vendredi 8 mars 2019

progressophobie


Steven Pinker, Le triomphe des lumières, Les Arènes, 2019



D’un côté, tout va très mal. La guerre, la pollution le réchauffement climatique, le mondialisme, la perte des traditions. Pour Steven Pinker : la violence et la criminalité ne cessent de reculer. Les progrès de la médecine rendent la vie des terriens plus supportable et plus intéressante. Santé, éducation, niveau de vie, sécurité, droits de l’homme, démocratie : tout a avancé dans les trois derniers siècles. L’espérance de vie est passée de 40 à 70 ans. Il y a cent cinquante ans, 90¨de l’humanité vivait dans l’extrême pauvreté. Aujourd’hui : 10%. La majorité des humains vit en démocratie.

 Pourquoi le refus de reconnaître ces avancées  (que l’auteur nomme « progressophobie ») ? D’abord parce ce que chacun juge en fonction de son expérience personnelle et pas selon des études documentées. Ensuite : chacun choisit les évènements en fonction de ses propres convictions. Particulièrement évident chez les extrêmes politiques : l’état de la société est exécrable, il ne peut que s’aggraver. Ils diffusent les informations les plus alarmantes et taisent les autres.

Un livre utile contre droite conservatrice qui veut revenir aux valeurs traditionnelles et de s’enfermer dans les frontières. Utile aussi pour montrer que le capitalisme industriel dès lors qu’il est régulé, dès lors que les excès sont compensés par un état providence, est de loin le système le plus sûr pour améliorer la condition des  plus pauvres. Thèse démontrée par la prospérité des nations développées et par la réduction rapide de l’extrême pauvreté dans les pays émergents.

(Ce texte est un résumé de la recension du livre de Pinker par Laurent Joffrin, libération 7 novembre 2019.)

Je ne cesse de rappeler une discussion avec des vendeurs de Lutte Ouvrière, au métro Château Rouge. J’avais parié dix euros avec Brigitte. Ecoutez la suite : je m’approche des vendeurs et je leur pose la question suivante : y-a-t-il eu dans les cinquante dernières une mesure favorable aux travailleurs ? Une seule ? Ils sont trois. Ils discutent entre eux. Puis reviennent me voir. Non, pas une seule. Brigitte me tend son billet de dix euros.

jeudi 7 mars 2019

je suis de souche


Ce matin jeudi 7 mars 2019 j’entends l’interview de Jérôme Fourquet sur France Inter. Il vient de publier un livre au Seuil L’archipel français, sur une France comme archipel, une France morcelée. Il donne en exemple les prénoms qui se diversifient alors qu’avant les parents donnaient des prénoms « français ». Ou la religion, qui tenait la société. Ou la gauche et la droite dont les articles étaient bien rangées dans tous les rayons. Tout fout le camp, et il devient difficile de faire société. La religion, les grands récits politiques s’écroulent. Un pays partagé entre ceux qui profitent de la mondialisation et ceux qui sont laissés sur le carreau. Entre le centre qui est nulle part et les périphéries partout.

Ces idées sont reprises en boucle. Elles sont l’avantage de tout expliquer simplement. Répétées, elles deviennent vérité. Les gilets jaunes c’est la périphérie abandonnée, Macron, c’est le mondialisme. Un jour viendra le grand clash. Entre Kevin et Aziz d’un côté et Emmanuel et Edouard de l ‘autre.

Oui, je sais, je devrais d’abord lire le livre, puis réagir. J’avoue. Je ne lirai pas le livre, comme je n’ai pas lu Eric Zemmour, ni Alain Finkielkraut, tous ces livres qui montrent l’écroulement d’une France unie, somptueuse, chrétienne, communiste, cette France qui se déglingue devant nos yeux. Je lirai François Dubet ou Jacques Levy. Des auteurs qui pensent que l’unité nationale n’est pas menacée par l’immigration, par l’écroulement des valeurs anciennes,  par la mondialisation.

Au contraire des catastrophismes à la mode, j’ai l’impression d’assister à une grande délivrance. Dans tous les domaines. Culturelle, politique. Cette grande libération est source d’angoisse, de nostalgie, de colères, de frustration. Les inquiets de partout vont chercher ailleurs des raisons de tranquillité. Voyez comme la Russie est  tranquille et unie avec Poutine. Voyez comme la Pologne assassine tranquillement le maire de Gdansk sans remous majeur. Et Orban, en voilà un qui dirige un pays qui n’est pas un archipel, mais un bloc de béton armé. Et Erdogan. Et Trump.

