samedi 20 janvier 2018

sous la plage le monstre


Laurent Ortiz, conseiller municipal élu sur la liste « esprit Biarritz » a démissionné de son groupe. Deux raisons sont avancées. La première concerne les projets de réaménagement de la plage Marbella. La seconde, le soutien aux artisans de la paix qui manifestent pour les prisonniers basques condamnés pour activités terroristes en bande armée.    Laurent Ortiz n’est plus d’accord avec son chef de file, Guy Lafite, sur ces deux points. Il est contre le projet de Marbella et contre le non-soutien de Guy Lafite aux artisans de la paix.

Y-a-t-il un lien entre ces deux points ? Oui. Clair, aveuglant. C’est mon ami Laurent qui trace la ligne entre ces deux points, comme dans ces jeux d’été où le crayon révèle le dessin d’un monstre endormi. Je n’ai aucune compétence et aucune information qui me permette de donner un avis sur Marbella. J’ai entendu des conversations, lu quelques articles, parcouru quelques commentaires. J’ai entendu une musique familière. Marbella est la seule plage où se réunissent les vrais Biarrots, les surfeurs authentiques. Il faut protéger Marbella contre les dérives des autres plages, qui sont désormais terrain de jeu pour touristes. Personne ne le dit comme ça et pourtant je l’ai entendu. Si je suis tout seul à avoir entendu cette musique, si j’ai entendu des voix, j’irai consulter.

Sur le deuxième point, je n’avais jamais entendu mon ami Laurent évoquer les artisans de la paix. Et puis en réponse à mon étonnement exprimé sur la toile concernant un vote unanime du Conseil d’agglo du Pays Basque,(CAPB), Laurent me répond qu’il a effectivement voté l’appel à manifester le 9 décembre pour les prisonniers basques condamnés pour activités terroristes en bande armée. Il est pour la paix au Pays Basque. Depuis, on s’est appelé, il m’a dit qu’il me rappellerait pour qu’on discute du processus de paix. Mais la discussion n’aura pas lieu.

Le nombre de gens qui réagissent à mes opinions sur le repli identitaire au Pays Basque en disant « il faut qu’on en discute », dépasse la centaine. Il faut qu’on en discute mais on n’en discutera pas. On n’en discute pas plus que ma mère peut être objet de discussion politique, ni mes enfants, ni le goût du bouillon de mon enfance. Entre la justice et ma mère, disait Camus, je choisis ma mère. La discussion était close.

Je ne mets pas en cause ces sentiments universels, cet attachement à la terre des ancêtres et je le comprends peut-être plus que d’autres parce que j’en ai été privé. Mais je me battrai jusqu’au bout, de toutes mes forces, contre les forces politiques nauséabondes qui utilisent ces sentiments pour conforter un nationalisme d’exclusion.

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