vendredi 26 janvier 2018

brûler les maisons, pas les étapes


Et maintenant la question des exilés.

En effet, il y a les prisonniers, et puis les exilés. Ceux qui ont fait partie d’une organisation terroriste, ETA ou Iparetarrak, et qui plutôt que de se présenter devant un tribunal pour être jugés, sont partis à l’étranger depuis des années. Parfois depuis des dizaines d’années. Certains ont refait leur vie. Ne veulent pas revenir. D’autres voudraient revenir comme touristes, revisiter les lieux de leurs crimes, parcourir dans les cimetières les tombes de leurs victimes, partager une manifestation avec les artisans de la paix, être interviewés par Mediabask, prendre la parole au Forum social. Ils ne peuvent pas, car ils risquent d’être arrêtés et d’être jugés pour activités terroristes  en bande armée.

Donc le Forum social, pas les artisans de la paix, chacun son rôle, lance une campagne pour le retour des exilés, qui sera reprise ensuite par les artisans de la paix, qui sera reprise ensuite par les élus de la République, par les maires, par le président du conseil d’agglo et une grande manifestation à Bayonne demandera que la paix soit enfin assurée et définitive quand le dernier exilé pour activités terroristes pourra librement visiter le musée de la terreur à Vittoria.

Mais pas trop vite. Une étape n’est pas une maison, elle ne doit pas être brûlée. Pour le moment, les lessiveurs de mémoire veulent obtenir le rapprochement des prisonniers basques condamnés pour activités terroristes en bande armée.  En haut ça traîne. Ils disent, au cas par cas, selon le droit commun. Les patriotes tiquent. Le droit commun, pour nos héros ? Être traité comme un violeur ou un braqueur de banque ? Comme un trafiquant de drogues ?  Ils sont obligés d’accepter, en soupirant, car sinon ils risquent de perdre l’appui des idiots utiles. Puis, disent-ils en haut, avant de rapprocher les criminels, ils devront consulter leurs victimes, les familles. Les patriotes sursautent. Mais ils doivent encaisser, sinon, ils vont perdre le soutien de blanchisseurs pacifiques.

Dans les états-majors, ça discute. Tu as vu en Corse, l’Elysée refuse le rapprochement des prisonniers et l’officialisation de la langue, ils répondent par une grosse manifestation. Tu ne crois pas que c’est le moment d’organiser un grand rassemblement à notre tour. Sur la langue ? Non, sur le rapprochement des prisonniers basques condamnés pour activités terroristes en bande armée.  Et sur le retour des exilés. Non, il faut attendre. La Catalogne et la Corse, ça fout la trouille à nos amis modérés. Patience.

Pour faire patienter les patriotes, le conseil d’agglo vient de voter une subvention de 250 000 euros au conseil de développement du Pays Basque, qui a tant œuvré pour que se réalise l’agglo basque, et qui normalement devrait se dissoudre mais veut continuer et récolte une belle subvention en attendant le retour des exilés.


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