A propos de la vague brunâtre sur l’identité
française
après avoir donné de mauvais exemples, voici venir l'âge des bons conseils.
lundi 5 octobre 2015
tsunami brunâtre
mercredi 30 septembre 2015
retour d'urss
Ignacio Ramonet,
alors directeur du Monde Diplo, fut reçu à Cuba. On déroula le tapis rouge.
Fidel Castro fit arrêter l’impression du quotidien cubain pour permettre la
sortie en quelques milliers d’exemplaires de son livre sur les médias. Où I.
Ramonet dénonçait l’esclavage des médias en France. Le livre d’Ignacio Ramonet
fut distribué dans un grand amphi de trois mille places présidé par Fidel lui-même.
Sous les applaudissements, il dénonça la
main-mise sur les médias en France et dénonça la pensée unique. Fidel lui serre
la main.
Aujourd’hui, Ignacio
Ramonet et Serge Halimi (auteur des Chien
de garde) sont remplacés par Pierre Carles. Qui dénonce dans ses films la
soumission des médias français. Qui réalise un reportage sur l’Equateur de
Correa dans une salle de Biarritz d’où je suis sorti au bout de dix minutes
tant je voyais sur l’écran les copier-coller des films sur l’URSS des années
cinquante.
mardi 22 septembre 2015
la gauche de la gauche
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Tsipras réélu, sans
majorité absolue, devra gouverner avec la droite souverainiste. Les extrémistes
de gauche bafouillent. S’il avait été battu, ils avaient un discours tout prêt
: Tsipras a cédé aux contraintes européennes et le peuple l'a rejeté. Mais la
gauche de la gauche en Grèce a été éliminée. Mélenchon et Pierre Laurent ont
été battus à Athènes. Ceux qui ont gagné : une gauche responsable qui
trouvera peut-être les forces de
réformer la Grèce.
Retour en France. La
gauche de la gauche trouve que la gauche responsable ne sait plus parler au
peuple. Elle a abandonné le terrain au FN. La gauche de la gauche, qui sait
parler au peuple, recueille péniblement cinq pour cent des voix aux élections,
et continue de dire qu'elle sait parler au peuple. Et que c'est la faute du PS
si le peuple ne vote pas à gauche.
Michel Onfray sait
parler au peuple. C’est un socialiste libertaire qui ne vote plus, ne votera
pas aux présidentielles, car il ne croit plus qu'aux mouvements sociaux de
base. Il sait que le peuple est inquiet
devant le nombre d'étrangers et que la gauche ne répond pas à cette inquiétude.
Elle est donc responsable de la montée du FN. Combattre le FN avec les mots du
FN voilà ce qui s’appelle parler au peuple.
Tétanisé devant la
montée du FN, la simplicité des arguments, la franchise populaire de ses
dirigeants, une partie des intellectuels cède à a fascination. Ils ne sont pas
complices, le mot n'a guère de sens, ils sont fascinés, exactement comme une
partie des intellectuels français étaient tétanisés devant la franche
simplicité des staliniens français. Ils disaient déjà que le parti socialiste
ne savait plus parler au peuple.
Il faut du courage, de
l'expérience, pour résister. Pendant des dizaines d'années, la gauche non
communiste a été soumise, fascinée par le PC qui savait parler au peuple. Sales
habitudes dont on ne débarrasse pas si facilement. Vous placez un intellectuel moyen devant des
tombereaux de fumier déversés par les paysans, devant des militants résolus qui
refusent tout et n’obtiennent rien et il sera également fasciné. Pour Michel
Onfray, là est l'avenir, de belles colères dans la rue et la droite au pouvoir.
liberté d'expression
Regis Debray le monde 22 sept 15. Relève les limites à la liberté d'expression.
1. sur ce qui relève de l'apologie du crime, de la haine raciale. Simple, c’est
à la justice de trancher. Mais la Cour européenne des droits de l’homme interdit
de « blesser les convictions religieuses ». Pour Régis Debray toutes les
sociétés ont des zones de sacré. On ne rit pas de la Shoah. Ni de l’ossuaire de
Verdun.
À qui s'adresse ce texte? Aux dessinateurs pour les aider à s'autocensurer? Aux législateurs? Aux patrons de presse? Pas très clair. J'ai connu au théâtre de l'Odéon des parachutistes qui voulaient empêcher une pièce de Genet, pendant la guerre d'Algérie. J'ai connu l'affaire du portrait de Staline par Picasso et l'autocritique que le PCF demandait à Aragon pour avoir accepté le portrait. Les exemples ne manquent pas. Dans tous ces cas, il y avait atteinte au sacré, pour les parachutistes patriotes, pour les staliniens meurtris. Et alors ?
