vendredi 28 avril 2017

le pire c'est le meilleur


Il est rafraîchissant de discuter avec des gens avec qui nous ne sommes pas d’accord. Chacun doit alors sortir de sa bulle.

Est-ce qu’il est possible de faire bouger les lignes ? Qu’est-ce qui a fait changer les points de vue des uns et des autres ? Je vous donne quelques exemples de ces séismes individuels.

Longtemps j’ai été militant stalinien, membre du PCF, orthodoxe. Qu’est-ce qui m’a fait évoluer ? Très précisément, parmi d’autres dizaines de raisons, la rupture du programme commun avec le PS en 1977. Rupture qui s’est poursuivi avec le « vote révolutionnaire » en 1981, quand la direction du PCF nous recommandait de voter Giscard plutôt que Mitterrand.

Depuis je suis devenu social-démocrate et j’ai toujours voté Mitterrand plutôt que Giscard, ou les équivalents. Quand on a ainsi évolué, on s’étonne que tant d’autres ne nous aient pas suivi. On s’étonne de la persistance du vote révolutionnaire. Ainsi, à la section du PS de Biarritz, avant le premier tour, des membres de la section souhaitaient la victoire du FN parce qu’ainsi, dans la résistance au fascisme, la gauche pourrait se reconstituer.

Et aujourd’hui encore, le nombre d’électeurs de Mélenchon qui ne veulent pas franchir le pas, mettre un bulletin Macron le 7 mai prochain. Est-ce qu’ils pensent la même chose, que la France doit subir le pouvoir de l’extrême-droite pour que se reconstruise un véritable front de rébellion ?

C’est la question principale. Tous les amis qui participent à ce cercle ne sont pas des soutiens du FN. Ils en connaissent le programme et les dangers. Mais certains veulent s’abstenir et donner ainsi plus de poids à Marine Le Pen. Pas parce qu’ils ne connaissent pas le programme du FN, parce qu’ils pensent que Macron va mener une politique qui va démobiliser les masses populaires, prolonger les illusions sur le régime capitaliste, et ils préfèrent Marine qui ouvrira les yeux aux masses populaires plus que Macron. C’est cet argument qu’il faut combattre. L’argument communiste, maoïste, castriste de tous les pays du monde : plus ça va mal et mieux ça va. Plus c’est la catastrophe, plus la révolution est proche.

Tous les matins du monde naissent  de nouvelles générations de ceux qui jouent ainsi avec le feu. J’ai passé l’âge.


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