mercredi 23 mai 2018

parcours sup


           Parcours Sup
           Il y a eu des milliers de profs du supérieur qui ont examiné les dossiers, validé, conseillé, évalué, orienté.
         Il y a eu des dizaines de  profs du supérieur qui ont signé des pétitions où ils déclaraient qu'ils n'examineraient pas les dossiers.
        Deux questions: 1. Qu'est ce qui prend le moins de temps? 2. De qui parle-t-on dans la presse?

mardi 22 mai 2018

qui est bayonnais?

   Si l'unanimité patriote fonctionne, il doit y avoir des raisons. Ce qui apparaît, c'est la volonté de se protéger. Se protéger contre quoi? Le besoin de se protéger est unanime. universel. Pour que le besoin de se protéger donne lieu à une vague électorale, il faut des dangers. s'ils n'existent pas, il faut les créer.
     Quand le pays basque espagnol était à feu et à sang, le besoin de se protéger prenait plusieurs formes. Surtout ne pas intervenir dans les tensions du Sud. Servir d'hôpital et d'hospice pour les etarras, mais pas de terrain d'entraînement. svp. Iparretarak ne n'est pas développé, à la demande conjugée de l'ETA du Sud et des responsables du Nord. N'allons pas manifester non plus contre ETA (Basta Ya!)  parce que les etarras pourraient riposter par des actions armées. Donc restons chez nous. Fermons les yeux.
     Le danger terroriste. s'éloigne. Comment maintenir le besoin de protection? En déterrant des armes, en visitant des cellules de prison, en maintenant la pression pour l'avenir qui pourrait être dangereux si on ne fait pas ça, si on fait pas ci. Ca marche.
    Mais on voit bien que le monde extérieur est dangereux. il faut protéger le pays basque français du monde extérieur. d'abord du pays basque espagnol, en refusant le dialogue anxiogène sur les victimes de l'ETA. Ensuite, les migrants, l'Europe, l'euro, tout ça. Construisons une frontière, demandons une monnaie locale qui encouragera le commerce local, l'eusko.
     Et puis les Fêtes de Bayonne draînent une population cosmopolite dangereuse. Il faut là aussi s'en protéger. Comment? en faisant payer l'entrée, comme devant une boîte de nuit. Avec des videurs pour vérifier qui porte le bracelet payant et qui ne le porte pas.
    Et s'ouvre alors une discussion tout à fait éclairante sur la dérive identitaire au pays basque français. Pour les Bayonnais, les fêtes seront gratuites. On leur donnera un bracelet sans qu'ils payent. Pour les non-Bayonnais, ce sera payant. Mais qui est Bayonnais et qui ne l'est pas? La discussion correspond fidèlement à la discussion qui a précédé la mise en place d'un EPCI. Qui est basque et qui ne l'est pas? Pourquoi Hendaye et pas Tarnos?
     Lisez la discussion sur la gratuité ou le paiement de la fête. Discussion éternelle pour savoir qui est authentiquement authentique et les distinguer des "étrangers". On n'y arrive jamais, car il y a toujours plus authentiques que les authentiques, et toujours moins authentiques que les authentiques. La famille des Bayonnais aura-t-elle droit à un bracelet gratuit? et dans quelles limites: les grands parents, les cousins, les conjoints. ceux qui travaillent à Bayonne et ceux qui ne font qu'y boire. les prisonniers basques devront-ils  payer? Est-ce que moi, qui suis le conjoint de la fille d'un pharmacien bayonnais, je devrai payer?
     Jean-René Etchegarray est dans le droit fil des ministres polonais, d'Orban en Hongrie, de la Ligue du Nord, de tous les populismes européens.
     Puisque l'on parle de protection, il me semble que c'est d'abord de lui que le Pays basque français devrait se protéger.

vendredi 18 mai 2018

plagiat


Sang et lumière

     Voyez-vous l’excitation qui s’éloigne et l’ennui qui monte ? Ils ont déterré des armes, ils ont parlé avec des terroristes, ils ont visité des prisons, ils ont manifesté pour la fin d’une guerre invisible. Montait, montait l’adrénaline. Et maintenant ? Maintenant, plus rien. Il faut réagir.