En contre-exemple, l’Irlande qui était un havre de paix et de communion se disloque. Voici un territoire béni des Dieux où tout le monde était catholique, tout le monde s’appelait Sean ou Deirdre, se retrouvait tous les dimanches à la messe, votait nationaliste de gauche ou nationaliste de droite, où les couples restaient unis pour le meilleur et pour le pire, où une bonne sœur violée par un prêtre n’avait pas le droit d’avorter. Avec la mondialisation, la République d’Irlande a maintenant un Premier ministre, Leo Varadkar, né d’un père indien, dont le prénom n’est pas gaélique, jeune, homosexuel. Les familles se défont grâce à la loi qui permet le divorce. L’Irlande vertueuse est devenue Sodome depuis que les contraceptifs sont légaux, et l’IVG possible. C’est ça que vous voulez ? demandent Eric Zemmour, Laurent Wauquier et Dupont d’Aignan ?

Oui, c’est ça que je veux. Parce je suis né de parents juifs émigrés venus de Pologne. Autour de moi, on parlait  de racines, de cimetières où sont enterrés grands-parents, et d’une place réservée dans le caveau familial, plus importante encore que la chambre de l’EHPAD.

 Dès le départ, je n’ai pas eu de racines, de famille immigrée sans papier je n’ai pas pu planter ces précieuses racines, qui s’alimentant de relations avec les bureaux d’état-civil, des jeux dans la cour de maternelle, de discussions au coin du feu, de personnes rencontrées qui pincent la joue et disent « j’ai bien connu ton grand-père ».

Ce qui est partout dénoncé comme une déliquescence est une évolution qui me tranquillise. Qui étudie les mouvements de population pendant ma durée de vie se rendra compte que l’énorme pourcentage des habitants a migré, de la campagne à la ville, d’une ville à l’autre, d’un pays à l’autre. Regardez autour de vous. En vous rappelant que ce n’est pas une preuve. Juste une impression. Dans votre ville, ceux qui sont natifs sont la minorité. Nos enfants sont partis travailler dans la grande ville. Nos petits-enfants vont étudier en Irlande, en Australie, aux Etats-Unis, en Norvège. Beaucoup vont faire souche ailleurs. Et les Français de souche plus que les autres. En fait ceux qui veulent vraiment faire souche en France sont les migrants. Par millions, les Français, comme les Britanniques, comme les Allemands, vont s’installer en pays étranger. On n’a jamais autant exalté la campagne que pendant la révolution industrielle quand la campagne se vidait. On n’a jamais autant parlé de souche que pendant l’époque contemporaine où les souches se dissolvent. D’être descendant de migrant me rend désormais majoritaire.

La France n’est pas divisée, n’est pas morcelée. Elle se diversifie, elle intègre, elle assimile. Grâce à cette évolution, plus de souche que moi tu meurs.

 

provocation


Un jeune homme a été arrêté pour avoir tagué des croix gammées sur une rame de métro. Interrogé sur les raisons de son acte, il répond qu’il aurait pu tout aussi bien taguer faucille et marteau. Il voulait simplement provoquer.



Son hésitation donne penser. Ce jeune homme pensait qu’il provoquerait plus avec une croix gammée qu’avec la faucille et le marteau. Avait-il raison ? Et s’il avait raison, pourquoi ?



Si l’on prend comme critère de provocation le nombre de Juifs massacrés, la croix gammée l’emporte. Si l’on prend comme critère le nombre de communistes massacrés, la faucille et le marteau est largement en tête.  



Si l’on prend comme critère le nombre de morts global, guerre, famines, extermination, les deux camps arrivent à égalité.



Alors pourquoi la croix gammée est-elle plus provocante que la faucille et le marteau ? Pourquoi les touristes se font photographier sur la Place Rouge aux côtés de clones de Staline et de Lénine alors qu’à Berlin, on imagine mal proposer aux touristes de se faire photographier aux côtés de sosies d’Hitler ou de Goebbels ?



La réponse à cette terrible question est peut-être dans cette réalité : On a fait témoigner dans les écoles des rescapés des camps de la mort nazis et jamais des rescapés du goulag. Et Pourquoi cette remarque est-elle prise pour une provocation ?  

dimanche 3 mars 2019

qui est en danger?


Moi, personnellement, je ne demande rien à personne. Je suis né de parents juifs polonais habitant Lublin (pas Dublin, mais ce n’est quand même pas un hasard si je fus attiré plus tard par l’Irlande et ses troubles). Ils sont arrivés en France dans les années 1930 et je naquis en 1933 pour les aider à conserver le droit de vivre dans ce beau pays. Si j’ai bien compris, je suis né à Lille et ils obtinrent un titre de séjour à condition de quitter cette métropole et d’aller vivre dans une ville moyenne. Ce fut Saint-Quentin, dans l’Aisne. Je passais mon enfance jusqu’à six ans dans cette ville picarde dont l’hôtel de ville est de style flamand. Pendant la guerre, la seconde mondiale, la Picardie fut déclarée zone militaire par les autorités allemandes et la famille dont je portais le nom, moins le père qui traversa la frontière suisse et vécut dans ce pays neutre jusqu’à la libération, se réfugia d’abord à Paris puis dans la Creuse. Après la guerre, toute la famille, mes parents, moi et mes deux sœurs revinrent à Saint-Quentin où je terminais mes études secondaires. Par rapport à beaucoup de gens qui habitaient dans des zones de guerre, et même encore aujourd’hui, quand je regarde les informations sur des pays africains ou sud-américains, il n’y a vraiment pas de quoi meubler les longues soirées d’hiver et heureusement que Trump et les gilets jaunes s’agitent sur l’écran plat qui mord sur l’un des tableaux de mon fils cadet, Robin.

