dimanche 16 septembre 2018

passer à autre chose


Nouvelle étape

 

 

            La blanchisserie a fait faillite. Les rideaux se ferment. Pilotée par les patriotes désarmés et les demi-soldes de l’ETA, par les âmes mortes d’une armée défunte, l’opération « artisans de la paix » s’est terminée le 8 avril 2018 par l’enfouissement de la hache.

 

Le groupe « Mémoire et Vigilance » a grandement contribué à cette défaite en manifestant contre la sculpture, en étant reçu par des administrations, le Préfet, le Président du département. Il a fait œuvre utile. L’objectif de l’ETA en déroute se situait au Pays Basque espagnol. Là où se mène une intense bataille sur le récit post-terroriste. Pourquoi ce qui était possible au Pays Basque français ne l’était pas en Espagne ? Désormais, le Pays Basque français ne peut plus être cité en exemple.

 

Dans le Pays Basque français qui s’était prudemment mis à l’abri de la terreur, les artisans de la paix ont pu faire croire un moment que le pays était encore en guerre, que les bombes et les fusils grondaient dans nos campagnes. Cela dura un temps court. La comédie est terminée. Les responsables répètent sans y croire qu’ils ont fait la paix, et partout ils rencontrent la même réponse : les Basques français ne savaient pas qu’ils étaient en guerre.

 

Mémoire et Vigilance a montré que le Pays Basque français n’était pas unanime. Il a montré avec l’aide des associations de victimes que les Artisans de la paix étaient des fossoyeurs de la terreur. Désormais, il est clair comme l’eau des Pyrénées que désarmer une armée morte et stopper une terreur inexistante fera partie demain du folklore et pourra être le sujet cocasse des fêtes de village.

 

On pourrait en conclure que les lanceurs d’alerte, les révélateurs de la comédie Txetx, Jean-René Etchegaray & C° peuvent désormais se reposer sur leurs lauriers, raconter à leurs enfants et à leur petits-enfants leurs exploits, montrer les parapluies tagués, photocopier les articles de presse et commenter les vidéos.

 

L’heure du repos n’est pas venue. Le combat contre le repli identitaire doit se poursuivre. Mais la convergence incongrue de toute la société basque autour de la lessiveuse est terminée. Les patriotes reprennent leurs campagnes singulières. Bagoaz manifeste pour les prisonniers sans aucun élu. Seaska manifeste pour les ikastolas sans aucun élu. EH Baï va soutenir la liste « Europe des régions » aux élections européennes, et des listes abertzale aux élections municipales. Les partis républicains se retirent de la teinturerie, ils y sont contraints par les échéances politiques : les élections européennes obligent à choisir, la rencontre Macron/Sanchez sur le bilan de la lutte antiterroriste oblige le député Vincent Bru et le sénateur Max Brisson, pourtant  ardents usagers de l’eau de Javel, à saluer la coopération des deux pays dans la lutte antiterroriste. Les élus silencieux jusqu’ici se disputent les places pour accompagner Macron en Espagne. Pour les associations de victimes, c’est une excellente nouvelle. Les blanchisseurs espagnols ne pourront plus utiliser le Pays Basque français comme exemple à suivre.

 

Il faut tirer les conclusions du silence qui a suivi mon intervention à la réunion de Hendaye avec la ministre Nathalie Loiseau. J’intervenais sur une étape terminée. Vincent Bru redevenait député républicain. Continuer une campagne contre le blanchiment de la terreur n’a plus de sens. A part les abertzale, plus personne ne blanchit. Il faut désormais se consacrer à une bataille d’idées contre les dérives identitaires. Contre toutes les tentatives de cliver la société en Basques authentiques et étrangers. Il y a du travail.

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