mercredi 9 octobre 2013

assistés

ag socialiste

AG des trois sections socialistes du 18ème, rue Trétaigne. Daniel Vaillant, Lionel Jospin, Bertrand Delanoë. C’est l’intronisation d’Eric Lejoindre, adjoint de Vaillant, quoi va conduire la liste dans le 18ème et sera maire d’arrondissement si la liste l’emporte. Il n’a pas de concurrent et il n’y aura donc pas de primaires pour départager d’autres candidats.  

Prennent la parole les trois secrétaires de section, puis Eric Lejoindre, puis Daniel Vaillant, puis Bertrand Delanoë. Pluie de compliments pour Daniel, son courage exemplaire d’avoir pris la décision de ne pas cumuler, comme s’il avait eu le choix. Le courage, c’est celui d’Anne Hidalgo qui avait annoncé qu’elle ne prendrait aucun cumulard dans sa liste. Clair et net. Vaillant s’est débattu, il souhait attendre encore, jusqu’en 2017, disait-il. Il a du s’incliner. Il est vrai qu’il aurait pu maintenir sa candidature et créer ainsi un joyeux bordel dans l’arrondissement. Comme disait Bertrand Delanoë à juste titre, la conscience de l’intérêt collectif est plus forte dans l’arrondissement qu’au niveau du gouvernement.

La plupart des interventions concourent à montrer que les élections sont municipales et pas nationales. La panique des militants est que les électeurs se « trompent » d’élection et manifestent, notamment par l’abstention, leur insatisfaction. Il faut donc s’appuyer sur le bilan des maires sortants, Vaillant et Delanoë, et surtout pas sur le gouvernement Jean-Marc Ayrault. Seul Didier Guillot rappelle que dans le bilan du gouvernement socialiste, il y a les mesures pour le logement, l’encadrement des loyers, les rythmes scolaires, le mariage pour tous, qui seront autant de marqueurs positifs de la gauche. A part cette intervention, tout le monde se réfugie dans les municipales. Pendant les deux heures où je suis resté dans la réunion, le nom de François Hollande n’a pas été prononcé. Pas une fois. J’ai entendu les noms de Lionel Jospin, François Mitterrand, pas celui de Hollande.

Ce recul, cette distance, ne serviront à rien. Il faut se battre sur tous les fronts, puisque nous sommes au pouvoir sur tous les fronts. Ne rien dire sur la politique du gouvernement, aura pour effet de renforcer la méfiance et l’insatisfaction et accroîtra le nombre d’abstentionnistes.

J’ai fait mon numéro sur la Zone de sécurité prioritaire, et j’ai été applaudi par un quart de la salle.


lundi 7 octobre 2013

fermeture




Le 1 octobre 2013, Capdeboscq, le marchand de cycle, a fermé définitivement pour être remplacé par une boutique de parfums. Des parfums au lieu de vélos, de course, électriques, ou à assistance, vélos pour enfants, scooters, scooters électriques. Défaite. La ville n’aurait pas laissé fermer le cinéma. Elle laisse fermer la seule boutique de réparation de vélos. Bientôt, Biarritz ressemblera à Cuba après la révolution, où il était devenu impossible de se procurer des pièces de rechange pour les voitures américaines. Toutes les rues étaient occupées par ces véhicules la gueule ouverte, en manque de bougie, de batterie, de pistons, de valves, de systèmes de refroidissement, de cornet à piston, de pneus, de chambres à air, d’essence, de couches pour bébés, des bielles qui coulent parce que la rondelle n’est plus étanche et que l’huile coule. Les rues de Biarritz ressembleront-elles aux rues de La Havane, avec des vélos abandonnés par centaines, pneus dégonflés, chaînes pendantes, selles arrachées, cadres rouillés ?



samedi 5 octobre 2013

local et général

« Dans quelques centaines d’aires urbaines et leurs alentours vivent plus de 96% de la population. C’est là que s’organisent les solidarités effectives en termes d’emploi, de logement, de mobilité, de formation. Si de petits morceaux de ville se comportent comme s’ils étaient souverains…on crée des fragmentations de pouvoirs, des risques de sécession égoïste, de disparités toujours plus fortes et l’on entretient l’injustice ». Jacques Lévy, géographe, libé 4 octobre 2013).

         Je partage ma vie entre Biarritz et la Goutte d'Or. Ces remarques de Jacques Levy rencontrent mon expérience. Biarritz et la Goutte d'Or comportent un peu plus de vingt mille habitants. L’espace public se partage entre les habitants et les usagers. Dans ces deux lieux, passent régulièrement cinq ou dix fois plus de monde que le nombre d’habitants. Les plages de Biarritz attirent les touristes, les boutiques de Barbès attirent des chalands de toute l’île de France.

Dans ces deux lieux, les défis sont bizarrement comparables. La pollution des plages ne connaît pas de frontières. Les transports s’emploient  par définition à transporter « les autres ». Les logements, les espaces de loisirs et de sports, ne peuvent plus se penser à l’intérieur de la commune. La solidarité, la vie en commun, exigent de repousser les frontières communales.  

