mercredi 6 juin 2018

soyez prudent, monsieur le préfet


Le préfet Gilles Payet a reçu le 2 mai une délégation de «Mémoire et Vigilance » pour les remercier de leur action contre l’insultante sculpture à la hache.

Dans Sud-Ouest  du 2 juin, il condamne ce qu’il appelle « un unanimisme identitaire » au Pays Basque.

EH Baï réagit par un communiqué où l’organisation indépendantiste demande au préfet de « montrer davantage de prudence ».

C’était le message envoyé par les nationalistes corses au préfet Erignac.

lundi 4 juin 2018

la forteresse est en danger


Dans la rude bataille qui fut menée à l’intérieur du PCF contre la régression marchaisienne dans les années 1970, la personne qui symbolisait ce combat se nommait Henri Fiszbin. Un communiste qui serrait la main d’Henri trahissait la classe ouvrière, la Commune de Paris, la Révolution bolchevique et le sacrifice du Che, d’une seule poignée de main. Dans des rassemblements nécessaires, au Conseil de Paris par exemple, les communistes orthodoxes choisissaient des chemins tortueux pour éviter Henri, regardaient leurs chaussures s’ils le croisaient. Parfois, l’un d’entre eux se retrouvait coincé par les urgences prostatiques, côte à côte dans l’urinoir. Il lui disait, en confidence vespasienne, « tu sais Henri, je ne peux pas te dire bonjour, tu comprends, même si je suis parfois d’accord avec toi, mais si on nous voit parler ensemble, je suis fichu. ».

L’engagement nationaliste est de même nature. Il exige tout. Le silence si l’on n’est pas d’accord, une présence où il faut, une absence quand c’est nécessaire. Dans cette oppression que subit le Pays Basque français, cette obsession de l’unanimité, le petit groupe « mémoire et vigilance »  subit les mêmes interdits. Surtout ne pas rendre publiques des rencontres, des discussions. Vincent Bru et Max Brisson, Jean-René Etchegaray et Txetx serrent la main d’assassins condamnés. Ils vont les voir dans les cellules ou discutent avec eux dans les lieux publics. Mais une photo avec Maurice Goldring ? Une démarche commune avec lui ? Un débat public ? Ils ne vont pas discuter avec une personne qui sera pour le moins tondue au cas où les abertzale accèdent au pouvoir. Comment, tu as signé une pétition avec Goldring, tu ne sais pas que c’est un ennemi du peuple basque ? Une espagnoliste. Un francoliste ?

N’occupe pas cette position centrale qui veut. Il faut batailler. Désormais, nous l’avons conquise. Avant la manifestation des parapluies contre la hache sculptée, le Pays Basque français semblait respirer d’un seul souffle, parler d’une seule voix, célébrer les combats de l’ETA dans un patriotisme sans fissure. Depuis la manifestation, la muraille s’est fissurée.

L’abertzalisme combat un ennemi extérieur, l’état espagnol, l’état français. Normal. Mais face à l’impérialisme, le peuple basque est uni, fier, indomptable. Etait uni. Voici que des Basques collaborent avec l’ennemi. Voici que se découvre un ennemi de l’intérieur. Une cinquième colonne franquiste et fasciste francoliste.

L’ennemi extérieur, on connaît. Celui qui rapproche les prisonniers au cas par cas, qui considère que les etarras condamnés doivent être traités comme des braqueurs de banque, comme des violeurs de banlieue. Le gouvernement français collabore avec les franquistes de Madrid, et veut tenir compte de l’avis des associations de victimes.



Les abertzale qui pilotent les artisans de la paix sont fous de rage. Ce n’est pas du tout ce qu’ils demandaient. Qu’est-ce que c’est que cette distinction entre crimes de sang et transport d’armes, extorsions de fonds et kidnappings ? Ça ne va pas du tout. Vincent Bru les a rencontrés, ces prisonniers qu’il a si longtemps désignés comme prisonniers politiques. : « Ce sont des personnes très construites intellectuellement. Leur approche est intéressante et permet de mesurer le chemin parcouru. Ils dégagent calme, sérénité et sens des responsabilités. Ils sont et resteront des nationalistes basques, mais ils veulent sincèrement tourner la page de la violence au Pays Basque ». Le directeur de la prison lui a confié que ces détenus étaient « très corrects ». Alors là, ça m’a fait froid dans le dos. Des assassins très corrects, ça me rappelle les années quarante d’un  autre siècle.  

