lundi 27 août 2018

altruisme


Beaucoup sont surpris, moi en premier, que Mémoire et Vigilance, un si petit groupe, soit reçu par le Préfet, par la Chancellerie, par le président du Conseil départemental, par une députée, par des associations de victimes en Espagne, par des députés européennes, par des personnalités comme Fernando Savater. Un groupe d’une vingtaine de personnes.

 

Pourquoi ? La réponse est évidente : nous ne sommes pas nombreux, mais nous sommes les seuls. Les seuls à dénoncer la supercherie des blanchisseurs, la soumission des élus et des partis à la feuille de route des demi-soldes de l’ETA.

 

Que nos succès ne nous montent pas à la tête. Il suffirait qu’un parti, un groupe d’élus, une association connue, reprenne nos revendications, partage nos inquiétudes, pour que du jour au lendemain, nous disparaissions.

 

Nous sommes donc profondément altruistes. Par nos textes, nos actions, nos prises de position, nous travaillons jour après jour à notre disparition. Nous travaillons à l’avènement de ce jour béni où le Pays Basque en France sera à nouveau une terre pluraliste où se confronteront les identitaires et les républicains.

dimanche 26 août 2018

j'ai de la chance


J’ai de la chance. A un âge où beaucoup de mes amis sont morts, ou bien malades, ou bien impotents, ou séniles, ou plus préoccupés par le bruit que font les voisins que par les malheurs du monde, à un âge où l’important, c’est l’arthrose, où tomber sans pouvoir se relever est un incident beaucoup plus grave que le massacre des Kurdes, à un âge où l’on met le réveil le soir avant de se coucher pas pour être à l’heure, mais pour être certain de se réveiller, à une âge où une radio n’est pas un entretien avec France Bleue Pays Basque, mais un examen médical, à cet âge-là, je suis pris dans la tourmente d’une association dont l’objectif est d’empêcher qu’un territoire de trois provinces, de trois cent mille habitants, qu’on désigne par Iparralde si l’on est nationaliste, ou Pays Basque français si l’on est républicain, d’empêcher donc que ce territoire sombre dans un gouffre identitaire comme tant d’autres territoires ont sombré en Europe.

 

Je suis républicain, basque par adoption, basque par alliance, basque par habitation, géographiquement basque, culturellement cosmopolite. Je vis dans ce territoire où le nationalisme fut longtemps entravé par des actions terroristes qui mettaient la majorité des habitants mal à l’aise. Depuis 2011, les patriotes farouches se sont fatigués de tuer un gendarme par ci, un conseiller municipal par-là, sans rien obtenir d’autres que des condamnations politiques et pénales. Aujourd’hui, ces patriotes attendent leur libération, se demandent s’ils ont sacrifié les plus belles années de leur vie pour rien, bref, je n’aimerais pas être à leur place.  

 

Les indépendantistes s’étant ainsi débarrassés de leurs boulets, avec l’aide des polices françaises et espagnoles, l’aide des opinions de la société civile, et en dernier lieu l’aide d’une réflexion politique que la dynamite empêchait de fonctionner, se sont remis à mettre en regard leurs objectifs et les moyens non militaires de s’en approcher. Ils ne pouvaient pas se débarrasser de leurs prisonniers car leur engagement était à la fois un frein et une identité. Les ayant désarmés, il leur restait sur les bras des militaires dont la principale qualité étaient d’avoir renoncé à l’uniforme. Actifs, ils étaient encombrants. Inactifs, ils pouvaient servir de porte-drapeau. Le 11 novembre et le 14 juillet, la présence des anciens combattants est indispensable à toute cérémonie républicaine. Les indépendantistes leur ont donc accordé des médailles et demandé à la société toute entière de participer aux cérémonies du désarmement.

 

Une bonne partie de la société basque française a suivi. Le Pays Basque a des montagnes, des guides, des brebis, des fromages, des côtes, une langue, des danses. Pourquoi pas des anciens combattants ? Pourvu qu’ils soient anciens et plus combattants, ils pouvaient décorer le paysage. Ils pouvaient aider les touristes à s’intégrer, les élus à devenir patriotes, les députés et les sénateurs à porter les couleurs de l’ikurina.

