jeudi 30 mai 2019

histoire refusée


Je vous parle du Pays Basque français. Peut-il y avoir coexistence pacifique entre une conception essentialiste de ce mouchoir de poche et un attachement républicain à la langue, la culture, à l’histoire ?



Je suis convaincu que c’est possible. A condition de surmonter les fantômes du passé. Ce Pays Basque français, où élections après élections, les habitants manifestent leur volonté de rester dans la République en maintenant les séparatistes à la marge, n’a pas surmonté les traumatismes de son histoire.



On pourrait ranger les théories raciales d’Arana dans le grenier des vieux vêtements. Quel nationalisme n’a pas été ethnicisé dans la phase de construction ? Les modèles européens de Fichte, Herder ont été repris sous une forme ou une autre par tous les mouvements nationalistes. On peut les relire avec Arana comme une visite au musée. Ces idées ont structuré les mouvements nationalistes européens, pour le meilleur et parfois pour le pire.



Il s’agit ici d’autre chose. Le nationalisme basque ne s’est pas seulement développé dans le ciel des idées, il a aussi été façonné à sa naissance par la violence politique armée. Avec deux conséquences désastreuses. La première, c’est qu’il fut admis possible et légitime d’utiliser la violence armée, c'est à dire l’élimination des adversaires. Une minorité, une avant-garde peut faire l’histoire si elle dispose de fusils. La seconde, c’est que la politique n’est pas compromis, négociation, mais victoire d’un camp sur l’autre.



Partout où ce brasier fondateur a permis la naissance d’une nation, il faut des générations pour que s’installe une démocratie apaisée. Et pour freiner cette évolution, rien n’est aussi efficace que la célébration des héros et des martyrs. Rien n’est aussi conservateur que le refus de faire l’histoire critique de ces luttes passées. Voyez la difficulté pour l’Algérie d’écrire son histoire. L’Irlande jusqu’aux années 1960, a été dominée par l’héritage de la guerre d’indépendance et de la guerre civile. Les partis se nommaient « guerriers de la destinée », ou « nous seuls ». L’Irlande s’est démocratisée dans une révision déchirante de son histoire par une école d’historiens que les héritiers agrippés aux drapeaux traitaient de « révisionnistes ».  Tant que l’histoire critique des luttes passées ne secouait pas les consciences, l’Irlande somnolait dans les souvenirs.



Ces révisions déchirantes s’accomplissent au Pays Basque espagnol. Elles ne traversent pas la Bidassoa. Le Pays Basque français continue paresseusement de nommer prisonniers politiques les assassins patriotes, à négocier avec leurs alliés les méthodes de contournement de la nécessaire justice, à admettre sans rougir les liesses qui accueillent les libérations. Le Pays Basque français refuse de rencontrer les victimes, de leur parler, de les écouter. Au Pays Basque français, les élus de la république battent le pavé avec les demi-soldes de la terreur, réclament leur libération, leur retour à la maison.



C’est sur le fond de cette acceptation que s’installe des clivages douloureux. Ceux qui acceptent la terreur passée sont des patriotes. Ceux qui la condamnent sont des traîtres.  La communauté d’agglo ne s’entend pas sur grand-chose, mais elle est unie, quasiment unanime pour réclamer le retour au foyer des condamnés pour activités terroristes. Il ne peut pas y avoir de relations apaisées entre séparatistes et républicains si le passé n’est pas exorcisé.



Partout, sans exception, où le nationalisme guerrier revient nous hanter, en Hongrie, en Pologne, en Allemagne, en Russie, partout cette régression se manifeste par le refus de la recherche historique, la négation des ombres du passé.  



