Dimanche 21 janvier. Anniversaire de la mort de Louis XVI. À l’église
Saint-Martin, les prêtres de Mgr Aillet, évêque de Bayonne, invitent à prier
pour le martyre du roi et pour les victimes de la terreur révolutionnaire. À la
sortie les scouts d’Europe distribuent leur littérature. Deux mouvements politiques
se battent au Pays Basque contre le jacobinisme et la République : les
intégristes catholiques et les abertzale.
après avoir donné de mauvais exemples, voici venir l'âge des bons conseils.
dimanche 21 janvier 2018
samedi 20 janvier 2018
sous la plage le monstre
Laurent Ortiz, conseiller municipal élu sur la liste « esprit Biarritz »
a démissionné de son groupe. Deux raisons sont avancées. La première concerne
les projets de réaménagement de la plage Marbella. La seconde, le soutien aux
artisans de la paix qui manifestent pour les prisonniers basques condamnés pour
activités terroristes en bande armée. Laurent
Ortiz n’est plus d’accord avec son chef de file, Guy Lafite, sur ces deux
points. Il est contre le projet de Marbella et contre le non-soutien de Guy
Lafite aux artisans de la paix.
Y-a-t-il un lien entre ces deux points ? Oui. Clair, aveuglant. C’est
mon ami Laurent qui trace la ligne entre ces deux points, comme dans ces jeux d’été
où le crayon révèle le dessin d’un monstre endormi. Je n’ai aucune compétence
et aucune information qui me permette de donner un avis sur Marbella. J’ai
entendu des conversations, lu quelques articles, parcouru quelques commentaires.
J’ai entendu une musique familière. Marbella est la seule plage où se
réunissent les vrais Biarrots, les surfeurs authentiques. Il faut protéger
Marbella contre les dérives des autres plages, qui sont désormais terrain de
jeu pour touristes. Personne ne le dit comme ça et pourtant je l’ai entendu. Si
je suis tout seul à avoir entendu cette musique, si j’ai entendu des voix, j’irai
consulter.
Sur le deuxième point, je n’avais jamais entendu mon ami Laurent évoquer
les artisans de la paix. Et puis en réponse à mon étonnement exprimé sur la
toile concernant un vote unanime du Conseil d’agglo du Pays Basque,(CAPB),
Laurent me répond qu’il a effectivement voté l’appel à manifester le 9 décembre
pour les prisonniers basques condamnés pour activités terroristes en bande
armée. Il est pour la paix au Pays Basque. Depuis, on s’est appelé, il m’a dit
qu’il me rappellerait pour qu’on discute du processus de paix. Mais la
discussion n’aura pas lieu.
Le nombre de gens qui réagissent à mes opinions sur le repli identitaire au
Pays Basque en disant « il faut qu’on en discute », dépasse la
centaine. Il faut qu’on en discute mais on n’en discutera pas. On n’en discute
pas plus que ma mère peut être objet de discussion politique, ni mes enfants,
ni le goût du bouillon de mon enfance. Entre la justice et ma mère, disait
Camus, je choisis ma mère. La discussion était close.
Je ne mets pas en cause ces sentiments universels, cet attachement à la
terre des ancêtres et je le comprends peut-être plus que d’autres parce que j’en
ai été privé. Mais je me battrai jusqu’au bout, de toutes mes forces, contre
les forces politiques nauséabondes qui utilisent ces sentiments pour conforter
un nationalisme d’exclusion.
jardin secret
Il m’est impossible d’écrire des mots destinés à ne pas être lus. Si j’écris
des mots pour ne pas être lu, autant ne pas les écrire, car c’est la seule
manière de ne jamais être lu. L’assurance de ne pas avoir de vie est l’avortement
ou la contraception. Sinon, vous risquez la vie et c’est un grand risque. De même,
dès que vous tracez des mots sur une feuille de papier, sur un écran d’ordinateur,
quelqu’un quelque part peut les lire et en retour, vous demander des comptes. En
ce sens, facebook a mis fin à l’hypocrisie
du journal secret, celui que vous gardez précieusement sous clé au fond du
placard, en priant mon dieu que personne ne le découvre, mais intérieurement,
vous imaginez le premier lecteur découvrir le carnet cadenassé. Combien de
querelles de familles se sont joués autour de mots cachés destinés à être lus,
mais pas vraiment. La grande sœur découvre son journal, le jeune frère lui
court après pour lui arracher des mains, c’est un journal secret, les colères
sont grandes, tu l’as pas le droit.