 

Cette évolution tranquille et apaisée ne pouvait fonctionner que dans la négation des crimes de l’organisation terroriste. Rien que d’écrire ces mots, la terre tremble. Négation, comment, comme négationnistes ? Crimes ? Comment, comme criminels, comme bourreaux. Terroriste ? Comment, comment Daech ? Il fallait oublier leur barbarie, ne jamais regarder les souffrances de leurs victimes et de leur famille. Considérer les milliers de victimes et de morts de l’ETA comme s’ils étaient aussi lointains que les réfugiés rohingyas.

 

C’est ici que j’interviens. Excusez-moi de parler de moi. L’histoire est ainsi faite qu’elle se développe souvent dans les interstices. Dans cette unanimité mémorielle et politique, ma situation d’historien de la terreur et de jacobin convaincu m’a lancé dans une bataille d’abord solitaire, puis un peu moins solitaire, mais toujours très minoritaire. Les débuts furent difficiles. Le territoire se partageait en distinguait plusieurs camps. Le camp majoritaire, très majoritaire estimait que le glissement identitaire était une menace lointaine et ne valait pas la peine qu’on s’en occupât. Les habitants des villas côtières continuaient ainsi tranquillement à se baigner dans leur piscine insensibles à la tectonique des plaques. Après nous l’effondrement. Donc, ces demandes adressées aux élus de prendre contact avec les victimes, ces demandes aux partis de ne pas aller manifester avec des terroristes non repentis, ces demandes de faire partie de l’Europe et du monde, ces demandes bruyantes et isolées ne rencontraient guère de réponse. Quelques clics sur la toile, quelques commentaires. Parfois un débat dans La semaine du Pays Basque, un entretien sur un bouquin paru. C’était le temps heureux du splendide isolement. Tout seul, vous écriviez ce que vous vouliez, tout seul, vous manifestiez, vous preniez la parole. Certains ont appris mon nom. Tout était tranquille. Les nationalistes me considéraient avec amusement, leurs complices étaient un peu plus irrités, j’étais leur poil à gratter. On souriait quand je levais la main, enfin, j’allais leur fournir le spectacle attendu. De temps en temps, ça grognait, ceux qui ne me connaissaient pas encore. Ceux qui me connaissaient les faisaient taire, laissez-le il fait son numéro.

 

Voilà qu’à force de taper, l’inattendu, l’irréparable, le cauchemar, la malédiction, l’enfer, la catastrophe, tout en même temps, sont arrivés. Je n’étais plus seul. On s’est rencontrés, on s’est reconnus, on s’est perdus de vue, on s’est retrouvés. Je n’étais plus seul. Nous étions un groupe. Certes pas nombreux, mais un groupe. On a porté des parapluies pour protester contre la hache. Le préfet a voulu rencontrer les porteurs de parapluie et il a fallu désigner une délégation, choisir. Puis les associations de victimes nous ont vus à la télé, dans les journaux, surtout espagnols, elles nous ont écrit. Qui étions-nous ? Puis des élus, des intellectuels espagnols. Bref le ciel nous est tombé sur la tête. Entre les journalistes, les interviews, les délégations, les rencontres…Rendez-vous compte, nous étions vingt,  sans espoir de prompt renfort. L’un a dit, il faut tout discuter ensemble. L’autre a dit que la délégation n’était pas représentative. Un troisième a regretté une formule trop polémique, le quatrième lui a répondu qu’elle ne l’était pas assez. Nous n’étions pas assez, nous étions trop.

