Cette année,
la maladie infantile de la gauche a frappé avec plusieurs semaines d’avance. Pour
vous protégez de cette épidémie, quelques gestes simples sont recommandés. Faites
le bilan des résultats obtenus par la gauche gouvernementale dans les pays où
elle a gouverné. Ne confondez pas les enthousiasmes de militants rêveurs avec les
réflexions des constructeurs d’une gauche nouvelle. Jetez dans une poubelle
fermée les solutions archaïques qui ont
ruiné les peuples et démoralisé les bonnes volontés.
après avoir donné de mauvais exemples, voici venir l'âge des bons conseils.
lundi 30 janvier 2017
dimanche 29 janvier 2017
primaires
Dans la Mutualité, un public jeune et enthousiaste
salue la victoire de Benoît Hamon. Ils dansent sur un air dont le
téléspectateur n’entend pas les paroles. Je les devine :
On
ne va plus gouverner, ohé ohé !
C’est
trop difficile, c’est trop compliqué
C’est
plus commode de manifester, ohé ohé,
Plus
commode de protester, plus facile de dénoncer, ohé ohé.
Le PS entre en hibernation. Le résultat
aurait pu être prévu dès le retrait de François Hollande qui donnait raison à
toutes les frondes. Il s’est retiré sans combattre après avoir gouverné sans
convaincre.
Le rassemblement de la gauche pour gouverner est
impossible. Il n’est pas souhaitable. Placez tous les candidats de gauche sur
le perron de l’Élysée, pour la photo du gouvernement, vous obtenez un mélange
de sucre et de sel, qui ne peut ni saler ni sucrer. Ce serait tous les jours
Notre-Dame des Landes et déchéance de nationalité. Pour qu’ils travaillent tous
ensemble, il faudrait au moins une guerre mondiale qui ressoude les énergies,
mais qui souhaite la guerre ?
Et maintenant ? Faites la liste de
tous les candidats aux présidentielles. Posez-vous la seule question qui vaille.
Lequel d’entre eux peut empêcher le succès de notre Trump national ? Lequel
d’entre eux peut éviter un second tour entre la fille de Jean-Marie et l’époux
de Pénélope ?
désaveu
La représentante de Mélenchon le soir des primaires se
réjouit : la politique du gouvernement Valls a été désavouée.
Mélenchon est battu partout où il se présente, mais ses
défaites ne veulent pas dire que sa politique est désavouée.
La différence est simple : Mélenchon ne se présente pas
pour gagner, pas pour gouverner, mais pour protester, pour être le tribun en
chef des différentes colères.
S’il ne se présente pas pour gagner, évidemment, il ne peut
jamais perdre.
diffamation
Mon intervention au
colloque de Rabat, mercredi 25 janvier 2017
Diffamation
« La diffamation est une fausse accusation qui porte
atteinte à l'honneur et à la considération d'une personne »
Je suggère une autre définition : La
diffamation est l’assassinat d’une personne par tous les moyens, sauf
l’élimination physique. Qu’elle soit vraie ou fausse importe peu. L’essentiel
est l’objectif.
La politique dans une société démocratique est
l’utilisation de tous les moyens pour résoudre les conflits, sauf la lutte
armée. C’est un immense progrès par rapport aux guerres civiles. En ce sens, la
diffamation est un progrès considérable des relations entre les humains.
Nous connaissons tous les sociétés anciennes ou
modernes où les confits de pouvoir étaient résolus par l’élimination brutale
des adversaires ou tout simplement des gêneurs. Quand Henri VIII voulait
divorcer, il faisait guillotiner son épouse. Une lettre de cachet permettait à
Louis XIV de supprimer un seigneur trop puissant. Dans les temps plus proches, il n’y avait pas
de campagne organisée de rumeurs, de mensonges, de calomnies, contre les
adversaires, dans les régimes nazis ou les dictatures communistes. Il n’y avait
pas de campagne de diffamation sous Pinochet, sous Pol Pot, sous Kim il Sung. Plus
nous nous rapprochons des temps modernes, plus la diffamation prend la place de
l’élimination physique.