Le pouvoir central résistait. Mais la reddition aux hommes d’armes était totale dans la société basque française. On célébra la cérémonie des dépôts d’armes. On pleura les emprisonnés avec des larmes de plus en plus abondantes. La résistance à cette dérive était inaudible. Les dos se courbèrent, les échines s’assouplirent, on poussa plus avant le flirt avec l’ETA.

Et puis un tout petit groupe, à peine une dizaine de personnes. Dangereuses. Dans une citadelle assiégée, il suffit de quelques personnes déterminées pour baisser le pont-levis et donner les clés de la ville aux assiégeurs.

L’enjeu en vaut la peine. Parce que je vis au Pays Basque et que son avenir m’importe. Le djihadisme n’a pas d’avenir parce qu’il lui manque l’oxygène qui alimente les incendies. L’incendie a besoin d’oxygène et de vent. Pour éteindre l’incendie, il faut l’étouffer. Le vent ne se contrôle pas, mais l’environnement est notre affaire. Les nationalistes armés européens eurent pendant longtemps bonne presse. Irlande. Corse. Pays Basque. De grandioses manifestations pour les assassins, des comités de solidarité, vous vous rappelez Bobby Sands ?  Le nationalisme n’a pas forcément de martyrs, mais ça aide. L’Ecosse est nationaliste pacifiquement mais on montre des films de guerre sur Robert Bruce. Le Québec manque de martyrs emprisonnés. La Catalogne est pacifique, mais il y a quelques prisonniers, et des images de manifestations brutalement réprimées. Puigdemont en exil, quelques dirigeants en prison. La Corse a ses prisonniers et même si les organisations militarisées ont disparu, les héros et les prisonniers soufflent sur les braises, ils prouvent qu’il faut prendre les nationalistes au sérieux. On sait mourir la patrie, c’est le sort le plus beau, le plus digne d’envie. Au Pays Basque, pour les abertzale radicaux, la situation était grave : au sud, on ne parlait plus que de victimes, on disait que l’ETA avait semé la terreur, la peur, on construisait des mausolées, on écrivait l’histoire des massacres. Il fallait réagir. Grâce aux Basques du Nord, qui n’avaient pratiquement pas connu la terreur, on tenta de reconstruire les héros. Oubliés leurs crimes, effacés les assassinats, il ne restait plus que des prisonniers de moins en moins bourreaux et de plus en plus des martyrs. Qui souffraient en prison. Dont les familles souffraient en prison.

         Nous sommes huit neuf dix. Nous sommes des adversaires du nationalisme basque et des blanchisseurs de la terreur. Contre les gens qui lavent les traces de sang, qui effacent les empreintes sur les armes qui ont tué, les gens qui réclament l’amnistie pour les assassins. Qui piétinent les scènes de crime, qui brouillent les ADN, qui ne veulent pas savoir ce qu’il s’est passé quand le sang a coulé.

         Contre la hache de l’ETA, nous sommes plus de deux mille.

samedi 2 juin 2018

amis ennemis








La bataille continue entre les amis et les ennemis du Pays Basque.

Les ennemis du peuple basque : ceux qui n’aiment leur patrie que saignante, que souffrante, que mourante ou massacrante. Ceux qui, comme Bagoaz, considèrent que la paix ne peut pas exister tant qu’il reste un prisonnier basque. Ceux que Xabi Larralde (EH Bai) appelle des »militants ». Un militant, pour EH bai, ne peut être qu’un spadassin. Et il poursuit dans son entreprise de militarisation du pays qu’il prétend aimer : l’histoire du Pays Basque n’aurait pas été la même sans ETA. C’est l’ETA qui a permis la communauté basque en Espagne. D’ailleurs, l’ETA aimait tellement la communauté basque en Espagne que ses policiers, ses gouvernants, ses élus, étaient tous considérés comme des cibles légitimes. Sans ETA, effectivement, l’histoire n’aurait pas été la même. Sans ETA, il y aurait un millier de personnes en plus dans les villes et les villages du Pays Basque.  

Et puis en face, les amis du Pays Basque, ceux qui veulent un Pays Basque ouvert sur le monde, sans frontière administrative, sans nationalisme étroit, sans identité excluante. Ceux qui veulent que la langue basque soit un plaisir et pas un outil politique, que les ikastolas soient réponse à une aspiration et pas un drapeau sur une carte d’état-major.

