jeudi 29 mars 2018

chaque waterloo a ses Thénardiers


Chaque Waterloo a ses Thénardiers.



Au lendemain d’un conflit, des individus rôdent parmi les cadavres et les décombres pour y piller des breloques, des bijoux, des médailles qui un jour se retrouveront dans un marché aux Puces.

Après la guerre anglo-irlandaise, les agences de tourisme font visiter les prisons où les leaders nationalistes avaient été emprisonnés et fusillés.

Au lendemain du conflit nord-irlandais, on a vu des agences de tourisme vendre le tour de Belfast, visiter le « mur de la paix » qui sépare quartiers catholiques et protestants,  et montrer les peintures murales loyalistes ou républicaines.

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, on a vu vendre des monuments aux morts, on a organisé des visites guidées dans les tranchées.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, on a vu des marchands vendre des uniformes allemands, des croix gammées, des uniformes de soldats russes, des pistolets de résistants, des fusils d’anciens combattants.

Mais au lendemain d’un conflit terminé, d’une paix revenue, des gens qui font visiter les prisons, blanchissent les crimes, nettoient les armes et se font passer pour des artisans de la paix, on n’avait jamais vus.

mercredi 28 mars 2018

qui est assassiné?


Quand une victime du racisme, de la haine, du mépris, est revendiquée par les siens et pas comme une victime pour toute l’humanité.

Quand une Juive égorgée est revendiquée par une organisation juive et pas comme une victime pour toute la société française.

Quand un maghrébin jeté à la Seine est revendiqué par une organisation musulmane et pas comme une victime pour toute la société française.

Quand un prêtre égorgé dans son église est revendiqué par les catholiques et pas comme une victime pour tous ceux qui vivent en France.

Quand des lycéens massacrés dans leur école sont revendiqués par une organisation lycéenne et pas comme victimes pour tous ceux qui vivent aux États-Unis.
L’humanité se fissure.

samedi 24 mars 2018

désordre

La marche pour l’Europe de la République en marche devait débuter samedi 24 mars. Elle a été annulée suite à l’attentat terroriste islamiste de Trèbes.

Heureusement. Parce que la République en marche du Pays Basque appelle à des manifestations pour les prisonniers basques condamnés pour activités terroristes en bande armée, aux côtés de Mélenchon, Attac, NPA, toutes les forces et tous les partis hostiles à l’Europe. Aux côtés de personnes qui sont condamnées pour avoir assassiné un gendarme.

Au lendemain d’une attaque terroriste islamiste, au lendemain de manifestations de soutien aux terroristes abertzale, une marche pour l'Europe eût fait désordre.

vendredi 23 mars 2018

cul de plomb


Au conseil municipal de Biarritz, ils sont tous debout, graves, pour une minute de silence à la suite des attentats de Carcassonne.

Pour les victimes de l’ETA, leur cul était de plomb. Jamais une minute de silence pour les massacres perpétrés par des terroristes basques.

Pour avoir droit à une minute de silence, il vaut mieux être abattu par un djihadiste que par un etarra.

jeudi 22 mars 2018

un courage diaphane


Un courage diaphane.

Il faut saluer le courage quand il est courageux.

Certains d’entre vous savent qu’un tsunami patriotique submerge le Pays Basque. Tous les élus, tous les partis, toutes les associations, tous les syndicats, manifestent ensemble pour des prisonniers basques condamnés pour activités terroristes en bande armée.  Ils réclament le rapprochement, l’amnistie, ils négocient les différentes étapes de la campagne avec une organisation terroriste, dénoncent, y compris les élus de la majorité présidentielle, ce qu’ils appellent l’inertie des gouvernements français et espagnols.

Ils ne demandent pas à l’ETA de se dissoudre, ils ne lui demandent pas de repentir. Ils ne lui demandent pas de demander pardon à leurs victimes. Ils ne vont pas dialoguer avec les associations de victimes. L’ETA leur demande d’ôter leur écharpe tricolore dans les manifestations, ils obtempèrent.

Tous ? Non. Ceux qui résistent à ce raz de marée sont peu, mais ils existent. Il faut les saluer. Il faut louer leur courage.

Guy Lafite n’a pas voté la motion du conseil d’agglo du Pays Basque appelant à la manifestation du 9 décembre 2018. Quand la République en marche a appelé à son tour, il a envoyé une lettre au centre pour protester.

Certes, il n’a pas dit publiquement qu’il n’a pas voté la motion de l’agglo, il n’a pas rendu publique sa lettre à la République en marche, mais il l’a fait.

