dimanche 29 avril 2018

oeillères


Gérard Oyhamberry nous rappelle dans un post que l’ETA a tué deux fois au Pays Basque français. Les huit cent vingt-sept victimes sont du côté basque espagnol.

         On comprend que l’opération de blanchiment de l’ETA soit plus simple de ce côté.

         Après la guerre 1939-45, les journalistes ont posé des questions aux Allemands qui habitaient près des camps. Mais enfin, vous n’avez rien vu, vous n’avez pas senti la fumée, pas vu les convois de déportés. Beaucoup d’habitants répondaient : « je ne regardais jamais de ce côté-là ».
         Des journalistes ont posé la question à Max Brisson, Vincent Bru, Jean-René Etchegaray. Mais enfin, vous ne saviez pas que l’ETA massacrait au Pays Basque espagnol. Ils répondent « je ne regardais jamais de ce côté-là ».  

ficoba en marche


Samedi 28 avril 18. Réunion de en marche sur l’Europe. À l’entrée de la réunion, une cinquantaine de cheminots CGT crient « on ne lâche rien ». Nous sommes là, Gérard Oyhamberry et moi avec des lettres à Castaner.

Ma lettre est la suivante : Monsieur Castaner. Sachez, si vous ne le savez pas encore, que la République en marche a appelé à une manifestation le 9 décembre en faveur des prisonniers basques condamnés pour activités terroristes en bande armée.  Derrière une banderole « nous les voulons à la maison ». Vous étiez à cette manifestation car la République en marche avait appelé.

 L’appel à cette manifestation était signé par tous les partis syndicats et associations  qui se battent contre l’Europe, depuis les insoumis, PC, NPA, Attac, etc…Vous avez signé cet appel puisqu’il était signé la République en marche. Comment voulez-vous que nos électeurs s’y retrouvent ?

Ma question est simple : abandonnez-vous un coin du territoire national à une dérive identitaire ?

Je vous en conjure, ne laissez pas seuls les marcheurs du Pays Basque qui se battent tous les jours pour le respect des valeurs républicaines, contre les alliances avec les terroristes de l’ETA. Je vous en conjure, monsieur Castaner, ne nous laissez pas seuls.



Les dirigeants de l’abertzalisme en marche sont tous là, Philippe Buono, Loïc Corrège, Eric Huard tous nommés par le siège, plus un monsieur Europe dont le rêve est de m’envoyer en Sibérie après m’avoir écartelé et soumis au supplice de la roue. Quand ils me voient, ils n’ont qu’un souci, ma modestie dût-elle en souffrir : me faire taire.

Le maire d’Hendaye, un abertzale-socialiste ardent, parle de la rencontre de Cambo, la rencontre qui vise à amnistier l’ETA. Je crie que cette rencontre est une honte ! Honte ? Je répète. Loïc Corrège s’approche. S’il te plaît. Tu arrêtes. Le monsieur Europe commande le train pour la Sibérie. Il fait tourner la gégène. Quand plus tard je demande à nouveau la parole, il fait signe à la porteuse de micro de ne pas donner le micro. Trop tard, elle était trop près, j’ai déjà le micro et je parle. Je demande à la table ronde ‘université recherche’ que la République en marche prenne l’initiative d’un manuel d’histoire commun au Pays Basque espagnol et au Pays Basque français. La mémoire et l’histoire pourront peut-être tempérer les ardeurs qui portent nos politiques vers les patriotes meurtriers et leurs complices.

François Bayrou prend la parole. Nous apprenons qu’il est pro-européen. Puis Richard Castaner fait un bon discours électoral. Il ne se sait pas que le Pays Basque français est en train de lui glisser entre les doigts, que ses représentants au Pays Basque sont les idiots utiles des abertzale et qu’ils ne lui en sont pas reconnaissants, puisqu’aucun n’est là. Vincent Bru astique la hache, Jean-René Etchegaray creuse un trou, Max Brisson enterre les victimes du terrorisme. Ils seront tous à Cambo le 4 mai pour l’enterrement de l’ETA.