Que Bake Bidea, ou les abertzale s’agitent, c’est leur combat. Mais que des non-séparatistes regroupés dans les « Artisans de la Paix » entraînent une partie importante  de la société, élus soumis et population indifférente, et l’avenir du Pays Basque français s’assombrit. A Berlin, les néo-nazis manifestent contre le trop grand nombre de monuments aux victimes. En Russie, on redécouvre les statues de Staline, en Pologne, on stigmatise les historiens qui révèlent la face sombre du nationalisme polonais. À Bayonne, on a tenté de planter la hache de l’ETA comme sculpture de la ville. A Biarritz, au casino Bellevue, des élus et des militants apprennent dans les discours et dans les manifestations à insulter les victimes d’ETA, à maculer leurs tombes, à détester ceux qui dénoncent l’imposture et l’oubli. Ils sacrifient l’avenir à leurs médiocres ambitions, ils prennent pour une politique l’endormissement de leur pensée.

mercredi 29 mai 2019

lessivage et blanchissage


Lavage et nettoyage sont les deux mamelles des Artisans de la Paix.



Vendredi 7 juin, Bake Bidea et les « Artisans de la Paix » organisent au casino Bellevue, sous la présidence de Michel Veunac, une grande braderie de lessives, de produits blanchissants et d’eau de Javel.



Mettez la machine sur le point « blanc ». 60 degrés. Sinon le sang ne disparaît pas. Appuyez. Ça tourne. Voici les mots qui nettoient : Une victime du Gal ou des Commandos autonomes a été « exécutée », ou « torturée ».  Les victimes de l’ETA sont parmi les « victimes de part et d’autre ». Josu Ternera accusé et jugé pour l’attentat qui a fait seize victimes dont cinq enfants n’aurait pas dû être arrêté par la police française, ni jugé par les tribunaux espagnols. Son arrestation est irresponsable, une insulte (à qui ?). Les etarras n’exécutent pas, ils ne torturent pas, ils ne kidnappent pas, ils ne rackettent pas. Les six enfants de l’attentat de Saragosse, 11 décembre 1987, ne sont pas de bonnes victimes puisque les blanchisseurs réclament la libération de leur assassin. Rincez, essorez, séchez.



Michel Veunac président de la conférence de presse annonciatrice de la grande lessive m’a affirmé que la réunion du 7 juin « recevrait les victimes ». Aucune association de victimes ne sera reçue. Aucune association, aucun responsable du Pays Basque espagnol, là où sont la majorité des victimes de l’ETA. Le programme de la soirée est « vivre ensemble ». Les morts ne sont pas invités.





Quelle est la teinturerie qui lave le plus blanc au Pays Basque ? La teinturerie Bake Bidea et Artisans de la Paix. Avec Jean-René Etchegaray et Michel Veunac. Le 7 juin prochain, de 18 heures à vingt heures. Au Casino Bellevue.

mardi 28 mai 2019

bataille de mots, bataille de morts


Dans la préparation des nouvelles journées de blanchissage d’ETA les 7 et 8 juin prochain, la bataille des mots reprend. Bake Bidea et les Artisans de la  Paix, condamnés par les basques espagnols comme « blanchisseurs de terreur » sentent des appuis qui leur filent entre les doigts. A leur conférence de presse, il n’y avait que Michel Veunac et Jean-René Etchegaray. Max Brisson et Vincent Bru ont observé une absence prudente.



Pour éviter l’hémorragie, la bataille des mots va reprendre. Voici quelques conseils simples pour ne pas se faire piéger.



Les blanchisseurs vont dire et répéter qu’ils sont « s’occuper des victimes ». Le terme propre, c’est qu’il faut désormais prendre en compte les victimes du terrorisme de l’ETA. Il ne s’agit pas des victimes « des deux côtés » comme Trump le disait à propos d’un conflit entre antiracistes et suprématistes.



Il n’y a pas « sortie de conflits », mais fin d’une période où les terroristes de l’ETA ont voulu imposer leur solution par les massacres. Cette agression s’est terminée par la victoire de la démocratie depuis le cessez-le-feu de 2011.



Quasiment plus personne n’utilise l’expression « prisonnier politique » pour les prisonniers basques jugés pour activités terroristes en bande armée. Cette expression est remplacée désormais par « prisonniers basques ». Les blanchisseurs demandent un traitement particulier pour les  personnes jugées pour activités terroristes. Des personnes qui n’ont jamais demandé pardon, qui ne s’engagent pas sur l’avenir. Il faut demander les garanties de droit pour les prisonniers, tous les prisonniers, au cas par cas. Il est insupportable d’entendre des élus républicains réclamer des garanties pour les prisonniers en fonction de leur communauté affirmée.