Max Brisson et Vincent Bru ont rendu visite à une association de victimes (COVITE). Une photo en témoigne. Un communiqué qui ne répond en rien aux inquiétudes des victimes a été envoyé à Mediabask. Les journalistes de Sud-Ouest ne sont pas au courant, ni ceux de la semaine, ni France Bleue.  Ils n’ont pas posté ce communiqué sur leur site. Mais ils l’ont fait.

Saluons leur courage prudent.

On pourrait dire qu’ils n’ont pas beaucoup communiqué sur leurs actes, mais ils l’ont fait.

Imaginons qu’ils soient des élus turcs. Ils se retrouveraient en prison. S’ils étaient des élus chinois, pour les mêmes prises de position, certes modestes, ils seraient bannis, emprisonnés. Des élus de Corée du Nord, ils seraient éliminés. Des élus russes, le poison les guetterait. Imaginez qu’ils soient des élus sur un territoire où l’ETA aurait pris le pouvoir. Aller voir les victimes, même prudemment, voter contre les prisonniers, même modestement, pourrait avoir les pires conséquences.

Donc dis et je répète : saluons le courage diaphane de Max Brisson, Vincent Bru et Guy Lafite.  

mercredi 21 mars 2018

il faut dix hommes pour un minyen


Il faut au moins dix hommes pour un minyen



Chez les Juifs, pour une circoncision, pour une prière, il faut rassembler au moins dix hommes. On appelle ce groupe un minyen. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il fut parfois difficile de les trouver. Dix hommes, religieux en plus, qui devaient porter une kippa. Il y  avait beaucoup d’absents et ceux qui restaient n’étaient pas toujours religieux. Il arrivait que le rabbin demande à des Juifs non-religieux de compléter le groupe, et même parfois à des non-Juifs.

Quand un combattant de l’IRA mourait, il était enterré à Belfast dans le « carré de l’IRA » au cimetière de Milltown. Autour de sa tombe, le minyen républicain, six ou huit soldats cagoulés tiraient un coup de fusil. Cette cérémonie était interdite et la police intervenait ou tentait d’intervenir, parce que les hommes cagoulés (interdit la cagoule !) avec un fusil (interdit le fusil !) étaient protégées par la foule, le temps qu’ils se décagoulent et cachent leur fusil. Depuis le cessez-le-feu, plus de salve d’honneur, plus de cagoule.

Quatre militants nationalistes ont été arrêtés au Pays Basque espagnol pour avoir loué la vie et l’action d’une militante de l’ETA lors de son enterrement. Ils ont été relâchés. Pourtant, ils n’avaient ni cagoule ni fusil.

Pour l’enterrement d’un etarra, il fallait des cagoules, des fusils, et une foule pour protéger les cagoulés qui tiraient une salve d’honneur. Huit tireurs plus une foule pour les protéger. Or, depuis 2011, l’ETA a enterré ses fusils et transformé ses cagoules en passe-montagne. La foule pour les protéger serait trop clairsemée. Il n’y même plus assez d’hommes pour la salve d’honneur et les fusils ont été rendus aux artisans de la paix. On en a trouvé quand même quatre pour faire des discours. Pas assez pour un minyen.

Les nationalistes basques demandent parfois à des Basques non-nationalistes de permettre un minyen. Parfois même, ils demandent à des non-Basques.
Au Pays Basque français, beaucoup se sont endormis pendant le film et sont persuadés qu’on les appelle pour compléter le minyen.

mardi 20 mars 2018

un homme, un programme


Benjamin Grivaux, interviewé sur France Inter (20 mars 18) sur sa candidature à la mairie de Paris : l’essentiel est de construire un programme pour la capitale. L’urgent est le programme.

Chez les marcheurs de Biarritz, il y a des candidatures multiples pour les prochaines municipales et la page du programme reste blanche.
Je cherche une conclusion percutante. Je n’en trouve pas. Désolé.

composteur


Un nouveau métier est apparu au Pays Basque, celui de composteur. Vous mettez les déchets que vous voulez effacer, que vous voulez oublier, dans un récipient fermé, vous refermez le couvercle et vous attendez.

Les débris qu’on fourre ainsi dans les containers au Pays Basque sont des armes, dynamite, fusils, mitraillettes. Des crimes, assassinats, rackets, dénonciations, kidnappings. Des lettres de menace, des rats envoyés aux journalistes, des cercueils envoyés aux opposants. Des ikurinas et des bombes incendiaires. Vous laissez macérer.

