dimanche 14 avril 2019

le monde est fou


Le monde est fou



En Lybie, au Yémen, des soldats prennent les armes et tuent. Ça c’est de la folie. Au Brésil, en Russie, en Israël, les électeurs portent au pouvoir des champions de guerre. Des musclés tatoués qui annexent, stigmatisent, divisent leur société. Les mêmes électeurs ont porté Donald Trump au pouvoir. Et Salvini en Italie. Et Modi en Inde.



Au Royaume-Uni, on s’ennuyait. Un ministre eut l’idée de jouer une partie de Brexit. Les citoyens s’enflammèrent. Le génie de ce jeu se cache dans ses règles qui se modifient en cours de route. Les Blancs croient avoir gagné alors que les Noirs n’ont pas perdu. Le jeu se poursuit. C’est un match nul, dans tous les sens du mot. Heureusement, pour le moment, c’est une dame qui dirige le pays et pas encore les lutteurs de foire comme en Russie ou aux Etats-Unis. La partie entre dans sa troisième année.



En France on s’ennuyait. Un créateur de mode lança un vêtement, un gilet jaune, un uniforme qui donnait le droit de bloquer la circulation, de briser les vitrines, de piller les magasins, de construire des barricades. Le pays s’enflamma. Le jaune devint la couleur du peuple. Les politiques et les commentateurs, qu’il ne faut pas confondre, parce qu’il y a des politiques qui commentent et des commentateurs qui dirigent, tombèrent en pâmoison, Romeo et Juliette, Rodrigue et Chimène. Les discours les plus plats, portés par des gilets jaunes, résonnaient comme les envolées de Démosthène, Cicéron, Danton, Bossuet, Jaurès. La moindre palette en flammes prenait la Bastille, les conversations au rond-point de la Galette étaient Déclaration des droits de l’homme.  Pendant quelques mois, le pays se figea comme pour une finale de coupe du monde. Tous les samedis, le peuple regardait ses champions, comptait les blessés, criait à mort l’arbitre !



La finale va se jouer entre les vainqueurs du Brexit et les champions des gilets jaunes.

cesare Battisti


Cesare Battisti





Désormais emprisonné en Italie, il avoue ses quatre meurtres : un gardien de prison, un fonctionnaire de police et deux commerçants. Il demande pardon à tous. En Italie, droite et gauche le considéraient comme l’incarnation des années de plomb et ne comprenaient pas les Français pour qui il était un innocent persécuté par la justice italienne. Pour Philippe Sollers, B.H. Levy,  Fred Vargas, l’Italie dans les années 70 a vécu une « guerre civile ». François Hollande est allé lui rendre visite en prison. Cesare Battisti jurait à Fred Vargas qu’il n’était pas impliqué dans les meurtres de la PAC (prolétaires armés pour le communisme. « Je me suis moqué de tous ceux qui m’ont aidé. Je n’ai même pas eu besoin de mentir à certains d’entre eux ». Fred Vargas n’a pas réagi à ces déclarations.



Un certain effet de répétition dans cette aventure. L’ETA et l’IRA avaient réussi à rassembler des soutiens importants parmi les intellectuels français. De grosses manifestations soutenaient les etarras et les républicains. De gauche à droite, du Figaro à l’Humanité, on fustigeait Margaret Thatcher qui refusait aux grévistes de la faim le droit de porter des vêtements civils qu’ils revendiquaient en tant que « prisonniers politiques ». Encore aujourd’hui, la mort de Bobby Sands s’inscrit très haut dans la liste des jugements négatifs sur la dame de fer.



Au Pays Basque français, une quasi-unanimité s’est faite autour des revendications des séparatistes basques et de grandes manifestations, à Bayonne et à Paris, ont demandé l’amnistie pour des personnes condamnées pour activités terroristes en bande armée. Les « artisans de la paix » qui regroupaient droite, gauche, insoumis… étaient caractérisés par la société basque espagnole comme des blanchisseurs de terreur. Mais ces opinions, les cris des associations  de victimes n’atteignaient pas les oreilles outre-Bidassoa.



Pour que de telles acceptations de la terreur soit possible, pour que des assassins puissent ^considérés comme des héros romantiques, la première condition est l’éloignement de leurs crimes. Les Merah, les frères Kouachi, n’attirent pas la même sympathie. Leurs crimes sont les mêmes mais s’ils demandaient un statut et des vêtements de prisonniers politiques, on peut prévoir des manifestations de moins grande ampleur que pour Bobby Sands. C’est qu’ils ont tué sur le sol français.