Si vous entendez des expressions comme « le conflit basque », les prisonniers basques, « les victimes des deux côtés », il faut chaque fois réagir, corriger, donner les expressions qui correspondent à vos convictions et à la réalité. Ne rien laisser passer.



On entend moins les expressions comme « pétasses », « pédés », « putes », « youpîns », « crouilles » dans l’espace public. Parce que les réactions sont beaucoup plus fortes, beaucoup plus nombreuses. Il faut mener cette bataille au Pays Basque français, ne rien laisser passer. Réagir. La bataille des mots est une bataille politique.

vendredi 24 mai 2019

la honte


Samedi 18 mai, la commune de Ugao-Mirabailles (quatre mille habitants), a manifesté contre l’arrestation de Josu Ternera, qui doit être jugé pour « crime contre l’humanité ». En réaction, Ciudadanos, représentée notamment par Maïté Pagazaurtundua  sont venus le 24 mai rendre hommage aux victimes du terrorisme et demander une minute de silence. Une contre-manifestation de quelques centaines de personnes les a accueillis aux cris de « fascistes dehors ! ». Quand Maïté Pagazaurtundua a demandé une minute de silence, les manifestants ont déclenché des sirènes, les voitures ont klaxonné. Maïté Pagazaurtundua a perdu un frère assassiné par ETA.



Samedi 8 juin prochain, une manifestation aura lieu à Biarritz organisée par Bake Bidea et les « Artisans de la Paix » qui ont protesté contre l’arrestation de Josu Ternera. Cette manifestation a été préparée sous la présidence de Michel Veunac, maire de Biarritz et Jean-René Etchegaray, président de la communauté d’agglomération du Pays Basque.



Les attentats préparés par Josu Ternera et les siens ont notamment tué seize personnes dont cinq enfants, le 11 décembre 1987.

Voici les noms des enfants



Esther Barrera Alcaraz, 3 ans

Miriam Barrera Alcaraz 3 ans

Silvia Pino Fernandez 7 ans

Rocio Capilla Franco 14 ans

Pedro Angel 17 ans



La manifestation de Biarritz du 8 juin verra la participation des manifestants de Ugao-Mieraballes, ceux qui ont klaxonné, hurlé, déclenché leurs sirènes, quand on a demandé une minute de silence pour ces enfants. Ils manifesteront aux côtés de Michel Veunac, maire de Biarritz et de Jean-René Etchegaray, président de la Communauté d'agglomérations du Pays Basque.

mercredi 22 mai 2019

résistance


J’ai connu l’Europe allemande. Pas terrible. Les communistes et les gaullistes se sont unis pour résister. Grâce aux efforts des alliés, anglais, Etats-Unis, la France a été libérée et, le Plan Marshall nous a aidés à sortir du bourbier. Puis ce fut la guerre froide. Maurice Thorez, secrétaire du PCF, déclarait que si les soldats russes passaient la frontière française, ils seraient accueillis en libérateurs par le peuple de France. Le pacte atlantique nous a protégés de cette « libération » et il n’y a pas beaucoup de partis politiques qui aujourd’hui regrettent cette protection. Puis commencèrent les premières formes d’organisation européenne. La communauté européenne de défense, les premières formes du marché commun. Deux forces politiques unissaient leurs forces pour résister à toute forme d’organisation européenne : les gaullistes et les communistes. Ils disaient que cette Europe serait soumise aux Etats-Unis. Que ce serait un marché ouvert aux plus grandes puissances capitalistes. Les communistes disaient que cette Europe était une arme de guerre contre la patrie du socialisme. L’Europe s’est construite d’abord avec l’appui américain, son cœur était l’alliance atlantique, une alliance d’abord militaire. Peu à peu elle s’est mise à exister. Economiquement, jusqu’à réussir à se regrouper autour d’une monnaie unique. Culturellement, avec les échanges universitaires, scolaires, scientifiques. Elle est aujourd’hui une grande puissance qui menace toutes les tentatives hégémoniques. La Russie la redoute, sa position n’a pas varié depuis le début. Les Etats-Unis n’en ont plus besoin depuis la fin de la guerre froide. Face à la montée des puissances nouvelles ou anciennes, l’Europe seule peut résister. Séparément, les nations seront englouties.

