samedi 3 août 2013

taxi mondialisé


Le chauffeur de taxi est algérien. Il en veut aux Maliens du foyer de la rue de la Fontaine au Roi qui font frire des poissons et empestent tous les voisins. En outre, dit-il, la plupart des chambres sont sous louées illégalement  par des Africains qui passent leur temps au pays et ne reviennent en France que pour toucher leur aide sociale. En plus, dit-il, on a retrouvé à Tombouctou des vélibs. Que va faire un vélib à Tombouctou ? En outre, dit-il, les Roms eux aussi volent des vélibs pour récupérer le matériel. Et vous savez combien ça coûte de fabriquer un vélib ? Et en plus, dit-il, ils sont fabriqués en Chine, pour trois fois rien, mais quand on les vend sur le marché français, on matraque. Et en plus, à Belleville, les Chinois, ils ont tout pris, les restaurants, les boutiques d’informatique et même les prostituées. Dehors, il fait 39 degrés.

Il déteste aussi les flics qui lui ont collé une amende et retiré trois points de son permis parce qu’il téléphonait en conduisant. Il dit qu’en débarquant d’Algérie, il voit une voiture de police avec trois noirs dedans. Quel effet ça peut faire sur les touristes, hein, je vous demande, les gens qui débarquent, ils vont se croire à Bamako ?

Première remarque, interne. Quand on déteste tout le monde, on n’est pas raciste. On est seulement misanthrope. Mon chauffeur de taxi déteste l’humanité.

Mes réponses. Je réponds souvent au taxi. Je lui dis : 1. Quelle chance nous avons, nous qui vivons en France, de vivre dans un pays qui attire les gens du monde entier. Etant donné qu’il y a des pays riches et des pays moins riches, rien ne peut empêcher les gens d’aller chercher ailleurs ce qu’ils n’ont pas chez eux. Heureux ceux qui trouvent chez eux ce dont ils ont besoin. Heureux ceux qui doivent affronter les inconvénients de mouvements de population. Ça prouve qu’ils vivent dans la partie riche du globe.

2. Quelle chance nous avons, nous qui vivons en France, de vivre dans un pays où la police fait son travail.

 

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