après avoir donné de mauvais exemples, voici venir l'âge des bons conseils.
vendredi 12 mai 2017
à une voix près
à six cent mille voix près, dit-on, Mélenchon aurait précédé Macron. à une voix prés, je serais Jacques Brel.
enfants, parents
on est responsable de l'aval, pas de l'amont. Mieux vaut être suivi par Macron que par Le Pen.
pour que les choses restent sombres
Pour que
les choses restent sombres
Mon
combat politique est structuré par deux ou trois ou quatre principes. Je
combats les dérives identitaires, xénophobes, nationalistes. Je combats les
intégrismes religieux ou politiques. Je combats les égoïsmes sociaux et
culturels. Je ne veux pas d’une France rancie et refermée sur ses déchetteries.
Ces
menaces prennent des aspects précis au Pays Basque où je vis. Le repli
identitaire prend la forme d’une préférence territoriale, d’une crispation sur
une identité basque excluante. Il prend la forme d’un lessivage sans principe du terrorisme de l’ETA.
Il prend la forme d’un intégrisme militant de Mgr Aillet, évêque de Bayonne,
qui aux dernières élections recommandait de voter « pour la famille »,
donc plutôt pour la famille Le Pen que pour l’Européen Macron. Enfin, il prend
la forme du refus de logements sociaux, du refus de prendre toute sa part dans
le combat contre la précarité.
Pour
toutes ces raisons, j’ai voté Emmanuel Macron dès le premier tour. Pour toutes
ces raisons, je ne voterai pas dans ma circonscription pour un candidat qui ne
combattrait pas les dérives identitaires, les intégrismes religieux et les égoïsmes
sociaux.
Fût-il
présenté par République en marche. mardi 9 mai 2017
une porte ouverte
L’histoire nous arrive toujours de manière inédite. La
porte qui s’ouvre n’est jamais celle qu’on attend. Quel était notre rêve depuis
que nous avions rompu avec le grand soir et les matins qui déchantent ? Nous
cherchions la fin des postures destructrices, conservatrices, la fin des
colères mortifères. Nous n’en pouvions plus des camps qui s’affrontent en
guerre civile, où chaque alternance commençait par la destruction de ce qui
avait été accompli avant de repartir dans des directions opposées. Nous
souhaitions un champ politique où s’affronteraient réformisme contre conservatisme,
ouverture au monde contre repli identitaire, démocrates contre aristocrates,
solidarité contre égoïsme, soif d’avenir contre nostalgie.
Venu de nulle part, inconnu il y a encore un an, Emmanuel
Macron a su saisir les circonstances et nous ouvre la porte cadenassée. Nous
avions réussi à terrasser un parti communiste désuet, mais les rêves de
changements cauchemardesques n’avaient pas disparu. La phrase et les postures révolutionnaires
renaissaient de leurs cendres au sein du parti socialiste, entravant les
réformes, empêchant les débats. Le PC renaissait dans les habits de l’insoumission.
Nous avons contribué à démasquer ses héritiers.
Nous avons contribué au naufrage du candidat socialiste choisi
par les primaires. Les héritiers du PCF régressent en quatrième position. À droite,
le retour des extrémismes nationalistes suivaient des routes parallèles. Fillon
et Le Pen remplaçaient la devise républicaine par travail, famille, patrie. Dans
les réunions, les assemblées, les manifestations, l’emporte toujours celui qui crie
le plus, qui dénonce le plus. Et voilà qu’un changement fondamental a eu lieu.
La droite qui flirtait avec l’extrême droite est défaite, les héritiers de
Maurras sont à la peine, la rébellion communiste dont le flambeau a été repris
par Mélenchon est reléguée en quatrième place, et le PS qui avait choisi la
fronde s’enfonce dans les sous-sols.
Tous ceux qui voulaient renverser la table ont chu et la
table a été renversée, sans eux et contre eux.
sans retourner les yeux
Je ne suis plus membre du PS. Le secrétaire de section m’a
rayé des listes et je ne reçois plus les convocations. De toute manière, mon
appartenance à ce parti était en danger. J’ai appelé à voter Macron dès le
premier tour des présidentielles, pour les législatives, je mènerai campagne
pour le ou la candidate « En Marche ». Colette Capdevielle a déjà
offert ses services à Emmanuel Macron et je m’en félicite. Frédérique Espagnac
a fait de même. Manuel Valls pareil. Je suis dans la charrette promise.