À la fin du discours de Christophe Castaner, Gérard et moi nous lui remettons chacun notre lettre. En deux mots, dans la cohue, nous expliquons que la République en marche du Pays Basque vire identitaire. Il nous renvoie vers le responsable des territoires à qui nous remettons une copie de nos lettres. Il nous promet de nous répondre. Il ne connaît pas le problème. Ou bien il mène en bateau, ce qui n’est pas impossible, ou bien il ne connaît pas le problème basque, c’est signe d’incompétence grave.

Personnellement, je crois sans preuve, que la République en marche a abandonné les Pyrénées Atlantiques à Bayrou, que Bayrou a abandonné le Pays Basque à Vincent Bru et que Vincent Bru a abandonné son âme au diable.

vendredi 27 avril 2018

l'enterrement le plus long


Le Canard enchaîné du 25 avril 20 18  a identifié dans WorldFactbook , dernière édition, édité par la CIA, une entrée sur l’ETA, « organisation terroriste marxiste qui vise à l’indépendance du Pays Basque ».

J’ai vérifié dans Worldfactbook, l’information est vraie.

On peut s’étonner de cette information qui paraît le jour où ETA va annoncer à nouveau la disparition de l’effacement de son absence et la dissolution de sa démobilisation de son abandon.

Je ne vois qu’une explication à cette étrangeté. Le correspondant de la CIA en France a enquêté auprès du président de la communauté d’agglo présidé par JR Etchegaray qui l’a renvoyé à TXETX qui l’a renvoyé à Otegi. Et effectivement, tous ces informateurs lui ont confirmé qu’ils préparaient un enterrement festif de l’ETA auprès duquel les enterrements des mafieux mexicains paraîtraient assez pauvres. Quand l’honorable correspondant a remarqué que l’ETA avait disparu du paysage depuis longtemps, les informateurs leur ont répondu qu’un mort mort est toujours mort et que ce n’est pas parce qu’on est mort depuis longtemps qu’on n’a pas le droit à un bel enterrement.

         Donc l’ETA n’est pas encore enterrée ? Non, puisque qu’ils préparent son enterrement, dans les jardins de l’Arnaga, dans les jours qui viennent.

         Résultat : cette entrée bizarre dans le livre de la CIA.
         Pour l’édition de 2019, signalons que Txetx, Etchgaray, Brisson et Bru, tous élus du Pays Basque organisent tous les ans à Pâques un jeu qui consiste à retrouver dans les jardins des explosifs, des fusils, des armes de poing, des cartouches qui ont été cachés par des clowns cagoulés.

jeudi 26 avril 2018

l'imposture craque


Tu peux nous expliquer ?

Oui. Mais attention, mon explication est partisane, furieuse, partiale, engagée. Ce qui se passe au Pays Basque est l’histoire d’un mariage de raison entre une armée en déroute qui cherche la sortie du champ de bataille  et des élus en panne d’ambition qui cherchent la notoriété. Pas d’amour, pas de passion, pas de coup de foudre. Donnant donnant.

L’armée en déroute est l’ETA dont les objectifs servent de compost aux jardiniers de l’histoire. Ils voulaient un Pays Basque réunifié, indépendant et socialiste. La victoire était au bout du fusil. Le Pays Basque n’est ni réunifié, ni indépendant ni socialiste et les fusils rouillent dans les poubelles. La société basque espagnole a massivement rejeté leurs actions, leurs objectifs. L’efficacité des polices française et espagnole a réduit l’ETA à une poignée d’encagoulés. Une armée défaite, dont les soldats sont emprisonnés, ou traînent sur les champs de bataille sans armes, sans uniforme, à la recherche d’une issue la moins honteuse possible.

Cette armée défaite a rencontré des élus du côté basque français qui s’ennuyaient. Élus socialistes ou LR, Modem ou UDI, ils avaient en commun de s’affirmer comme des élus du territoire. Ils ne disaient rien sur les grandes questions nationales. L’économie, la sécurité, l’éducation, l’Europe, le monde, leur faisaient peur. On ne sait pas très bien quels courants ils soutenaient dans leur parti, quelle personnalité  les attirait. Ils inauguraient des foires au jambon et des ikastolas. La vie politique était maigre et sans saveur.  

