mardi 24 avril 2012

si on arrêtait de penser à la place des autres


Si on arrêtait de penser à  la place des gens?

Pour les observateurs du conflit Nord-irlandais, les belligérants se définissent comme catholiques ou comme protestants, mais en vérité, ils lancent des bombes incendiaires parce qu'ils sont chômeurs ou  mal logés. Les intéressés avaient beau dire qu'ils se définissaient par l'acceptation ou non de la transsubstantiation, on ne les croyait pas. Mais qui pouvaient prétendre parler à leur place et en leur nom? 

Quand les électeurs votent Front national, les analystes décrivent des gens modestes qui ont peur du déclassement. Les intéressés ont beau dire qu'ils votent Front national parce qu'ils pensent qu'il y a trop d'étrangers en France qui leur volent les emplois et les logements et les lits d'hôpitaux, on ne les croit pas.  Qui peut prétendre parler à leur place et en leur nom?

Quand Nicolas Sarkozy récupère les thèmes du Front national, les politologues disent qu'il s'agit de siphonner les voix de l'extrême droite nationaliste, mais qu'il ne partage pas les idées xénophobes d'une France recroquevillée. Qui peut prétendre parler à sa place et en son nom? En vérité, il pense ce qu'il dit. Il était maire de Neuilly, qui n'était pas vraiment Champigny ou le Bronx, mais il trouvait la grande ville menaçante et il est allé se réfugier au milieu de la Seine. Il pense vraiment que les étrangers sont une menace et qu'il ne faut pas construire de logements sociaux sur l'île de la Jatte. 

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