Jean-Jacques Lasserre, par exemple, qui a refusé de participer à l’opération d’Arnaga parce qu’elle était soumise aux idées nationalistes. Et le préfet Gilles Payet, en voici en un ami du peuple basque. Il dénonce (Sud-Ouest 2 juin 2018), la recherche d’unanimisme sur tous les sujets, comme l’institution, la langue, l’eusko. « Beaucoup d’élus m’ont confié avoir des divergences et ne pas pouvoir les exprimer. Celui qui ne rentre pas dans le rang est considéré comme un opposant au Pays Basque ».

Les ennemis du Pays Basque considèrent le pluralisme comme un danger mortel, les différences comme des taches, les divergences comme des pathologies.

La montée des nationalismes dans les pays européens montrent qu’il faut prendre le danger qu’ils représentent très au sérieux.




vendredi 1 juin 2018

vous avez le choix


Les blanchisseurs de la terreur  se manifestent à nouveau. Ils invitent à une grande manifestation le samedi 16 juin. Ils écrivent l’histoire d’une manière grotesque.

Pour eux, les deux dates qui marqueront l’histoire du Pays Basque sont le 8 avril 2017 avec le désarmement de l’ETA et le 3 mai 2018 avec la dissolution de l’organisation.

Dans cet appel, le 20 octobre 2011, date du cessez-le-feu de l’ETA  n’est pas retenu comme historique. Tellement peu historique que cette date a disparu. Pourtant, cette disparition est centrale. Pour que l’habit d’artisan de la paix soit pris au sérieux, il faut accepter l’idée que le Pays Basque était en guerre jusqu’au 8 avril 2017. Si la date du 20 octobre est celle de la paix revenue, alors les habits des artisans de la paix sont des costumes de clowns. Il vaut mieux la gommer.

Le 20 octobre 2011 est le résultat de deux facteurs : les énormes manifestations des Espagnols contre la terreur de l’ETA. Et les actions coordonnées des polices françaises et espagnoles. Les artisans de la paix n’ont pas participé aux unes et ont condamné les autres. On comprend qu’ils préfèrent oublier une absence peu glorieuse.

Désormais, puisque la paix est revenue grâce à l’imposture de Txetx and C°, reste la question des prisonniers. Car la poursuite de politique pénitentiaire actuelle est inhumaine, injuste et « potentiellement dangereuse » affirment les blanchisseurs. Pour que la paix soit solide, il faut que la France « valide par son attitude les pas réalisés quasi unilatéralement ».

Les victimes de l’ETA ne sont même pas évoquées dans cet appel. Les seules victimes sont les prisonniers condamnés, traités de manière « inhumaine et injuste ». D’où une situation « potentiellement dangereuse ». Que signifie cette formule ? Que les patriotes en colère pourraient reprendre les armes ? On frôle ici l’apologie du terrorisme.

Certains parlent des victimes sans aller les voir, et considèrent que la politique « inhumaine et injuste » est celle qui consiste à emprisonner des assassins, alors qu’insulter leurs victimes en sculptant une hache est humain et juste.

Le 16 juin prochain, vous aurez le choix entre manifester pour des prisonniers emprisonnés pour activités terroristes. Ou dialoguer avec leurs victimes.

Nous vous tiendrons au courant.

jeudi 31 mai 2018

infamie


Dans sa déclaration de dissolution, ETA distingue les victimes innocentes à qui elle souhaite demander pardon et les cibles légitimes qui font partie des victimes d’un conflit avec les états impérialistes.

Pour qui souhaite comprendre cette distinction, les récents événements de Liège permettent de réfléchir. Les deux policières qui ont été abattues sont des cibles légitimes et il ne faut pas demander pardon à leurs enfants et à leur famille. Le passager d’une voiture qui a été abattu est un innocent et il faudra demander pardon à ses parents.

Donc, quand vous entendrez les terroristes de l’ETA distinguer entre leurs victimes, rappelez-vous les crimes de Liège pour mieux apprécier l’infamie de leurs discours.

mardi 29 mai 2018

pas de danger?