Au bout d’un moment, les débris se mélangent et forment une pâte pestilentielle d’où coule un liquide brunâtre.

lundi 19 mars 2018

la mère d'un etarra


Un etarra emprisonné a eu la permission d’assister à l’enterrement de sa mère.

Je suggère qu’il soit obligé d’assister à l’enterrement des mères de toutes ses victimes.

vendredi 16 mars 2018

une hache aspirée


Une hache aspirée



Après un assassinat, des équipes viennent avec des seaux remplis d’eau savonneuse et des serpillières nettoyer les scènes de crime. On les appelle les blanchisseurs. Au Pays Basque ils se nomment les artisans de la paix. Les élus contribuent à ce grand nettoyage en portant des wassingues à la place de leur écharpe tricolore. On nettoie les flaques de sang, on gomme les noms des 829 victimes, on déterre dans les champs les instruments de la barbarie.

Ce mouvement est actuellement dans l’impasse. Ils ont vendu l’idée que le Pays Basque était toujours en guerre alors qu’on n’a pas entendu un seul coup de feu depuis sept ans. Ils ont écrit le scénario avec les quelques etarras qui de temps en temps se réunissent dans une cabine téléphonique pour désigner celui ou celle d’entre eux qui fermera la porte et éteindra la lumière. Ils espéraient en échange obtenir le rapprochement des prisonniers basques condamnés pour activités terroristes en bande armée.  Les gouvernements français et espagnols ne cèdent rien. Les demandes seront examinées au cas par cas dans le respect du droit commun. Faites un geste, disent les nettoyeurs, au moins quelques-uns pour qu’on ne soit pas trop ridicules. Pour revenir vers les etarras et leur demander de se dissoudre en échange. Depuis un an et le grand succès de l’opéra bouffe du 8 avril 2017, rien ne vient.

Dans le même temps, les étarras qui restent clandestins ont décidé par un vote parfaitement démocratique, par vingt-huit voix contre quatre et une abstention, de dissoudre leur organisation. Ce n’est pas facile. Tous ceux qui ont fait partie d’une association savent à quel point il est difficile de la dissoudre. Les FARC récoltent 0,4% aux élections suivant leur dissolution. Les trois cents prisonniers n’ont pas pris part au vote, ils ont décidé de couper le cordon qui les relie à l’ETA. Les temps sont durs.

Les etarras ont déclaré qu’ils acceptaient éventuellement de dissoudre l’ETA, mais quand ils le décideraient, pas sous la pression. Et pas question de repentir, de demander pardon aux survivants ou aux familles des victimes. Et surtout, n’allez pas prendre contact avec les associations de victimes du Pays Basque espagnol qui sont toutes manipulées par le Parti populaire, par le Parti socialiste et par les engourdis du Parti nationaliste.

Patatras ! Deux militants porteurs de serpillière, deux élus à l’avant-garde de la Grande Lessive, ont cédé à la pression d’un groupe de citoyens basques pas plus nombreux que les etarras. Ils ont traversé la frontière, ont pris une photo, le nettoyeur Bru et le lessiveur Brisson de part et d’autre de deux membres de COVITE, une association de victimes très militantes et très hostiles aux blanchisseurs. Profil bas, un communiqué discret. C’était trop. Ils ont été privés de conférence de presse le 14 mars, les artisans de la paix n’ont pas mentionné leur voyage. Et le noyau restant de l’ETA, enfin plutôt le pépin, s’est braqué. Si vous parlez avec ces gens, on ne se dissout pas. On reste avec notre cagoule et notre panoplie de Noël.

D’un côté, les états français et espagnols, qui ont le dossier Corse et catalan sur les bras, ne sont pas du tout prêts à faire risette aux Lessiveurs. L’ETA dit que s’il n’y a pas plus de prisonniers rapprochés, ils ne vont pas faire le cadeau immense, historique, suprême, de leur dissolution le jour où les Blanchisseurs vont planter la hache de guerre sur une Place de Bayonne. Bref les temps sont durs.

Pour ajouter à la confusion, les mots ne sont d’aucune aide. Enterrer la hache de guerre signifie chez les Indiens faire la paix. Déterrer la hache de guerre signifie faire la guerre. Les Grands Blanchisseurs déterrent la hache à Louhossoa, puis ils l’enterrent à Bayonne. Il y a de quoi perdre son euskara.