Les demi-soldes et leurs amis leur ont proposé un contrat de mariage simple. Vous acceptez l’idée que nous ne sommes pas vaincus, que la guerre n’est pas terminée. C’est facile chez vous parce que vous n’avez pas connu la guerre. Chez nous c’est plus compliqué.

         Vous n’avez pas connu la guerre, vous ne savez pas ce que c’est. Inventez-la, dites qu’elle est vraie, qu’elle n’est pas terminée, qu’il y a encore des prisonniers de guerre, des arsenaux dangereux. Qu’il faut déterrer les armes, qu’il faut libérer les prisonniers, qu’il faut battre le fer quand il est froid. Vous nous offrez la sortie du conflit avec honneur, avec salut au drapeau, clairons et trompettes, une dernière manif à Montparnasse et un monument aux morts sur une place de Bayonne. En échange, nous vous accordons le statut de faiseurs de paix, nous vous donnons la médaille de Grand Pacificateur, Mandela du Pays Basque, Mendès-France de la Tunisie, George Mitchell de l’Irlande du Nord, Schindler des camps, Raoul Nordling de la bataille de Paris.

Banco. Ils ne se sentent plus. Une guerre d’opérette, mais avec de beaux discours et des drapeaux. On s’y croirait. Les ailes leur ont poussé et ils sont devenus les anges de la paix. L’enthousiasme était tel que la société basque française friande de spectacle a participé sans retenue à cette opération de blanchiment de la terreur.

Tous ? Non. Certains proposaient, sans effet aucun, que quelqu’un quelque part se lève  pour dire « je ne suis pas d’accord ». Pas d’accord avec la négociation avec une organisation terroriste. Pas d’accord avec la construction d’une avenue des Champs-Élysées pour ceux qui ont maintenu le Pays Basque espagnol dans la terreur. Pas d’accord avec un Arc de Triomphe décoré de croix gammée ou de son équivalent basque. On leur répondait qu’elles étaient seules, que personne ne les écoutait, qu’il fallait laisser passer la vague.

Puis cette horreur sculptée qui fit hurler. D’abord les associations de victimes, puis des citoyens du Pays Basque français. Et désormais, les grands falsificateurs doivent se justifier. Ils déterrent, ils enterrent la hache. Ils essaient de faire venir du Pays Basque espagnol d’autres personnes que les amis de l’ETA. Rien ne vient. Ceux qui ont connu la vraie guerre n’apprécient guère qu’on danse dans les cimetières.

Il y a des impostures qui durent, d’autres qui sombrent. Cette imposture-là est en train de se fracasser.

lundi 23 avril 2018

le conflit de canard


L’éternelle fin du conflit de canard



Préparer des cuisses de canard. Saler et laisser au frais pendant huit ans.

Graisser les cuisses soigneusement avant de les enterrer.

Déterrer le conflit après l’avoir dégraissé.

Mettre à cuire pendant quinze mois.

Conserver dans un bocal plein de graisse une année.

Annoncer que vous renoncez à consommer des canards.

Dites que vous ne ferez plus jamais de conflit de canard.

Que cette décision est définitive.

Quand il ne reste plus de conflit de canard, dire que le bocal est plein.

Bien que le bocal soit vide, faire croire qu’il reste du conflit de canard.

Annoncer que le bocal vide va se vider à nouveau.

Offrir le bocal vide. Annoncer qu’il va se vider.

Annoncer une grande fête pour la fin du conflit de canard.

Terminer l’absence de  conflit de canard en famille.

Vider le bocal vide et déclarer qu’il est vide.

Désemplir le bocal vide.

dimanche 22 avril 2018

ils apprennent à marcher


Question : l’ETA a cessé le feu en 2011. Depuis huit ans, ils n’ont tué personne, ont enterré leurs armes, se sont dispersés dans la nature. Huit ans, c’est long. Qu’est-ce qu’ils ont fait pendant huit ans ?

Voici la réponse. Ils ont préparé leur communiqué, où ils demandent pardon, mais pas à tout le monde, disent qu’ils n’auraient pas dû, mais que c’était nécessaire. Chaque mot a été pesé, chaque phrase longuement discutée.

