jeudi 23 mars 2017

deux numéros


Voici deux numéros de téléphone que les « faiseurs de paix » pourraient utilement communiquer à leur interlocuteurs de l’ETA :

1. Le 17 (police) pour communiquer les lieux où subsistent  des caches d’armes.


2. Le 01 40 41 46 46 l‘AFP) pour déclarer que l’ETA se dissout, qu’elle n’existe plus et que quiconque parle désormais en son nom est un mythomane.

boulevard


Rémi Lefebvre, libé 22 mars 2017. Les primaires ont révélé des orientations politiques. À gauche, on a intériorisé la défaite et choisi la tribune plutôt que le gouvernement. À droite, l’alternance n’était pas un projet, mais une revanche. D’où ce Boulevard pour Macron.

mardi 21 mars 2017

HM


Benoît Hamon a les larmes aux yeux en faisant l’éloge funèbre d’un ancien de la banque Rothschild condamné pour malversations financières.

Il invective un ancien de la banque Rothschild qui n’a jamais été condamné.  

Les sentiments ça ne se commande pas.

lundi 20 mars 2017

après le débat




Tout le monde pense que c’est un débat pour rien. Je ne suis pas d’accord. Il a révélé les choix qui s’ouvrent à nous.

Si vous pensez que la situation est révolutionnaire, qu’il faut renverser la table, qu’il vaut mieux une insoumission rebelle qu’une réforme durable, si vous avez frondé pendant les cinq ans du gouvernement Hollande, si vous avez manifesté contre la loi El Khomri,  alors le débat d’hier soir a tranché : il vaut mieux voter Mélenchon que Hamon. Comme héritier de l’impuissance du PCF de Marchais, Mélenchon s’impose sans conteste.

Si vous pensez que la solution à tous vos problèmes est la fermeture des frontières, si vous avez la nostalgie du clocher de votre village, des blouses grises qui s’inclinaient devant le châtelain, si vous êtes orphelin du récit national et de viens poupoule viens, alors le débat d’hier soi a tranché, il vaut mieux voter Marine Le Pen que François Fillon. Comme héritière des heures les plus sombres de notre histoire, de la France de la peur et de la haine, elle s’impose évidemment.

Un seul candidat a été capable de dire qu’il était parfois d’accord avec Fillon sur tel aspect, avec Hamon sur tel autre, avec Mélenchon sur un autre point. Cette manière de combler les tranchées, de rassembler ce qui peut l’être, c’est sa marque de fabrique. C’est évidemment plus compliqué à entendre, puisqu’il écarte les solutions simples et les slogans vides. Mais c’est bien une autre manière de faire de la politique. J’ai apprécié les hésitations d’Emmanuel Macron, son absence de ton péremptoire, ses colères contre les simplifications frontistes.

À dire vrai, j’avais décidé de voter pour Macron avant le débat, donc ceux qui pensent que le débat n’a rien changé n’ont peut-être pas tout à fait tort.




droit de sacristie

À quoi reconnaît-on le militant FN ? Très simple. Un militant FN demandera la déchéance de la nationalité pour un imam pédophile  alors qu’il ira manifester contre le mariage homosexuel avec des évêques qui ont protégé des violeurs d’enfants de chœur.

nous sommes chez nous


Mediabask : les « partis basques » sont favorables à l’opération prévue le 8 avril par les auxiliaires des bourreaux de l’ETA. Les partis basques sont Bildu, Sortu, Otegi, EH baï… Le Parti populaire, le PSOE, qui ont pris position contre l’opération, qui demandent que les armes soient remises à la police, ne sont pas des partis basques, ce sont donc des partis étrangers.

LR et le PS qui ne se sont pas encore exprimés sur le 8 avril sont en attente de leur naturalisation.

samedi 18 mars 2017

combien sont-ils


Quand j’étais militant communiste, le nombre de manifestants était décidé la veille de la manifestation et quand la presse bourgeoise et la police au service du grand capital donnaient un autre chiffre, ils confirmaient ainsi leur rôle de presse bourgeoise et de police au service du grand capital.