Je ne demande rien à personne. J’ai fait des études, je me suis marié, j’ai eu trois enfants alors que je n’étais pas obligé par les lois définissant l’appartenance nationale. Pas tout à fait par hasard, j’ai épousé l’orpheline d’une mère morte jeune, puis belle-fille d’une belle-mère déportée, morte en déportation, puis belle-fille d’une déportée survivante. Autour de moi, des vivants que certains appelaient des survivants. Toute ma famille restée en Pologne, oncles, cousins, tantes, grands-parents, ont disparu. La déportation qui pour beaucoup est un mot abstrait un danger auquel j’avais échappé. C’est pourquoi je pleure assez facilement quand passe au cinéma ou à la télévision des films sur la période de la guerre, des films sur la déportation. Cette facilité lacrymale déborde sur d’autres scènes de cinéma, par exemple quand Bambi perd sa maman, ou quand Raimu le boulanger morigène Pomponette. 

Je ne demande rien à personne. J’ai eu une vie, comme tout le monde. On me demande parfois ce que ça veut dire pour moi d’être juif. Je réponds de manière variable selon l’air du temps. Aujourd’hui, 2 mars 2019, je réponds deux choses. Premièrement, je suis juif parce que je pleure plus facilement devant les images d’enfants juifs déportés que devant les scènes de famine dans un pays africain. Je n’en suis pas fier, mais les larmes ne se contrôlent pas et ce sont des instants d’émotion qui me révèlent. Deuxièmement, je suis juif parce que de temps en temps, quelqu’un me demande ce que ça veut dire pour moi d’être juif. On ne me demande jamais ce que signifie pour moi d’être kabyle ou luxembourgeois.

Après de nombreuses péripéties, je me suis retrouvé au Pays Basque français aux côtés d’une chrétienne dont certains amis refusent d’accepter que c’est le hasard qui m’a fait rencontrer cette personne élevée par les Dames de Sion. Ça me fait rigoler. Comme si existait dans l’univers un site de rencontres entre juifs laïcs et anciennes élèves des Dames de Sion. On peut toujours affirmer que je m’intéresse à l’Irlande parce que Lublin résonne comme Dublin. Je connais des spécialistes de l’histoire bretonne qui sont nés à Brest-Litovsk. Tout cela est franchement ridicule.

Je ne demande rien à personne. Je ne suis pas insulté, discriminé. Peut-être un petit peu comme Parisien dans une portion de France où des séparatistes ont une certaine influence. Limitée. Moins de dix pour cent.

Et maintenant tout ce ramdam. Des musulmans qui entrent dans des écoles juives et tuent des enfants parce qu’ils sont juifs. Qui entrent dans une boutique kasher et tuent les clients. Puis des manifestants qui insultent Alain Finkielkraut et le traitent de sioniste. Des cimetières où des énergumènes dessinent des croix gammées sur des tombes. Des manifestations contre l’antisémitisme. Des discussions pour savoir si antisioniste et antisémite c’est la même chose. Bien sûr que je vais à ces manifestations. Et dans ces regroupements autour des plaques commémoratives, les gens qui me connaissent me serrent la main plus fort, ou me mettent la main sur l’épaule, les dames m’embrassent en me serrant davantage, des gens que je ne connais pas me saluent en prenant l’air inspiré. Qu’est-ce qu’ils ont tous ? Je ne leur demande rien. Ils croient que je suis en danger. Ils n’ont rien compris. Ce sont eux qui sont en danger. En grave danger.  

Des penseurs sérieux veulent me persuader que le danger menace les Juifs, et pas les autres. Jean Birnbaum, « l’expulsion silencieuse des Juifs d’Europe » le monde 1 mars 2019) recense des livres érudits. Jean-Claude Milner, (Les penchants criminels de l’Europe démocratique, 2003), affirmait qu’en Europe, Juif était devenu « un problème à résoudre ». Il concluait : l’Europe est un lieu où après le génocide, « les corps juifs sont voués à disparaître ».  En 2019 paraît un livre écho : du sociologue Danny Trom la France sans les juifs, émancipation, extermination, expulsion, PUF. Les clameurs et les actes violents se sont multipliés. Ces actions contre les juifs sont un « mouvement social avec ses slogans, ses intellectuels. Voir le succès de Dieudonné. Un mouvement assez efficace pour que les juifs comprennent et se mettent à partir. Ils partent des quartiers où leur vie est devenue impossible. Ils quittent la France pour l’étranger et pour Israël. La France pour les juifs est devenue terre d’émigration ; Phénomène qui pourrait préfigurer la fin de leur présence en Europe. Déjà Emmanuel Todd écrivait : le problème numéro un de la société française est celui de la diffusion de l’antisémitisme dans les banlieues. Le livre de Houellebecq soumission vient appuyer cette thèse. Les juifs quittent la France. Sans compter bien sûr les valeurs sûres que sont les essayistes Zemmour et Finkielkraut, pour qui l’immigration musulmane est en train de transformer la France en pays où les Juifs ne pourront plus vivre.