Les nationalismes européens se manifestent par l’émergence électorale de partis qui se réclament plus ou moins de l’héritage nationaliste de l’Europe pré-fasciste. Chez les dirigeants polonais, il y a du Pilsudski, chez Orban, du Horthy, de l’Anschluss chez les néo-nazis autrichiens. Du Vichy chez le FN, du Mussolini dans la Ligue du Nord. D’autres nationalismes se classeraient plutôt à gauche parce qu’ils se sont heurtés à des impérialismes, tels le nationalisme basque, d’origine douteuse avec Arana et ses doctrines sur la race basque, mais qui a viré à gauche sous les coups du franquisme.  



Dans les cas où ce nationalisme est classé à l’extrême-droite, une opposition vigoureuse rassemble une gauche progressiste et une droite libérale. Parfois. Pas toujours. Le Vlams Block, la Ligue du Nord, et le FPÖ sont aux portes du pouvoir. En Grande-Bretagne, en Allemagne, les extrêmes droitiers restent à la marge. En France, entre le FN et LR, on n’en est pas encore au flirt, mais aux œillades.



Dans le cas où le nationalisme est classé à gauche, la situation se complique. Les gens de droite ne se sentent pas trop dépaysés par le respect des valeurs traditionnelles, la célébration d’une identité ancestrale,  la préférence régionale. Les gens de gauche retiendront de l’histoire une opposition héroïque aux adversaires de toujours. L’extrême-gauche sera fascinée par les sacrifices et l’audace des actions. En Irlande, en Ecosse, en Catalogne, au Pays Basque, se met en place un front régional des patriotes insoumis qui occupe le terrain. En Ecosse et en Catalogne, ce regroupement rencontre une forte opposition de la gauche réformiste et de la droite progressiste. En Irlande du Nord, les fronts nationalistes dominent en se partageant les camps, républicains catholiques contre unionistes protestants. Au Pays Basque français, le rassemblement patriotique engloutit toutes les forces politiques, socialisme de réforme, droite progressiste, droite conservatrice, insoumission bascophone. Les extrêmes traditionnels n’existent plus : le PC et le FN, qui font entendre une musique légèrement différente ne sont plus audibles.



Le pessimisme de ce tableau doit être nuancé. L’opinion des habitants du Pays Basque français n’est pas favorable aux objectifs officiels du nationalisme : la majorité ne souhaite pas la réunification du Pays Basque nord et sud, ni l’officialisation de la langue, ni l’amnistie pour les prisonniers. Cette majorité ne s’exprime pas. Un petit peu, de manière anonyme dans les commentaires de sud-ouest. Mais elle reste silencieuse et je ne vais pas avoir l’outrecuidance de prétendre dire tout haut ce que les gens pensent tout bas. Pas du tout. Ou bien ils ne pensent pas, sur ce sujet, il ne leur semble pas une menace, un sujet d’inquiétude, ils vaquent à leurs affaires, le tourisme fonctionne, l’immobilier se porte bien, les vagues reviennent avec une grande régularité porter les planches des surfeurs. Qu’une légère brise de nationalisme basque gonfle les voiles ne dérange pas, elle imprime au Pays Basque un parfum exotique sans danger pour personne. Petits aveuglements, petites lâchetés.





C’est très exactement le signe d’une situation dangereuse. Le nationalisme occupe la scène politique sans agressivité pour ceux qui ne partagent pas les mêmes opinions. Le Pays Basque n’est pas la Corse. Le Pays Basque n’est pas la Catalogne. Un jour on se réveillera, le paysage sera le même. Seul le nom du président de la Communauté d’agglo du Pays Basque aura changé. Il sera Lehendakari.

4 et 3


Sortu voudrait que le Lenhendakari soutienne les blanchisseurs du Pays Basque français. Ils ne le disent pas comme ça. Ils disent artisans de la paix d’Iparralde. Si vous dites les blanchisseurs du Pays Basque français, vous n’êtes pas un patriote.



Le Lehendakari refuse et maintient sa position : l’ETA doit se dissoudre, demander pardon  et ensuite, les autorités verront au cas par cas la situation des prisonniers. En liaison avec le gouvernement français. Il affirme que les positions entre Paris et Madrid sont les mêmes sur le sujet, et que le mouvement des artisans de la paix n’a rien obtenu. Il y aura peut-être des décisions de rapprochement au cas par cas. Rien de plus.


