samedi 16 juillet 2016

attentat


Attentat de Nice 15 juillet 16. 7 heures du matin, France inter. 84 morts. Mode opératoire, un camion dans la foule qui venait de regarder le feu d’artifice, Promenade des Anglais. Les responsables politiques s’expriment. Les droites nationalistes demandent l’enfermement de tous les musulmans fichés. Quand il y a la guerre…. Des forcenés demandent qu’on enferme tous les musulmans, ou qu’on les expulse, que l’on considère comme des ennemis ceux qui actuellement sont nos meilleurs alliés : les musulmans français, intégrés, patriotes, ceux qu’on voit dans le personnel de police, dans les salariés des hôpitaux, dans les organisations sociales. Qui sont autant les ennemis des terroristes que n’importe quel citoyen de France.

Soyons pessimistes. Si les attentats continuent, seront portés au pouvoir les idées les plus guerrières et les hommes qui les portent. On commence à nous donner Israël en exemple d’autoprotection contre les fous de Dieu. La militarisation de la société y a abouti à marginaliser les partisans d’une paix négociée qui sont devenus inaudibles et inéligibles. Nous n’y échapperons peut-être pas. Actuellement, on continue ici et là à parler de « victimes innocentes ». Comme si les policiers et les soldats n’étaient pas des victimes innocentes. Mais si l’on transforme tous les civils en porteurs d’armes, il n’y aura plus de victimes innocentes. Il n’y aura plus que des militaires. L’objectif des intégristes est de nous transformer tous en soldats.

Nous ne sommes pas à l’abri. Les fascistes et les communistes ont militarisé les peuples où ils étaient au pouvoir et ont mobilisé chaque individu en soldats de leur cause. Il n’y avait pas de victimes innocentes : il n’y avait que des soldats qui devaient surveiller l’ennemi intérieur en permanence.

Il faut nous protéger et donner les moyens à ceux qui sont chargés de notre protection. Des moyens et un soutien moral. Les manifestants qui crient » CRS/SS » ou « la police tue » ne mesurent pas les conséquences de leurs slogans. Mais autant il faut militariser les forces de police, autant il ne faut pas militariser la politique. Il existe des forces politiques en France qui militarisent la politique en permanence, désignent les ennemis, clivent la société en bons et mauvais citoyens, étiquettent  les quartiers et les religions. Ils existent, à droite et à gauche. Pour eux, la politique est ce qui continue la guerre par d’autres moyens.

Contre le terrorisme, il faut mener une guerre implacable. Mais la politique doit rester l’organisation d’une société en paix avec elle-même. Une politique de solidarité, de respect des lois et des personnes, de fraternité en œuvre. C’est difficile, c’est impossible ? À  chacun de nous d’y contribuer.  

 

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