Existe-t-il des mots vraiment secrets, que personne d’autre que le scripteur
n’a jamais lu ou ne lira jamais ? Stupide question. S’ils existent, c’est
qu’ils ne sont plus secrets, abruti.
jeudi 18 janvier 2018
solution finale?
France inter 19 janvier
18. Des voyageurs qui n’en peuvent plus des drogués et des sdf dans le métro.
C’est effectivement
insupportable. Mais on ne peut pas supprimer les drogues. Quelles sont les
solutions ? Dans certains pays, on élimine les usagers. Impossible chez
nous. Donc s’il est impossible de supprimer les drogues et de supprimer les
usagers, il ne reste plus que les centres d’accueil, les lieux de consommation,
les logements d’urgence.
Mais on ne peut pas à
la fois hurler contre la présence des drogués dans le métro ou dans la ville et
hurler contre l’ouverture d’un centre d’accueil et de consommation. Parce qu’alors,
il ne reste plus qu’une absence de solution.
mercredi 17 janvier 2018
mise en scène
Dites-moi un
nom, un parti, une association, un élu, qui ne soutienne pas les artisans de la
paix. On entend ici et là chuchoter… mais un désaccord public ? Personne.
Personne ? Si, le lehendakari du Pays Basque espagnol.
En réponse à l’invitation pressante de Jean-René Etchegarray, il a répondu « je n’irai pas à la manifestation.
Comprenez-moi : les morts
sont de notre côté ».
Au Nord,
tout le monde applaudit. Au Sud, on entend les acclamations des abertzale
radicaux, d’Otegi, de Sortu, qui citent le Pays Basque français en exemple. Et puis
cette gifle, le Lehendakari qui refuse, qui dit « les morts
sont de notre côté ».
Pour l’ETA,
la question était urgente. Comment justifier la
terreur, les mille morts, les milliers d’années de prison, sans avoir obtenu
rien d’autre que ce que le Quebec, l’Ecosse et la Catalogne ont obtenu sans
verser une goutte de sang ? On pourrait imaginer un
cessez-le-feu définitif, une demande de pardon, et puis le silence. Mais ce serait
reconnaître l’indicible : ils sont morts et ils tué tué pour rien. Comment sortir de ce
guêpier ? Que leur
reste-t-il ? Des caches d’armes et des prisonniers. Suffisant pour organiser un
grand spectacle. Pour transformer ensuite les prisonniers en « prisonniers politiques » dont il faut demander
la libération pour que la guerre soit vraiment terminée. Un spectacle son et
lumière, un Puy du Fou patriote avec participation bénévole de la population
locale et jeux de piste dans la campagne.
Un tel scénario est possible au Nord.
Impossible au Sud parce que le roman d’Aramburu, Patria, qui parle des années de plomb y est un immense succès de
librairie. Parce que les associations de
victimes sont actives, préparent un centre à la mémoire des victimes du terrorisme.
« Parce
que les morts sont de leur côté ». Parce qu’au Sud on ne
demande pas le rapprochement des victimes, les cimetières sont si proches qu’on
peut s’y rendre à pied.
Au Nord, c’est possible, parce que personne ne lit Aramburu, personne
ne connaît les associations de victimes, le mémorial aux victimes du
terrorisme. C’est possible parce que pendant les années de plomb, les Basques
du Nord n’entendaient pas l’appel du Sud. J’ai participé à une manifestation à
Vittoria après l’assassinat de Miguel Blanco. Avec des élus de Biarritz et leur
écharpe tricolore. Le maire de Vitoria est venu nous saluer : bravo, enfin, depuis le temps
qu’on vous attendait. Alors œuvrer pour la paix avait un sens.
Mais ici ? Il est possible d’inventer la paix
parce que nous avons si peu connu la guerre. Au Sud, ils vivent en paix depuis
que l’ETA a cessé le feu. Les élus peuvent se promener avec leur famille sans
une dizaine de garde du corps. Il n’y a pas si longtemps ils traversaient la
Bidassoa avec le sentiment de partir en vacances, les gardes du corps restaient
à Irun et ils allaient librement prendre un café face à la mer à Hendaye. Ils
vivent en paix depuis que l’ETA a cessé le feu.