     Il faut organiser un Sang et Lumière intitulé « La Grande Lessive ». Un spectacle auquel participeraient tous les habitants, tous les élus, les enfants, les familles, les touristes.

     On verrait dans les arènes de Bayonne un groupe d’hommes cagoulés, portant des armes et des explosifs, cacher ces armes dans une grande malle, enterrer cette malle sous des feuilles mortes. Puis un groupe d’hommes et de femmes en espadrilles, vont chuchoter avec les cagoulés. Ces derniers sortent.

     Ceux qui restent se mettent à chercher. De temps en temps, ils s’adressent à la foule. Vous savez où sont les armes ? Les enfants hurlent et trépignent : sous l’arbre, cherchez sous l’arbre !  Le groupe en espadrilles s’éloigne de l’arbre. Les enfants s’égosillent, non, sous l’arbre ! Ils finissent par trouver, déterrent la malle, l’ouvrent, montrent les armes et les explosifs à la foule en délire.

     À ce moment, les cagoulés reviennent en scène, serrent les mains. Un groupe de danseurs les accueillent avec un auresku, la danse d’accueil du Pays Basque.

     Mais au moment où ils dansent, des policiers en uniforme envahissent l’arène et arrêtent les anciens cagoulés et les déterreurs d’armes. La foule les conspue. Hou, hou ! Libérez-les. Libérez-les !

     Alors, deux des comédiens, qui ont le masque de Txetx et de Jean-René Etchegaray prennent un haut-parleur et demandent à la foule : « vous voulez qu’ils aillent en prison ou qu’on les libère ? ». La foule répond en chœur : libérez-les, Libérez-les ! ». Les masques bousculent les policiers et libèrent les prisonniers. Tout le monde se lève et chante Gernikako Arbola.

     La foule s’écoule. Dans les vestiaires, les comédiens amateurs se congratulent. Puis tout se gâte. Des inspecteurs de la SACD (société des auteurs et compositeurs dramatiques) présentent leur carte et déposent une assignation pour plagiat. La comédie, disent-t-ils, a déjà été joué à Bayonne 2018 et les auteurs Txetx et Jean-René Etchegaray en ont déposé le script dans nos bureaux.

jeudi 17 mai 2018

tourmente


Politique



Trump et l’Iran. L’Italie en catastrophe. L’Europe divisée. Brexit et Pologne, Turquie et Hongrie. La Chine et la Russie. Plus le Moyen-Orient. Le ciel s’assombrit.



Au-delà de toutes les discussions sur la politique d’Emmanuel Macron, je constate que son élection a permis à mon pays d’être un solide point d’amarrage pour une régularisation des relations internationales. J’imagine Mélenchon ou Marine Le Pen dans la même tourmente…   

la hache et le parapluie


L’ETA a commencé avec l’assassinat d’un garde civil. Mémoire et Vigilance a commencé avec l’ouverture d’un parapluie.

Le symbole de l’ETA, c’est une hache. Le symbole de Mémoire et Vigilance, c’est un parapluie.

Ceux qui oublient et blanchissent, voulaient installer le symbole de l’ETA en plein milieu de la ville de Bayonne. Entourés par des anciens etarras, par des élus gênés mais pas trop.

Ceux qui ne veulent pas oublier, ceux qui veillent contre les replis identitaires ont obtenu le retrait de la hache. Simplement en ouvrant un parapluie.

Jean-René Etchegaray, Lehendakari le Petit, et ses amis, sont maintenant très agacés. Ils ne peuvent plus hisser la hache à hauteur des yeux des passants. Qu’est-ce que c’est ? demanderont les touristes. C’est le symbole de l’ETA. C’est comme s’ils disaient milesker ETA. Comme s’ils plantaient le drapeau du Djihad.

Mais enterrer la hache, c’est donner raison à Mémoire et Vigilance. Alors que reste-t-il comme solution ? Enterrer la hache à moitié ? Offrir la sculpture au musée de la terreur? La donner à Otegi comme cadeau d’anniversaire ?

Nous avons la solution : nous échangeons la sculpture contre un parapluie historique. Du parapluie, vous faites ce que vous voulez. De la sculpture, nous connaissons des fonderies au Boucau qui sauront la transformer en charrue.

dimanche 13 mai 2018

lettre et banderole


Quinze jours que nous avons déposé auprès de Christophe Castaner et de son collaborateur responsable des territoires un texte tout simple : qu’allez-vous faire contre la dérive identitaire de La République en marche 64 ? Au bout de quinze jours, toujours pas de réponse. Quelle leçon en tirer ?