L’Europe continue d’attirer pour ses exceptions culturelles, pour sa protection sociale, pour sa résistance aux crispations identitaires. Elle a aidé à moderniser des pays retardataires, Irlande, Espagne, Grèce, Portugal. Elle est le socle de résistance dans les pays qui veulent retourner au Moyen Age. Elle permet de lutter contre les atteintes aux libertés collectives et individuelles.

Personnellement, entre les Etats-Unis, la Chine, la Russie, la Corée du Nord, Cuba, le Venezuela, c’est en Europe que je préfère vivre. Pas vous ?

De même que le réchauffement climatique disloque les icebergs, le réchauffement des vieilles idées politiques commence à se faire sentir en Europe. Alors, tout bêtement, tout égoïstement, je choisis de voter dimanche prochain pour ceux qui résistent le mieux à ce réchauffement régressif. Ils ne sont pas très malins, ils ne se battent pas fort, mais ils font partie de ceux qui résistent. Alors, va pour Nathalie Loiseau et la liste Renaissance.

mardi 21 mai 2019

qui conseille doit payer

L’affaire Lambert.

Les prescripteurs de morale, souvent religieuse mais pas seulement, ont de fortes convictions, mais refusent souvent d’en assumer les conséquences. Un évêque irlandais qui avait eu un enfant, refusait de verser à la mère une pension alimentaire et c’est parce que cette mère a engagé un procès que l’affaire se révéla. L’évêque, évidemment, lui avait interdit d’avorter, mais ne s’était pas engagé à financer le fruit de ses péchés. Comme tous les pères fuyards, il s’exila à l’étranger, ici aux Etats-Unis.

Cette histoire, ainsi que l’affaire Lambert, me transforme à mon tour en prescripteur. Je me dis qu’il y a un moyen simple de respecter la morale. Que les conseilleurs deviennent les payeurs. Par exemple, Mgr Aillet qui mène campagne contre l’IVG, pourrait décider de prendre soin du résultat de ses prescriptions, les accueillir dans son évêché, se lever la nuit pour leur donner le biberon, changer les couches, les aider pour les devoirs scolaires. Je suis certain que si les conseillers étaient les payeurs, ils seraient moins péremptoires.

De même dans l’affaire Lambert. Depuis près de dix ans, les parents réclament à un état laïque de maintenir en vie un mort vivant. Ils ont de fortes convictions. Très bien. Pourquoi les faire payer par le budget d’un état laIque ? Pourquoi ne proposent-ils pas de médicaliser une pièce de leur logement et de prendre chez eux leur fils ? Ils paieraient le personnel, les soins, les médicaments… Pourquoi font-ils payer à d’autres le prix de leurs convictions ? J’ai beaucoup de respect pour Mère Thérésa et pour l’abbé Pierre. Ils payaient leurs convictions au prix fort. Ils étaient conseilleurs et payeurs. J’ai moins de respect pour les nobles au Moyen âge qui payaient des domestiques pour marcher à leur place jusqu’à Saint-Jacques de Compostelle.

lundi 20 mai 2019

je tombe des nues


En réponse à mon dernier message, je reçois  ce rappel : « Maurice, comme plusieurs fois rappelé, cette boucle n'est pas une tribune ni un lieu de débat. A son origine, ce lieu virtuel est réservé au partage de connaissances sur l'Europe, comme une bibliothèque et non un espace de prise de position partisane. Je t'invite à réserver les débats militants à un blog, page FB, Twitter... »



Je tombe des nues. Depuis des mois, je mène campagne pour le vote « Renaissance ». J’organise des réunions sur le nationalisme, sur le Brexit. Vote progressisme contre populisme, progressisme contre nationalisme. Et voilà que le simple rappel de ces positions, le soutien des déclarations d’Hélène Loiseau contre le terrorisme, d’Emmanuel Macron contre Bake Bidea et les Artisans de la Paix sont prises comme « une prise de position partisane ». Je tombe des nues.