Au Nord, il
est possible de dire sans pudeur qu’il ne s’est rien passé depuis que l’ETA a
cessé le feu. Qui a inventé que la guerre continue parce que des armes
rouillent dans une cave ? Les artisans
de la paix, en négociant avec l’ETA. Qui a inventé que la guerre continue quand
les prisonniers dans leur majorité demandent pardon, s’engagent à ne plus
recourir à la lutte armée, déclarent qu’ils n’ont plus rien à voir avec l’ETA,
que ce n’est plus l’ETA qui leur guide la conduite à conduire ? Les artisans de la paix. Au Nord tous acceptent d’applaudir le spectacle des faiseurs de paix parce que
ce sont des cérémonies de l’oubli.
Oubliée la honte, le silence de
la société basque quand nos frères appelaient à l’aide. Quand ils avaient vraiment
besoin d’artisans de la paix. Quand ils manifestaient après les assassinats
monstrueux, les kidnappings d’entrepreneurs. Alors, les artisans de la paix
regardaient leurs sandales. Grâce à ce son et lumière, tout le monde pousse un
soupir de soulagement. Nous avons contribué à la paix. Grâce à nous, le Pays
Basque vit en paix. Nous pouvons oublier la honte de notre silence.
L’ETA offre à nos carabiniers une panoplie de faiseurs de paix pour
Noël, et ils vont jouer avec, visiter les prisons, déterrer des armes, faire
des discours sur la paix quand il n’y a plus de guerre.
L’effet est nul. L’ETA a cessé le feu sous la pression de l’opinion
publique au sud. Il y a dix fois plus d’etarras en prison qu’en cavale. Elle se
prépare à la dissolution. Le gouvernement examinera les dossiers au cas par
cas. La terreur de l’ETA n’a servi à rien. Le spectacle des artisans de la paix
ne sert à rien. Le Pays Basque français se condamne à vivre avec des ombres. Le
réveil risque d’être sévère.
Mais nos élus ont reçu un beau cadeau de Noël. Jean-René Etchegarray,
tous nos députés et sénateurs, tous les pacifistes de foire, ont l’enivrante
illusion d’avoir résolu le conflit israélo-palestinien.
mardi 16 janvier 2018
modestie militante
Le combat continue
D’après Mediabask 17 janvier 18, le rapprochement des
prisonniers se fera au cas par cas, selon les règles de droit. En concertation
avec les autorités espagnoles. La chancellerie souhaite rencontrer les
associations de familles de victimes d’ETA. Les auteurs de crimes de sang ne
seront pas rapprochés. Cette information est confirmée par un entretien avec
Vincent Bru dans le même journal.
Ne mettons pas cette position forte, républicaine et respectueuse d’une
société de droit, à l’actif d’un petit groupe de citoyens résistant à la vague
des artisans de la paix. Non ce serait se monter le bourrichon. Il s’agit d’une
une attitude de principe, de collaboration avec l’état espagnol (dont les
artisans de la paix dit qu’il ne fait rien) et avec les associations de
victimes (que les artisans de la paix n’ont jamais rencontrées). .
Les abertzale qui pilotent les artisans de la paix vont être évidemment
fous de rage. Ce n’est pas du tout ce qu’ils demandaient. Qu’est-ce que c’est
que cette distinction entre crimes de sang et transport d’armes, extorsions de
fonds et kidnappings ? Et puis qu’est-ce que ces actions en lien étroit
avec l’état espagnol dont ils dénonçaient l’inactivité ? Ça ne va pas du
tout. Ils vont être très en colère contre ce petit groupe de citoyens qui
inlassablement a rappelé les victimes et la terreur. Je leur déclare ici
solennellement que ce petit groupe n’a eu qu’une influence mineure, encore
qu’un caillou dans la chaussure, à force, ça fait mal.
Autre bonne excellent nouvelle : Vincent Bru annonce publiquement
qu’il va rencontrer les associations de victimes en février prochain. Il ne dit
pas, parce qu’il sait que nous sommes modestes, que cette décision a été prise
après un entretien de deux heures avec Gérard Courtois, Maurice Goldring et
Alain Robert, il ne dit pas, parce qu’il sait qu’on ne pousse pas du coude, que
ces trois citoyens engagés feront partie de cette délégation en février. Il ne
le dit pas parce qu’il sait que ça va agacer encore plus les abertzale artisans
de la paix.