Je vais vous le dire. Ne soyez pas impatients. Vous allez tout savoir.

Dans cette réunion sur l’Europe à Irun assistaient deux membres de « mémoire et vigilance64 », Gerard Oyhamberry et moi-même. Chacun avec notre texte, chacun avec notre lettre, dans une enveloppe.

À l’entrée de notre réunion, un groupe de d’une vingtaine de cheminots avec une banderole « nous ne céderons rien » et un slogan : nous voulons Castaner ».

Quand la réunion a commencé, un groupe de cheminots qui avaient réussi à pénétrer dans la salle malgré des précautions sécuritaires, se sont levés, ont déployé une banderole et ont crié « on veut Castaner ». Des responsables se sont approchés, ont négocié. Finalement, ils ont pu rencontrer Castaner qui a discuté avec eux pendant une heure.

Nous, Gérard et moi, on parlait avec les responsables qui nous disaient, oui ne vous en faites pas, vous allez rencontrer Christophe Castaner. La réunion se déroulait, prise de parole du maire de Hendaye qui présente les artisans de la paix avec une chaleur qui ferait fondre le sang versé. Je me lève et je crie « honte ». Tous les responsables de la République en marche se rapprochent de moi et me demandent, s’il te plaît de ne pas interrompre. François Bayrou prend la parole, puis Christophe Castaner et on se disperse. Gérard et moi on s’approche de la tribune, on interpelle Castaner, il nos dirige vers son assistant qui nous écoute dix minutes, prend nos textes et nous promet de nous répondre.

Quinze jours après, on attend.

Quand les blanchisseurs ont installé une hache à Bayonne, nous n’avons pas demandé à être reçus. Nous avons déployé des parapluies de la honte, les photos ont partout été reprises, nous avons demandé et obtenu une entrevue avec le préfet Gilbert Payet. Nous avons été interviewés et photographiés par sud-ouest.

Si nous avions manifesté à cinq ou six à cette réunion d’Irun avec une banderole, que nous aurions déployé cette même banderole à l’intérieur du Ficoba, que nous aurions crié « on veut Castaner » à l’intérieur de la salle, Christophe Castaner nous aurait reçus pendant une heure.

Une banderole, c’est une heure de discussion. Une lettre, c’est quinze jours de silence.  

vendredi 11 mai 2018

idiots inutiles


Idiots inutiles

Vous vous rappelez, n’est-ce pas, le désarmement. Un groupe de blanchisseurs basques (les Basques du Nord lavent plus blanc que les Basques du Sud), s’est adressé aux dernier carré d’une organisation ensanglantée, l’ETA. Ces blanchisseurs ont dit, à la vingtaine d’etarras qui depuis une dizaine d’années, n’avaient plus que du sang caillé sur les mains, tournaient en rond, assignés par l’histoire, par la volonté du peuple qu’ils disaient défendre, par la qualité des polices européennes, à un placard comme rarement il y eut de placard dans les entreprises. Dans un bureau sans ordinateur, dans un atelier sans machine, dans une salle de sport sans agrès. Dix ans sans rien faire, sans le moindre garde civil à abattre, sans la moindre épicerie à racketter, sans même une bombe de peinture à projeter contre une vitrine d’agence immobilière. Il y a de quoi devenir fous.

Les blanchisseurs ont proposé à ce groupe de bourreaux désœuvrés de mettre fin à leur calvaire. Vous nous dites où vous cachez votre panoplie, on prend les armes, on les remet à la police, vous sortez du bois, vous dites « Hipercor, c’est fini » et en échange, vous vous promenez en hommes sandwich avec une grande pancarte : « la blanchisserie Txetx, Etchegaray, Brisson, Bru and C° » lave plus blanc ». Oui, mais les cimetières au Sud ? Puisqu’on vous dit que les Basques du Nord lavent plus blanc, justement parce qu’au Nord, les linceuls sont moins sales. Donc, on ne regarde pas de l’autre côté des Pyrénées, on ne va jamais plus loin que les ventas ou les centres commerciaux d’Irun, on n’achète pas les journaux espagnols. Faites-nous confiance.