Je prends cette phrase de leur communiqué au hasard : « nous comprenons que de nombreuses personnes considèrent et affirment que notre action a été inacceptable et injuste et nous le respectons, car on ne peut forcer personne à dire ce qu’il ne pense ou ne sent pas ». Il faut des années de discussion pour rédiger une telle phrase.

En voici une autre : « pour beaucoup d’autres, les actions menées conjointement par les forces de l’État et celles de la communauté autonome sont totalement injustes et ces personnes non plus ne méritent pas d’être humiliées ». Encore des années et des années de réunions jusqu’au petit matin.

C’est tout le communiqué qu’il faudrait citer pour montrer qu’en fait, huit ans, c’est très court pour rédiger un tel texte où tout est tiré au cordeau, ou tout est soigneusement pesé, dans une clarté lumineuse.

Ne leur jetons pas la pierre. Pendant longtemps, le plus court chemin d’une idée à une autre était une balle dans la nuque. Il a fallu réapprendre à penser. Ça prend du temps.

eta finie


Lundi prochain, dans un hôtel de Bayonne, l’ETA tiendra une conférence de presse où elle déclarera sa dissolution. Jean-René Etchagarray,  lehendakari et maire affirmé de la capitale du Pays Basque français, sera présent, ainsi que des personnalités internationales.

À l’heure où j’écris, le lehendakari du Pays Basque espagnol ne sera pas présent, ni aucune des associations de victimes (AVT, COVITE…).

On aurait pu espérer que l’ETA disparaisse et demande pardon courageusement là où sont ses victimes, ses cimetières et ses tombes, elle a préféré l’environnement plus accueillant des lieux où sa terreur été blanchie et sa hache célébrée.

Selon les mots de La porte-parole de la commission européenne Margaritis Schinas,  cette décision marque le « triomphe de l’état de droit, tant en Espagne qu’en Europe. …Une Union dans laquelle il n’y a pas de place pour le terrorisme ».

samedi 21 avril 2018

ils ont perdu


Ils ont perdu !



En demandant pardon, l’ETA reconnaît que ses 829 victimes sont mortes pour rien (Laurent Joffrin libération du 20 avril 2018). Que les etarras sont morts pour rien ; qu’ils ont perdu des centaines d’années en prison pour rien.  C’est pourquoi demander pardon est si difficile. Le pardon remet en cause l’engagement de toute une vie. Et à partir de là, il ne reste plus aux acteurs de la terreur qu’à à disparaître, à se taire. À constater que les mouvements non violents pour l’autonomie ou l’indépendance, comme en Ecosse, au Québec, en Catalogne, obtiennent de meilleurs résultats. Que les meurtres des etarras ont fait reculer leur cause, ont terni leurs ambitions, n’en finissent plus de peser sur toutes les revendications nationales, mêmes les plus paisibles. Et encore aujourd’hui, au Pays Basque, les nationalistes s’épuisent à gérer les conséquences d’un engagement mafieux, les prisonniers, les victimes, les blessures. Ils frissonnent quand Aramburu décrit la société de la terreur qu’ils ont construite. Ils supportent mal les manifestations de victimes, les livres d’histoire de leurs forfaits, les films qui les fustigent, et pire que tout, les repentis qui racontent leurs crimes. Ils préfèrent de beaucoup les fêtes à la sortie des prisons, les manifestations pour le rapprochement des prisonniers, les récits des tortures et des brutalités policières, toutes manifestations qui sont leur méthadone et leur subutex. Tout plutôt que de demander pardon.

C’est pourquoi il ne faut pas mégoter. L’ETA a demandé pardon et ce pardon va engloutir les nuances et les réticences. Ce pardon signifie « nous nous sommes battus pour rien, nous avons tué pour rien, nous sommes morts pour rien ». EPPK l’a bien compris qui a rompu toute relation avec ETA justement pour cette raison.