Si on retient la définition de la diffamation comme
l’assassinat d’une personne par tous les moyens, sauf l’élimination physique,
alors la diffamation est la poursuite de la guerre par d’autres moyens. Un
progrès par rapport à l’élimination physique, mais il faut la prendre au
sérieux. Surtout si elle est diffamation d’état, elle est une grave atteinte à
la vie démocratique. En démocratie, la politique consiste à régler les conflits
par d’autres moyens que l’élimination de l’adversaire. La démocratie politique
considère que l’adversaire fait partie de la solution des conflits. Une société
démocratique est en paix quand règnent dialogue et compromis. Les moyens qui
visent à l’élimination de l’adversaire sont des signes d’affaiblissement de la
vie démocratique.
Ces diffamations existent, elles sont parfois punies
par la loi, généralement réprouvées et condamnées. Dans d’autres sociétés,
elles sont un mode de gouvernement. Ce sont des sociétés où le pouvoir
politique revendique un adjectif, ethnique ou religieux ou partisan. Car cet
adjectif, protestant, catholique, socialiste ou musulman, exclut de la société
ceux qui ne s’y conforment pas. L’Irlande était un état catholique, et cette
qualification chassait de la citoyenneté ceux qui n’étaient pas catholiques. La
Grande-Bretagne était un état protestant et jusqu’à la mi-19ème
siècle, les catholiques n’avaient pas le droit de vote et de représentation.
Cuba ou l’Union soviétique se définissaient comme socialistes ou soviétiques et
qui ne se conforme pas pouvait être déchu de sa nationalité. La
disqualification de l’adversaire passe par l’accusation de traîtrise, de
passage à l’ennemi, d’être un étranger ou un agent de l’étranger.
Permettez-moi deux exemples tirés de l’’histoire
irlandaise :
L’affaire Parnell est exemplaire. Parnell était un
propriétaire protestant qui prit la tête du parti Irlandais et du mouvement
pour l’autonomie. À ce titre, considéré comme un traître par les
Anglo-protestants, par les Tories. Une haine féroce à l’égard d’un protestant
« ami des catholiques ». Comme on appelait aux États-Unis les
militants des droits civiques des « nigger lovers ».
On tenta une première fois de détruire Parnell par
une accusation montée de toutes pièces. Il fut une première fois emprisonné
pour une prétendue complicité avec les violences agraires par son soutien aux campagnes de boycott.
Grâce à un faux témoignage, on l’accusa
d’être impliqué dans un attentat terroriste. Chaque fois, il se releva plus
puissant. Il fut finalement terrassé par un scandale privé : la mise en
évidence d’une liaison avec Kitty O’Shea, l’épouse de l’un de ses seconds.
Cette liaison était notoire et ne provoquait pas de scandale particulier. Mais
lorsque l’époux de Kitty engagea une procédure de divorce, la liaison ne devint
pas seulement notoire, elle devint officielle. L’Angleterre victorienne
intervint aussi : comment le gouvernement britannique pouvait-il négocier
avec un divorcé ? L’église catholique intervint alors de tout son
poids : comment un parti irlandais pouvait-il être dirigé par un tel
homme ? Le Parti parlementaire irlandais se divisa, Parnell fut mis en
minorité, battu aux élections suivantes et pratiquement exclu de la vie
publique.
La grande grève et lock out de Dublin 1913 est un autre
exemple éloquent. Le sujet de la grève : le droit de se syndiquer. D’un
côté James Connolly, leader charismatique, de l’autre William Murphy, propriétaire
de la compagnie des tramways. Pendant des semaines, Dublin fut pratiquement
paralysé. À l’époque, l’Irlande faisait partie du Royaume-Uni et le conflit
considéré par le mouvement ouvrier britannique comme un conflit national.
Grande campagne de solidarité en Grande-Bretagne. On accusait Connolly d’être
porteur d’idées étrangères à la tradition irlandaise, des idées socialistes. On
accusait le mouvement syndical d’être soutenu par des étrangers, des West
Britons, des intellectuels cosmopolites. Ces campagnes eurent une portée
limitée. Le coup de grâce vint d’un événement apparemment mineur. Des familles
anglaises proposèrent, à titre de solidarité, d’héberger des enfants dublinois.
L’église catholique qui jusque-là s’était peu engagée, se déchaîna. Ces enfants
qu’on allait emmener en Angleterre étaient des enfants kidnappés par les
protestants britanniques, ils allaient être endoctrinés dans une nouvelle
église, c’était l’équivalent des massacres de catholiques par les armées de
Cromwell. On imagine mal la violence de la campagne. Des manifestants se
pressaient sur les quais du port de Dublin pour empêcher physiquement les
enfants d’embarquer vers la perfide Albion protestante. Le mouvement fut frappé
à mort par cette campagne et la grève cessa sans avoir obtenu ses objectifs.