Depuis, nous nous sommes habitués. Cent mille selon les organisateurs, vingt mille selon la police. Si nous sommes pour la manif, nous acceptons cent mille, si nous sommes contre, nous disons vingt mille. Les journalistes donnent les deux chiffres. C’est une situation curieuse. Nous savons, et les journalistes aussi, que le chiffre de la police est fiable. Et pourtant, le présentateur se réfugie dans une impossible neutralité. Comme si après une tempête, le vent avait soufflé à cent vingt km heure selon les organisateurs de la tempête, et à quatre-vingt km heures selon les météorologistes.

Avez-vous remarqué que pendant la campagne électorale, les journalistes donnent uniquement le chiffre des organisateurs ? Au Trocadéro, pour Fillon, deux cent mille, la police a disparu. À la République, pour Mélenchon, cent vingt mille, la police a disparu.

On reconnaît l’ouverture d’une campagne électorale à l’absence du comptage policier.




courageux élus


Le monde 18 mars 2017. Michel Veunac, maire Modem de Biarritz regrette que depuis l’abandon de la lutte armée par l’ETA, les états français et espagnol aient « refusé de s’engager dans la voie du désarmement ». « Ils doivent sortir de leur inertie ». « Nous leur avons écrit, ils n’ont pas répondu, c’est méprisant ». Pour Jean-René Etchegaray, président UDI de la communauté d’agglo du Pays Basque, (CAPB, nouveau nom de l’EPCI), si les États ne font rien, ce sera à la société civile de « reprendre la main ». Nous vivons dans ce conflit depuis des décennies, c’est insupportable. Frédérique Espagnac, sénatrice socialiste salue l’engagement des gens de la société civile dans le processus de restitution des armes car cela « oblige Paris à regarder les choses sous un autre angle ». Sylviane Alaux députée socialiste, « déplore l’attitude du gouvernement ».

Une organisation terroriste en fin de course cherche à qui léguer son arsenal et c’est aux gouvernements français et espagnols « de s’engager dans la voie du désarmement ». Comprenne qui pourra.

Aucun de ces courageux élus n’a été contraint de se déplacer sous la protection de gardes du corps, aucun de ces courageux élus n’a jamais envoyé de lettre pour demander à l’ETA de cesser ses assassinats, aucun de ces courageux élus n’a participé aux manifestations dans le Pays Basque espagnol sous la banderole « Basta ! » après les meurtres de conseillers municipaux espagnols. Tous ces courageux élus ont regardé les manifestations sur leur écran de télévision et n’ont pas eu un geste, ne parole, de solidarité à l’égard des victimes de l’ETA. D’ailleurs, pour eux les victimes des terroristes n’existent pas. Ils font référence aux FARC, à l’IRA irlandaise, mais oublient que dans tous ces pays, le processus de paix a toujours associé les victimes. Nos courageux élus participent à des Forums pour la paix sans jamais inviter les victimes de l’ETA. On les comprend, il aurait fallu les regarder en face.

Aujourd’hui, ils trouvent « insupportable » un conflit qu’ils ont observé tranquillement, à quelques kilomètres de distance, sans avoir levé le petit doigt contre les tortures, les séquestrations, les rackets, les enlèvements, les crimes.

Et aujourd’hui que la terreur s’arrête, ils déplorent, ils trouvent insupportable, ils regrettent, l’attitude de deux États qui ont avec succès agi contre la terreur, arrêté les terroristes et démantelé de multiples dépôts d’armes et obligé l’ETA à cesser le feu.