Mais la police ? On s’en charge disent les blanchisseurs. On dit à la police qu’on va désarmer des bandits dangereux, bien sûr qu’ils vont nous aider. Allez donnez-nous la liste. Et nos prisonniers ? Vos prisonniers, on va essayer de les rapprocher des lieux de leurs crimes, et comptez sur nous pour leur apporter régulièrement des oranges. Ah, une dernière chose : si vous pouviez éviter d’annoncer vos dernières représentations avec une cagoule, ça serait mieux. Et on ne sera pas obligés de s’excuser ? De dire qu’on a tué pour rien ? On pourra dire que toutes ces veuves et tous ces orphelins, c’était pour le bonne cause ? Nous, on ne vous oblige à rien d’autre que de porter la publicité pour notre blanchisserie. C’est tout. « La blanchisserie Txetx, Etchegaray, Brisson, Bru and C° lave plus blanc ».

Tout s’est passé comme prévu. Ils ont loué un camion, des hangars, transporté des armes, puis donné ces armes aux policiers Sauf que ces imbéciles, ces maladroits, peut-être par manque d’habitude, ils ont oublié des armes. En particulier, ils ont oublié une hache bien affûtée. Plus exactement, ils ne l’ont pas donnée à la police. Elle était jolie, un coup de lime et de papier de verre et ça ferait pas mal sur la commode. Et si on faisait une sculpture ? ditcho hetcho. Au lieu de donner la hache à la police, ils l’ont gardée et l’ont exhibée dans un lieu public. Faut-il être cons !
Tout est à refaire, tout est à recommencer.

jeudi 10 mai 2018

dangers nationalises


Mensonges nationalistes



Gerry Adams : « nous obtiendrons l’unité irlandaise » (le monde 11 avril 2018)

         Il a défendu pendant trente ans l’usage de la violence et légitimé le recours à des assassinats : « tout cela est fini, la guerre est terminée, l’IRA n’’existe plus. Aujourd’hui nous agissons de façon pacifique. Ce qui n’était pas possible quand j’étais jeune ».  

Pourquoi est-ce que ce n’était pas possible ? Parce que ce n’était pas possible. C’est possible aujourd’hui, ce n’était pas possible quand il était jeune. Qu’’est-ce qui a changé ? Aucun des objectifs de l’IRA ne sont atteints : pas d’unification, pas de socialisme, pas d’indépendance des trente-deux comtés. Mais il faut désormais la voie pacifique. Pourquoi ? Parce que c’est possible.

Sur le Brexit : la sortie des Britanniques fait courir un énorme danger à l’Irlande : le retour d’une frontière entre le nord et le sud. Parce que la frontière avait disparu ? Non pas plus que la frontière entre France et Espagne, entre France et Belgique. Gerry Adams  la supprime.

Un jour l’Irlande sera réunifiée. Si la majorité des Irlandais se prononce dans ce sens. Toujours la même ambiguïté. La majorité des Irlandais s’est déjà prononcée dans ce sens, mais la minorité protestante ne voulait pas entendre parler de réunification. Parce qu’ils ne voulaient pas être intégrés dans une Irlande catholique où les valeurs catholiques étaient plus importantes que les valeurs de l’état. Interdiction du divorce, censure des lettres et des arts, etc… En outre, quand les « troubles » ont commencé en Irlande du Nord, tuer des milliers de protestants n’a pas vraiment aidé à les convaincre du bien-fondé d’une réunification.

Gerry Adams veut un referendum dans cinq ans. Qui va voter ? Il ne le dit pas.

Il faut décrypter les mensonges et les ambiguïtés meurtrières. Pour comprendre la présence de Gerry Adams à Cambo. Pour Gerry Adams comme pour Otegi, comme pour EH Bai, la frontière n’existe pas entre Nord et Sud du Pays Basque. EH Bai veut un referendum pour réunifier le Pays Basque et le rendre indépendant. Qui va voter ? Ceux qui seront en faveur de l’indépendance. Les autres sont des touristes ou des colons qui ne doivent pas être considérés comme des citoyens. L’avenir du pays ne peut pas être décidé par des étrangers.