L’insensibilité de la société française à l’égard de la terreur infligée au-delà de ses frontières mérite d’être relevée. Les grandes manifestations pour la paix, Basta ya ! en Espagne, les manifestations  pour la paix des femmes d’Irlande du Nord, avaient moins d’écho que les soutiens aux acteurs de la terreur.



La distance est parfois courte. Ainsi, le pont qui sépare Hendaye et Irun fait trois cents mètres. Cela suffit pour que les 829 victimes de l’ETA soient deux fois enterrées. Une fois au Pays Basque espagnol et une autre fois à Bayonne, par des « artisans de la paix ».















Cesare Battisti





Désormais emprisonné en Italie, il avoue ses quatre meurtres : un gardien de prison, un fonctionnaire de police et deux commerçants. Il demande pardon à tous. En Italie, droite et gauche le considéraient comme l’incarnation des années de plomb et ne comprenaient pas les Français pour qui il était un innocent persécuté par la justice italienne. Pour Philippe Sollers, B.H. Levy,  Fred Vargas, l’Italie dans les années 70 a vécu une « guerre civile ». François Hollande est allé lui rendre visite en prison. Cesare Battisti jurait à Fred Vargas qu’il n’était pas impliqué dans les meurtres de la PAC (prolétaires armés pour le communisme. « Je me suis moqué de tous ceux qui m’ont aidé. Je n’ai même pas eu besoin de mentir à certains d’entre eux ». Fred Vargas n’a pas réagi à ces déclarations.



Un certain effet de répétition dans cette aventure. L’ETA et l’IRA avaient réussi à rassembler des soutiens importants parmi les intellectuels français. De grosses manifestations soutenaient les etarras et les républicains. De gauche à droite, du Figaro à l’Humanité, on fustigeait Margaret Thatcher qui refusait aux grévistes de la faim le droit de porter des vêtements civils qu’ils revendiquaient en tant que « prisonniers politiques ». Encore aujourd’hui, la mort de Bobby Sands s’inscrit très haut dans la liste des jugements négatifs sur la dame de fer.



Au Pays Basque français, une quasi-unanimité s’est faite autour des revendications des séparatistes basques et de grandes manifestations, à Bayonne et à Paris, ont demandé l’amnistie pour des personnes condamnées pour activités terroristes en bande armée. Les « artisans de la paix » qui regroupaient droite, gauche, insoumis… étaient caractérisés par la société basque espagnole comme des blanchisseurs de terreur. Mais ces opinions, les cris des associations  de victimes n’atteignaient pas les oreilles outre-Bidassoa.



Pour que de telles acceptations de la terreur soit possible, pour que des assassins puissent ^considérés comme des héros romantiques, la première condition est l’éloignement de leurs crimes. Les Merah, les frères Kouachi, n’attirent pas la même sympathie. Leurs crimes sont les mêmes mais s’ils demandaient un statut et des vêtements de prisonniers politiques, on peut prévoir des manifestations de moins grande ampleur que pour Bobby Sands. C’est qu’ils ont tué sur le sol français.



L’insensibilité de la société française à l’égard de la terreur infligée au-delà de ses frontières mérite d’être relevée. Les grandes manifestations pour la paix, Basta ya ! en Espagne, les manifestations  pour la paix des femmes d’Irlande du Nord, avaient moins d’écho que les soutiens aux acteurs de la terreur.



La distance est parfois courte. Ainsi, le pont qui sépare Hendaye et Irun fait trois cents mètres. Cela suffit pour que les 829 victimes de l’ETA soient deux fois enterrées. Une fois au Pays Basque espagnol et une autre fois à Bayonne, par des « artisans de la paix ».














vendredi 12 avril 2019

traverser la frontière


Les nationalistes tissent une toile européenne avec les Corses, Bretons, Irlandais, Catalans…Les insoumis nouent des contacts avec Podemos en Espagne, et d’autres adversaires de l’Europe. Les bruns organisent des meetings communs entre Salvini, Le Pen, et leurs homologues en Autriche et Allemagne. 

 

Tous se battent contre les traités européens et internationaux, contre l’idée même d’une Europe organisée et solidaire. Tous désignent dans leur campagne l’ennemi numéro 1 : Emmanuel Macron. Celui qui tente avec  le plus d’énergie d’organiser la soldarité européenne face aux dangers du monde.