J’ai convaincu plusieurs électeurs autour de moi avec cet argument. Au Pays Basque français, la seule force politique critique à l’égard des blanchisseurs de la terreur d’ETA, c’est La République en Marche. Le PS, les partis de droite traditionnels, les insoumis, font tous la queue devant le guichet de la blanchisserie pour de misérables précautions de carrière.



Que des élus éloignent ainsi nos électeurs, sans réaction de la part de La République en Marche Pays Basque est un scandale. Que des élus sacrifient notre alliance avec les forces démocratiques espagnoles en pleine campagne des élections européennes est irresponsable.



Autour de moi on s’étonne. Tu te fais taper sur les doigts parce que tu défends les positions du Président, de la liste Renaissance et de sa tête de liste ? On traite ces idées de « position partisane ». C’est curieux.



Avec ou sans la permission d’autorités locales dont certaines sont complètement dépassées par les conflits partisans, je continuerai à défendre les positions de La République en Marche et de ses candidats.


c'est compliqué mais pas trop


C’est compliqué, mais pas trop



Mardi 14 mai, conférence de presse de Bake Bidea et « Artisans de la Paix », présidée par Michel Veunac, en présence de Jean-René Etchegaray, qui annonce une journée de blanchissage d’ETA le 7 et 8 juin.



Jeudi 16 mai. Arrestation de Josu Ternera, condamné pour l’attentat de Saragosse (11 morts dont cinq enfants.



Le jour même, Bake Bidea et Artisans de la Paix dénoncent cette arrestation comme « inacceptable » et une insulte au processus de paix. Michel Veunac et Jean-René Etchegaray se taisent.



Vendredi 17 mai, le président Macron, en visite au Pays Basque, déclare que la « réconciliation ne vaut pas amnistie ». La personne arrêtée avait a commis des crimes graves » et doit purger sa peine ».



Samedi 18 mai, je prends la responsabilité de faire connaître la déclaration du Président Macron au nom de La République en Marche.



Dimanche 19 mai : Philippe Buono, responsable du comité Biarritz de La République en Marche publie un communiqué où il exprime son « total désaccord » avec cette démarche, qui n’a pas l’approbation du comité Biarritz ni de La République en Marche.



Lundi 20 mai : je renouvelle mon soutien à la déclaration du président Macron. Je rappelle les déclarations de la tête de liste « Renaissance », Helène Loiseau qui dénonce l’indifférence » à l’égard de …la violence aveugle qui s’est exercée chez certains de nos voisins ».



J’appelle les électeurs qui me lisent de voter le 26 mai prochain pour la liste Renaissance et de manifester ainsi leur volonté d’Europe, leur soutien aux déclarations de principe du Président Macron et de la tête de liste Hélène Loiseau.



Ils ne doivent pas se laisser détourner de leur vote par le soutien moutonnier de La République en Marche Pays Basque au blanchissage du terrorisme d’ETA.


dimanche 19 mai 2019

le président et moi


Le jeudi 16 mai, les gendarmes français ont arrêté Josu Ternera, dirigeant ETA qui fuit la justice depuis seize ans. Josu Ternera avait été condamné pour l’attentat de Saragosse, du 11 décembre 1987, qui avait fait seize morts dont cinq enfants.



Interrogé sur cette arrestation, le président Macron a déclaré que réconciliation ne signifiait pas amnistie. Les crimes devaient être punis et si nécessaire, les demandes du gouvernement espagnol d’extradition devaient être satisfaites.



Le président répondait ainsi à Bake bidea et aux Artisans de la Paix déclaraient que cette arrestation était inacceptable et une « insulte ».



