jeudi 8 juin 2017

la honte


Le 30 mai dernier, une maison a été incendiée à Hélette, un petit village au cœur du Pays Basque ; Les incendiaires ont tagué « Euskal Herria ez da salgai » (le Pays Basque n’est pas à vendre). Deux jours plus tard, le même slogan a été tagué sur la devanture d’une agence immobilière à Ascain.

     Les propriétaires de la maison ont publié un communiqué publié dans Mediabask où ils répondent « aux revendications des incendiaires ». Cette maison appartient à la famille Berasategui-Erdocio. L’ancêtre Rexu est né au Pays Basque, l’autre Maïte, à Paris, mais ils s’étaient rencontrés à la maison basque de  Paris où ils donnaient des cours de basque et de français. Ils souhaitaient prendre leur retraite à Hélette, pour y accueillir leurs enfants et petits-enfants. Des maladies ont retardé le projet. Rexu est enterré au village d’Hélette. Les travaux ont été réalisés par leur gendre. Ce n’est pas une résidence secondaire, mais une maison de famille. Les enfants vont à l’ikastola et ils devront « expliquer à leurs amis de l’ikastola qu’on a brûlé leur maison parce qu’on ne les trouvait pas assez basques et une arrière-grand-mère …ne pourra pas y fêter ses quatre-vingt-dix ans.. « Nous sommes extrêmement attachés à la cause basque ». Mais incendier  une maison ne leur semble une manière efficace d’encourage le vote abertzale.

     Ce communiqué est extrêmement perturbant. Il ne manque plus que le fameux rhésus B négatif pour prouver l’appartenance à la nation basque qui aurait dû retenir le bras des incendiaires. Il rappelle les lettres d’un autre temps où les juifs français, chassés de la fonction publique par le gouvernement de Vichy envoyaient de longues lettres au maréchal  Pétain. Ils soulignaient leur naissance lointaine sur terre française. Le grand-père avait été gazé en 1914, le père avait été officier en 1939, ils avaient fréquenté les grandes écoles, enseigné le français dans les provinces. Ils joignaient à la lettre les distinctions, médaille du travail, croix de guerre, médailles militaires, palmes académiques, légion d’honneur.

     Le feu brûle encore, au Pays Basque, en 2017.

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