Il manque le point qui me semble
central. Des groupes religieux ou politiques veulent imposer des « limites »
à la création aux noms de valeurs qu’ils jugent supérieures à toute loi
terrestre. C'est à eux et à seuls qu'il faut s'adresser. Pas aux créateurs.
mercredi 16 septembre 2015
il l'a dit
Albert Ogien, libé
16 sept.-15
Il ne fait pas de
doute que les « propositions farfelues » de Corbyn vont priver le
parti travailliste de toute représentation parlementaire pour de longues
années. « Si tel est le prix à payer pour entendre enfin un discours qui
plaide en faveur du rétablissement d’un peu de justice sociale », « il
vaut sans doute la peine d’être payé ». Dit Ogien.
Mieux vaut un
discours rénové et une gauche dans l’opposition qu’une gauche au gouvernement qui
encadre les loyers, qui introduit plus d’égalité devant l’impôt, qui instaure
le tiers payant pour tous, etc…
En général, la
gauche extrême n’ose pas dire les choses aussi clairement. Albert Ogien l’a osé.
Merci camarade.
lundi 14 septembre 2015
samedi 12 septembre 2015
corbyn
Le choix.
En Grande-Bretagne,
l’histoire se répète. La gauche travailliste à la porte du pouvoir hésite.
Est-elle en état de gouverner ? En Grèce, les positions extrêmes avaient
séduit, mais Tsipras, en premier ministre, doit assumer une politique sociale–démocrate. Déception. Au Royaume-Uni, les promesses
volent : nationalisations, augmentations, gratuité des universités. Comme
jadis le parti travailliste de Tony Benn, avec un programme très à gauche.
Battu aux élections, mais avec une grande pureté programmatique. La crainte de
gouverner s’exprime ainsi par les surenchères. On nationalise les banques, on
creuse le déficit, et on campe ainsi dans une opposition vertueuse et digne des
ancêtres. Qu’est-ce qu’on est bien dans l’opposition. On peut manifester,
vociférer, critiquer, dénoncer. Gouverner c’est plus ardu.
En période paisible,
ce petit jeu laisse le pouvoir à une droite moins agressive. Mais par les temps
qui courent, la droite à qui on abandonne le terrain est sous pression d’une
extrême droite, qui veut sortir de l’Europe, fermer les frontières. Dans ces
conditions, oui, il est urgent de parvenir au pouvoir, en rassemblant la gauche
et tous ceux qui refusent le retrait barbelé.
mercredi 26 août 2015
migrations
Les migrants
Où sont les exemples
de migrations heureuses ? Les mouvements de population se bousculent dans
les souvenirs et aucun n’est souriant. L’exode irlandais provoqué par la Grande
Famine, s’est réalisé dans des navires qu’on nommait bateaux-cercueils et le
cimetière marin n’était pas la Méditerranée, mais l’Atlantique. L’accueil des
survivants par l’Amérique blanche et protestante ne fut guère chaleureux. Les
républicains espagnols après la victoire de Franco furent regroupés dans des
camps. Pas les bienvenus. Les antifascistes allemands furent considérés comme
plus Allemands qu’antifascistes et furent aussi regroupés dans des camps. Les
Juifs qui cherchaient asile pour fuir les pogroms, puis le nazisme, ont dû
forcer les portes et le bilan n’est nulle part glorieux.
Il y eut des accueils
moins haineux. Pendant la guerre froide, les migrations qui s’inscrivaient dans
les grands clivages politiques, exilés vietnamiens, cubains, hongrois, reçurent
un accueil moins honteux. Les pieds noirs, à la fin de la guerre d’Algérie,
furent dignement accueillis. Dans leur nombre se dissimulaient des terroristes
de l’OAS, mais l’amalgame avec les migrants d’Algérie fut heureusement évité.
Expliquer les
réactions aux migrations d’aujourd’hui par le nombre, les différences d’origine,
n’est pas pertinent. Les Irlandais arrivèrent par millions en Grande-Bretagne, aux
États-Unis et en Australie. Les migrants d’aujourd’hui ne sont plus intrusifs en
pourcentage que naguère. Il s’agit d’abord d’une question politique. Une partie
de l’opinion publique, avec l’aide efficace des croisés islamistes, assimile terreur
et immigration musulmane. D’autres conflits sont littéralement
incompréhensibles sans une attention soutenue et une sympathie est difficile
sans un minimum de compréhension.
