mardi 4 août 2015

gentrification des langues

Remarques sur les langues minorisées : le gaélique, le basque… Le lent déclin de ces langues est d’abord dû au déclin des territoires où les langues sont maternelles et sont parlées dans les cours de récréation et dans les entreprises. Si la langue est associée au sous-développement, à la misère, la première cause du déclin de la langue sera l’exil des habitants qui cherchent dans les villes un meilleur destin.

L’avenir de ces langues est lié à leur appropriation par la bourgeoisie urbaine. Que ce soit l’ikastola pour le basque ou la  Gaelscoil pour le gaélique, les nombreuses enquêtes montrent que le public de ces établissements est une moyenne bourgeoisie urbanisée et cultivée qui recherche pour ces enfants des écoles plus motivées, plus formatrices.


Pour survivre, les langues minorisées doivent s’embourgeoiser, donc quitter une prétendue « authenticité » populaire. Cette contradiction est générale. Elle fait écho aux critiques de l’embourgeoisement des quartiers populaires des grandes villes. Là aussi, l’embourgeoisement de ces quartiers est sans doute la condition de leur survie. La recherche d’une « authenticité » discutable et déclinante conduit à leur lente disparation.

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