dimanche 17 décembre 2017

négationnistes


Les négationnistes.



J’étais à Queen’s University, Belfast. Dans un amphithéâtre, David Irving, historien négationniste anglais lance sa conférence. Non, il n’y a pas eu de plan d’extermination du peuple juif.  J’interviens sans modération. Je ne connais pas beaucoup d’universités qui auraient l’impudeur d’inviter David Irving. Si vous l’avez fait, si avez cru pouvoir le faire, je m’adressais aux responsables étudiants, tous protestants, c’est que vous envisagez sans problème l’élimination totale des catholiques de votre territoire, que vous avez adopté une sorte de solution finale pour les catholiques irlandais et que ce regard exterminateur pour une minorité opprimée vous conduit à accepter sans honte les thèses qui nient les camps d’extermination nazis. J’étais injuste, un petit peu, en colère, énormément. En tout cas, ils m’ont écouté et mon intervention est parue la semaine suivante dans Forthnight, un magazine d’actualité politique d’Irlande du Nord.



Pour défendre avec ardeur les assassins de l’ETA, pour compatir à leurs souffrances, pour affirmer qu’il y avait des victimes des deux côtés, les artisans de la paix doivent être des blanchisseurs de terreur, des négationnistes. Oh, ils ne nient pas le nombre de morts. Mais ils disent « des deux côtés ». Et surtout, ils font silence. Un silence négationniste. Ils ne liront jamais le roman Patria de Fernando Aramburu, ils ne connaissent pas l’existence de Vidas Rotas, le recueil des victimes de l’ETA. Vous pouvez leur demander. Dans leurs journaux, dans leurs discours, les morts sont enterrés une deuxième fois par leur silence négationniste. Et nos élus, quand on parle des victimes de l’ETA, mettent des boules Quies.

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