Je dis halte ! Les Juifs ne sont pas en danger en France. Les peuples en danger, les mouvements en danger, les communautés en danger, sont ceux qui croient avoir trouvé dans la haine des juifs la solution à tous leurs problèmes. Jetez un regard circulaire sur le monde. Les pays qui ont chassé les juifs ne sont pas du tout en bonne santé. Leur économie, leur culture, leur niveau de vie, la situation des femmes, le respect des autres, vont mal. D’avoir chassé les juifs, ils sont les premiers à souffrir. Quand l’URSS et les pays du socialisme réellement destructeur sont devenus des pays où les juifs étaient mal vus, l’ensemble de leur société s’est abimé, dans tous les domaines. Les quartiers qui vont le plus mal en France, ceux où la misère, le chômage, le désespoir, les trafics, se sont le plus développés, sont les quartiers où il y la plus d’antisémitisme. Aux Etats-Unis, Le mouvement social des Afro-américains s’est affaibli, s’est abimé, quand il a cru trouver un bouc–émissaire chez les juifs américains. Et voyez comment l’indice le plus sûr d’un déclin du mouvement des gilets jaunes est son acceptation en son sein de la haine antisémite. La règle ne souffre pas d’exception. Certains israéliens disent qu’Israël va mal parce qu’il n’y plus de juifs dans ce pays, rien que des Israéliens. 

Je ne me sens pas en danger comme juif. Je me sens en danger comme citoyen français de l’irruption dans le débat national de sentiments antisémites. J’irai bien entendu manifester avec d’autres Français contre les actes antisémites. Et dans ces regroupements autour des plaques commémoratives, je serrerai plus fort les mains des Français, le mettrai ma main sur leur épaule, j’embrasserai plus fort les dames et je regarderai tous ces gens en prenant un air inspiré. Je crois qu’ils ont besoin de ma solidarité.

vendredi 1 mars 2019

la secte


La secte





Un débat se mène sur la chaîne France 5, après la diffusion d’un documentaire sur Che Guevara réalisé par Tancrède Ramonet. Y participent André Chassaigne, député communiste, le réalisateur Ramonet et Pierre Rigoulot, historien du communisme.



            Le documentaire dresse un mausolée à celui qui est considéré par ses adversaires comme un militant sanguinaire, comme le destructeur de l’économie cubaine, l’initiateur de dizaines de tentatives de guérillas avortées. Pour connaître la vie de cet homme, lisez sa biographie par Jacobo Machover, La face cachée du Che. Pierre Rigoulot fut plus critique dans le débat, mais face à deux militants déterminés, il apparaissait pâlot.



            Le débat ne manqua pas d’intérêt. Pour comprendre la mutation d’une suite d’échecs et de sacrifices vains en icône de la révolution mondiale. On a souvent comparé le Che et Jésus-Christ. La photo du Che sur son lit de mort, redressée verticalement, serait effectivement proche d’une crucifixion. Mais la comparaison s’arrête là. Jésus-Christ guérissait les malades, le Che torturait les dissidents. Jésus-Christ multipliait les pains, le Che organisait la pénurie. Jésus-Christ marchait sur l’eau, le Che noyait l’agriculture. Jésus-Christ rassemblait ses disciples, le Che les éliminait. Les succès de Jésus expliquent l’immense succès de l’église chrétienne. Les échecs du Che ne pouvaient être suivis que par une secte déclinante.



            Effectivement, André Chassaigne député communiste et Tancrède Ramonet, tous deux révolutionnaires, apparaissaient comme les membres d’une secte. Dans un monde dominé par les forces du mal, impérialisme américain et capitalisme spéculatif, le Che est Capitaine Révolution, il vole de foyer en foyer allumer les incendies, il donne l’exemple à son peuple en allant travailler volontairement dans les champs et les usines cubaines, il met fin à l’apartheid en Afrique du Sud, combat pour les révolutions en Angola, en Bolivie. Que toutes ces actions soient autant d’échecs ne gênent pas les gourous Chassaigne et Ramonet. Qu’importe la chute pourvu qu’on ait l’envol.