Lorsqu’il y a fusion entre nationalisme et religion,
l’abandon de la religion n’est pas seulement apostasie, mais aussi trahison de
la patrie. Qu’est-ce qui témoigne le plus de l’abandon de la religion
nationale ? Les mœurs, la sexualité. Dans les deux affaires célèbres que j’ai rappelées, ce qui était en
jeu était la famille (les enfants de grévistes », et encore la famille,
avec l’adultère. C’est un domaine où la famille est en jeu. La famille qui est
la base de la société, le modèle suprême : le chef de famille, c’est le
souverain, l’épouse, assure l’intendance et les enfants sont le peuple qui
obéit. L’atteinte au modèle familial est considérée comme un coup mortel à la
société toute entière. Le droit de vote accordé aux femmes, le divorce, la
contraception, l’homosexualité ont de tout temps été combattus pour défendre le
modèle familial qui est la cellule de base.
Ces accusations passent par les mœurs, la sexualité.
Le féminisme était protestant en Irlande. Le divorce est anglais. Les grandes
affaires d’état de l’Irlande contemporaine : le divorce, la
contraception, l’IVG. Chaque fois des referendums,
des débats houleux, des accusations : ces réformes allaient atteindre
l’âme du pays, les réformes qui donnaient des droits supplémentaires aux femmes
faisaient partie de l’antique complot impérialiste britannique pour asservir
l’Irlande. Pour l’angliciser.
Le dernier débat en date : les affaires de
pédophilie du clergé irlandais. Pendant longtemps, ces « affaires »
étaient réglées en interne. Le passage d’une Irlande cléricale à une Irlande
laïque est tout récent : 2011 : le Premier ministre Enda Kenny :
l’église catholique doit accepter que les lois qui la gouvernent ne sont pas
les mêmes que les lois qui régissent la société.
Les campagnes de diffamation sont des indicateurs précieux
de l’identité souhaitée de la société où ces campagnes se mènent. Dans les
exemples irlandais : les campagnes de diffamation indiquaient la forte
revendication de fusion entre église et état. Catholique, et protestant. Dire
de Poutine qu’il a été officier du KGB n’est pas une diffamation en Russie.
Dire d’une personne qu’elle a collaboré avec la Stasi, police secrète de la RDA
est considérée comme une grave diffamation en RFA et empêcher de faire carrière
politique.
Quand Barak Obama était accusé de ne pas être un
véritable américain parce qu’il avait des ancêtres et de la famille en Afrique
noire, quand on lui demandait avec insistance de montrer son certificat de
naissance, cette campagne de diffamation se rattachait directement au racisme
historique à l’égard des noirs nord-américains qui ont peiné à se faire
reconnaître comme des citoyens des États-Unis. De même, l’odieuse campagne
contre Christiane Taubira déguisée en guenon dans les réseaux sociaux se
rattache directement aux systèmes d’exclusion raciale dans les colonies
françaises.
Dis-moi comment tu diffames, je te dirai qui tu es.
rabat
Rabat
Dans le train Biarritz
Montparnasse personne ne prie. Dans l'avion Paris Rabat, ma voisine de gauche
passe les deux heures et demi voyage à prier, les mains grande ouvertes sur la
tablette. Avant de s'embarquer, il faut faire la queue devant l'enregistrement
des bagages, puis les différents sas de sécurité devant des agents à qui j'ai
appris à dire désormais que ma prothèse de la hanche déclenché les stridulences
des portiques. Grâce à ma canne, je survole les files de voyageur.
Dans l'avion, le
journal le Matin donne des nouvelles
du Royaume. Journal officiel illisible Comment remplir trente pages pleines de
rien.
Par France 24, nous
apprenons ce que nous savions déjà, Benoît Hamon en tête au premier tour et le
ralliement de Martine Aubry au chef des jeunes socialistes. Je vais voter
Manuel Valls au second tour.
