mercredi 5 avril 2017

déroute et nostalgie


Pour comprendre l’immense désarroi des etarras démobilisés, il faut se rappeler l’époque héroïque où ils étaient des champions de la liberté, chaînons d’un mouvement international, héros de rassemblements mondiaux, au premier rang de manifestations grandioses. Ils étaient preux chevaliers,  soldats torturés, abattus, poursuivis par des législations iniques. Le passage à la vie civile depuis les années 1990 a été douloureux. Le cessez-le-feu a eu les effets redoutés par ses adversaires : il ne reste plus qu’une déroute politique, individuelle et collective, une déroute culturelle, et littéraire. Pour comprendre cette déroute, il faut lire le roman de Florence Delay, Etxemendi, et passer ensuite au roman de Fernando Aramburu paru en 2016, Patria. Le passage d’une grande fête nationale à l’accablement des espoirs disparus, le passage d’un combat honoré à la description d’une horreur insensée.

     Vous comprendrez alors cet acharnement incongru à transformer la déroute en cérémonie, cette manifestation du 8 avril, désiré par les demi-soldes du combat national, tous colonel Chabert qui veulent pension et reconnaissance.

     Par pitié, admiration, nostalgie ou lâche soulagement, la société du Pays Basque français, moins traumatisée qu’au Sud, va participer le samedi 8 avril prochain à l’enterrement d’une époque.

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