            Partout où les théories de ces gourous ont triomphé, ce fut la catastrophe. Famines  soviétiques ou maoïstes, massacres et camps partout. Le principal avantage du Che est qu’il est mort jeune. On peut porter son portrait sur un tee-shirt, on peut le porter aux nues dans un studio de télé. Plus difficile d’exalter Pol Pot, Beria and C°.

lundi 25 février 2019

gaspillage


Gaspillage



Dans tous les tuyaux où circulent l’information, le gaspillage occupe une place de choix. Les grands magasins jettent tous les soirs des denrées alimentaires dont le volume est calculé par des agences spécialisées. Les familles se débarrassent dans leur poubelle de milliers de mètres cubes de plats cuisinés. Sans compter les obsolescences programmées par les fabricants de téléphones et de réfrigérateurs qui entassent des montagnes d’objets ménagers dans les déchetteries qui débordent.

Je souhaite aborder ici un domaine de gaspillage trop rarement abordé. Le gaspillage des heures de stationnement. Hier, lundi, nous sommes allées déguster des tapas à Fontarabie. Nous avons déposé la voiture dans le parking d’Hendaye qui jouxte la navette maritime. J’ai introduit ma carte bancaire dans la fente prévue et tapé six heures. Quatre heures plus tard, nous avions dégusté chipirones y tortillas, visité la grand rue, repris la navette. Il nous restait deux heures. Deux heures de stationnement jetées par-dessus bord, deux heures gâchées. Je répugnais à une telle perte. Je proposais une solution toute simple : restons dans la voiture jusqu’à épuisement des deux heures restantes, on va envoyer des SMS, jouer avec notre téléphone, lire un chapitre, bavarder peut-être et deux heures sont vite passées. Mes partenaires de randonnée, insouciantes, décidèrent de partir tout de suite sans tenir compte des deux heures inutilisées, mais bel et bien payées. J’eus beau argumenter. Proposer même de rester seul sur la zone de parking, je n’obtins en réponse que de méprisantes poufferies.

La solution à ce problème est pourtant évidente. Soit on donne les deux heures restantes à un autre aspirant stationneur. Soit on restitue les deux heures restantes à la machine qui vous les fait payer double pour vous apprendre à ne plus gaspiller d’heures de stationnement à l’avenir.

samedi 23 février 2019

antisémite ou antisioniste


Dans les années 1980, j’étais universitaire à Paris VIII (Vincennes) et journaliste à France nouvelle. France nouvelle était l’hebdomadaire du PCF. En ces années troublées, le PCF retrouvait le chemin de Moscou, approuvait l’intervention soviétique en Afghanistan, estimait le bilan du socialisme globalement positif et rompait avec la politique d’union de la gauche. Après le dégel des années 1970 revenait le temps des glaciations.

Le comité de rédaction de l’hebdo communiste était en ébullition. La majorité des journalistes était opposé à ce retour suicidaire vers l’orthodoxie. Yvonne Quilès, Jean Tornikian, Jean Rony, François Hincker, Gérard Belloin et moi-même, menaient le combat, discutaient pied à pied avec le directeur figé, les articles allaient  à la poubelle, les insultes volaient. On ne s’ennuyait pas.

La direction du PCF décida d’envoyer au front des jeunes journalistes fidèles de la direction (Georges Marchais était secrétaire, rappelez-vous). Parmi ces missionnaires cuirassés, Dominique Vidal. Il nous expliquait tous les lundis matins, le jour du comité de rédaction, comment les socialistes étaient des traîtres et que nous étions leurs complices. Dominique Vidal est aujourd’hui journaliste au Monde diplomatique, le seul journal communiste qui reste en France, le seul endroit dans notre pays où Cuba est un modèle et le Venezuela admirable. Dominique Vidal s’est spécialisé dans le conflit au Moyen-Orient, il pourfend la politique d’Israël, défend les Palestiniens. Dans ce conflit qui a besoin de questions, il fait partie de ceux qui apportent des réponses. Il a choisi son camp. Choisir son camp, c’est prolonger la guerre. Comme ceux qui choisissaient l’IRA contre les unionistes d’Irlande du Nord, ceux qui choisissaient l’ETA contre la population basque. Aujourd’hui, ce prolongateur de conflit, ce verseur d’huile sur les brasiers apparaît dans les médias pour expliquer que l’insulte « sioniste » n’est pas antisémite. Sale sioniste n’est pas une insulte raciste.

Ce préambule pour expliquer l’envie qui m’a pris d’entrer dans ce débat. Fort de mon expérience dans les conflits insolubles, armé de mes recherches sur les conflits ethnicisés, porteur de mes études sur les aléas de la xénophobie, du racisme, de la haine ethnique, je vais vous donner mon avis. Je vais plus loin : dans le débat qui agite aujourd’hui, pendant plusieurs jours encore, la question de l’antisémitisme. Où l’on discute pour savoir ce qui est antisémite ou pas, je connais la réponse. Je sais comment intervenir et je vais vous l’expliquer. C’est une simplicité que je n’ose pas qualifier de biblique sous peine de trop me dévoiler.