Maroc Une situation
complexe. Ce ne sont plus les années de plomb, mais une surveillance permanente
ouverte, sans vergogne. Des téléphones, sans doute, mais aussi de la vie
privée, un contrôle de la presse et des grands moyens d'information. Le
colloque sur la diffamation a eu lieu sans interdit, personne ne va en rendre
compte. Le jour du colloque, à Rabat, mercredi 25 janvier, un autre colloque a
été organisé à Casablanca, sur le même sujet. Un ‘contre-colloque » sans
doute. Une conférence d'un responsable des droits de la presse, un officiel,
devant des journalistes de la presse francophone, sur le même thème, la déontologie
des journalistes, la censure, etc. Deux pages dans la presse quotidienne du
jeudi et vendredi suivant, rien sur le colloque de Rabat.
Rien sur le procès en
cours. Sept intellectuels, militants, journalistes, poursuivis pour des motifs
divers surtout pour avoir reçu de l'argent de l'étranger, une accusation
familière dans les systèmes non démocratiques, comme dans la Russie de Poutine.
Le procès a déjà été reporté six fois. Ce sera une septième fois. Semble-t-il
pour non envoi de convocations. Il ne s'agit pas de condamner encore que les
séjours en prison et les tabassages ne soient pas absents des témoignages, mais
surtout de faire planer la peur. Une crainte permanente, pas les années de
plomb, mais les années crainte. Le lendemain du colloque, nous sommes allés
visiter des ruines romaines. Deux hommes en imperméable nous observaient. Nous
avons quitté les ruines pour visiter le mausolée, un monument aussi luxueux que
l'appartement de Trump, ça donnerait envie de mourir sur place, et nous
retrouvons nos deux pieds nickelés qui nous observent. Je m'approche et je leur
dis, mais vous étiez déjà aux ruines romaines? Et maintenant vous ici? L'un d’eux
me répond: nous sommes partout. Ils ne se cachent pas, ce ne sont pas de
mauvais policiers, au contraire, ils affirment leur présence et leur rôle est précisément
de se montrer. Que les gens sachent qu'ils sont surveillés. Pour qui passe
trois jours à Rabat, ça n'a pas beaucoup d'importance, pour qui vit là-bas, c'est
insupportable.
En même temps, pour une majorité de Marocains,
pour les puissances occidentales, la famille royale au Maroc est une protection
contre l'islamisme meurtrier et intégriste.
Voir en pièce jointe ou sur mon blog mon
intervention à ce colloque.
dimanche 22 janvier 2017
premier tour
La majorité de ceux qui se sont déplacés aux primaires de la
gauche ont condamné le bilan du quinquennat. Si cette majorité de frondeurs
avaient formé la majorité des députés socialistes, le gouvernement n’aurait pas
terminé la première année de son mandat.
La majorité des électeurs de ces primaires ont donc choisi celui
qui sera au premier rang des cortèges de protestation contre l’abolition des
mesures qu’il condamnait. Les frondeurs de ma section de Biarritz qui supportaient
de plus en plus mal la présence d’élus socialistes à la mairie de la ville et de
ministres socialistes au gouvernement, tous ceux qui soutenaient le repli
identitaire au Pays Basque et le repli
politique dans le pays ont finalement diffusé pour ce premier tour leur honte
de gouverner.
À l’origine de cette défaite se trouve le renoncement de
François Hollande. J’ai fait partie des militants socialistes qui ont soutenu
son action, qui ont défendu ses réformes, contre la droite pour qui rien ne va,
contre la gauche de protestation, contre l’indifférence. Nous y avons passé du
temps, de l’énergie, pendant cinq ans. Cette défense devait être représentée
aux primaires. Le premier de cordée nous a lâchés donnant ainsi des arguments à
ceux qui condamnaient sa politique.
Et maintenant ? Un second tour qui permettra un sursaut
social-démocrate ? Je le vois mal. Un encouragement à l’émergence d’un
grand parti progressiste avec Macron ? La seule façon pour le moment d’éviter
un second tour des présidentielles classé zone cauchemar…
Un seul avantage dans cette situation compliquée : nous
avons largué les confortables certitudes et passons du temps à discuter des
meilleurs choix. Qui fait du sport muscle son corps. Qui fait de la politique entretient
ses méninges.
vendredi 20 janvier 2017
droit de vote aux étrangers
Mehdi Ouraoui est membre du conseil national du PS, soutient
l’EPCI, et souhaite dans la semaine du Pays
Basque du 20 janvier une alliance entre les abertzale et le parti
socialiste pour gouverner la nouvelle institution. Une alliance entre le parti
de Jaurès (le nationalisme c’est la guerre) et les tenants de la préférence
identitaire.