 

Cette bataille se mène à tous les niveaux. Nous pouvons et nous devons prendre contact avec des courants politiques proches de nos objectifs, dans une première étape, pour parler, pour échanger. Il est évident que cette recherche sera difficile. Les élus et les partis politiques du Pays Basque français marchent bras dans les bras, main dans la main, avec les nationalistes locaux et répugnent à rencontrer des gens qui vont leur poser des questions sur ces alliances sans principe. Raison de plus pour commencer.

le monde et nous


L’Observatoire du Pays Basque et La République en Marche de Biarritz, invitèrent Barbara Loyer, du centre de géopolitique de Paris VIII, à nous parler de l’Espagne, de la Catalogne, du Pays Basque. Le jeudi 11 avril, Une quarantaine de personnes répondirent à l’appel. Trois élus, Guy Lafite, Alain Robert et Brigitte  Pradier. Cinq ou six membres du PS. Les animateurs des comités de Biarritz et de Saint-Jean de Luz, Philippe Buono et Laurent Blanquer. La responsable du collectif « Europe », Florence Leal. Ravis de l’affluence. Tous m’ont félicité pour le travail accompli et la réussite de cette rencontre.



Ce fut un bel événement politique. Je souhaiterais dire pourquoi.



Netanyahou reprend du service. Bolsonaro au Brésil, Salvini en Italie, Pologne, Hongrie. Trump aux Etats-Unis, Poutine en Russie, Xi en Chine, Modi et son parti nationaliste hindou en Inde. Les nationalistes sont majoritaires en Corse, à la porte de la majorité en Catalogne, majoritaires en Irlande du Nord.



Et dans ce petit bout de la République française, une communauté d’agglo de trois cent mille habitants qui passe des heures à discuter pour savoir si Tarnos est basque ou non, si la ville mérite un tram bus ou non. Et à l’intérieur de ce confetti, un Observatoire du Pays basque qui se bat contre les dérives identitaires. Contre la détermination des séparatistes, contre la résignation d’une bonne partie des élus et des courants politiques. Avec l’appui contrasté de La République en Marche partagée, divisée.



La bataille contre le séparatisme que nous menons au Pays Basque français ne peut se gagner que si elle s’inscrit dans une bataille d’envergure contre les populismes et les nationalismes.



C’est exactement ce qu’il s’est passé ce jeudi soir. D’habitude, nos élus et nos responsables politiques non séparatistes tissent des relations poussées avec les séparatistes locaux, blanchissent le terrorisme et dansent autour de la hache d’ETA. Si certains le leur reprochent, ils disent, pas du tout, nous appartenons à des partis nationaux qui sont républicains, progressistes. Je suis républicain, voyez mes ailes, mes localement je suis un bon patriote, voyez ma hache.



Ça peut marcher si les deux niveaux ne se rencontrent jamais. D’ordinaire, quand des responsables nationaux nous rendent visite, jamais on ne discute du local. Jamais Nathalie Loiseau, tête de liste de « 



Jeudi soir, cette rencontre a eu lieu. Nous avons discuté des alliances possibles, avec qui en Espagne ? Avec le PSOE ? Avec Ciudadanos ? Et du coup est apparue l’incongruité des relations avec les séparatistes basques. D’où certains grognements de mauvaise humeur.



C’est la bonne direction. La prochaine rencontre qui ouvrira une fenêtre sur le monde se passera le mardi 14 mai, avec deux Britanniques militants contre le Brexit, Pat Hudson et Tony Lane. Retenez votre soirée.


jeudi 11 avril 2019

un conseil exemplaire


Conseil municipal 10 avril 2019. Madame Pradier demande la parole. Il s’agit des subventions versées à l’association AEK dont l’objectif est l’enseignement de la langue basque. La mairie de Biarritz verse une subvention, prête des locaux, finance des professeurs et des activités culturelles. Madame Pradier déclare qu’elle va voter ces subventions, qu’elle est d’accord pour que l’enseignement de la langue basque soit financé par la ville. Jusqu’ici tout va bien. Pourquoi faire une déclaration de soutien, il suffit de voter. Mais elle ajoute une phrase qui va déclencher une discussion tendue. Elle dit, Madame Pradier, que le Pays Basque français fait partie de la République et qu’elle est gênée que les cartes accrochées au mur des classes d’AEK ne tracent aucune frontière entre le Pays Basque espagnol et le Pays Basque français. Les subventions sont accordées par la République française et elle dit, Madame Pradier, qu’il est gênant que les demandeurs de subvention corrigent les frontières de la République.



