dimanche 8 novembre 2009

Quelques idées pour célébrer l'anniversaire de la chute du mur de Berlin


Le nazisme s'est effondré dans la débâcle d'une défaite militaire. Jusqu'au bout, les états fascistes ont obtenu le soutien de leur peuple. Le communisme ne s'est pas effondré dans la défaite militaire, mais par l'érosion de son influence, par une résistance sourde qui minait tous les rouages de l'état et de l'économie et a fini par l'écroulement, comme une falaise s'abat sous l'action des ruissellements souterrains.

Deuxième différence: les victimes du nazisme ont eu à souffrir beaucoup en tant que victimes, mais elles n'ont pas subi la deuxième souffrance des victimes qu'est la négation de leur malheur. Le négationnisme a été vigoureusement combattu et d'abord par les états des ex-pays fascistes, les historiens, les mouvements citoyens. Les victimes du communisme subissent cette deuxième souffrance que représente l'absence de jugement pénal et politique de leurs anciens bourreaux, le harcèlement de ceux qui dans la Russie de Poutine cherchent la vérité des crimes du bolchévisme. En France, les communistes, qui auraient dû être à l'avant-garde de la recherche historique, parce que c'est au nom de leurs principes que la prison stalinienne s'est construite, ont vigoureusement combattu les historiens qui mettaient à jour les crimes du système.

A la mesure de leurs hésitations stratégiques, les socialistes français hésitent encore devant l'événement. Ils ont tendance à voir dans la chute du communisme non pas la libération des peuples, mais comme les communistes et néo-communistes, la victoire du capitalisme. Ils hésitent à dire que le mouvement socialiste international, en se plaçant pendant la guerre froide du côté des démocraties occidentales, a fait le bon choix et a contribué à la chute du communisme.

Enfin l'effondrement de l'empire soviétique permet la résurgence des utopies pré-léninistes. Il faut collectiviser la propriété, supprimer l'argent et le profit, attribuer aux plus pauvres et aux plus démunis les vertus politique du prolétariat d'antan. La fin peu glorieuse de la Révolution d'Octobre permet d'en glorifier le début, de réhabiliter les coups de force, les avant-garde, les aventures, les solidarités internationales avec des adversaires résolus des principes démocratiques élémentaires. Ces mouvements fleurissent en France plus qu'ailleurs parce que le socialisme démocratique peine à les combattre.

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