Voici la question : si un gilet jaune traite un Juif de sioniste et lui demande de rentrer chez lui, est-ce une insulte raciste ? Est-ce antisémite ? Le débat est difficile. On se noie très vite dans des arguties. En effet, dans ce cas précis, le gilet crie : espèce de sioniste, rentrez chez vous, ce slogan demande au Juif de retourner en Israël, donc, en fait, c’est un slogan sioniste. Les sionistes demandaient aux Juifs de créer un état juif. En disant aux Juifs de « retourner chez eux », le gilet jaune est sioniste. Comment peut-on être sioniste et antisémite ? Vous comprenez que les arguments raisonnables peinent à exister dans le feu de cette discussion.

Voici ma réponse. Une suggestion. Qui est le plus à même d’interpréter son cri de haine. Qui, sinon celui qui le prononce ? Pour savoir si sa diatribe est antisémite, il suffit de lui demander. A celui qui crie. C’est tout simple. Gilet jaune, quand tu as crié à Alain Finkielkraut « sale sioniste, rentre chez toi », est-ce que tu voulais dire que tu reprochais à ce monsieur de soutenir l’existence de l’état d’Israël ?  Voulais-tu dire que tu étais d’accord avec les sionistes qui demandaient aux Juifs de « rentrer chez eux » ? Voulais-tu dire que les Juifs doivent tous vivre en Israël ? Ou bien, comme dans la Russie d’après-guerre, utilises-tu l’adjectif sioniste à la place de « Juif » auquel cas il devient une insulte raciste.

Je ne demande pas l’impunité, la passivité. Je demande la clarté. La police doit poursuivre et la justice condamner les actes et les paroles antisémites. Donc, la première arrête et interroge. Monsieur Gilet Jaune, par vos paroles, avez-vous pris position dans le débat des années trente entre les Juifs sionistes et les Juifs socialistes qui voulaient s’intégrer dans le pays où ils vivaient ? Etes-vous d’accord avec Hertzl ou avec le Bund ? Ou peut-être vous situez-vous du côté des Juifs orthodoxes qui prétendent qu’Israël ne  peut être fondé qu’avec le retour du Messie et tant que le Messie n’est pas revenu, Israël ne doit pas exister. Monsieur Gilet jaune, répondez, êtes-vous du côté de l’orthodoxie juive, du côté des Juifs orthodoxes ?

Ou monsieur Gilet Jaune, avez-vous utilisé le mot « sioniste » à la place de « Juif », parce que vous savez que vous risquez d’être condamné si vous exprimez une opinion antisémite ? C’est à vous de vous expliquer.

Qui peut répondre à sa place ?

Cette méthode peut être généralisée. Qui mieux que le pédophile peut nous dire si ces actes étaient d’abominables agressions ou s’il a agi par amour pour cet enfant ? Il suffit de lui demander.

vendredi 22 février 2019

garder la tête froide


Peut-on garder la tête froide ?



            Des graffitis, des inscriptions sur un restaurant juif, sur un portrait de Simone Weil et la France se réveille en pays antisémite. Jamais les réactions ne seront assez fortes, assez indignées, contre ces actes. Mais agir puissamment n’empêche pas la réflexion.



1.      Le racisme appartient aux racistes. L’antisémitisme appartient aux nazis de l’Allemagne des années trente.  La discrimination contre les Noirs aux Etats-Unis était l’une des composantes majeures d’un pays White anglo saxon protestant  (faut-il traduire ?). L’anticatholicisme était l’une des identités fortes de la société britannique qui se définissait d’abord comme non-catholique. De même que le machisme appartient aux hommes. Et l’homophobie aux homophobes. Dans tous ces cas, les sentiments racistes, xénophobes, machistes, n’ont rien à voir avec les ethnies, les populations, les sexes, discriminés. Un antisémite est une personne persuadée que l’origine de tous ses malheurs se situe parmi les Juifs. Le racisme est une pathologie de celui qui le porte.



2.      On peut et on doit lutter contre les sentiments de haine raciale, religieuse, sexiste…Mais l’urgence est d’abord et toujours de construire un cordon sanitaire contre ces pathologies. La haine se répand quand elle est légitimée par des institutions, des états, des églises, des partis, des idéologues.  En France, quel parti, quel mouvement, quels idéologues médiatisés, entretiennent l’antisémitisme ? Aucun parti, aucune église, aucun écrit. Il reste des actes insupportables, des agressions, des graffiti. D’autres haines sont entretenues par des responsables fort respectables, contre les musulmans, contre les homosexuels. Des idéologues, des partis politiques. Cette haine est dangereuse parce qu’institutionnalisée, rendue respectable. Et il est évident que les graines de la haine raciale ou sexuelle peuvent être semées sur d’autres terrains.