 

Entre le confort de la solitude et la complication d’un collectif même infime, il faut admettre que le collectif est plus efficace, mais bon sang, que c’est compliqué de se mettre d’accord. Il faut des statuts pour lutter contre des statues, il faut un bureau, il faut voter. Il y a des egos et pas d’égaux, des engagements divers. Franchement, je n’arrive pas à faire face. Je ne sais pas dorloter les uns, apaiser les autres, bousculer le troisième. Pourtant on n’est pas nombreux. On parle de nous dans la presse. On a des photos dans les journaux. On donne l’impression d’être nombreux. Ce n’est pas vrai, on est une vingtaine et on s’énerve comme si on était cinq mille.

mardi 21 août 2018

pays laïque


La France est un pays laïque où religion et état sont séparés. Les fidèles doivent contribuer financièrement à l’entretien de leur église et aux salaires de leur personnel permanent.

 

Si l’on considère que le nationalisme est une religion, alors le Pays Basque français n’est pas un pays laïque. Le conseil d’agglomération et les mairies subventionnent des cours de langue basque (AEK) ou le Pays Basque français est Iparralde et la frontière disparaît entre France et Espagne, et de nombreuses manifestations nationalistes (culturelles, ou politiques, en faveur des presos…).

 

Dans un pays laïque, les fidèles, donc les nationalistes financent ces activités. D’ailleurs, les parents qui mettent leurs enfants dans une ikastola contribuent au financement.

 

Comment respecter la laïcité ? Allons voir du côté des pays du Nord. Dans le système anglo-saxon, on choisit l’inclusion et l’exclusion (« opt in » ou « opt out ». Dans les écoles du Royaume-Uni, la journée commence par un service religieux. Les parents qui ne souhaitent pas que leurs enfants participent à cette cérémonie doivent le signaler. (opt out). Dans le système syndical britannique, une partie de la cotisation va au Parti travailliste. Si un syndiqué ne souhaite pas cette participation, il doit le signaler (opt out). Dans les déclarations d’impôt en Allemagne, si vous ne déclarez pas votre volonté de « opt out », vous contribuez au financement du culte.

 

Donc, il suffirait que les conseils d’agglo et de la ville demandent aux contribuables s’ils acceptent de financer des activités nationalistes, comme des cours de langue où le Pays Basque est réunifié, par exemple. S’ils choisissent le « opt out », leurs impôts locaux seraient réduits d’autant.

 

Ainsi le Pays Basque français redeviendrait laïque, ce qui est me semble-t-il le souhait majoritaire.

 

mariez-les


Dans une tribune du monde du 21 août, Nancy Huston s’adresse au Pape François pour lui demander d’abolir le célibat des prêtres, comme moyen semble-t-il, de répondre aux agressions pédophiles par le clergé catholique. Comme si les agressions pédophiles étaient le fait d’adultes mâles privés d’activité sexuelle.

 

Mais que va dire Nancy Huston des agressions pédophiles découvertes récemment dans les milieux juifs intégristes, où pourtant les rabbins ont le droit de se marier ?

 

Et des agressions pédophiles par des adultes pères de famille respectables ?

 

 Ou par des pasteurs protestants ? Ou des imams ? Ou des enfants violés par des musulmans intégristes ? Tous mariés ?

et les instituteurs? tous mariés.
 

Non, décidément, ce n’est pas une bonne piste. Car ces agressions, pour l’auteure de l’article, seraient le résultat d’un manque, de frustration… Non, il s’agit d’agressions et de crimes. Weinstein, me semble-t-il n’était pas particulièrement frustré…

mercredi 15 août 2018

pays basque pensylvannie


 Dans l’état de Philadelphie, aux Etats-Unis, des dizaines de prêtres ont abusé de centaines d’enfants. Leur hiérarchie était au courant, elle a tout fait pour cacher les crimes. Pour éviter le face à face avec les victimes. Pour refuser le dialogue avec les victimes. La hiérarchie, les évêques, ont dialogué avec les auteurs des crimes, les ont mutés dans d’autres paroisses, ne les ont pas dénoncés à la police, n’ont pas voulu entendre les plaintes des familles. Cinquante ans plus tard, les victimes dénoncent et la hiérarchie vient se repentir. Des centaines de vie ont été massacrées. Si la hiérarchie catholique était intervenu plus tôt, si elle avait aussi longuement parlé avec les victimes qu’elle a dialogué avec leurs agresseurs, si elle avait puni avec toute la rigueur nécessaire ceux qui ont violé individuellement des enfants et collectivement des sociétés catholiques meurtries, elle aurait pu limiter les dégâts. Elle ne l’a pas voulu et cinquante plus tard, des évêques ridés, blanchis, éteints,  viennent se repentir d’une voix chevrotante.