La logique de cette position : la nation est une valeur suprême qui ne pas peut pas être soumise au suffrage universel. Quand le suffrage est contraire, il est légitime de prendre les armes pour la nation. Sinn Féin était minoritaire, c’est pourquoi dit Gerry Adams, il n’était pas possible d’agir de façon pacifique. Comme l’ETA.

Aujourd’hui, la frontière entre nord et sud, en Irlande comme au Pays Basque n’existe pas. Elle est gommée dans les cartes des ikastolas, elle est gommée dans la tête des nationalistes. La suppression des frontières ainsi symboliques est la poursuite de la lutte armée par d’autres moyens, c'est à dire l’imposition d’une volonté minoritaire à la majorité.

         Ces gens sont l’équivalent des avant-gardes révolutionnaires bolcho castristes maoistes etc. qui ont mis sur pied des systèmes où les minorités éclairées savaient mieux que le peuple ce qui était bon pour lui. Regardez les agir, ils vous toisent de haut,  ils sont pénétrés de l’avenir de leur nation, rien ne saurait les détourner, ni la raison, ni l’économie, ni les lumières. Quand il fallait tuer, ils ont tué. Quand il faut écarter politiquement ils censurent et emprisonnent.

Ces gens sont dangereux.

dimanche 6 mai 2018

les mouches du coche


L’ETA se dissout et va continuer la lutte pour un Pays Basque réunifié, indépendant, socialiste, bascophone et non patriarcal « par d’autres voies ». Pour la société espagnole et basque, l’ETA avait cessé d’exister depuis 2011. D’après le monde du 5 mai 18, il ne restait plus qu’une vingtaine de membres. Le gros des troupes est en prison. Il reste « la bataille du récit ». Ni le gouvernement basque, ni le gouvernement français, ni le gouvernement espagnol n’étaient présent à Cambo pour la mise en scène de la reddition. Pourquoi ? Parce que gouvernements et société avaient joué leur rôle quand c’était nécessaire. L’action de la police et le rejet de la violence armée par la société espagnole et française furent les facteurs essentiels de la dissolution.  Les « artisans de la paix » n’ont joué aucun rôle, ni eux, ni les élus qui les soutenaient. Au contraire : ils n’ont jamais participé au rejet de l’ETA par les Basques en Espagne, ils ont toujours protesté contre les actions de la police. Les artisans de la paix ne sont pas seulement des blanchisseurs de la terreur. Ils ont été des agents actifs de la prolongation de cette terreur.

Pendant l’occupation, il y eut les résistants puis à la libération le spectacle de ceux qui tondaient les femmes. Ce n’étaient pas les mêmes. Au Pays Basque, il y eut les victimes de l’ETA, les résistants à la terreur. Puis, dix ans après la paix, le spectacle de ceux qui érigent une hache. Ce ne sont pas les mêmes.

samedi 5 mai 2018

les blanchisseurs de crimes de l'ETA


Jean-René Etchegaray lave plus blanc.





De cette journée du 2 mai où nous avons été reçus par le préfet Gilbert Payet, que restera-t-il dans nos souvenirs ? Un fait politique majeur : le préfet a publiquement reçu les délégués d’un groupe de citoyens « mémoire et vigilance en Pays Basque », l’annonçant dans la presse, exprimant son appui à notre action.

Le lendemain, jeudi 3 mai, photo d’Alain Robert et de moi-même et parution de l’entretien avec la journaliste. Dans le  même numéro de Sud-Ouest, un entretien avec le lehendakari, Inigo Urkullu qui dénonce avec force et intelligence l’imposture des blanchisseurs d’ETA. Tandis que Jean-René Etchegaray attribue à ces mêmes blanchisseurs et à sa propre action lessivante les mérites de la dissolution d’ETA. Pas un mot de la colère au Pays Basque espagnol. Pas un mot des victimes de l’ETA.

Le blanchisseur Jean-René Etchegaray raconte n’importe quoi. Il dit que l’opération du désarmement s’est conduite avec l’appui de l’état. Que le président de l’agglo relise l’interview du préfet Gilbert Payet « il n’y a pas eu de conflit armé », dans mediabask. Qu’il lise l’appui politique qu’il a accordé au  groupe « mémoire et vigilance » qui se bat contre la hache du président. Jean-René Etchegaray a souhaité « rencontrer les associations de victimes ». Il a souhaité mais ne les a pas rencontrées. Le préfet a souhaité nous rencontrer. Il nous a rencontrés. Certains souhaitent, d’autres rencontrent.