3.      Les réactions contre les actes racistes doivent être immédiates, à la hauteur des brûlures, à la hauteur des mémoires. Lutter contre tous les racismes aide à lutter contre le racisme antisémite qui est la référence absolue dans l’histoire européenne.








chemins de traverse


Parmi les plaisirs de la vie, d’une vie qui quoi qu’on en dise, est désormais bornée par un nombre d’années qui ne dépasse pas les doigts de mes deux mains, le plaisir de la parole. Celle qui partage ma vie n’aime pas que je compte ainsi. Qu’elle se console. Si j’étais manchot, le décompte serait plus funeste. Et si j’avais perdu deux ou trois doigts de la main qui me resterait pour avoir ramassé une grenade dans une manifestation… Or, j’ai toujours deux mains et chacune possède cinq doigts.

Donc le plaisir de la parole. Tous les jours ou presque, je lance dans l’éther informatique des paroles dont certaines provoquent des réactions positives. Ou négatives. Je préfère évidemment les premières. Pour des réunions de personnes rassemblées pour un objectif politique ou intellectuel ou culturel, je  prépare soigneusement mes interventions, politique, intellectuelle ou culturelle. J’imprime ces interventions sur une feuille de papier que je relis plusieurs fois avant le jour J, je corrige, j’ajoute, je retranche, je précise, je nuance. Quand les corrections dépassent un quart du texte, je le retape et je l’imprime à nouveau. Puis vient le jour où je lève la main, je demande la parole, j’apprécie le silence qui s’installe, l’attention qui me soutient, les applaudissements qui suivent parfois.

Depuis toujours, j’ai apprécié. Je récitais un poème et dans mes veines coulait un feu allumé par le silence dans la classe. Mieux encore, quand l’instituteur lisait un chapitre d’une rédaction dont le sujet était « racontez vos vacances », des vacances inventées, les meilleures. Puis j’ai essayé les discours politiques dont les premiers consistaient à répéter avec d’autres mots les idées du dirigeant qui nous donnait la ligne et je me suis rendu compte assez vite que la simple répétition provoquait des bâillements cachés derrière la main, alors qu’en répétant les mêmes idées avec d’autres mots, la salle se réveillait. Le danger se cachait dans cette recherche. A force de vouloir répéter les mêmes idées avec d’autres mots, les mots différents changeaient les idées et je devais alors retrouver les mots familiers pour faire mon autocritique.

Est-ce que c’est bien, est-ce que c’est mal ? Si le plaisir est excessif, j’en oublierais le sens. La forme envahit l’espace. Les mots deviennent un terrain de jeu. Laissez-moi vous donner des exemples. Vous sortez d’un colloque sur les effets des drogues. Avec un certain nombre de collègues addictologues, vous terminez votre repas dans une brasserie proche de l’amphi. Le dessert est englouti, vous commandez un café et en même temps que le café, vous dite au garçon, « l’addiction, s'il vous plaît ». Ce qui est tout à fait remarquable dans ces moments est que le mot n’est entendu par personne. Pour le garçon, vous avez commandé l’addition, pour vos collègues, même écoute. Autre exemple classique : vous bousculez une personne dans le métro, au lieu de dire « excusez-moi », vous lui dites : « je vous demande merdon ». Jamais personne n’entendra les mots exacts, et il faudra les répéter plusieurs fois pour qu’en une écoute s’installe. En Allemagne, quand le serveur me présentait l’addition, il ajoutait toujours « bitte schön ». Et je répondais invariablement « couille schön ». Le serveur ne comprenait pas très bien, mais il pensait à une formule de politesse exotique. Les gens qui ne parlaient pas allemand admiraient ma science. Seuls souriaient les germanophones.

Vous vous rendez compte qu’à trop attendre des réactions à vos paroles, et à prêter trop d’attention aux mots, en imaginant que les mots seuls peuvent provoquer des réactions, vous perdez le sens de votre intervention. Seuls comptent l’attention soulevée ou le sourire attendu. Vous vouliez parler des replis identitaires, de la violence politique, du nationalisme guerrier et tout s’est englouti dans des chemins de traverse. J’admire ceux qui ne pensent qu’à leur chemin, qu’à leur démonstration, qui tracent ainsi leur sillon sans se soucier de leur effet sur la foule, sans chercher dans la forme du sillon un plaisir adultère.

jeudi 21 février 2019

le silence de l'amer


Le silence de l’amer





Laissez-moi vous raconter. Quand les artisans de la paix manifestaient en décembre 2017 contre les victimes d’ETA, leur demandaient de se taire pour que les terroristes soient libérés sans demander pardon, sans regretter leurs crimes, Vincent Bru et d’autres élus Modem, Max Brisson et Jean-René Etchegaray, soutenaient l’étouffement des victimes. La République en Marche n’avait pas encore appuyé ces manifestations. Mais le référent Loïc Corrégé, en vingt-quatre heures, a rédigé un communiqué baillonnant les familles et rendu public ce communiqué. Plus rapide que l’éclair.