Quand la société de blanchissage Txetx and C° a négocié avec l’ETA la comédie du désarmement, l’ETA a bien pris soin de préciser, et Txetx et ses blanchisseurs ont accepté, que la remise des armes n’était pas une reddition, n’était pas un regret des actions passées. Mais bien sûr ont répondu Txetx, c’est juste une manière de sortir de votre bourbier la tête haute et la nuque raide. L’horreur est sauve. Voici du savon pour nettoyer le sang. Et si vous êtes sages, nous vous promettons une belle statue avec une hache toute propre, nettoyée de vos massacres.

L’engagement terroriste agit comme une drogue et les produits de substitution ne sont guère efficaces. Comment se faire passer pour un martyr si on regrette les meurtres commis ? On connaît au Pays Basque des anciens terroristes qui écrivent des livres, qui décrivent l’enfer de la prison, qui se présentent comme des victimes. Mais ceux-là n’ont jamais demandé pardon. Gaby Mouesca, condamné pour l’assassinat d’un gendarme, n’a jamais demandé pardon. Il écrit un livre qui s’intitule la nuque raide. Demander pardon, c’est s’incliner devant les victimes. Pas question quand on a la nuque raide. Évidemment, maintenant que l’ETA demande pardon, Gaby va se trouver dans une situation délicate. Va-t-il approuver sans suivre ? Suivre sans approuver ? Les communistes ont connu ces affres idéologiques quand leur parti a condamné le stalinisme et la dictature du prolétariat et les crimes du communisme. N’était-ce pas remettre en cause toute une vie de combat ? Vous comprenez pourquoi Gaby Mouesca, à sa sortie de prison, est allé chercher un peu de chaleur à le Fête de l’Huma, avec les siens qui n’ont jamais demandé pardon non plus.

Je peux vous déclarer ici publiquement que si les complices du goulag et des famines que nous étions, avions été ainsi accueillis, nettoyés, lessivés, pardonnés sans demander pardon, qu’est-ce qu’on aurait été heureux ! Au lieu de ces sang et lumière, la société française et occidentale n’a pas arrêté de faire l’histoire des crimes du communisme, nous a accusés de complicité et résultat, le PC se trouve à 1,5% aux élections. Remarquez, c’est trois fois plus que les FARC. Mais quand même vous voyez la difficulté.

vendredi 20 avril 2018

l'ETA se dissout


L’ETA se dissout et demande pardon.



Après avoir renoncé à toute activité depuis 2011, le clown triste a retiré son masque et annonce qu’il part à la retraite. L’ETA va annoncer la disparition de son absence. Pas au Pays Basque espagnol, mais au Pays Basque français, car c’est au Nord des Pyrénées que la société a fidèlement repris ses orientations et suivi ses campagnes. En récompense, l’ETA vient sur nos terres pour son dernier spectacle.

Depuis dix-huit mois, les « artisans de la paix » et tous les partis, associations et élus du Pays Basque français ont accepté le mot d’ordre de l’ETA et de ses amis : le Pays Basque ne serait pas en paix tant qu’il y aurait des armes et des prisonniers. Il reste la moitié des armes et tous les prisonniers restent en prison, et pourtant, l’ETA renonce à la guerre.

Non seulement l’ETA se dissout, mais elle demande pardon pour le mal et les souffrances qu’elle a causés. Quand nous demandions ce geste dans les réunions des « artisans de la paix », on nous répondait « il y a des souffrances et des victimes des deux côtés ».  Puis l’ETA demande pardon pour les victimes et les souffrances sans reprendre l’expression « des deux côtés ».

Les Dr Knock qui nous ont persuadés que nous étions en guerre vont nous persuader maintenant que la paix est le résultat de leurs gesticulations.

Pour résister aux miasmes d’une raison endormie, je vous suggère de prendre l’air et de réfléchir aux éléments suivants.

La dissolution de l’ETA est due à la résistance d’abord de l’Espagne et du Pays Basque espagnol et des manifestations pour la paix quand ce terme avait un sens. Elle est due aussi à l’activité conjointe des polices espagnole et française dont le résultat est qu’il y a dix fois plus d’etarras en prison qu’en cavale. Pendant tout ce temps, le Pays Basque français fixait ses espadrilles.

L’ETA et ses amis avait un problème : comment transformer une défaite militaire en victoire politique ? Impossible au sud où les blessures sont à vif. Au Nord, qui était en paix depuis longtemps, il fut possible d’organiser un spectacle sang et lumière.