Aussitôt, les patriotes réagissent. Piqués au vif. Ils disent, les patriotes, qu’AEK fait un très bon travail. Qui doit être soutenu. Le maire de Biarritz déclare qu’il est très fier que sa ville soit parmi les meilleurs soutiens de la langue basque. Il ne dit pas qu’il parle basque, qu’il a appris ou qu’il va apprendre, il dit qu’il est fier de subventionner AEK. Roulements de tambour, déclarations altières. De la part de gens qui n’utilisent jamais la langue basque dans la vie courante, qui n’empruntent jamais un livre en basque à la médiathèque, qui pourtant est l’une des plus fournies en livres bascophones du territoire, mais la liste des ouvrages empruntés dans cette langue est l’une des plus courtes.



Personne ne parle de cette frontière. Madame Pradier n’a pas refusé les subventions. Elle a dit qu’elle était gênée par l’absence de frontière entre le nord et le sud du Pays Basque. Dans les écoles publiques, tout le monde sait, mais ne le dit pas, que de telles cartes sont interdites. Quand les inspecteurs voient une carte de la République amputée, ils interviennent tout de suite pour la faire remplacer par une carte entière de la République.



Personne ne répond sur cette frontière. Tous ceux qui vivent au Pays Basque savent qu’elle est une question politique, pas linguistique. Les patriotes disent Pays Basque sud et Pays Basque nord, les républicains disent Pays Basque français, Pays Basque espagnol. Les patriotes qui veulent réunifier les sept provinces commencent par effacer la frontière. Ceux qui veulent que le Pays Basque français reste dans la République tiennent à cette frontière. On ne sait pas de quoi l’avenir sera fait, mais en attendant, tant que la majorité des citoyens du Pays Basque français tiennent à rester dans la République, la frontière leur tient à cœur.



En réagissant ainsi, les conseillers rendent un mauvais service à la langue basque. Ils la transforment en outil politique. Pas une ouverture au monde. Ils pourraient par exemple créer un cercle de lecture des conseillers municipaux en langue basque. Monter une pièce de théâtre en langue basque jouée par les conseillers municipaux. Ils pourraient dire qu’ils parlent basque avec leurs enfants et leurs petits-enfants. Non, ils font des déclarations de principe. Avec de telles déclarations de principe, le gaélique perd régulièrement des locuteurs dans la République d’Irlande.



Ce soir-là, il y avait une seule amie de la langue basque. Pas plus. Celle qui par sa question voulait dépolitiser la langue et en faire un outil culturel, pas un instrument d’enfermement.

mardi 9 avril 2019

on and off


Je me bats contre le repli identitaire, sans rien lâcher. Avec quelques amis. Je rencontre des réactions négatives, je kidnappe la discussion, ce n’est pas le sujet, ce n’est pas le lieu, ce n’est pas le moment. Quand parfois je me décourage, imaginez-vous que ça arrive, je me pose une question simple : s’il n’y avait pas eu l’activité et l’intervention du groupe « observatoire du Pays Basque » dans les trois ou quatre dernières années, le paysage politique sur la question du séparatisme eût été un désert d’idées, une acceptation résignée des pires dérives. Quand je vais à un cours d’AEK, subventionné par la ville et que je me fais mettre dehors parce que je persiste à dire « Euskadi Frances »  Guy Lafite me dit : à quoi tu t’attendais ? Comme une fille violée, je m’étais habillé trop court, c’était de ma faute. Quand Xavier Larramendy me demande où je suis né, tout le monde rigole mais personne ne conçoit la monstruosité de la question. Quand Peio Claverie d’EH Baï refuse de me serrer la main « parce qu’il ne sert pas la main à un étranger, c’est une plaisanterie.



Alors je continue et je continuerai à demander à chacun d’entre vous de se situer. D’arrêter de me dire « pas le lieu, pas l’endroit, pas le moment ».



