les jours, le temps qu'il fait, il attire ou repousse. Par beau temps, les retraités nord-africains jouent aux dames, les mère de famille surveillent leurs enfants comme une soupe sur le feu. Les garçons jouent au foot et au basket ou tiennent les murs. Des promeneurs utilisent l'allée centrale pour passer de la rue de la Goutte d'Or à la rue Léon. Le soir, les familles se retirent, les joueurs de dames se reposent, les groupes de jeunes se resserrent. Puis les grilles se ferment. Autour, les fumeurs de crack commencent leurs activités à l'abri des buissons. Comme ils paraissent inquiétants, la station Velib du square Léon a toujours des places si vous rentrez très tard, quand les autres stations sont pleines. Donc, selon les heures, les jours, le temps qu'il fait, vous serez attendri par les bambins et les ancêtres, vous aurez peur des capuchons, vous serez fiers d'une mixité de couleurs et de langues et contents de trouver une place pour votre vélo.