Il
paraît que je suis exclu parce que je parle trop à l’extérieur. Foutaises.
Beaucoup moins que Valls, Capdevielle et Espagnac. Je suis exclu parce que le
PS s’est replié sur ses cavernes. J’ai contribué à l’échec du candidat Hamon et
j’en suis fier. J’ai contribué au succès de Macron et j’en suis fier. J’ai
contribué à libérer l’avenir des forces de progrès et je laisse à d’autres
désormais les cérémonies secrètes à la sombre lueur des bougies. samedi 6 mai 2017
le vrai peuple
Il y a deux France, la violence augmente, la colère va
exploser. Le peuple se coupe des élites ou les élites se coupent du peuple. Les
élèves ne connaissent plus Saint-Louis, le roi qui a inventé l’étoile jaune.
Ils ne connaissent plus Jeanne d’Arc, celle dont on discute pour savoir si elle
a été brûlée par l’État français ou par les mercenaires anglais. Tout va mal,
la pauvreté augmente, le peuple est très en colère. François Ruffin, le
réalisateur de merci patron se
présente aux élections, il parcourt les quartiers de la France nordique et il
affirme que le peuple hait Macron. Il écrit un article où il répète à chaque
paragraphe que le peuple hait Macron. Le peuple hait Macron qui va être élu par
des électeurs qui ne font pas partie du peuple puisque le peuple hait Macron.
Ainsi à longueur de lecture, à lumière d’écran, sur les
plateaux de télévision et dans les ondes, sans parler des réseaux sociaux, des
personnes assènent des vérités, affirment, dénoncent. Le peuple et les élites,
la France coupée en deux et la haine envers Macron. Les intellectuels qui
travaillent et qui pensent dénoncent en permanence les affirmations infondées,
les certitudes matraquées, les à-peu-près qui circulent sur la toile. Ils ont
raison de dénoncer ces déferlements de préjugés et de mensonges. Mais ce que je
constate c’est que certains intellectuels, et je place François Ruffin parmi
eux, se comportent comme les pires agitateurs de réseaux en reprenant leur
méthode parce qu’ils sont persuadés que c’est à coup de pétards qu’on peut se
faire entendre. On ne raisonne plus, on hurle, on crie, on répète. « Vous êtes
haï, monsieur Macron ». Et d’un seul coup, en lisant ce texte de Ruffin,
son nom se superpose à celui de Le Pen, la même certitude, la même colère au
nom du peuple qu’ils connaissent tous les deux mieux que vous et moi. La même
annonce prophétique que si on ne les écoute pas, eux qui connaissent le peuple,
le peuple va se révolter.
Le peuple était contre la loi El Khomri et les salariés
qui ont placé la CFDT en tête aux élections professionnelles ne font pas partie
du peuple. C’est tout simple. Pour Nathalie Arthaud, le peuple se compose des
0,5% qui ont voté pour elle. Pour Poutou, le peuple se compose des 1% qui ont
voté pour lui. Pour les Jeunes Socialistes, le peuple se compose des 6% qui ont
voté Hamon. Pour Marine le Pen, le peuple se compose du quart des Français qui
considèrent que le malheur de la France vient des étrangers. Ceux qui
accueillent les étrangers dans les villages des montagnes ne font pas partie du
peuple. Ceux qui votent contre le FN ne font pas partie du peuple. Mélenchon
est en colère parce que le faux peuple l’a placé en quatrième position et
Fillon est en colère parce que le faux peuple l’a éliminé du second tour des
présidentielles. Ne peuvent se réclamer du peuple, jamais, ceux qui sont élus,
puisqu’ils sont élus par des électeurs qui ne font pas partie du peuple.
François Ruffin est candidat et n’acceptera les voix que
du peuple. Il ne prendra pas les voix des ouvriers de Whirlpool qui ont négocié
un compromis, ont repris le travail en trahissant ainsi la révolution et se
sont ainsi soustraits du peuple. Il n’acceptera pas les voix des syndicalistes
CFDT qui ne font pas partie du peuple. Il n’acceptera que les haineux. Les réformateurs,
les conciliateurs, les inventeurs, les créateurs, les entrepreneurs, les
formateurs, ne font pas partie du peuple.
vendredi 5 mai 2017
un vote paisible
Quand
je n’écris pas, une angoisse m’envahit qui ne se dissipe que par l’écriture. Mais
sans cette angoisse, je ne peux pas écrire. Si ne je suis pas angoissé, je ne
peux pas écrire et l’écriture chassant l’angoisse, quand elle disparaît, j’arrête
d’écrire et d’arrêter d’écrire l’angoisse revient et je peux alors recommencer
à taper sur le clavier. Ce cycle est aussi régulier que les quatre saisons.