Pour lui, est basque
qui parle le basque. En comptant large, une personne sur cinq est bascophone,
soit trente mille personnes sur cent cinquante mille. Dans le Pays Basque français,
cent vingt mille personnes ne sont pas basques, selon Mehdi Ouraoui.
Pour l’EPCI, une intercommunalité basque, le jour où l’on
donnera le droit de vote aux étrangers, ces cent vingt mille personnes qui ne
sont pas basques auront le droit de voter.
bretagne et pays basque même combat
Je viens de terminer la lecture d’un livre de Françoise
Morvan, le monde comme si, nationalisme
et dérive identitaire en Bretagne, Actes Sud, 2002. J’en conseille vivement
la lecture à tous ceux qui réfléchissent sur le sujet et parfois s’inquiètent
aux dérives identitaires au Pays Basque. Comment des mouvements et des
aspirations minoritaires recueillent l’appui politique et financier de partis
républicains, de droite et de gauche. Comment des écoles Diwan portent parfois
le nom de militants nationalistes qui ont été condamnés pour collaboration avec
l’occupant nazi sont financées par des élus issus de la résistance.
Ils trouveront dans ce livre des échos des mêmes dérives au Pays
Basque. Comment des élus républicains financent des établissements
linguistiques où les cartes de France sont amputées du Pays Basque. Ou des élèves sont mis à la porte s’ils
persistent à dire « Pays Basque français » au lieu d’Iparralde. Où
des courses linguistiques sont des occasions de brandir les portraits de
terroristes condamnés. Où des élus républicains ne supportent pas qu’on
rappelle les exactions de terroristes emprisonnés.
Contre les dérives identitaires, il n’y a pas de ruse ou d’accommodement
possible. Contre ceux dont l’objectif est de scinder la population entre « vrais »
et « faux » citoyens, il faut mener inlassablement le combat des
droits universels, du pluralisme, du refus des replis sectaires, sans rien
laisser passer.
voie royale
Les inégalités scolaires, les échecs scolaires reviennent
régulièrement en discussion. La plupart des commentateurs esquivent ce qui me
paraît la question centrale. Le système d’éducation à vitesses : la voie royale,
classes de préparation aux concours des Grandes
Écoles, et la voie majoritaire : le bac et les études universitaires.
L’excellence, recherchée par tous, les parents, les
enseignants et les étudiants, est en France représentée par la voie royale. Les
autres voies sont généralement choisies par défaut.
C’est évidemment la voie royale qui sélectionne le plus
radicalement les élèves par l’origine sociale, et de plus en plus.
La particularité la plus révélatrice de notre système
éducatif se trouve dans la grille des salaires. Qui sont en France les profs
les mieux payés, primes, heures supplémentaires comprises ? Les profs des
classes préparatoires. Quand j’ai quitté les classes de prépa ou j’enseignais
pour l’université, j’ai perdu un tiers de mes revenus.
Les changements dans ce domaine se feront très lentement. Avez-vous
remarqué que personne, aucun candidat d’aucun parti n’en parle jamais ? Tous
sont issus de la voie royale. Tous ne rêvent pour leurs enfants que de la voie
royale.
Je ne demande pas la révolution, ni dans ce domaine ni dans
les autres. Mais on pourrait quand même en parler, non ?
jeudi 19 janvier 2017
le social et le marché
Sud-Ouest
publie deux photos, l’une, une élue socialiste Ghys Haye, qui prend un café
avec des SDF. L’autre, un élu radical de gauche, Guy Lafite et Anne, avec
Macron, sont photographiés à l’hôtel du Palais.
Certains à gauche s’indignent. Comme l’une et l’autre
peuvent-ils gouverner ensemble ? Comment peuvent-ils faire partie du
groupe de gauche dans la majorité municipale ?
Si la ville de Biarritz peut disposer de centres d’accueil,
d’hôtels d’urgence et de moyens de solidarité avec les plus démunis, c’est
parce que le tourisme lui permet de disposer d’un budget social important.
Sans le tourisme de qualité à Biarritz, les SDF iraient chercher
ailleurs des accueils d’urgence.
À l’inverse, une ville gouvernée par une droite
conservatrice, qui ne construirait pas de logements sociaux, dont la population
se réduirait en peau de chagrin, deviendrait un ghetto pour riches, une ville
endormie.
Heureusement, la ville est gouvernée par une majorité
plurielle, comprenant Ghys Haye et Guy Lafite.
Inscription à :
Articles (Atom)