         Une politique qui ne tient compte que des aspirations des habitants se condamne à une médiocrité étriquée, pire, à l’inefficacité. Or les usagers ne votent pas. Ne votent que les habitants. Il en résulte des contradictions réelles. Les élections municipales ne vont pas simplement décider d’une piscine municipale ou d’un terrain de sport, elles portent tout le poids du monde. Développement économique, logement, migrations, écologie, sécurité, transport sont des domaines où les aspirations locales doivent se combiner avec un intérêt général qui s’oppose parfois au local.  


         C’est pourquoi j’accorde ma confiance aux candidats socialistes qui responsabilisent les électeurs en politisant le local. Dans la société où nous sommes, Il vaut mieux que les villes soient  gouvernées par des hommes d’état plutôt que par des garde-champêtres. 

jeudi 3 octobre 2013

Aide de l'Etat

L’aide de l’Etat.

         La ville d’Orange perd un régiment. Le maire, les commerçants, l’école privée, se plaignent. Ils vont perdre des électeurs, des clients, des élèves. Ils réclament l’aide de l’Etat.

         Toutes les villes qui n’avaient pas de casernes sur leur territoire devraient aussi réclamer l’aide de l’Etat. Pendant des dizaines d’années, ce fut un manque à gagner considérable.

         La réduction du nombre d’accidents sur les routes ne fait pas l’affaire des garagistes. Ils vont réclamer l’aide de l’Etat.

         Un anonyme flouté explique qu’il a rapatrié 250 000 euros de Suisse parce que désormais, frauder le fisc sera plus difficile, la pression sur les banques est trop forte. Il va payer 25000 euros d’impôt. Il faudrait qu’il réclame l’aide de l’Etat.

         La diminution des exils fiscaux et des comptes anonymes met les banques suisses en difficulté. Certaines vont devoir diminuer le nombre des employés, voire fermer. Elles vont réclamer l’aide de l’Etat.

          

ZSP suite

Zone de sécurité prioritaire 2 octobre 2013



      


     Retour de Biarritz. Les vendeurs à la sauvette saturent toujours le marché Dejean. Les vendeurs de Marlborough et autres cigarettes entravent toujours l’accès au métro Barbès. Trois policiers en uniformes de combat, gilets pare-balles, genouillères, épaules de footballeurs américains, patrouillent le long du Boulevard Barbès. Est-ce l’uniforme d’un policier de proximité ? Comme un brise-glace en hiver, ils avancent lentement, écartent les blocs de glace et derrière, l’iceberg se reconstitue.  

dimanche 29 septembre 2013

inassimilables

Inassimilables


            Rien n’est jamais pareil. Il fut un temps au Royaume-Uni où la question centrale de la vie politique fut la question catholique. Les papistes vivaient dans la crasse et la misère. Les quartiers où ils étaient majoritaires étaient lépreux, manquaient de tout. Ils peuplaient les prisons. Sur ordre de leurs prêtres, ils faisaient beaucoup d’enfants et les enfants livrés à eux-mêmes étaient réduits à la mendicité. Et pourtant, ils osèrent demander le droit de voter et de se présenter aux élections. Regardez-les, comment voulez-vous qu’ils deviennent des citoyens britanniques ?

            Cette question divisa les familles et les partis politiques. Le parti libéral se déchira. Le parti travailliste se partagea. L’avenir du pays était en jeu. Le Royaume-Uni était une nation protestante et les droits accordés à la minorité catholique mettraient en jeu son identité historique. Les catholiques maintenaient les pays où ils gouvernaient dans le sous-développement économique et politique. Ils soutenaient les souverains absolutistes et refusaient toute avancée démocratique. Ils maintenaient les femmes dans une situation misérable. Ils adoraient des idoles dans leur église. Fétichistes et idolâtres. Ils accordaient plus d’importance aux ordres du Vatican et en cas de conflit, choisiraient l’ennemi juré. Ils étaient tout simplement inassimilables.

                        Cette question partageait les partis et les familles. Des partis politiques se présentaient sous l’étiquette « protestante » dont l’objectif premier et unique était de lutter contre l’influence catholique pour défendre la loi fondamentale : le Royaume-Uni était une nation protestante. .  Les derniers candidats se présentaient encore à Liverpool et Glasgow jusqu’à la deuxième moitié du vingtième siècle.

            Pendant près d’un demi-siècle, la vie politique des îles Britanniques fut ainsi dominée par la question catholique.