Ces
affres individuelles n’intéresseraient personne si elles n’avaient pas de
conséquence politique. Or, j’ai lu un article de deux chercheurs, dont j’ai
oublié le nom dans un journal qui est soit le
monde soit libé, selon lesquelles
les pessimistes et les angoissés votent plus FN que les optimistes et les paisibles
qui eux auraient tendance à vote Macron. Indépendamment de leur situation
sociale. Une Prix Nobel qui attend son premier enfant dans un loft Place
Dauphine sous le regard aimant d’un père cosmonaute, si elle est angoissée
votera FN alors qu’un SDF qui vient de perdre son chien, s’il est optimiste et s’il
vote, votera davantage Macron que Le Pen.
Les
variations de mon cycle angoisse/écriture se répercutent-elles sur mon vote ?
Il semble que non. Ma situation sociale (retraité heureux coulant des jours
paisibles dans une station balnéaire auprès d’une conseillère municipale
aimante) l’emporte sur mon angoisse et depuis plusieurs mois, je vote pour
Macron, du premier au second tour et pour En Marche aux législatives. Il faut donc
distinguer statistiques et cas individuels.
mercredi 3 mai 2017
Couché la France!
Nicolas
Dupont-Aignan a obtenu de la Châtelaine qu’elle nourrisse les enfants étrangers
dans les écoles de la République. Notons qu’il a rejoint un parti qui laissait
crever de faim les enfants étrangers. Il a transformé, grâce à son soutien, une
affameuse d’enfants en restauratrice du cœur.
Grâce
au mouvement CLF (Couché la France !), les enfants seront interdits de
regroupement familial, ne disposeront pas du droit du sol, seront expulsés avec
leurs parents, mais ils pourront manger à la cantine scolaire. mardi 2 mai 2017
une impression
Je
marche sur des œufs. Il me semble. J’ai l’impression. Que les militants
communistes que je connaissais étaient plus perspicaces, plus intelligents, que
leurs dirigeants souvent incultes et méprisants pour l’intelligence. Ils
étaient en avance sur leurs dirigeants sur les questions de société, l’homosexualité,
le féminisme. Sur les questions politiques, sur le bilan du soviétisme, sur l’alliance
nécessaire avec les autres forces de gauche. J’ai cette impression.
J’ai
aussi l’impression que les partisans de Mélenchon sont plus perspicaces, plus
avertis que leur chef et qu’ils n’apprécient
guère ses palinodies. Ils voteront majoritairement pour Macron sans état d’âme,
comme mes amis communistes d’antan votèrent pour Mitterrand sans partager les
ruses pitoyables de leurs dirigeants.
J’ai
aussi l’impression qu’à l’extrême-droite, les dirigeants du FN flattent l’inculture,
le mépris de l’intelligence, les préjugés ignorants et qu’ils se bâtissent un
appui où dominent les plus médiocres. Ça veut dire qu’il y a une certaine adéquation
entre la châtelaine et les troupes qui hurlent « on est chez nous ! »
et « on encule Macron ».
Je
ne sais pas quelles conclusions il faut tirer de tout ça mais je ne peux pas
dissimuler qu’en écrivant ces lignes, j’éprouve un certain plaisir.
consultation
Mélenchon
veut consulter, puis sans consulter il demande à Macron de retirer la loi
travail et dans ce cas, il consulterait peut-être à nouveau mais sans donner
son opinion. Les insoumis sont dirigés par un irrésolu.
Alors,
puisque Mélenchon est pour la démocratie participative, voici un résultat qui
pourrait l’intéresser : les dernières élections professionnelles
auxquelles ont participé 5 200 000 salariés ont donné en 2017 les
résultats suivants :
CFDT
26,47%
CGT
24,85%
La
CFDT, qui a négocié et soutenu la loi travail est en tête.
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