vendredi 16 mars 2012

extrêmes

            Revoici les extrêmes. À droite, le front national, à gauche les néo-communistes. A droite, la Ligue de la patrie française veut renvoyer Dreyfus à l'île du Diable, à gauche les sans-culottes vont reprendre la Bastille.

            La stratégie de la droite a varié: ou bien opposition frontale aux thèses du FN et refus de toute alliance, ou bien reprise des idées xénophobes et légitimation républicaine de la haine nationale. A gauche: la stratégie a été celle de François Mitterrand quand le PC faisait près de vingt pour cent, réduire son influence pour permettre à la gauche d'accéder au pouvoir. Avec un PC dominant, impossible de gouverner.

            Le PC a disparu, s'est fondu dans le Front de gauche. Le programme est radical, mais la stratégie est pragmatique: le Front de gauche soutiendra François Hollande au second tour et acceptera quelques sièges de députés, peut-être même des ministères. Jean-Luc Mélenchon a réduit considérablement ses attaques antisocialistes pour ne pas compromettre cette perspective. Du côté socialiste, comment s'allier avec un courant au programme impossible sans mettre en cause la victoire? Il a besoin de cet appui au second tour, mais il ne faut pas que cet appui chasse les soutiens modérés dont il a encore plus besoin.

            Surmonter l'obstacle n'est pas si facile. Il suppose l'intransigeance sur le programme, le refus absolu des postures révolutionnaires. Pas seulement en paroles. Chaque fois qu'un dirigeant socialiste participera à une manifestation dont les mots d'ordre sont contraires à son programme, il donnera des arguments à ses adversaires.

            Ce n'est pas trop compliqué. Là où les socialistes gouvernent des régions, des départements et des villes, leurs alliés font de rudes discours et votent les budgets. C'est la dure réalité des révolutionnaires en gestion. Les électeurs préfèrent un logement social en plus même si ça coûte une illusion en moins.  

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