            Rien n’est pareil. En 1840, un citoyen sur trois dans les îles Britanniques était catholique. En 2012, il y a vingt mille Roms en France. À eux seuls, ils se placent au centre de la vie politique en France. Chapeau. 

dimanche 22 septembre 2013

à contre-courant

À contre-courant


           
            L’industrie du vélo dispose d’un lobby non professionnel, un groupement d’amateurs, fort puissant, d’autant plus puissant qu’il semble totalement désintéressé. Ce groupe de pression affronte le lobby automobile sans moyen, sans argent. Il marque des points. Désormais, une ville ne peut pas être vraiment moderne si elle n’accorde pas une partie de l’espace public à la circulation vélocipédique. Plus personne ne se présente aux élections ans porter à la boutonnière un macaron où se dessine le logo d’un deux roues sans moteur. À Biarritz, le jour de la fête du vélo, une manifestation bon enfant a offert au maire une bicyclette complète et son adjointe lui a tendu un casque coloré.

            Mais les belles intentions ne remplacent pas les laides réalisations. La réalité à Biarritz est voiturière. Faites l’expérience. Vous allez de Bayonne à Hendaye à bicyclette. De Bayonne jusqu’en haut de Biarritz, une belle piste pour vélos. Dès le panneau Biarritz, la piste disparaît. Vous suivez la côte, aucune piste. Vous prenez la route côtière jusqu’à Bidart. Au panneau Bidart, la piste réapparaît, pour ne plus s’interrompre jusqu’à Hendaye. Mettez en bleu les parties cyclables de la carte côtière et en noir celles où la piste s’interrompt, vous aurez pour la ville de Biarritz une grande tache noire depuis la descente du palais jusqu’au Musée de l’Océan.


            Vous en conclurez trop vite que le lobby vélo est plus puissant à Bayonne, Anglet, Bidart, qu’à Biarritz. Ou vous en conclurez que les habitants de Biarritz se fichent comme de l’an quarante de pouvoir circuler à vélo. La moyenne d’âge étant élevé, la moyenne d’âge sait qu’au-delà du vélo il y a l’au-delà. Raisonnement qui se tient si l’on est pressé d’atteindre l’au-delà. Pour ceux qui ne sont pas pressés, l’au-delà sera atteint plus lentement à vélo qu’en voiture, et à pied qu’à vélo. D’accord. N’oubliez pas pourtant que ce qui est bon pour les vélos est aussi bon pour les piétons. Et bon pour tous. Si tous les vélos de la ville roulaient sur la chaussée, même les voituriers mettraient plus de temps à atteindre l’au-delà. 

samedi 21 septembre 2013

abandon de la ZSP

Bonne nouvelle:

Dans la déclaration de candidature d’Eric Lejoindre du 20 septembre 2013, aucune mention de la Zone de sécurité prioritaire :


À la place : « nous devons maintenir nos efforts sur les questions de la tranquillité publique. La réforme de la DPP courageusement initiée par Myriam el Khomri porte ses fruits. Le contact direct avec les habitants sur ces questions est constant, les efforts demandés aux forces de l’ordre sont importants, mais la situation reste tendue dans bien des quartiers. »

La Zone de sécurité prioritaire était jusque là présentée comme une qualification demandée par Daniel Vaillant, Myriam El Khomry à Manuel Valls qui l’a mise en œuvre. Eric Lejoindre ne parle plus de sécurité, mais de tranquillité. Il ne parle plus de Zone de sécurité prioritaire, mais de politique de la ville pilotée par Myriam El Khomry.


Je suis intervenu à mainte reprise pour expliquer mon opposition à ce classement. La déclaration de candidature d’Eric Lejoindre me satisfait pleinement. Nous avons besoin d’une politique publique de la ville, certainement pas de la transformation de la Goutte d'Or en « Zone » où ce qui est « prioritaire » est la sécurité.  

mercredi 11 septembre 2013

Daniel Vaillant et le 18ème

            Le 9 septembre 2013 Daniel Vaillant s’adresse aux militants socialistes du 18ème arrondissement pour leur annoncer qu’à la demande de la fédération et d’Anne Hidalgo, il renonce à se présenter comme candidat à la mairie du 18ème. Il regrette la décision mais s’y rallie en militant discipliné. Il désigne son dauphin : Éric Lejoindre.           

            Étant donné les nombreux conflits qui taraudent le PS, je n’ai qu’un seul commentaire : la situation dans le 18ème est exemplaire. Si ça se passait partout comme ça. Un désaccord, on tranche, on accepte et on se bat pour la suite. Dans tant d’endroits, les égos, les intérêts personnels priment et pourrissent l’atmosphère. Pour avoir été parfois en désaccord avec la politique municipale, je témoigne ici qu’on peut être en désaccord, et continuer de militer, d’aller en réunion, dans une atmosphère de tolérance et de paix. Ce n’est pas si courant et la manière dont ce différent a été réglé me semble sujet de fierté.


            On peut être d’accord ou pas d’accord avec les analyses de Daniel Vaillant, chacun fera son choix pour la candidature, mais n’oublions pas le principal : le 18ème arrondissement a changé en mieux sous cette équipe. Une équipe qui sait placer l’intérêt général par-dessus les préoccupations personnelles.