Pourtant dans son entretien, il s’attarde sur une entrevue avec des
etarras : voici comment : « Ce sont des personnes très
construites intellectuellement. Leur approche est intéressante et permet de
mesurer le chemin parcouru. Ils dégagent calme, sérénité et sens des
responsabilités. Ils sont et resteront des nationalistes basques, mais ils
veulent sincèrement tourner la page de la violence au Pays Basque ».
Il aurait pu dire, dût notre modestie en souffrir, de ces trois citoyens
qu’il a longuement rencontrés : « Ce sont des personnes très
construites intellectuellement. Leur approche est intéressante et permet de
mesurer le chemin parcouru. Ils dégagent calme, sérénité et sens des
responsabilités »
Le directeur de la prison lui a confié que ces détenus étaient « très
corrects ». Alors là, ça m’a fait froid dans le dos. Des assassins très
corrects, ça me rappelle les années quarante d’un autre siècle.
Vincent Bru a rencontré des prisonniers basques condamnés pour activités
terroristes en bande armée. Ils étaient très corrects. Vincent Bru a rencontré
des citoyens préoccupés par l’oubli des victimes. Il n’en parle pas, par égard
pour leur simplicité.
dimanche 14 janvier 2018
identités
Si
vous définissez un Juif par sa langue (le yiddish) et sa religion, il n’y a
presque plus de Juifs en France. Si le vous définissez par le territoire, la
majorité des Juifs n’a pas de territoire et n’habite pas Israël. Par son
soutien au sionisme ? Minoritaire. La circoncision ? Une définition
qui exclut les femmes, et inclut la majorité des Musulmans et un grand nombre
de Nord-américains. Le sang ? Trop de mariages mixtes. Si vous définissez
un Basque par sa langue, la majorité des Basques ne la parle pas. Par son
territoire ? Il y a plus de Basques qui vivent en dehors des frontières
basques qu’à l’intérieur. Par son
soutien au nationalisme ? Il est minoritaire. Par son rhésus négatif ?
Il ne reste plus grand monde.
Il
faut donc trouver d’autres définitions. Ou plutôt admettre qu’une définition
est impossible. Toutes les définitions excluent.
Je
propose deux définitions non-excluantes :
La
première : Est Juif ou est Basque celui qui se définit comme tel. Chacun
décide et j’aimerais bien rencontrer quelqu’un qui me dise : non, tu n’es
pas basque. Au nom de quoi ? La langue, le territoire, le nationalisme ?
Le rhésus non négatif ?
La
seconde : Est Juif ou Basque celui qui se pose la question « qu’est-ce
qu’un Juif » ou « qu’est-ce qu’un Basque ». Si vous vous posez
la question « qu’est-ce qu’un Juif », vous êtes Juif. Si vous vous
posez la question « qu’est-ce qu’un Tchéchène ? » vous n’êtes ni
Juif ni Basque. Vous êtes tchétchène. La question « qu’est-ce qu’un
Irlandais » vous accorde l’identité irlandaise.
Donc,
si je me pose la question « qu’est-ce qu’un Basque ? » et que je
réponds « je suis basque », je suis deux fois basque, parce que je me
pose la question et parce que je décide de l’être.
eugene Green
Eugene
Green est écrivain et cinéaste. Il a réalisé un film en 2015 faire la parole, sur la recherche de la
langue basque par quatre jeunes bascophones qui se baladent au Pays Basque en
parlant basque.
Eugene
Green est attiré par le Pays Basque, par la langue basque, par la défense des
langues minoritaires. Il a essayé d’apprendre le basque, mais a abandonné. Trop
difficile, dit-il, dans cette salle du cinéma Atalante le samedi 13 janvier 18.