Je prévoyais d’envoyer la déclaration du Président Macron aux conseillers de Biarritz, ville dont le maire avait présidé une réunion de Bake Bidea et « Artisans de la Paix ». Entre temps, Philippe Buono a envoyé une lettre au président Macron :



« Je rentre d'un long séjour professionnel en Chine, je viens de m'informer de tous les évènements qui se sont déroulés en mon absence, votre visite et vos déclarations sur le Pays Basque ».



Je suis en total désaccord avec vos déclarations qui  n’ont pas mon approbation, ni celle du "Comité En Marche Biarritz" et encore moins celui de La République En marche.



Ceci est votre  point de vue et il n'engage que vous



Si vous rendez vos déclarations publiques, je vous demande de le faire en votre nom personnel et certainement au nom de notre mouvement.

Bien à vous.



Je vais donc envoyer la lettre aux conseillers de Pays Basque en précisant qu’elle n’engage que moi et le président.

voyages


Voyages.

            Avec Pat et Tony, nous avons voyagé et nous voyagerons encore. Mais chaque fois, avec un objectif précis. Surtout ne nous parlez pas de vacances. Des vacances… le mot signifie le vide, la mort. Ils sont venus à Biarritz pour participer à une réunion où une quinzaine de personnes ont discuté avec eux du Brexit, de l’Europe, du vote du 26 mai. La veille,  ils avaient assisté à un face à face avec les blanchisseurs des crimes d’ETA. Une bonne leçon de français, avec répétition pour bien apprendre les phrases simples. « Vous n’avez pas le droit d’entrer, vous n’êtes pas journaliste ». « Je viens poser des questions au nom des victimes ». Vous n’avez pas le droit d’entrer. « Vous censurez les victimes. Vous les enterrez une deuxième fois. Vous êtes des censeurs et des fossoyeurs. » Répétez. Pat prenait des photos.

Voilà. C’est comme ça qu’on voyage sans être en vacances. Ainsi nous avons voyagé dans les Midlands pour visiter les musées de la révolution industrielle. Nous avons navigué sur le canal de Charente pour apprendre le maniement des écluses. Nous avons mesuré le vent des Orcades, analysé le whisky écossais à Edimbourg, retenu des salles pour un colloque à Manchester, pressé les Britanniques contre notre sein pour qu’ils votent contre le Brexit. Des vacances ? Jamais. Chaque fois que nous croisions un groupe de touristes en train de photographier un coucher de soleil, nous échangions des regards entendus. Plutôt creuser un canal en Sibérie que de piétiner devant la Joconde.

Nous nous reposions au retour, reprenions des forces pour une prochaine expédition.

Partir sans prendre de vacances devient un exercice ardu. En effet, une partie des voyageurs partage nos préoccupations et demandent aux agences de voyage des itinéraires personnalisés d’où le mot vacances sera interdit. Certains vont planter des arbres en Amazonie, apprendre le quechua dans les montagnes du Pérou, emporter des cahiers et des crayons au Venezuela. A mesure que ces pratiques se généralisent, il devient de plus en plus difficile de s’éloigner du foyer sans qu’au retour la question cinglante vous insulte : alors, c’était comment vos vacances ? ». Des personnes qui se prétendent mes amis me demandent si je passe de bonnes vacances à Biarritz alors que je vis ici depuis la nuit des temps. Et que mes nombreuses activités dans cette belle ville côtière sont souvent agréables certes, n’ont rien à voir avec des vacances. La preuve, c’est que souvent des touristes me demandent le chemin jusqu’au Halles, ce qui prouve bien qu’ils m’accordent le statut d’autochtone. Mais vous voyez la difficulté : même en restant chez soi, on a un peu de mal à ne pas être en vacances, alors imaginez sur le quai d’une gare avec une valise à roulettes…

Après de longues discussions et plusieurs idées pour partir en non-vacances, nous avons finalement trouvé. Nous irons à Lublin, en Pologne, là où j’ai abandonné ma famille en 1938. Personne ne se risquera à dire que ce seront des vacances.