Il dit que les négociations se sont menées dans la plus grande discrétion. Avec des lettres publiques entre ETA et les blanchisseurs. Lettre où les blanchisseurs promettaient à ETA de mener les opérations de désarmement en respectant l’action et les objectifs de l’organisation terroriste. En totale discrétion dans un rassemblement à Bayonne, puis dans une manifestation à la gare Montparnasse derrière une banderole « nous les voulons à la maison ». Les assassins. Pas leurs victimes. Les victimes étaient au cimetière mais Jean-René Etchegaray voulait les assassins à la maison. En toute discrétion. Puis avec la même discrétion et la même pudeur à l’égard des souffrances infligées par l’ETA, il a commandé une sculpture de la hache meurtrière et l’a installée au milieu de Bayonne. En toute discrétion. Il a souhaité ne pas heurter la sensibilité des victimes.

À côté de cet entretien, l’entretien avec Inigo Urkullu qui donne son avis sur les limites de la dissolution d’ETA. Et répète à propose des blanchisseurs que « les morts sont de notre côté ».

Donc bonne journée ? Une présentation pluraliste des discussions sur le Pays Basque. Il faut conserver ce numéro de sud-ouest. Le 5 mai, un article de Barbara Loyer qui dénonce à nouveau l’imposture.

Jeudi 3 mai, réunion d’Esprit Biarritz. Discussion passionnée sur les stationnements, sur les transports, sur la situation juridique de l’hôtel du Palais. Le temps passe. Il reste trois minutes. Pour discuter des blanchisseurs, de l’imposture. La question du repli identitaire, de la complicité avec les assassins de l’ETA, de la hache installée à Bayonne, ça ne correspond pas au programme sur lesquels les élus d’esprit Biarritz ont été  élus.

Mais le blanchissage de la terreur d’ETA, la mobilisation des élus qui manifestent aux côtés des assassins, pour les prisonniers basques condamnés pour activités terroristes en bande armée, ce n’est pas dans le programme d’Esprit Biarritz. Donc il ne faut pas en parler. D’ailleurs, il y a dans l’association des blanchisseurs actifs qui ont le droit de veto.

Que la mairie invite des victimes de l’ETA ? Le maire ne voudra pas. Le blanchisseur Jean Esterle crie le GAL ! le GAL ! C’est automatique. Quand on dit victimes du terrorisme, on appuie sur un bouton, le coucou sort et chante le GAL, le GAL. Mais qui négocie avec le GAL ? Qui glorifie les actions du GAL ? Qui blanchit les assassinats du GAL ? Qui veut construire un monument à la gloire du GAL ? Personne. Qui négocie avec l’ETA ? Qui construit un monument à la gloire des assassins de l’ETA ? Les blanchisseurs.

Guy Lafite avec éloquence a donné sa position de principe : pas question de négocier avec une organisation terroriste. Il ira manifester avec les associations de victimes du côté espagnol, mais certainement pas à Cambo. Il sera à San Sebastian dans le musée sur la barbarie de l’ETA. Il recommande la lecture de l’interview d’Inigo Urkullu. Les blanchisseurs font la gueule.

Je propose que la mairie de Biarritz reçoive une délégation de victimes. Le maire ne voudra pas. Les blanchisseurs ne veulent pas que la mairie reçoive des associations de victimes. Ça ferait tache.

« Mémoire et vigilance » va envoyer une  lettre en ce sens à Michel Veunac, par l’intermédiaire de Guy Lafite. Il a déclaré qu’il donnera un avis favorable à notre demande.

La leçon de tout cela : il faut poursuivre. Par conviction, bien sûr. Plus largement,  Mais je suis convaincu que nous nous battons aussi pour l’honneur du Pays Basque français, pour l’honneur d’une société trop passive, inattentive et paresseuse. Un jour, des historiens utiliseront notre action, nos textes, nos prises de position pour montrer que dans une société basque activement blanchissante ou passive ou absente, une partie de ses citoyens a résisté  à la vague identitaire et complice de manière ardente et efficace.