Quelques rares personnes dénoncèrent l’opération de blanchiment de la terreur. Peu nombreuses, mais déterminées. Leurs messages circulaient sur les réseaux sociaux, parfois repris, parfois partagés. Elles ont manifesté contre l’installation de la sculpture de la honte, ont gâché la fête des amis de l’ETA, ont lancé une pétition qui a recueilli plus de mille signatures.

Des amis me disent que cette campagne n’a plus raison d’être. Ils se trompent.

Vous connaissez EPPK ? C’est l’association qui regroupe les prisonniers basques condamnés pour activités terroristes en bande armée. En janvier, cette association a déclaré qu’elle coupait toute relation avec l’ETA. Nouvelle surprenante. Dans un très long texte alambiqué, EPPK disait qu’il n’était pas question pour elle de se repentir, de demander pardon. Elle acceptait des démarches individuelles de repentir sans les condamner, mais collectivement, non. L’explication de cette rupture vient aujourd’hui. L’ETA allait demander pardon, mais EPPK ne suivrait pas.

Donc, connaissant la propension de nos élus à courber l’échine devant les patriotes les plus radicaux, on peut craindre qu’ils se mettent dans les pas d’EPPK, qu’ils se fassent l’écho de leur refus, qu’ils évoquent à nouveau les « victimes des deux côtés », et qu’ils refusent le dialogue avec les associations de victimes des régions basques où il y en eut beaucoup.

On peut s’attendre à tout de la part de personnes qui ont manifesté derrière une banderole « nous les voulons à la maison », s’agissant de terroristes condamnés. De la part de personnes qui entouraient la hache, symbole de l’ETA, accompagnés d’Otegi et d’autres terroristes condamnés.

Alors à mes amis qui disent que cette campagne n’a plus de raison d’être, je leur dis amicalement le Pays Basque français n’est pas du tout à l’abri des replis identitaires qui risquent de détruire l’Europe.

mardi 17 avril 2018

non à la hache


Non à la hache !

Les « artisans de la paix », la municipalité de Bayonne, le député Bru et le sénateur Brisson, le président Etchegarray, ont osé. Ils ont installé au milieu de la ville de Bayonne une statue qui représente une hache, une énorme hache métallique, une hache qui a brutalement divisé le Pays Basque, qui a indigné des citoyens français. Ils ont osé. Ils étaient là pour la photo de famille avec le chef de la hache, Otegi. Dire qu’ils étaient fiers et souriants, ce serait exagéré. Ils semblaient mal à l’aise. On lisait sur les visages, sauf celui d’Otegi, qui souriait de toutes ses dents, « on est en train de faire une connerie ».

D’ailleurs, dès le lendemain, la hache avait disparu. Comme un divorce après le ratage d’une première nuit de noces.

Je veux les rassurer, tous ces inquiets. La hache n’est pas une bêtise, n’est pas une erreur, n’est pas trop tôt ou trop tard. Elle est le symbole certes odieux, de la politique qu’ils mènent depuis plus d’un an. Car tous ces gens, depuis plus d’un an ont négocié avec les porteurs de hache. Ils ont offert poliment aux porteurs de hache de déterrer leur instrument de mort et en échange, de transformer des bourreaux en bûcherons.

Quand se défont des entreprises meurtrières, en général, on en détruit les symboles. Partout on a fondu les croix gammées, on a concassé la faucille et le marteau. Au Pays Basque français, on érige le symbole de la terreur en sculpture, avec vernissage et discours.

Dans cette portion d’un territoire qui a connu les dégâts de la hache, l’indignation est grande. Je souhaite que du côté basque français, cette indignation soit comprise, soit partagée, soit reprise.
Par tous les moyens dont nous disposons, la pétition (sur le site https://chn.ge/2IRaEEe). Par des lettres à la presse française et espagnole. Par des messages à vos élus, dites, non à la hache, dites qu’elle n’est pas installée ici en votre nom. Dites qu’un instrument de torture ne peut pas accueillir les touristes, dites que vous voulez respecter la douleur des victimes de l’ETA.