            Au Pays Basque espagnol, une organisation terroriste, ETA, a violé la société basque, a tué 850 personnes, a fait des milliers de victimes, causé des dégâts considérables, individuels et collectifs.



            Au Pays Basque français, les élites politiques, les partis, les mouvements, vivaient dans un territoire épargné. Ils étaient tous au courant, ils ont tout fait pour ne pas voir, ne pas regarder, ne pas entendre. Ces élites ont dialogué avec les assassins, avec leur organisation, Ils ont demandé qu’ils soient mutés dans d’autres villes, rapprochés de leur famille. Elles n’ont pas voulu entendre les plaintes des victimes.



            Combien de temps, combien d’années faudra-t-il pour qu’un Max Brisson ridé, un Vincent Bru aux cheveux blancs, un Jean-René Etchegaray éteint, un Txetx à la voix chevrotante, viennent devant un micro pour se repentir, pour regretter de ne pas avoir dialogué avec les victimes, de ne pas avoir demandé à leurs bourreaux de se repentir, pour avoir nié net blanchi les agressions contre la société basque espagnole ?

dimanche 12 août 2018

histoires de statues


Les histoires officielles se développent en Europe, en Hongrie, en Pologne, en Russie. L’Etat participe à la promotion d’un récit national qui doit susciter la fierté du peuple. L’historien George Mink parle d’une étatisation de l’histoire. Partout, on peut parler des victimes mais pas des responsables, pas des bourreaux.



Chez nous, au Pays Basque français, les artisans de la paix et leurs complices construisent une histoire unanime où les victimes n’ont plus de bourreaux. Ils se félicitent de l’acceptation unanime de cette histoire blanchie.



Aux Etats-Unis, c’est l’anniversaire des émeutes de Charlottesville, le 12 août 2017. Des manifestants demandaient l’enlèvement de la statue du général Lee. Selon un historien nord-américain, les états esclavagistes avaient perdu la guerre, mais ils avaient gagné la paix et la statue de Lee était le symbole de cette victoire.


Mémoire et Vigilance, en obtenant le retrait de la sculpture de la hache, a pris date pour l’avenir. Il n’y aura pas de manifestation contre cette sculpture symbole de l’ETA parce que les manifestants ont empêché son érection. Mémoire et Vigilance continue d’œuvrer pour que les barbares de l’ETA, après avoir  perdu la guerre, ne puissent pas gagner la paix.

sans profession

 
Sans profession





            Dans les salles de mariage, dans les prétoires de justice, dans les commissariats, dans les amphithéâtres, devant les jurys d’examen et les conseils en recrutement, devant les guichets des élections, dans les bureaux de déclaration de vie ou de mort, dans les demandes de prêt pour acheter une maison, dans les formulaires d’inscription pour un concours administratif, dans les biographies officielles ou dans les personnages de roman, l’état-civil occupe une place centrale.  Né le xxx, à xxx, France, marié, divorcé, veuf, ingénieur, médecin généraliste, domicilié à xxx. Et puis au milieu de ces renseignements précieux pour un état qui soigne ou qui réprime, qui éduque ou exclut, tout à coup claque une expression qui néantise la vie d’une personne.

Sans profession.

Rien. Comme on efface une personne qui a écrit des poèmes, qui répare les voitures, qui fait le tour du monde, par deux mots : « sans diplôme ».