La position de La République en Marche du Pays Basque est inconfortable. Pris en étau entre des élus Modem qui se considèrent comme des élus du territoire et pas des élus de la nation, et les positions de l’Élysée et Matignon. Les élus locaux de la majorité présidentielle demandent au gouvernement français ‘d’agir’, aux côtés de Mélenchon, d’Attac et des nationalistes corses. Nationalement, les marcheurs marchent pour l’Europe, pour une meilleure coopération entre les pays européens pour leur sécurité. Localement, ils marchent à l’envers, condamnent les polices françaises et espagnoles, soutiennent les djihadistes basques. D’où une claudication typique des marcheurs des Pyrénées Atlantiques. Il ne s’agit pas de douleur de la hanche ou d’arthrose du genou. Moi, je claudique pour des raisons orthopédiques. Eux, ils claudiquent pour des raisons politiques.

dimanche 27 mai 2018

L'IVG commence tôt


Sur la question de l’avortement volontaire, les grandes religions se rejoignent pour laisser faire la nature. Qui veut un enfant fornique. Qui ne veut pas d’enfant ne fornique pas. Forniquer pour ne pas avoir d’enfant n’est pas naturel. Il est possible d’avoir un enfant sans forniquer, comme la Vierge Marie, mais il est interdit par les grandes religions de se mettre en travers du chemin naturel quand on fornique. Imagine-t-on Dieu avec un préservatif? Ou Marie prenant la pilule du lendemain après la visite de l’Esprit Saint ?

Les choses sont donc claires. Pas d’IVG, naturellement. Et on ne plaisante pas avec ce sujet. Pas de palinodies. L’ovule le plus frais, le spermatozoïde le plus récent, sont tous des formes de vie qui sont sacrées, qu’il faut respecter. Toute barrière entre les deux est assimilable à une IVG. Quand je pense que certains hommes d’église seraient prêts à accepter l’IVG pour un fœtus à condition que son cœur ne batte pas encore ? On s’étonnera ensuite que les fidèles irlandais votent comme ils le font. Il faut être clair. Chaque bulletin « oui » était la forme papier d’un préservatif, d’une pilule, d’un stérilet, d’un coïtus interruptus.

Si les fidèles d’entre les fidèles acceptent le meurtre que représente l’extraction d’un fœtus de l’utérus, c’est parce que petit à petit ils ont accepté d’autres petits meurtres, qu’ils se sont accommodés de  toutes les interruptions comme si elles étaient différentes fondamentalement de l’interruption suprême. La méthode Ogino, les interdits lunaires, le coïtus interruptus, la ligature des trompes, la vasectomie, bien avant les pilules et les IVG ont graduellement habitué les esprits à accepter les meurtres d’enfant. Sans compter évidemment les millions d’enfants interdits de naissance par la chasteté de milliers de prêtres.

Une famille, c’est un papa, une maman et tous les enfants que Dieu leur donne.

Quand je vois défiler contre l’IVG des familles chrétiennes avec un ou deux enfants, je fulmine. Les adultes qui se pavanent ont tous préparé l’acceptation de l’IVG par des méthodes contre nature.


vendredi 25 mai 2018

l'éclaircie irlandaise


Les partisans de la légalisation de l’IVG ont largement emporté la victoire en Irlande.

L’Irlande dans le domaine des libertés individuelles était à la traîne. Divorce interdit, contraception interdite. Censure sur les livres et les spectacles. Une société fermée, où les jeunes et les femmes s’exilaient vers les Etats-Unis. Depuis les années 1960, l’Irlande a modernisé son économie, s’est ouverte au monde. Petit à petit, la société s’est laïcisée, l’emprise de l’église catholique s’est relâchée.

Son intégration dans l’Europe a joué un grand rôle dans cette évolution. La République d’Irlande avait honte d’être à la traîne. L’Europe a aussi joué un rôle dans l’arrêt du conflit en Irlande du Nord.

Ces derniers temps, les nouvelles ne sont pas réjouissantes. L’Italie donne les rênes à des partis populistes. La Hongrie, la Pologne se rembrunissent.  Les élus du Pays Basque s’abertzalisent.