Munich basque


Le samedi 8 avril 2017, un accord négocié entre les terroristes basques et plusieurs centaines de suivants dociles de la société civile va répéter l’opération de Louhossoa. Les bourreaux vont indiquer à leurs valets les endroits où ils devront ramasser les armes qui ont servi à tuer 830 personnes et les soumis vont courageusement leur obéir. Le président de la CAPB (communauté d’agglo du Pays Basque) annonce « qu’il prendra ses responsabilités » parce que les élus « doivent être solidaires de la société civile ». Mardi 22 mars il demandera à la CAPB de s’incliner à son tour devant les exigences des terroristes non repentis.

Si quelques blanchisseurs se font arrêter par la police française et espagnole, qui travaillent ensemble efficacement pour éradiquer le terrorisme au Pays Basque, il y aura une grande manifestation moutonnière pour réaffirmer la Grande Soumission du Pays Basque à la terreur. Tout est écrit d’avance.

Ceux qui ont détourné les yeux des assassinats du Pays Basque espagnol pour préserver la tranquillité du Pays Basque français vont manifester courageusement pour un désarmement qui se fait sans eux.

Pendant ce temps, au Pays Basque espagnol, qui a été aux premières lignes du terrorisme de l’ETA, le Parti populaire et le Parti socialiste gardent la même position de principe : pour le rapprochement des prisonniers ou l’amnistie, l’ETA doit respecter cinq conditions : se dissoudre, rendre les armes, manifester son repentir, demander pardon aux victimes et dédommager le mal causé ». Leurs collègues socialistes et LR du Pays Basque français dénoncent cette position comme le « silence assourdissant » des  gouvernements français et espagnols.

On les appelle des faiseurs de paix. C’est ainsi qu’on nomma Chamberlain et Daladier après Munich. Des faiseurs de paix.






vendredi 17 mars 2017

forum pour la paix?


Aujourd’hui s’ouvre à Biarritz un « Forum pour la paix ». Le Pays Basque serait-il en guerre ?

Il ne semble pas. L’ETA a cessé le feu depuis cinq ans. Il reste de ce temps quelques prisonniers, leurs victimes qui se soignent, les familles des victimes qui pleurent, des dépôts d’armes et quelques dizaines d’etarras qui hibernent dans les Pyrénées. Pas d’attentat terroriste de l’ETA, pas d’explosion, les soldats et les policiers qui déambulent dans les rues nous protègent des attentats islamistes, Alors que veut dire ce curieux « Forum pour la paix » ?

On aurait compris un « Forum pour la paix » quand le Pays Basque était vraiment en guerre, que l’ETA tuait des policiers, des gendarmes, des élus, des intellectuels, des chanteurs, que les élus devaient se promener avec des gardes du corps. Alors, oui, à ce moment-là, on aurait compris un Forum pour la paix. Mais à ce moment-là, il n’y a pas eu de Forum pour la paix. Pourtant, la société basque espagnole aurait apprécié une certaine solidarité du Pays Basque nord. Elle n’est pas venue.

Ce Forum pour la paix exprime peut-être une certaine honte de s’être tu quand c’était nécessaire ? Pas du tout. Ce Forum pour la paix est organisé pour que les etarras qui graissent encore quelques pétoires rouillées dans les vallées d’Aspe puissent rendre les armes  qui ont servi à assassiner Yoyès, Blanco et huit cent trente autres victimes. Toux ceux qui se sont tus hier quand on assassinait vont se réunir au Casino de Biarritz pour faire croire qu’ils vont contribuer à la paix, pour effacer leur impardonnable silence d’antan.

Ce Forum pour la paix a une fonction, et une seule : accorder une certaine légitimité aux crimes de l’ETA, affirmer qu’il faut traiter avec respect ceux qui tué, kidnappé, torturé, éliminé, leurs adversaires et les transformer en « prisonniers politiques ». Il faut dialoguer avec eux par l’intermédiaire d’un « Forum pour la paix » où aucune victime de leur guerre ne sera présente.

En ce sens, ce « Forum pour la paix » est l’écho du silence d’hier. Quand il fallait parler, le Pays Basque français s’est tu. Il se met à parler quand il devrait se taire.