lundi 24 juin 2013

le dernier éteindra la lumière


Réunion groupex 22 juin 2013



Le dernier éteindra la lumière


Nous discutons à nouveau de l’avenir du groupe. Il est incertain. Surtout celui du dernier. Celui qui fermera la porte et éteindra la lumière. Les autres ont un avenir assuré. Ceux qui resteront paieront sa nécrologie, diront quelques mots autour de l’urne. Mais le dernier ? Qui paiera, à qui, qui dira, à qui ?

Nous savons que les associations d’émigrés ont pour première et urgente fonction d’assurer un enterrement correct à leurs membres. Rapatrier le cercueil si besoin est. Organiser la cérémonie religieuse ou laïque. Les cotisations d’associations sont des tontines pour obsèques. Groupex n’a rien prévu. Il compte sur le hasard. Jusqu’ici, ça a marché. Ça a marché parce que nous avons recruté quelques éléments plus jeunes qui assureront notre avenir funèbre. Mais tout finira par avoir une fin, nous le savons. Qui paiera l’annonce au Monde du dernier? L’avant-dernier paiera plein pot, mais il paiera. Et encore, paiera-t-il, en sachant, puisqu’il est l’avant-dernier dernier, que personne ne sera plus là pour payer la sienne ? Faut-il compter sur une générosité sans retour ? Un altruisme à ce point désintéressé ? Bien entendu que non. Il faut organiser. Comment ? Organiser la mort se passe dans l’office d’un notaire. Nous placerons une cotisation modeste destinée à financer les frais du dernier partant. Le billet du dernier voyage. Nous dirons au notaire à quoi est destiné ce pactole. Il agira en conséquence. Nous lui déposerons un texte passe-partout, puisque nous ne pouvons pas prévoir qui sera le bénéficiaire. Bien. Mais qui lui annoncera l’événement ? Comment saura-t-il ? Il faudrait que chacun d’entre nous dépose chez un proche dont nous espérons qu’il nous survivra qu’en cas de disparition dernière, il faudra donc lui déposer une liste qu’il devra soigneusement cocher à mesure que, en cas de disparition finale, équivalent de fait à la dissolution du groupe Groupex, il devra prévenir le notaire, en espérant que le notaire aura lui aussi survécu.

Ayant ainsi réglé les choses importantes, nous sommes passés aux desserts, la situation politique en France, les urgences mondiales, les stratégies urgentes. Faut-il avoir peur du Front national ? Le pouvoir socialiste est –il à la hauteur ? Nous disons et répétons des banalités. Nous nous mettons à peu près d’accord sur ceci :

La croissance continue, les progrès constants, les montées du pouvoir d’achat, c’est terminé. La toute-puissance du monde occidental qui lui a permis d’assurer ces avancées continues est terminée. Elle est battue en brèche par le développement des anciennes parties du monde soumises à un pouvoir colonial ou néocolonial. Chine, Inde, Afrique, remettent de plus en plus en cause notre domination. Les anciens pays du bloc communiste dont l’essor était entravé par le système entrent à leur tour dans la danse. D’autre part, le débat écologique sur l’avenir de l’humanité ne fait que commencer. Comment ne pas transmettre aux générations futures des bombes à retardement ?


Pour toutes ces raisons, la montée régulière du niveau de vie va cesser. Quel est l’homme politique qui dira dans ses discours que le bien-être en augmentation est un objectif impossible ? Il pourra le dire, mais il sera battu aux élections.

Nous avons ouvert une autre bouteille.

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