Je ne peux pas lui reprocher de faire un film sur la langue basque sans
apprendre la langue. Car le problème justement, c’est que l’apprentissage de la
langue basque n’est pas nécessaire pour parler de la langue puisque tous les
bascophones sont bilingues. Moi-même, j’ai travaillé et écrit sur l’Irlande et
sur la place du gaélique dans la société irlandaise sans avoir fait l’effort d’apprendre
le gaélique car tous les gaélophones irlandais sont bilingues. Si vous
travaillez sur le monde arabe, il est recommandé de parler l’arabe, sur le
monde anglophone, il vaut mieux parler anglais, sur le continent chinois, la
familiarité avec le mandarin et recommandé. Mais pour écrire, étudier, filmer,
le monde de la langue basque ou de la langue gaélique, il n’est pas nécessaire
de maîtriser la langue basque ou gaélique. C’est même la principale difficulté
dans la survie de ces langues, c’est qu’elles ne sont pas nécessaires. Alors
que la langue nationale des pays où ils vivent leur est indispensable dans leur
relation avec l’administration, les hôpitaux, les écoles, les entreprises.
Si
l’apprentissage d’une langue n’est pas indispensable ou utile ou agréable,
comment maintenir cette langue en vie ? Tous les jours des langues
disparaissent faute de locuteurs. C’est cette difficulté qu’affronte Eugene
Green et il s’en sort mal. Dans son film il enferme l’aspiration à une langue
dans une histoire politique dont le feu est désormais éteint et dans une
aventure folklorique.
L’histoire
politique. La langue basque a été opprimée par l’impérialisme français et
castillan. Interdite, pourchassée. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, mais les
militants linguistiques parlent toujours de la « violence jacobine »,
dans une œuvre entièrement financée par les subventions de la République
française, CNC, région, département…. Et toutes les écoles ou ces quatre jeunes
ont appris le basque ne survivent que sur fonds publics, certainement pas par
les contributions des familles.
Surmontant
les images, un poète en exil, Joseba Sarrionandia condamné
pour activités terroristes, parle d’un ton lugubre d’un petit enfant pour
lequel il est prêt à sacrifier sa vie pour qu’il apprenne le basque. Il a
surtout sacrifié la vie des autres, 830 victimes de l’ETA, (pour deux millions
d’habitants, soit l’équivalent pour la France vingt-cinq mille victimes. Il
pourrait revenir, demander pardon en basque, ça serait un encouragement
considérable à la langue. Il préfère rester en exil.
Le
film enferme la langue basque dans une communauté imaginée, sans contact avec
le monde extérieur. Le monde extérieur est hostile (ils ne nous connaissent
pas, ils ne connaissent pas notre histoire). Personne ne travaille, sauf une
journaliste bascophone dans un journal interdit qui a dû fermer. L’avenir, c’est
la construction d’un groupe de chanteurs.
La
langue peut survivre dans la mémoire d’une histoire héroïque ou guerrière, dans
la musique d’une communauté fermée, mais pour combien de temps ? Si elle
ne s’ouvre pas à d’autres horizons, son avenir est sombre.
Le
nombre de bascophones en France diminue régulièrement. Si vous voulez savoir
pourquoi, allez le film d’Eugene Green.
samedi 13 janvier 2018
ecu eusko euro
Jean-René
Etchegarray voudrait utiliser l’eusko comme monnaie co-officielle de la communauté
d’agglo du Pays Basque (CAPB). Il devrait regarder le débat présidentiel entre
Marine Le Pen et Emmanuel Macron, ce moment baroque où elle voulait ressusciter
l’ECU entre le franc et l’euro.
Rappelons
que l’ETA a toujours refusé l’eusko comme paiement de l’impôt révolutionnaire.
assassins et victimes
Victimes
et assassins
Gérard
Oyhamberri le remarque. Dans la langue abertzale, une personne abattue par le
GAL est assassinée. Une personne abattue par l’ETA est une victime. L’assassinat
est un meurtre avec intention de donner la mort. Une victime peut être tuée par
accident, sur un passage à niveau. On ne dit pas « un skieur a été
assassiné par une avalanche ». On dit, une policière a été assassinée par
un djihadiste.
Pour
prendre des exemples et afin de vous entraîner : Yoyés est victime d’une
balle perdue. Des djihadistes ont été assassinés par l’armée française. Miguel Angel
Blanco est victime d’un accident de tir. Les frères Coulibali ont été assassinés
par la police française.
Les
mots sont importants. Si les morts dues à l’ETA n’ont pas été assassinés, leurs
assassins ne sont pas des assassins. Ils doivent être jugés pour homicide par
imprudence.
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