Comme on abolit une personne qui tient commerce de vêtements, qui dirige une chorale, qui entretient une forêt, qui fonde une famille, qui rénove des appartements, qui élève des enfants, par deux mots : « sans papier ».

Donc dans cette salle de mariage, dans ce tribunal, la personne est sans profession. Elle a suivi des études, acquis un diplôme de haut niveau, l’a exercé pendant plusieurs années, puis elle a arrêté ses activités salariées pour se consacrer à deux ou trois enfants. Quand les enfants ont grandi, elle est devenue bénévole d’une association caritative, elle a aidé des scolaires en perdition et l’ensemble de cette vie d’une grande diversité et d’une grande richesse est englouti dans deux mots : « sans profession ».

Dans la grande majorité évidemment, ce sont des femmes. Si des situations similaires étiquetaient majoritairement des hommes, soyons assurés qu’on aurait trouvé depuis longtemps une expression plus valorisante que « sans profession ».

vendredi 10 août 2018

fantômes


Si tous mes manuscrits se publiaient, si toutes mes douleurs s’apaisaient, si tous ceux que j’aime m’aimaient, si les passants sur les trottoirs demandaient pardon de m’avoir bousculé,  si la température oscillait entre 18 degrés la nuit et 25 degrés la journée, si mes oreilles percevaient le bruit d’une limace digérant une feuille de salade, si mes yeux voyaient depuis l’Arc de Triomphe le slogan accroché à l’Arche de la Défense, si Aube dorée, Ligue du Nord et Rassemblement national s’effondraient aux élections, si les grandes entreprises construisaient des logements sociaux et des Palais de la Culture, si les migrants trouvaient des raisons de ne pas migrer, si les trottoirs où je me déplace étaient plats et antidérapants, si les voitures s’arrêtaient aux passages piétons, si l’ordinateur ne traînait pas tant à s’ouvrir, si je pouvais remonter le temps, si je pouvais arrêter les aiguilles, si le travail était une fête et les jours de repos une corvée, si les mouettes me laissaient dormir, si les voitures étaient électriques, si les autoroutes devenaient des pistes cyclables, si les banques rouvraient leurs guichets, si le site d’aide en cas de panne informatique répondait après cinq sonneries pas plus, si le message important parvenait à destination même s’il manquait un trait d’union, si le rendez-vous chez le médecin s’offrait dans l’après-midi même, si tous les enfants de la famille proche ou recomposée obtenaient le baccalauréat avec la mention très bien, si l’on pouvait transférer tous les morceaux de musique de l’ordinateur jusqu’au baladeur sans transpirer, si les oreillettes pour malentendants étaient autonettoyantes, comme les fours à pyrolyse, si l’on pouvait manger du Maroilles sans cholestérol et boire du champagne sans cristaux d’acide urique,  si le bébé dans le train s’arrêtait de hurler, si le vent n’arrachait pas les feuilles du journal que vous vous prépariez à lire devant une tasse de café, si la tasse de café ne se renversait pas sur le pantalon immaculé…



Ce serait une catastrophe.  En effet, cette longue liste de malheurs explique la boule dans l’estomac, la pression dans la poitrine, le léger vertige au lever du matin. Or, je sais bien que la boule dans l’estomac, la pression dans la poitrine, le léger vertige du matin, ne disparaîtront pas avec tous ces malheurs que l’on croit explicatifs. Avec leur disparition ne resteront que d’étranges symptômes qu’il était si confortable d’expliquer. Ne resteront alors que des angoisses transparentes, des angoisses pures, détachées du monde réel, des angoisses sans rime ni raison.



Remercions les malheurs du monde de ne jamais nous laisser seuls devant nos fantômes.

mercredi 8 août 2018

esprit biarritz, où es-tu?


Esprit Biarritz est un lieu de discussion politique et de formation citoyenne.



Je reçois de Guy Lafite un texte expliquant son vote favorable au bail signé pour l’hôtel du Palais. Ce texte est envoyé aux membres d’Esprit Biarritz, un lieu de discussion politique et de formation citoyenne.