Les craintes à l’égard
des migrants n’ont jamais cessé. Les Irlandais, les Juifs étaient considérés
comme inassimilables tout autant que les Roms ou les musulmans aujourd’hui. Combattre
les craintes et les préventions est un combat longue durée, nécessaire, mais
dont les retombées politiques sont lointaines. Les différences sont politiques.
Selon les circonstances, des forces politiques utilisent ces craintes dans des
visées électorales, et légitiment ainsi les émotions de rejet. Ainsi en Grande-Bretagne,
le parti conservateur a longtemps été un parti protestant visant à protéger le
pays contre les envahisseurs papistes.
Combattre les
craintes infondées, les préjugés, est indispensable. Plus urgent encore est la dénonciation
jour après jour des forces politiques ou intellectuelles qui veulent
transformer notre pays en profondeur, à coups de verre pilé et de barbelés aux
frontières.
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mardi 18 août 2015
IVG en Irlande
Lecture d’une thèse
sur l’IVG en Irlande. La doctrine de l’église catholique est immuable. L’acte sexuel
vise à la reproduction et doit donc se réaliser à l’intérieur d’une institution
sacrée, le mariage. Tout ce qui sort de la norme est diabolique et soumis à
excommunication. L’onanisme, l’emploi de produits contraceptifs, l’adultère, la
sodomie, le coïtus interruptus, l’homosexualité, la pédérastie, le viol d’enfants
de chœur par un prêtre, sont excommunicables. L’IVG est pire que tout, parce qu’elle
combine un crime contre une vie sacrée (l’enfant à naître) et toutes les formes
de refus listées ci-dessus.
Ces règles ont été
élaborées dans les siècles passées par des assemblées dont les femmes étaient
exclues. Un ecclésiastique déclare que la jeune fille violée par un proche
parent, à l’âge de quatorze ans et enceinte d’un enfant handicapé à la suite de
ce crime, doit conserver l’enfant et se le chuquer toute sa vie. Si encore l’homme
qui édite les règles en subissait les conséquences, c'est à dire qu’il élèverait
vingt-quatre sur vingt-quatre un enfant trisomique, mais pas du tout, il
interdit l’interruption de grossesse et donne le paquet à la mère. Il inscrit
dans la constitution irlandaise que le rôle de la femme est d’abord de s’occuper
du foyer et de ses enfants. Elle doit donc subir le viol et élever l’enfant
subi. L’ecclésiastique continuera de sauter impunément des enfants de chœur.
Mais tout ça ne me
regarde pas. Personnellement, que les catholiques et leurs institutions se
fixent des règles et s’y tiennent ou les transgressent, ne me gêne pas. Ils se
masturbent, ils vont se confesser, c’est leur affaire. Ce qui me gêne, c’est qu’ils
veulent imposer leurs règles de vie à l’ensemble de la société, donc aussi à
ceux qui ne partagent pas leur foi.
mardi 4 août 2015
gentrification des langues
Remarques sur les
langues minorisées : le gaélique, le basque… Le lent déclin de ces langues
est d’abord dû au déclin des territoires où les langues sont maternelles et
sont parlées dans les cours de récréation et dans les entreprises. Si la langue
est associée au sous-développement, à la misère, la première cause du déclin de
la langue sera l’exil des habitants qui cherchent dans les villes un meilleur
destin.
L’avenir de ces
langues est lié à leur appropriation par la bourgeoisie urbaine. Que ce soit l’ikastola
pour le basque ou la Gaelscoil pour le gaélique, les nombreuses enquêtes
montrent que le public de ces établissements est une moyenne bourgeoisie
urbanisée et cultivée qui recherche pour ces enfants des écoles plus motivées,
plus formatrices.
Pour survivre, les langues minorisées
doivent s’embourgeoiser, donc quitter une prétendue « authenticité »
populaire. Cette contradiction est générale. Elle fait écho aux critiques de l’embourgeoisement
des quartiers populaires des grandes villes. Là aussi, l’embourgeoisement de
ces quartiers est sans doute la condition de leur survie. La recherche d’une « authenticité »
discutable et déclinante conduit à leur lente disparation.
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