jeudi 7 avril 2011

encore sur le danger de l'islam

Cher collègue, je vous remercie de votre longue réponse à ma "déclaration de paix". Je l'ai lu attentivement et j'en conclus que nous sommes profondément en désaccord politique. Heureusement, nous vivons dans un pays où les désaccords politiques se traduisent par des débats, des discussions, parfois des élections, et pas par des procès en sorcelleries, des arrestations, des massacres etc. Sur ce point au moins, nous serons d'accord. Votre point de vue est que notre société est menacée par l'islam, comme elle l'était hier par le nazisme et le communisme. Mon point de vue est qu'il faut distinguer deux champs différents: l'état de la société française, et l'état de l'islam dans le monde aujourd'hui. Les peurs nous donnent des informations sur la société qui les exprime, guère d'informations sur les sujets de ces peurs. Quand les Britanniques et les Américains du Nord exprimaient une forte peur des immigrations catholiques, ils disaient surtout: nous ne sommes pas des catholiques, nous sommes des protestants, nous sommes supérieurs, etc. Un deuxième champ était alors l'étude du catholicisme, de l'église catholique, et beaucoup de chercheurs et 'essayistes trouvaient dans les textes du Vatican et les pratiques des pays où l'église catholique était influente de nombreuses "justifications"' de leurs peurs. Les protestants irlandais connaissaient par coeur les massacres de la Saint-Barthélémy et les enferments forcés des femmes dans les couvents. Mais cer qui était en jeu, c'était l'intégration ou non des catholiques dans la société britannique et dans la société américaine. Aujourd'hui, sans être du tout un spécialiste de l'Islam, je sais bien que se mène dans le monde de l'Islam des luttes souvent meurtrières entre différentes conceptions de cette religion. Notre manière de contribuer à l'émergence d'un islam modéré, moderne, qui comprendra le sens du mot laïque, c'est d'oeuvrer à l'intégration des millions de musulmans qui vivent en Europe à devenir des citoyens égaux. Or, actuellement, vous savez que les noms, les prénoms, les adresses, les établissements scolaires fréquentés, barrent la route à des emplois, à des logements, à des carrières, à des responsabilités. Les musulmans que je connais (ce qui ne me donne aucune compétence particulière, mais seulement des indications), sont doubles: quand ils retournent au pays, ils reviennent tous en disant qu'ils poussent un grand soupir de soulagement en mettant les pieds sur le sol français, particulièrement les femmes. Et en même temps, ils sont soumis à des campagnes permanentes de stigmatisation et des pratiques d'exclusion qui les irritent beaucoup.

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