Si j’ai bien compris un texte très argumenté, Guy Lafite nous explique pourquoi il fallait voter pour sans que jamais Esprit Biarritz n’ait discuté des arguments contradictoires. J’ai lu des déclarations de membres d’Esprit Biarritz qui aboutissent à la conclusion contraire, mais jamais leurs arguments n’ont été discutés.



Esprit Biarritz est un lieu de discussion politique et de formation citoyenne.



Je n’ai pas compétence pour intervenir dans la discussion, mais j’aurais aimé en acquérir dans un lieu de discussion politique et de formation citoyenne.



Deux remarques : il n’existe en France aucune ville de moins de vingt-cinq mille habitants qui soit propriétaire d’un lieu comme l’hôtel du Palais. Il aurait fallu le vendre depuis longtemps et il n’est peut-être pas trop tard. En tous cas, la discussion en cours, la fracture de la majorité, le ralliement d’une opposition que tout oppose à nos conceptions d’une ville à la fois tourisme haut de gamme et action sociale, semblnte confirmer que cette gouvernance est hors de portée d’une ville comme la nôtre.



Deuxième remarque : quand des questions sont posées sur le lancement du programme de logements sociaux à Aguilera, (centrale de notre identité d’Esprit Biarritz) la réponse est consternante : c’est impossible parce que le PLU dépend de la communauté d’agglo,  que c’est difficile, que c’est impossible.



Alors je compare. Pour le Palais, des discussions depuis plus de trois ans. Des rapports commandés à des experts, des cabinets d’avocats qui se déplacent, des banques qui négocient, des milliers de pages, des rapports discutés, des heures de discussion. Des élus qui s’étripent. Qui changent de position.



Pour les logements sociaux à Aguilera, rien. Juste : « c’est impossible, le PLU ne peut pas être changé ». Alors, j’imagine une campagne de discussion aussi intense que celle sur le Palais, des rapports d’expert, des discussions au sein de la communauté d’agglo, des consultations de cabinets d’avocats, des déclarations à la presse, des investissements en temps en argent aussi considérable que pour l’hôtel du Palais, et je me dis que peut-être, pas certain, mais que peut-être on aurait avancé sur le dossier des logements sociaux à Aguilera.



Un conseil en conclusion : si vous êtes citoyen et que vous voulez intervenir dans la vie politique, ne pas se plaindre, ne pas déplorer, ne pas accuser, ne pas gémir. Parler et agir. C’est à la portée de tous. Les responsables qui savent tout n’aimeront pas, mais ils devront faire avec.








lundi 6 août 2018

etats ethniques


La communauté d’agglo du Pays Basque adopte des règlementations qui graveraient dans le marbre le caractère basque de cette agglo, transformant les minorités du territoire en citoyens de seconde zone. Ces mesures risquent de provoquer une vraie fracture au sein de la population vivant au Pays basque. En donnant un caractère officiel à la langue basque, en créant un statut de résident, En faisant de la population du territoire des alliés des terroristes basques emprisonnés, en faisant porter aux élus un signe distinctif pour ceux qui parlent basque, Ces mesures, selon David Grossman, sont le résultat d’un « complexe de supériorité ethnique, de la frénésie de barboter dans je ne sais quel « nous » auto justificateur, nationaliste, de nature à expulser du « foyer » tous ceux qui ne sont pas « nous ».  



Mais peut-être que cette loi va nous faire un bien énorme en dévoilant à tous où nous sommes parvenus, où le Pays Basque a sombré. Cette loi va ébranler enfin tous ceux parmi nous qui tremblent pour le Pays Basque, son esprit, son ouverture sur le monde. Ils se réveilleront pour mener le bon combat, un combat profond, entre ceux qui ont succombé à la tentation nationaliste et ceux qui espèrent encore. Entre les manipulations et l’intimidation, et ceux qui s’y opposent.



Excusez-moi, je mélange tout. David Grossman parle de la loi prévue par Netanyahou faisant d’Israël un état ethnique.