C’est vrai que j’ai une sale habitude. Celle de considérer qu’une opinion politique qui n’est pas exprimée ne compte pas. Il m’arrive donc assez régulièrement de rendre publiques (sur le réseau), des opinions que leur porteur n’a jamais exprimées. Par exemple, Max Brisson, Vincent Bru, Jean-Pierre Massias, Guy Lafite, m’ont souvent exposé, dans des conversations privées, des opinions négatives sur les séparatistes, sur les terroristes, sur les artisans de la paix. J’ai répété leurs opinions et ils m’en ont voulu. Ils m’ont dit, ce ne sont pas des méthodes. Franchement, ils ont raison. Ce ne sont pas des bonnes manières. Mais voyez-vous, à force d’entendre dans la sphère publique les silences résignés ou les acceptations sonores des positions séparatistes, je me dis qu’il ne me reste à moi qu’une seule arme : rendre publiques les opinions contraires. Donner  une voix au silence. Je parle ici bien entendu des opinions politiques et jamais je n’ai répété des confidences intimes.



Ces agissements sont désormais connus et ils ont des conséquences contradictoires. D’une part, les quelques  personnages publics que je connais hésitent à me parler franchement, parce qu’ils savent qu’avec moi, le « off » deviendra le « on ». Ils me rencontrent, me demandent des nouvelles de la famille, se plaignent du mauvais temps et ça s’arrête là. Mais d’autre part, s’ils souhaitent qu’une de leurs opinions, sur les abertzale, sur les blanchisseurs de terreur, devienne publique, ils m’en  parlent « je compte sur toi pour ne pas le répéter », et ils savent que je le répèterai  dans la journée. Ensuite, ils m’engueulent, me disent, je ne te dirai plus jamais rien,



C’est ainsi que le monde sait que Jean-Pierre Massias, cheville ouvrière des « artisans de la paix », estimait que l’opération était blanchiment de la terreur d’ETA. Tout le monde sait désormais que Vincent Bru a estimé que sa présence à l’inauguration de la sculpture était « une belle connerie » et que Guy Lafite n’a jamais voté l’appui du conseil d’agglo à la manifestation des blanchisseurs. Nous savons aussi, grâce aux responsables de l’Observatoire du Pays Basque qui ont été reçus par ces personnalités, que Gilbert Payet, ancien préfet et  Jean-Jacques Lasserre, président du département, ont une estime modérée sur le courage des élus du Pays Basque français.



Mais surtout ne le répétez pas. Tout ça c’était en « off ».

lundi 8 avril 2019

le bilan




Le bilan



Sud-Ouest,  8 avril 2019, sous la signature de Thomas Villepreux, fait le bilan d’une année écoulée depuis l’installation avortée de la sculpture des « artisans de la paix ». L’article rend compte des difficultés d’installation d’une hache, symbole d’ETA. Une partie importante du conseil municipal n’en voulait pas. Jean-Jacques Lasserre n’en voulait pas sous ses fenêtres. Des citoyens (regroupés aujourd’hui dans un Observatoire du Pays Basque), relayaient la colère des victimes par une manifestation et une pétition (deux mille signatures).



Cette sculpture devait marquer le point d’orgue de la comédie des « artisans de la paix ». Le fiasco de cette inauguration rejaillit rétrospectivement sur l’ensemble de l’opération caractérisée par les victimes du Pays Basque espagnol comme une opération de blanchiment de terreur d’ETA.



Le désarmement ? Les armes rouillaient depuis 2011. Les artisans de la paix n’ont jamais demandé à ETA de se dissoudre. N’ont jamais demandé aux terroristes de demander pardon. Désarmement, dissolution, demande de pardon, se sont réalisés sous la pression conjuguée de la société espagnole, des victimes d’ETA, de l’efficacité de la répression des polices française et espagnole. Le rapprochement des prisonniers se fait au cas par cas, selon les règles de la justice des deux pays.



Les élus du Pays Basque français, d’où sont absentes les organisations de victimes, ont cru se prêter à l’opération blanchiment sans dommage. Ils y ont abîmé leur réputation, leurs convictions. Plus encore que la statue, c’est leur courage qui rouille dans un hangar.



Le seul dindon de cette farce est le sculpteur Koldobika Jauregi. Imaginez Michel Ange à qui on aurait refusé la Chapelle Sixtine…






mercredi 3 avril 2019

on ne peut pas être partout


Avant sa visite en Corse, Le président Macron rappelle : « quand je suis venu rendre hommage au préfet Erignac, Simeoni était là, au premier rang ».