Nathalie Loiseau : « notre pays a longtemps vécu en sous-estimant le traumatisme qu’a pu être le terrorisme en Italie ou en Espagne et on a traité avec indifférence…la violence aveugle qui s’est exercée chez certains de nos voisins ». Nathalie Loiseau est ministre des affaires européennes. Lisez cette déclaration, élus du Pays Basque français. Lisez, Vincent Bru et Jean-René Etchegaray.



La dernière manifestation à Bayonne derrière la banderole  pour les « presos » (en français : « taisez-vous, victimes ! ») fut une de trop, et La République en Marche décida de ne pas soutenir cette entreprise de blanchiment de la terreur. Elle décida même de publier un communiqué qui allait se démarquer des artisans de la paix. Le référent Loïc Corrégé, se mit en mode ralenti,  deux mois passèrent, le communiqué n’avait plus aucun sens. Donc La République en Marche resta muette. Remarquez il vaut mieux se taire que de soutenir les terroristes.



Les artisans de la paix se sont depuis reconvertis en adversaires du G7. Insoumis et séparatistes mènent campagne contre le G7. On ne sait pas très bien s’ils mènent campagne contre les réunions au sommet en général, ou s’ils mènent campagne contre le choix de Biarritz. Mais ils mènent campagne. Ils n’ont pas réussi à faire taire les victimes d’ETA, il faut donc passer à autre chose.



Pour La République en Marche, les temps sont difficiles. Ils ne peuvent pas manifester contre la venue du Président Macron à Biarritz. Comment rompre avec les séparatistes basques sans divorcer ? À nouveau par le silence  peut-être ? C’était sans compter sur la vigilance d’un observatoire du Pays Basque qui a proposé un texte au comité de Biarritz souhaitant bienvenue au G7. Le référent a accueilli ce texte avec la chaleur d’une tortue en hibernation et m’a dit à moi personnellement, qu’il le faisait approuver par « le comité politique » ou COPOL, et qu’il serait alors rendu public. Il a fallu vingt-quatre heures pour demander aux victimes de cesser leurs gémissements. Deux mois pour ne rien dire. Et à nouveau l’attente commence. Une manifestation contre le G7 se déroule Place Clémenceau. Silence de La République en Marche. Le comité contre le G7 est reçu par le maire. Il déclare, ce comité, que dans le climat actuel, le sommet « va inciter les gens à se mobiliser ». Silence du référent. Le comté va continuer à demander l’annulation du G7. Et écoutez bien, « on sera amené à le faire de gré ou de force ». Vous avez bien lu : de gré ou de force. On vous annonce, nous sommes prévenus, que si le G7 est maintenu, il y aura de la casse. Si les gilets jaunes proféraient de telles menaces ils seraient poursuivis par la justice. Les Gilets basques narguent impunément nos lois et nos institutions. Dans le silence de La République en Marche. Et des autres élus.  



Pour que vous puissiez mieux comprendre les tenants et les aboutissants, je me permets de vous mettre sous les yeux le projet de communiqué que le référent m’a demandé de rédiger :





Communiqué de La République en Marche





            Un comité regroupant partis et associations sous le titre « non au G7 à Biarritz » prépare une série  de manifestations contre la tenue de ce sommet.



            La République en Marche dit « oui au G7 à Biarritz » et participera, avec le gouvernement, la mairie de  Biarritz, ses élus,  à la réussite de cette manifestation. Cet événement contribuera à valoriser, à faire connaitre, notre ville et notre territoire.



            Le comité « non au G7 » rassemble tous les opposants à a la construction européenne. La République en Marche soutient les efforts de notre gouvernement pour une Europe plus solidaire, plus forte, mieux organisée.



            Le comité « non au G7 » participe par sa démarche aux replis nationalistes. Retrait des accords internationaux, retrait des accords climatiques, sont les dangers d’aujourd’hui.  Dans le monde qui se transforme,  il n’est rien de plus urgent que d’organiser les pays pour lutter ensemble contre les replis nationalistes, les égoïsmes de grande puissance. Pour affronter les défis économiques, les défis écologiques, il faut renforcer les rencontres et les accords multilatéraux.



            C’est pourquoi  LREM salue la tenue du G7 dans la ville de Biarritz et lui souhaite ses meilleurs vœux de réussite.



Ce communiqué a été adopté par le comité de Biarritz de La République en Marche, par son responsable Philippe Buono et par l’adjoint au maire de Biarritz, Guy Lafite. Il n’a pas encore été adopté par le COPOL et donc je vous demande de le lire, mais pas de le rendre public.



Conservez le soigneusement, parce qu’il risque de disparaître dans la broyeuse du COPOL.