L’Irlande,  pas toujours renommée pour son climat, nous offre une embellie dans un ciel sombre. Que cette éclaircie nous vienne d’un des pays qui naguère était l’un des plus rétrogrades, un pays théocratique, un pays où des terroristes dominaient la vie politique, nous montre qu’il ne faut jamais désespérer.

jeudi 24 mai 2018

la hache



      Dans le mensuel Enbata, dans le quotidien mediabask, dans les discours et les conversations, les blanchisseurs d'ETA, Bisauta, Xaby Larralde, Le Lehendakari le Petit, Anne-Marie Bordes, défendent la sculpture de la hache, expliquent qu'elle est une étape du processus de paix. Ils se présentent comme des défenseur de la liberté de l'art, rappellent que les désastres de la guerre de Goya avait choqué, que Picasso avait indigné des gens avec Guernika. Ils sont tous éloquents, érudits, intelligents, passionnés et nous les lisons avec intérêt.

     Il n'y a qu'une seule chose qu'ils ne disent pas. qu'ils oublient, qu'ils omettent. Alors qu'il y tant d'arguments solides, etayés, pour replacer cette sculpture au milieu de la ville de Bayonne, une hache fière et un arbre la surmontant, pourquoi, bon sang, pourquoi, alors qu'il n'y aucun argument contre cette sculpture, pourquoi faut-il que la sculpture universellement justifiée et applaudie, pourquoi gît-elle derrière des grillages, pourquoi pourrit-elle, pourquoi ce vert-de-gris qui envahit le bronze?

     Le maire de Bayonne nous avait promis de l'ériger après l'imposture de Cambo. Cambo est passé, les coupes de champagne sont nettoyées et les petits fours digérés, les blanchisseurs ont blanchi et la statue rouille toujours. Puis le maire de Bayonne avait promis d'installer la sculpture après la dissolution d'ETA. ETA est dissoute, les nécrologies ont été écrites, les éloges funèbres ont été prononcés, les armes sont dispersées, les cagoules nettoyées, et la sculpture continue de rouiller. Comment tant d'éloges peuvent-ils être suivis de tant d'ingratitude?

     La réponse est simple. Des conseillers de Bayonne se sont levés contre l'esprit de Munich et ont refusé la scultpure qu'ils estiment une glorification du terrorisme. Des manifestants du groupe "Mémoire et Vigilance" ont manifesté , ont lancé une pétition contre ce qu'ils appellent Gloire de l'ETA, et cette pétition a recueilli maintenant  environ deux mille signatures, tandis qu'une pétition parrallèle recueillait des dizaines de milliers de signatures en Espagne.

     Les blanchisseurs n'avaient pas l'habitude. D'habitude, toutes leurs actions, toutes leurs initiatives, étaient unanimement approuvées dans la presse, dans les partis, les associations. Pour la première fois, ils ont l'impression d'avoir fait une grosse bêtise. un faux-pas. Ils ne savent pas comment réagir. Comme un enfant gâté qui entend non pour la première fois. Alors pour le moment, ils choisissent le profil bas. Ils attendent que l'émotion retombe. Ils ne disent rien, laissent pourrir la statue.

     Je peux leur suggérer des solutions pour sortir de ce bourbier.

     Une solution serait que Vincent Bru, qui était là à l'inauguration de la sculpture, demande à Jean-René Etchegaray de faire cadeau de la statue à son ami François Bayrou pour qu'il l'installe dans la ville de Pau dont il est le maire.  ETA n'a tué personne à Pau, à ma connaissance, et les Palois seront peut-être surpris, mais pas indignés.

      Une autre solution serait de demander rendez-vous aux associations de victimes du Pays basque en Espagne, leur montrer des photos de la statue, les inviter à venir se rendre compte par eux-mêmes de l'objet du débat et négocier avec elles les conditions qui permettraient leur acceptation de la hache de l'ETA. Les blanchisseurs ont passé tellement de temps à négocier avec des criminels, ils ont acquis une compétence qui pourrait les aider dans des négociations avec les victimes. Ce serait l'occasion de faire connaissance.

     La mauvaise solution serait de compter sur le temps. Mémoire et Vigilance se souvient et veille. Si la statue est installée telle quelle, ils manifesteront. Si la hache est enterrée, ce qui est actuellement l'hypothèse la plus probable, ils organiseront un pique nique autour de l'arbre pour célébrer leur victoire.
      Qu'ils ne comptent pas sur notre lassitude. Certains pourront dire que la moyenne d'âge de Mémoire et Vigilance permet d'envisager, si l'on attend encore quelques années, que le groupe se dissolve pour des raisons biologiques.

     Qu'ils ne comptent pas sur cette solution.

     Parce que rappelez-vous, l'oeil était dans la tombe et regardait Caïn.