Quand Edouard Philippe et Pedro Sanchez ont rendu hommage aux victimes d’ETA, Jean-René Etchegaray, Vincent Bru, Max Brisson, étaient ailleurs, au premier rang, avec leurs assassins.


mardi 2 avril 2019

en marche vers l'Europe


 

La République en Marche mène campagne pour le progressisme contre le nationalisme. La liste « renaissance » prendra contact avec le PSOE pour former un groupe au parlement européen. La ligne est clairement fixée. Il faut en tirer toutes les conséquences.

 

Nous avons l’exigence de ne pas brouiller l’objectif.

 

Ainsi : sur la Catalogne. 41 sénateurs, dont André Gattolin de La République en Marche, plus communistes, insoumis, écolo, ont signé une pétition apportant leur soutien aux séparatistes catalans. En réponse à cette pétition, le gouvernement français a apporté son soutien au gouvernement espagnol.

 

Avec quelques universitaires, (Beatrice Gibelin, Barbara Loyer…) nous avons signé une pétition contre la pétition des sénateurs. Cette pétition a été reprise dans la presse espagnole. Les signataires ont été invités à petit déjeuner à l’ambassade d’Espagne.

 

Je souhaite que ma démarche soit reprise par La République en Marche du Pays Basque.

 

Sur les prisonniers basques. Les élus, dont les nôtres, soutiennent les positions séparatistes sur cette question. Ils manifestent et envoient des délégations au préfet, à la chancellerie. Je propose que La République en Marche envoie des délégations au préfet et à la chancellerie pour soutenir la position du gouvernement français et espagnol sur cette question.

 

Sur la question de la langue basque. Nos élus envoient des délégations au rectorat, au préfet pour soutenir les positions séparatistes. Je propose que La République en Marche rencontre le rectorat et le ministère sur cette question en fixant une ligne simple : répondre aux demandes mais ne pas créer d’offre dont la seule justification est politique.

 

Sur le G7 : un comité « non au G7 » organise des manifestations contre le sommet de Biarritz. Je propose que soit rendu public un texte « Oui au G7 » que j’ai rédigé à la demande du référent et qui dort dans un tiroir.

 

 Avant le 26 mai, deux universitaires anglais actifs dans la campagne contre le Brexit, ont accepté de venir discuter avec nous sur leur campagne. La date n’est pas encore fixée, je vous la ferai connaitre.

 

Un dernier point. Lors de notre dernière réunion La République en Marche avec Laetitia Avia, Xavier Larramendy a « répondu » à mon intervention en me demandant si j’étais basque. Il m’a demandé où j’étais né. Je ne lui ai pas répondu sur le moment. Je ne sais pas si sa question était progressiste ou nationaliste.

 

Etant apaisé, je lui réponds. Je suis né à Lille dans le Nord.

 

Xavier Larramendy va-t-il maintenant demander une prise de sang ?

plus d'Europe


Plus d’Europe

 

Les adversaires de l’Europe lui reprochent de nous empêcher de gouverner dans l’intérêt du peuple. Un regard rapide sur les nations qui composent l’union montre que pour l’essentiel, les politiques  sont décidées par les états. Nous sommes  très loin de l’uniformité.

 

Si les mesures générales peinent à se mettre en place, c’est que les traités actuels permettent le veto de chaque pays et de bloquer ainsi des mesures que pourtant les peuples réclament. Ainsi sur les travailleurs non nationaux, les minimas sociaux, la protection des droits d’auteur, il a fallu des temps de négociation exorbitants pour obtenir un résultat. En somme, nous souffrons non pas de trop d’Europe mais de pas assez.

 

L’exemple du Brexit est éloquent de ce point de vue. La réponse à Londres est toujours le résultat d’une laborieuse unanimité. Mais imaginons le pire, l’absence de cette unanimité face au Brexit aurait accentué dramatiquement le chaos déjà existant. Imaginons le Royaume-Uni négocier de nouvelles relations avec chaque pays séparément…

 

Pour surmonter cette difficulté, Emmanuel Macron a proposé des regroupements d’état sur des objectifs précis. Regroupement qui pourrait jouer un rôle moteur pour l’ensemble des membres de l’union. Ainsi sur les minimas sociaux, sur les taxations des bénéfices et des transactions financières…

 

Ceux que gêne la construction européenne (Trump, Poutine, Xi…) comptent sur cette diversité pour mieux négocier avec une Europe affaiblie. La réponse n’est pas une dénonciation sans fin de ces interventions, mais d’abord le renforcement de l’unité européenne.